Kochouth (Ibn al-Baytar)

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Kicht ber kicht
Ibn al-Bayṭār, Traité des simples
Kouchna


1940 - Kochouth, كشوت - kušūt - Cuscute.


Nom accepté : Cuscuta

[3-179]

C’est en réalité celle que l’on rencontre dans la Syrie et l’Irak, employée par les médecins ; quant à la plante appelée dans le Maghreb, l’Ifrîkiya et l’Egypte du nom d’akchout, xxx, c’est tout autre chose. C’est la plante qui s’attache au lin, que l’on appelle en Egypte hamoul el-kettân, xxx xxx et en Espagne qoriat el-kettân, xxx xxx. Il en a été question à la lettre qāf (voy. la note).

  • Ibn-Semdjoûn. D’après El-Khalil ibn Ahmed, c’est un mot tiré du langage du Saouâd et non de l’arabe : ils disent kochouthâ, كشوتا - kušūtā. C’est une plante globuleuse, sans racine, de couleur jaune, s’attachant avec des aiguillons, et que l’on a coutume de mettre dans le vin. Suivant Ahmed ibn Dawoud, on la nomme kochout, akodhout et kachoutha. C’est une substance qui s’attache aux plantes sous forme de filaments, qui se nourrit de leurs sucs, ne pousse pas de racine en terre, n’a pas de feuilles, et porte cependant un petit fruit à l’extrémité de ses rameaux. Elle pousse sur les plantes, ses rameaux y forment des enchevêtrements. Elle est commune dans les vignes et dans les pâturages (ou les luzernes). Souvent elle dénature les herbes. On l’emploie comme médicament. Sa saveur est amère. On en met dans le vin; elle le rend plus corsé et plus enivrant.
  • Sâboûr ibn Sahl. La chaleur et la froideur de la cuscute sont en raison de la chaleur et de la froideur de la plante à laquelle elle tient : si celle-ci est froide, la cuscute est froide; elle est chaude, si la plante est chaude.
  • Ibn Massouîh, dans son Livre des Aliments. La cuscute jouit de propriétés complexes : elle est amère et acerbe. La première de ces propriétés annonce de la chaleur, la seconde de la froideur et des éléments terreux. Toutefois la chaleur prédomine et existe au premier degré, la sécheresse à la fin du second. Par son amertume et son acerbité, elle tonifie l’estomac, fortifie le foie et le désobstrue ainsi que la rate. Elle évacue les humeurs putrides des vaisseaux sanguins, convient contre les fièvres anciennes, relâche le ventre, surtout en décoction, et convient contre les fièvres des enfants, prise avec de l’oxymel. Si l’on en fait abus, elle pèse sur l’estomac, à cause de son acerbité et des éléments terreux qu’elle contient.
  • Le même, dans son Traité des Correctifs des Médicaments laxatifs. Elle a la propriété d’évacuer la bile, mais avec moins d’activité que l’absinthe. Dans ce cas, on prend son infusion préparée, soit à chaud soit à froid, à la dose d’une demi-livre avec dix drachmes de sucre soleïmani.
  • Et-Tabery. Son suc pris avec du sucre blanc est avantageux contre l’ictère.
  • Massîh. Elle nettoie et déterge le foie et l’estomac.
  • Avicenne. Elle purifie (var. : fortifie) l’estomac, particulièrement quand elle a été grillée. Prise avec du vinaigre, elle calme les hoquets. Si on la triture à l’état frais, qu’on en exprime le suc et qu’on le mélange avec du vin, elle fortifie l’estomac affaibli. Elle débarrasse l’abdomen du fœtus de ses impuretés, en purifiant les veines. Elle provoque l’écoulement de l’urine et des règles. Elle est utile contre les coliques. En suppositoire, elle arrête l’hémorragie utérine. Grillée, elle resserre le ventre et arrête l’hémorragie de l’utérus.
  • El-Ghafeky. Préparée par voie de macération et non de décoction, elle est plus efficace pour purger. En décoction, elle convient davantage pour désobstruer. Son suc et ses graines agissent comme la macération et la décoction. Elle est nuisible aux tempéraments chauds. Les lotions pratiquées avec sa décoction ou son suc sur les mains ou les pieds conviennent contre la goutte et les rhumatismes articulaires.
  • Livre des Expériences. Associée aux médicaments employés contre la gale, elle en fortifie l’action.
  • Ishak ibn Amrân. Son suc est avantageux contre les fièvres compliquées de provenance biliaire et pituitaire. Son ingestion n’a rien de désagréable.
  • Ibn Massa. Les condiments de cuscute conviennent à l’estomac, surtout si on l’associe à l’anis, à la graine d’ache ou à la graine de fenouil.
  • Ibn Semdjoûn. Quelques-uns de nos savants disent qu’on peut la remplacer par les deux tiers de son poids d’absinthe grecque.

Le nom de Qoriat el-Kettân manque à la lettre qāf, mais on le trouve au n° 1940. [(à la lettre kāf)]