Podocarpus coriaceus (Rollet, Antilles)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Juniperus barbadensis
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Liliaceae


[235]

PODOCARPACEAE
Planche 1 : PODOCARPACEAE. I. Podocarpus coriaceus. A. Rameau fructifié. B. Feuille. C. Plantule. LILIACEAE. I. Dracaena fragrans. D. Rameau. E. Feuille. F. Fleurs. G. Fruits.
écorce
tranche

Podocarpus coriaceus

Podocarpus coriaceus Rich., Ann. Mus. Paris 16 : 297 (1810).

Synonymes : Podocarpus salicifolia Kl. & Karst. ; Nageia coriacea (L.C. Rich.) O. Ktze.

Noms vernaculaires : Fr : Laurier-rose (Guadeloupe) ; Laurier rose montagne (Martinique) ; Résinier-montagne (Dominique) ; Raisinier montagne. A : Weedee (Nevis) ; Wild pitch pine (Montserrat) ; Wild pine (Dominique, Trinidad) ; Podocarp (Trinidad).

Description : Arbre dépassant 20 m de haut et 70 cm de diamètre. Pied : grosses pattes à dos rond jusqu’ à 0,5 m de haut (diamètre 35 cm) ; tronc souvent cannelé. Écorce : aspect externe noirâtre, sublisse non fissurée. Rhytidome : caduc en plaques irrégulières, quelquefois soulevées, laissant des marques gris cendré. Écorce vivante : blanchis fibreux homogène, rose carminé vif. Écorce interne blanc rosé, sans odeur. Aubier : jaune d’or ; de fines goutelettes de résine perlent. Feuilles : lancéolées, étroites, 5-15 cm de long, 6-10 mm de large ; coriaces, sans nervures secondaires visibles ; froissées : a quelquefois une odeur d’anis. Fleurs : dioïques ; fleurs mâles en chatons ; fleurs femelles isolées à l’aisselle des feuilles. Fruits : graine nue, ovoïde, de 8 mm de diamètre, pointue à l’extérieur, portée par un réceptacle accrescent rouge à maturité. Phénologie : sempervirent. Fleurs et fruits presque toute l’ année ; selon DUSS, fleurs de décembre à février, fruits en avril-juin. Habitat : forêts denses et d’altitude, entre 270 et 1100 m. Tempérament : essence de mi-lumière ; fréquente dans les forêts de crête ; assez sciaphile et supporte des sols mouilleux ; GRÉBERT signale que le cyclone de 1928, en ouvrant les peuplements dans le massif de la Soufrière (forêt de Bains Jaunes), a facilité la régénération. Cependant il existe des semis sous couvert qui peuvent attendre longtemps.


[236]


Usages : Ébénisterie, marqueterie, menuiserie, construction, caisserie, déroulage, tranchage ; meubles de qualité moyenne. Aubier rose, cœur brun jaunâtre, assez tendre (d= 0,7), facile à travailler, résistant à la pourriture.

Distribution générale : De Puerto Rico à Trinidad ; Petites Antilles ; Nord de l’Amérique du Sud.

Distribution aux Petites Antilles : St Kitts, Nevis, Montserrat, Guadeloupe (Basse-Terre), Dominique, Martinique, Ste-Lucie.

Matériel examiné : BT : ROLLET 928, Mamelle Petit-Bourg, 620-716 m (GUAD). D : JÉRÉMIE 1245, E Roseau, SE Lodat, 800 m (P).

Observations : SK et NE : au-dessus de 600 m (BEARD 1949). Mt : relique à 600 m (BEARD 1949). BT : Trace des Crêtes, 500-650 m ; Chutes Carbet, 570 m et Trace Karukera, 840 m ; Trace Victor Hugues, 800-1050 m ; Soufrière, 630- 950 m ; Nez Cassé, 750-1100 m ; Grand-Étang - As de Pique, 530 m ; Forêt de Crème à plus de 800 m ; Morne Mazeau, 430-570 m ; Choisy, 350-450 m (ROLLET et al.). M : assez abondant Pitons du Carbet (DUSS) ; monterait jusqu’à 1000 m (pieds rabougris d’après Portécop). Montée du Morne Piquet, entre 700 et 900 m ; Base Piton du Mauzé, 600-800 m ; quelques beaux sujets, montée du Grand Plateau, 450 m (FIARD).

Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). BEARD 1944, 1949 ; BRITTON & WILSON 1926 ; BUCHHOLZ et al. 1948 ; CTFT** 1990 ; DUSS 1897 ; FOURNET* 1978 ; GRÉBERT 1935 ; HONYCHURCH* 1980 ; LONGWOOD 1962 ; LITTLE & WADSWORTH* 1964 ; MARSHALL 1939 ; QUESTEL 1951.

Anatomie du bois

coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)
  • 1-(4)-16-53-62-(66)-67-69-70 (Voir la signification des codes)
  • Bois parfait brun jaune avec de fines stries violacées, légèrement différencié de l’aubier un peu rosé et sans veines, tendre et léger (0,60-0,70 g/cm3), à grain très fin.
  • Pores absents.
  • Parenchyme présent, en rares cellules isolées éparses parmi les tracheïdes.
  • Rayons 1-sériés, hauts de 1 à 6-(12) cellules, au nombre de 7 ou 8 par mm, de structure homogène (uniquement constitués de cellules parenchymateuses). Ponctuations rayons-trachéïdes de 9 ou 10 mm de diamètre, au nombre de 1, rarement 2 ou 3, par champ de croisement, de type podocarpoïde (intermédiaire entre cupessoïde et taxodioïde).
  • Trachéïdes à grosses ponctuations aréolées (16 à 23 mm de diamètre) disposées sur un rang.