Maclura tinctoria (Rollet, Antilles)
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Maclura tinctoria (L.) D. Don ex Steud. Nomencl. Bot. ed. 2, 2 : 87 (1841).
Basionyme : Morus tinctoria L. Sp.Pl. 2 : 986 (1753).
Synonymes : Chlorophora tinctoria (L.) Gaud., ex Benth. et Hook (1880) ; Maclura xanthoxyloides Endl. ex Duss (1897).
Noms vernaculaires : Créole : Bwa dowanj (Ste-Lucie). Fr : Mûrier du pays (Martinique) ; Mûrier-pays ; Bois d’orange (Ste-Lucie). A : Fustic (Trinidad) ; Fustic tree (Barbade) ; Fustic Grenade (Barbade). Esp : Mora (Puerto Rico) ; Mora macho, Palo amarillo (St Domingue) ; Palo naranjo (Trinidad).
Description : Grand arbre dépassant 15 m de haut et 50 cm de diamètre ; semble en voie de disparition dans les Petites Antilles à cause d’une surexploitation ancienne. Espèce très variable (STOFFERS). Pied : sans pattes. Écorce : Aspect externe : grisâtre à couleur kaki, lisse ; lenticelles horizontales ; nombreuses épines par paires ou rameaux épineux qui disparaissent sur les vieux sujets, rappellant Haematoxylon. Écorce vivante : blanchis jaune à brun clair vergeté brun foncé ; mince ; latex crème brunâtre à jaunâtre, aqueux. Aubier : blanchâtre, dur. Feuilles : alternes, elliptique à lancéolées, serretées, acuminées, jusqu’à 5 × 12 cm ; rares épines stipulaires. Fleurs : dioïques (pieds séparés) ; pieds mâles : châtons pendants, 3 à 10 cm de long, jaune verdâtre ; pieds femelles : fleurs en têtes axillaires, 6-10 mm de diamètre. Fruits : composés, en têtes charnues et chevelues, gris vert, 12 à 14 mm de diamètre. Phénologie : décidu. Fleurs en février-mai, août-septembre. Habitat : zone littorale sèche, aussi sur calcaire plus ou moins rocheux entre 0 et 100 m. Fourrés sur graviers alluviaux en Jamaïque (ADAMS). Tempérament : arbre de semi-lumière (MARSHALL) avec un peu de régénération à l’ombre.
Usages : Pendant tout le 19e siècle on a exporté le bois aux U.S.A. et en Europe à partir du Mexique, de l’Amérique centrale et des Antilles (fustic ou fustet du commerce) pour la teinture en jaune ou kaki, à partir du bois de cœur, lequel est jaune vif (à l’état frais). Bois assez lourd, dur, durable, grain fin (d = 0,85 à 0,99), brun sur le sec. Traverses, poteaux, jetées, planches pour ponts, jantes de routes et moyeux, rouleaux de moulin (mill-rollers) ; bois difficile à fendre. Fruit comestible, plus ou moins sucré ; latex pour calfater ; écorce pour tanner.
Distribution générale : Martinique, Ste-Lucie, Barbade, Grenade.
Distribution aux Petites Antilles : Martinique, Ste-Lucie, Barbade, Grenade.
Matériel examiné : Ba : nom collecteur illisible 287, Codrington College (P). St : à Terre de Bas : lieu-dit les Mûriers : l’espèce semble avoir existé aux Saintes. M : assez rare (en 1897) à l’Anse à l’Ane (Trois îlets) près du bord de mer et quelques pieds aux Anses d’Arlet (DUSS) ; PLÉE 825, s.loc. (P). SL : assez abondant le long de la rivière de la Ville Soufrière et de Vieux-Fort (DUSS) ROLLET 2008, Esperance Bay (pied mâle) (GUAD) ; Pigeon Island (VERNA SLANE) ; Petit Piton, 650 m (ROLLET). B : l’espèce a peut-être disparu de l’île d’après GOODING, était commune, existerait encore à Forster Hall et Turner’s Hamm ; a été trouvée à Welshman Hall Gully (ROLLET) ainsi qu’un gros arbre (planté ?) dans un jardin. Gr : fourrés secs sur sommets rocheux, 5 km Est de St George’s Mount Delice, 300 m (BEARD 1949).
Bibliographie : (*Iconographie ; **couleur). ADAMS 1972 ; ALLEN* 1956 ; BARKER & DARDEAU 1930 ; BEARD 1944, 1949 ; BRITTON & WILSON 1924 ; CARRINGTON** 1193 ; DUSS 1897 ; FAWCETT ET RENDLE* 1914 ; FIARD** 1992 ; FOUQUÉ 1972 ; FOURNET* 1978 ; GOODING 1944, 1965 ; HOWARD* 1988 ; HOYOS** 1983 ; HUGHES 1750 ; LWW* 1974 ; MARSHALL* 1939 ; PITTIER* 1926 ; PLUMIER* 1759 Pl. 204 ; RECORD et HESS 1940 Trop. Woods 61 ; STOFFERS 1980 ; WILLIAMS et al. 1951.
Anatomie du bois
- (2)-(3)-5-6-7-8-(9)-25-(30)-(45)-58-66-69 (Voir la signification des codes)
- Bois parfait jaune d’or à l’état frais, devenant brun jaune ou marron à la lumière, différencié de l’aubier jaune pâle, mi-dur et mi-lourd (0,75-0,90 g/cm3), à grain moyen, maille peu distincte.
- Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, au nombre de 4 à 7 par μm, perceptibles à l’œil nu (diamètre moyen de 130 à 170 μm), très souvent obstrués par des thylles. Perforations des éléments vasculaires uniques ; taille des ponctuations intervasculaires de l’ordre de 8 μm.
- Parenchyme en lignes terminales plus ou moins bien marquées, et associé aux pores mais très variable selon les échantillons ou les cernes, allant du manchon mince à de longues anastomoses de parenchyme aliforme. Files de cellules composées de 4 à 6 éléments parfois recloisonnés et cristallifères.
- Rayons 3-4-sériés, au nombre de 6 à 9 par mm, de structure homogène à sub-homogène. Ponctuations radiovasculaires identiques en taille aux intervasculaires. Présence de rares laticifères.
- Fibres à ponctuations simples.