Papavéracées (Le Floc'h, 1983)

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Lauracées
Le Floc'h, Ethnobotanique tunisienne, 1983
Capparidacées


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147. Glaucium corniculatum (L.) Curt.

[II/259 ; p:166] PAPAVERACÉES

Noua pensona qu'il s'agit là du taxon correspondant à la combinaiaon de Flora europaea : G. corniculatum (L.) J.M. Rudolph.

A.T. - Ce sont les graines qui sont consommées.

Ainsi GOBERT (1940) rapporte que ces petites graines « zgougou >> ont un goût apprécié et que les mères, au moment de la moisson, en rapportent à leurs enfants comme friandise.


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Selon GAST (1968), en Ahaggar, les graines (tam. = agenesmes), qni ressemblent à celles de l'oignon sont croquées crues ou grillées. GAST note également que les chameaux qui en mangent resteraient ensuite quelques heures dans l'incapacité de boire et de manger.

M. - Lee feuilles du « pavot cornu » (ar. = mamitha) sont, employées comme résolutif en cataplasmes et en frictions sur les ulcères (DUCROS, 1930).


148. Roemeria hybrida (L.) D.C.

[II/261; p:167] PAPAVERACÉES

M. - Comme les Glaucium et les Hypecoum, cette espèce est caustique (utilisée contre les verrues) et narcotique (GATTEFOSSÉ, 1921).


149. Papaver somniferum L.

(II/262 ; p : 168] PAPAVERACÉES

A. - Les graines sont éventuellement utilisées dans l'alimentation.

M.T. - BOUQUET (1921) note que le pavot « khechkhach » s'emploie trop souvent en infusion pour calmer et flaire dormir les en­fants qui pleurent. Il souligne cependant aussi d'autres usages :

- pilé et délayé dam de l'eau de fleurs d'oranger ou de jasmin en compresses sur les tempes et le front, contre l'insomnie et et les migraines,

- en fumigations vaginales (usage rapporté aussi par GATTE­FOSSÉ au Maroc) pour les soins de toutes les affections des organes génitaux féminins.

- en macérations aqueuses miellées (de capsule de pavot à fleurs blanches) contre la toux avec hémoptisies. Pour les enfants, on mélange cette macération avec son volume de macération de coquelicot (cf. Papaver rhoeas L. n° 150).

Le même auteur rapporte aussi que l'opium (« hafioun »), qui est un suc épais recueilli par incisions des capsules fraiches, est man-


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gé mais peu fumé au Maghreb et de plus il est utilisé en thérapeutique comme calmant général après correction avec son poids de poivre ou de girofles. Comme succédanés, BOUQUET révèle aussi que, l'on re­commande de prendre 3 fois le poids de jusquiame ou 2 fois son poids de racine de mandragore.

Quelques usages du pavot en Egypte sont rapportés par DUCROS (1930) qui spécifie que la « tête » est utilisée pour ses propriétés cal­mantes, et narcotiques. Cet emploi s'effectue :

- en lavages ou en applications dans les cas d'ophtalmie,

- en décoctions contre la toux,

- en cataplaemes dans les inflammations.

DUCROS souligne, encore, que ces têtes de pavot, après extrac­tion de l'opium, sont actuellement vendus sur les marchés et que les enfants après en avoir mastiqué tombent dans une sorte de somnolen­ce. Cette habitude, dit-il, entraîne l'enfant, devenu adulte, à s'adon­ner à l'opium.

L'opium est un suc laiteux, obtenu en incisant les capsules pleinement déve­loppées, mais non encore mûres de Papaver somniferum ou de sa variété album DC. (CHOPRA et al., 1960). Ces auteurs ajoutent que l'opium contient de nombreux alcaloïdes dont ils donnent la liste et les effets.

PARIS ET MOYSE (1967) apportent au sujet de cette espèce de nombreuses précisions :

- les feuilles entrent dans la préparation de « l'huile de Jusquiame » (anal­gésique).

- les capsules, en gargarismes, sont calmantes mais servent par ailleurs, à la préparation d'un extrait total succédané de l'opium et à l'extraction de la morphine.

- le suc laiteux ou « opium » se prête à l'extraction de nombreux alcaloïdes et entre également : = en poudre, dans des préparations employées, comme analgésique, antidiarrhéique et soporifique, = en extrait aqueux dans les préparations utilisées dans les cas d'affection de l'appareil respiratoire.

D - PARIS et MOYSE ont aussi signalé que les graines fournissent à l'ex-


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traction l'huile d'œillette, utilisée comme huile de table, siccatif des peintures et qui, iodée, procure un opacifiant employé en radiologie.


150. Papaver rhoeas L.

[II/263; p:l68]

M. - En Algérie les pétales servent de narcotiques (TROTTER, 1915).

La propriété de sédatif faible, rappelée par PARIS et MOYSE (1967) et LEMORDANT et al. (1977) (ar. : bou karoun ; fr. = coquelicot), est à l'origine de la consommation de la graine, pilée dans du miel, pour dissiper l'insomnie (DORVAULT et WEITZ, 1945). PARIS et MOYSE ont aussi signalé l'espèce comme étant pectorale.


151. Fumaria capreolata L.

[II/273; p:l76] PAPAVERACÉES (FUMARIACÉES incl.)

M.- Pour PARIS et MOYSE (1967), Fumaria officinalis L. pouvait être éven­tuellement remplacée par Fumaria capreolata L. présentant, sous forme de drogue, la même saveur amère.


152. Fumaria officinalis L.

[II/279; p:l78]

M.- Cette espèce a connu une grande vogue comme dépuratif, laxatif et stimu­lant biliaire rapportent PARIS et MOYSE (1967) ; ils notent que l'on utilise aussi la plante, en infusé, alcoolature ou sirop, dans les cas d'artériosclérose. Les mêmes auteurs confirment qu'à la date de leur publication, les travaux scientifiques avaient permis la mise en évidence de la faible toxicité de l'espèce, ses propriétés hypotensi­ves, son action de stimulant respiratoire et d'antispasmodique, mais que les vertus cholérétiques n'avaient pu être vérifiées.