Mâch (Ibn al-Baytar)

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Mâmîthâ
Ibn al-Bayṭār, Traité des simples
Mâron


2060 - Mâch, Phaseolus Mungo.


Nom accepté : Vigna radiata

[3-269]

Ce mot s’écrit, avec un šīn.

  • Soleimân ibn Hassan. Quelques médecins confondent le Mâch avec le Djoullâbân, ce qui est une erreur. C’est une graine petite, du volume d’un grand Ers (ervum), verte, brillante, portant un œil comme le haricot. On la cultive pour la manger dans le Maghreb. Elle est originaire du Yémen, où on l’appelle aqtin, aqṭin. C’est un aliment de bonne nature.
  • Galien, dans son Livre des Aliments. C’est, en somme, une substance qui ressemble à la fève, mais qui en diffère en ce qu’elle est moins tuméfiante. Elle n’est pas non plus détersive, aussi séjourne-t-elle plus longtemps que la fève dans l’estomac et les intestins.
  • Ibn Massouîh. Le Mâch est froid au premier degré. Il tient le milieu entre l’humidité et la sécheresse, mais il est plus près de la sécheresse, surtout si on enlève son écorce, qu’on le fasse bouillir et qu’on l’associe à du garum et à de l’huile d’amandes douces. Son enveloppe a une certaine acerbité. Il fournit des sucs de bonne qualité et n’est pas tuméfiant. Il est très salutaire appliqué en cataplasme sur les organes affaiblis, et il en calme les souffrances, surtout si l’on pratique des frictions avec sa décoction et du safran. Son emploi est plus avantageux, en été, pour les tempéraments chauds et les maladies inflammatoires. Pour lui enlever toute action tuméfiante et le rendre laxatif, on le fait bouillir avec du carthame et de l’huile d’amandes douces. S’il n’y a pas de fièvre chaude, on lui associe du pourpier, de la laitue, de l’arroche et de l’orge pilée. Si on veut le rendre constipant, on le fait griller avec son enveloppe, puis bouillir avec de l’eau, on décante, on le fait de nouveau bouillir avec de la patience, et on ajoute ensuite du suc de grenades, du sumac et de l’huile omphacine. Ainsi préparé, il resserre le ventre et calme l’inflammation. A défaut de cette huile, on peut prendre de l’huile d’amandes douces.
  • Sindechâr. Il calme l’effervescence de la bile, et déprime l’appétit vénérien.
  • Masserdjouih. Il ressemble à la lentille, mais il est moins froid.
  • Razès, dans son Traité des Correctifs des Aliments. Si on le donne aux tempéraments chauds et aux sujets qui ont besoin d’un régime léger, il n’a pas besoin de correctif et ne présente aucun inconvénient : on peut le leur donner, car il rafraîchit et nourrit modérément. Mais pour les tempéraments froids et les sujets qui ont des flatuosités, on le corrige par l’administration d’électuaires au cumin et en le faisant prendre avec de la moutarde.
  • Autre. Son suc relâche le ventre. Préparé comme sorbet, il convient contre la toux et les catarrhes. Il est salutaire aux tempéraments chauds et aux sujets affectés de toux; bouilli dans du vinaigre, il est utile contre la gale ulcérée.