Melastomataceae (Rollet, Antilles)

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Wercklea tulipiflorae
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Bellucia grossularioides



[536-537]


MELASTOMATACEAE


La famille la plus riche en espèces après les Myrtacées.

  • Présente dans tous les types de forêt
  • Très bien définie par la nervation foliaire avec 3 à 5 nervures basilaires et une nervation tertiaire scalariforme
  • Espèces sempervirentes ; F. simples, opp. ; rarement dentées, ex. Miconia laevigata ; la forme et la taille des F., les poils, les variations de nervures, les couleurs du tomentum et de la côte permettent de distinguer les genres mais pas toujours les espèces, en particulier celles du genre le plus riche, Miconia.

L’écorce presque toujours mince apporte peu d’information. Les racines aériennes sont rares et de bonne valeur diagnostique.

N.B. : Mouriria, genre intermédiaire entre Mélastomatacées et Myrtacées et représenté par une, peut-être deux espèces de forêt dense, a des F. sans nervures secondaires visibles.


PLANTULES

Plantules de la famille : Les MELASTOMATACEAE arborescentes indigènes ont de très petites graines. Les dimensions plantulaires associées sont toujours à des cotylédons foliacés. Les plantules ont toujours des cotylédons foliacés. Que la plante observée ne porte que deux cotylédons ou qu’elle montre plusieurs paires de feuilles supplémentaires, sa détermination reste très délicate. Il n’est guère possible, selon des critères morphologiques simples, de reconnaître les plantules d’arbres (Miconia, Graffenrieda) des plantules d’espèces herbacées. Les feuilles cependant portent quelques cils marginaux blancs qui soulignent chacun une petite dent marginale. Il est vain de chercher des organismes aussi réduits sur la litière du sol forestier : ils ne peuvent s’y établir. On ne peut les trouver que sur des troncs d’arbres, de fougères arborescentes, sur des roches moussues, des talus ou au bord de racines superficielles et de branches mortes tombées.

Plantules du genre Graffenrieda : Type II. Comme chez Miconia, des cils blancs, en petit nombre, sont situés sur le limbe et le long de la marge des feuilles où ils sont associés à de petites dents. Les cotylédons ronds ne mesurent qu’1 mm de diamètre. Les premières feuilles ne sont guère plus grandes et il est possible de les prendre pour les cotylédons qui tombent rapidement.

Plantules du genre Miconia : Type II. La plantule de Miconia peut se reconnaître à la taille relativement importante et la forme plus large que longue des cotylédons. Il est fréquent d’observer l’établissement des plantules de Miconia (M. trichotoma et surtout M. mirabilis) à la base des troncs d’arbres. Cette situation explique vraisemblablement, au moins en partie, la présence des individus arborescents sur les troncs des arbres morts tombés. Les caractéristiques dimensionnelles de ces plantules expliquent leur établissement exclusif sur des supports verticaux et notamment sur les buttes de déracinement (BLANC & ROUSTEAU, 1987). Dans tous les cas l’héliophilie des Miconia implique que la croissance ultérieure nécessite l’éclairement important créé en milieu naturel, par la chute de gros arbres, par des chablis multiples ou des glissements de terrain.


Groupe 3. Clé des Melastomataceae

Généralités

La famille est très homogène par la nervation secondaire toujours acrodrome et par la nervation tertiaire scalariforme. La seule exception est le genre Mouriria (avec 1 espèce rare), sans nervation secondaire distincte, qui a quelquefois été érigé en une famille spéciale, intermédiaire entre les MELASTOMATACEAE et les MYRTACEAE. Il y a 26 espèces de MELASTOM., arbustes ou petits arbres sempervirents dans toutes les formations (rares en forêts sèches), plus 1 esp. de Mouriria en forêt dense. Quelques esp. endémiques : Conostegia montana, Charianthus nodosus, C. alpinus, Miconia luciana, M. martinicensis, et rares : Tetrazygia elaeagnoides, Mouriria ; dans la liste ci-dessous (M) = Martinique.

Zones sèches Mésophile Ouvertures Forêt dense Forêt d’altitude
Tetrazygia angustifolia
Miconia laevigata
Tetrazygia (discolor, angustifolia) Clidemia
Miconia mirabilis
Bellucia
Charianthus corymbosus
M. impetiolaris
M. trichotoma
Conostegia
Henriettea triflora
Mouriria
(1 esp.)
Henriettea laterifolia
Miconia vulcanica
Miconia martinicensis
(M)
Charianthus alpinus
Charianthus nodosus
(M)
Conostegia montana


Les écorces, en général minces, donnent peu d’informations. Pas de contreforts. Racines aériennes rares et très diagnostiques (Miconia mirabilis, M. trichotoma). Certaines espèces sont ramiflores (Henriettea), d’autres héliophiles et grégaires (Clidemia, Miconia mirabilis).

Les graines minuscules imposent une germination épiphytique (sur souche) ou épilithique (sur rochers) (ROUSTEAU).

L’homogénéité de la famille qui s’identifie immédiatement par la nervation est un inconvénient considérable pour distinguer les espèces, en particulier celles du genre Miconia (18 esp.). Les différences de nervation, de pilosité, de taille des feuilles, de couleur à la face inf. ou de la côte et du pétiole, d’écologie, permettant cependant d’aller assez loin dans la détermination des espèces. L’anatomie du bois est d’un faible secours sans une grande habitude ; les Fl. seront souvent indispensables : 4 ou 5 P. ; présence de calyptre (ou coiffe des sépales soudés). Certaines esp. s’identifient aisément par la taille et la forme des F. Les F. de Graffenrieda (et de Bellucia) sont les plus grandes 30 × 15 cm ; celles d’Henriettea, Tetrazygia sont les plus petites, moins de 5 × 2 cm (Tetrazygia angustifolia a les F. étroitement lancéolées).

Il y a aussi une grande différence de taille de F. à l’intérieur du genre Miconia. La clé proposée est complètement artificielle puisqu’on n’utilise pas les Fl. mais seulement les caractères végétatifs remarquables.


1. F. sans nerv. second. visibles, distique par torsion, ovale, 5-8 cm long. [Fl. fasciculées aux nœuds]. Rameaux grêles annelés aux noeuds, tétragones. Entrenoeuds tordus, pédicelles 4-8 mm. Esp. rare. Mouriria domingensis

1. Nervures secondaires visibles, 2 ou 4, acrodromes ; nerv. tertiaires scalariformes (Nervation typique des MELASTOMATACEAE)

2. Forme et taille des feuilles
3. F. en cuiller ; Esp. endémique de M., rare [Fl. blanches]. Miconia martinicensis
3. F. très grande, 30 cm long. et plus 4. Orbiculaire ou cordée, peu acuminée souvent plus large que longue. Graffenrieda latifolia
4. Lancéolée, large, triplinerve, tranche de l’écorce pourpre, poisseuse ; ± naturalisée. (Bellucia grossularioides)
3. F. petite, moins de 8 cm long
4. Etroitement lancéolée à tomentum blanc à la face inf. Largeur moins de 2 cm ; long. 5-8 cm, 2 nerv. secondaires. Forêt sèche ou semi-décidue. Tetrazygia angustifolia
4. Lancéolée, au plus 8 × 3 cm. Ecorce noire ; branches horizontales fines, rameaux dressés, terminés par une rosette de F. ; Forêt d’altitude [Fl. blanches densément ramiflores]. Henriettea lateriflora
Une autre esp., H. triflora (forêt dense de St Lucie) a des F. plus grandes, au plus 20 × 8 cm.
4. Ovale ou elliptique ; Esp. d’altitude ou de moyenne altitude ; souvent arbustes [Fl. rouges]
5. Elliptique 5 × 7 cm max. endémique de M., rare au-dessus de 1000 m, rameaux noueux hérissés de poils [Fr. tétragones]. Charianthus nodosus
5. Ovale 5 × 10 cm max., rameaux jeunes glabres, noueux vaguement tétragones ; pétiole carmin ; endémique des Petites Antilles. Charianthus alpinus


2. Tomentum et pilosité remarquables. Voir aussi Tetrazygia angustifolia et Charianthus nodosus ci-dessus
3. Densément hirsute sur rameaux et F. ; arbuste grégaire des trouées ; marge des F. ciliée. Clidemia umbrosa
3. Ligne de poils raides sur les noeuds entre les F. Miconia racemosa
3. Rameau et pétiole ferrugineux poudreux ; tomentum ferrugineux sur pétiole et nervures [Etamines bleues]. Miconia furfuracea
3. Rameau jeune tomenteux blanc farineux, tétragone ; Esp. d’altitude entre 700 et 1200 m, Martinique [Fl. blanches et roses à 5-6 pétales, 10-15 étamines] Conostegia calyptrata (Syn. : Conostegia montana)
3. Pilosité des F.
4. F. entière ou finement dentée, ciliée vers l’apex ; pétiole rose ; rameaux cylindriques poudreux ; petit arbre des stations ouvertes. Miconia laevigata
4. Poils hirsutes au sommet du pétiole rose ou aux noeuds 5. F. entière [Fl. jaune verdâtre, 4 pétales]. Esp. commune entre 300 et 1100 m. Charianthus corymbosus
5. F. finement dentée ; liège et poils denses aux noeuds ; pétiole rose, rameaux noueux hirsutes, tranche écorce interne vineuse. Esp. d’altitude. Miconia vulcanica
4. Face inf. des F.
5. Tomentum blanc et ras. F. 20 × 8 cm max., longuement acuminée, rameaux noueux, vieilles F. orange ; même écorce que T. angustifolia ; esp. commune des ouvertures et lisières [Fl. jaunâtre]. Tetrazygia discolor
p.m. F. étroites : Tetrazygia (angustifolia, elaeagnoides). Voir ci-dessus
5. Tomentum fauve ; racines aériennes ; écorce gris cendrée lisse ; tronc musculeux ; esp. très commune grégaire héliophile des endroits ouverts, lisières, bord de chemins ; rare en forêt dense et disséminée, peu longévive ; peu commune en Martinique. [Boutons floraux roses, Fl. blanches]. Miconia mirabilis


2. Pétioles caractéristiques
3. Presque nul ; petit arbre, sous-bois des forêts denses. Miconia impetiolaris
3. Couleurs remarquables du pétiole
4. Carmin ainsi que les nerv. basales. Miconia trichotoma
p.m. : chez Charianthus alpinus, seul le pétiole est carmin (voir ci-dessus)
4. Rose. Charianthus corymbosus ; Miconia (laevigata, striata, vulcanica) ; pour M. striata, voir ci-dessous
4. Fauve. Miconia mirabilis, voir ci-dessus
4. Ferrugineux farineux. Miconia furfuracea, voir ci-dessus


2. Nervation triplinerve
3. F. subsessile, oreillettes à la base du limbe, rameaux tétragones. Miconia prasina
3. Nervation ± triplinerve (pétiole et côte carmin). M. trichotoma, voir ci-dessus.
p.m. Bellucia et Henriettea laterifolia ont aussi cette nervation.


Il reste 6 esp. difficiles à caractériser sans les Fl. ou les Fr.

  • Miconia striata : [Fr. à 8 petites côtes] pétiole rose
  • Miconia cornifolia : [Fl. grandes 20 mm diam., blanches] long. pétiole 2 à 7 cm, rameaux poudreux * Miconia luciana : endémique de St Lucie
  • Miconia tetrandra : [Fl. à 4 étamines] ; jeunes rameaux poudreux-tomenteux
  • Conostegia : coiffe formée par la soudure des sépales (calyptre), caduque, laissant sur la coupe du calice un bord sans dents
    • C. calyptrata : 5 à 6 pétales, 10 à 15 étamines [est synonyme de C. montana, d’après HOWARD]. voir ci-dessus C. montana
    • C. icosandra : 6-10 pétales, 16 à 20 étamines, ovaire et style excentriques par rapport aux étamines.


Notices par espèce :