Mîssem (Ibn al-Baytar)
|
Nom accepté : [[]]
[3-353]
- Le Menhâdj. Son fruit ressemble à celui du térébinthe et se partage en trois morceaux de couleur jaunâtre, son odeur est aromatique. Il est cultivé ou sauvage. En Egypte, on fait du pain avec ses graines. On dirait que c’est un hirba, âj^. L’espèce cultivée est tempérée. L’espèce sauvage est chaude et sèche au second degré. Quant à l’espèce cultivée, à trois feuilles, elle est légèrement dessiccative. L’espèce sauvage est plus active.
- L’auteur. La description qui précède pèche par la base et n’a aucune valeur. C’est un mélange de divagations et de confusions, où il n’y a rien de vrai. En effet, l’auteur écrit mîssem, js^-o, ce qui est d’abord une faute qu’il faut corriger en mis, u-^, en retranchant le mim final. Nous avons parlé précédemment du mis. En outre, les caractères qui sont exposés ne conviennent pas au fruit du mis. L’auteur en fait une espèce de mélilot » Il y a, dit-il, une espèce cultivée, une sauvage et une d’Egypte. On fait du pain avec ses graines. » Il ajoute : « il semble que ce soit un hirba. » Après cela il expose les propriétés des deux espèces de mélilot, l’un cultivé et l’autre sauvage, ce qui n’a rien de commun avec les propriétés du mis (micocoulier) ni du hirba. Ainsi donc, sous la rubrique mîssem, il a confondu cinq médicaments : la graine de micocoulier, le mîssem, et par là on ne sait ce qu’il avait en vue, deux espèces de mélilot et une espèce de hirba, kj^=-. Quant à la graine de mis, Dioscorides lui a donné dans son livre le nom de lotos, ainsi que nous l’avons dit précédemment. Mais lotos est aussi le nom du mélilot, et cette ressemblance de noms a égaré l’auteur du Menhâdj. Il dit qu’il y a une espèce d’Egypte dont les graines servent à faire du pain. C’est ainsi qu’il est tombé dans une erreur partagée par la foule des auteurs, ainsi que nous l’avons exposé à la lettre lui, en parlant du mélilot, erreur causée par ce fait que le mélilot porte en grec le même nom que le bachnin (lotus égyptien); Quant à ce qu’il ajoute qu’on dirait que ce soit un hirba, c’est encore là une confusion de plus. En effet Dioscorides, en décrivant l’une des espèces de hirba (lonchytis), dit que le fruit ressemble à un fer de lance et qu’il est triangulaire. A propos du mîssem, l’auteur du Menhâdj dit que la graine ressemble à celle du térébinthe et qu’elle se divise en trois fragments. Or c’est encore une confusion que cette division du fruit en trois fragments. Sachez-le bien. En résumé tout ce qu’il a dit à propos de ce terme n’est que de la divagation et de l’erreur, et je l’ai suffisamment démontré. J’ai parlé du hirba à la lettre hâ, et j’ai exposé là les erreurs où était tombé l’auteur du Menhâdj. Vous pouvez y recourir.
Ibn el-Beïthâr nous renvoie au hirba, <£j_)-=- ,’à );> lettre hâ, mais il se trouve lui-même en défaut : l’article hirba ne se rencontre point dans son dictionnaire. Il y fait mention du \jjs- , mais c’est là un des noms du caméléon. Nous savons toutefois que la plante appelée hirba, &j»=-, n’est autre chose que le Lonchytis de Dioscorides, et sous ce nom de hirbu, Avicenne traite du Lonchytis. Dioscorides, en effet, dit que les graines de la première espèce de Lonchytis sont triangulaires et contenues dans un fruit qui a la forme d’une lance. Ibn el-Beïthâr a oublié de parler du Lonchytis, et ce qu’il y a de plus étonnant, c’est qu’à l’article Lonchytis, n° 2038, il ne donne pas du tout le synonyme, hirba. Nous avons déjà vu le Missum au n" 563 , sous la rubrique Habb el-mîchem.