Genipa americana (Rollet, Antilles)

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Faramea occidentalis
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Guettarda crispiflora
Planche 201 : Rubiaceae. IV. Genipa americana. A. Feuille. B. Fleurs. C. Fruit. D. Plantule. V. Chione venosa. E. Rameau fleuri. F. Fruits. G. Feuille.
base du tronc
tranche
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Genipa americana L. Syst. Nat. ed. 10, 2 : 931 (1759).

Synonymes : Gardenia genipa Sw. (1788) ; Genipa caruto H. B. K. (1820) ; Genipa americana var. caruto (H. B. K.) K. Schum. (1889).

Noms vernaculaires : Précolombien : Alasibikai (hommes), Saua (femmes) ; Tababubu. Fr : Genipa (nom vernaculaire venant du Brésil) (Guadeloupe, Martinique) ; Gêne-pas et Genipayer (Haïti) ; Genip (Martinique). A : Genipap, Marmelade-box (Lesser Antilles) ; Juniper (Grenade) ; Genip, (Antigua, Trinidad). Esp : Jagua, Genipa (Puerto Rico) ; Caruto (Vénézuéla). Port : Genipapo (Brésil).

Description : Arbre atteignant 20 m de haut et jusqu’à 90 cm de diamètre. Pied : petites pattes à large dos arrondi, 0,2 m de haut ; tronc annelé sur jeunes arbres. Écorce : épaisseur totale 6-7 mm pour un diamètre de 49 cm. Aspect externe : gris marron sublisse. Rhytidome : peu développé ; gratté : vert pomme vergeté jaune. Écorce vivante : tranche jaune verdâtre, molle, plus ou moins grumeleuse, cassante, humide ; la couleur fonce en orange. Aubier : jaune d’or. Rameaux : épais. Feuilles : opposées, presque sessiles, oblancéolées, à peine acuminées, 12-30 × 5-11 cm ; un peu épaisses et scabres ; pétiole épais, court ; deviennent noires en séchant ; groupées en bout de rameau. Fleurs : groupées en cymes de 5-10 cm de long, blanches, devenant jaunes, 1 cm de long, légèrement odorantes. Fruits : grosse baie de 6-11 cm de long, molle, couleur externe tabac, odeur de nèfle ou de Tamarin des Indes ; nombreuses graines, jaunes plates ; pulpe brun jaunâtre, noircit à l’air, comestible. Plantule : Type II. La plantule à germination épigée porte deux cotylédons foliacés de grande taille puis des feuilles opposées, à stipules interpétiolaires importantes (L ≈ 3 mm) foliacées. La nervure principale est saillante à la face inférieure des feuilles.


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Note : il faut probablement distinguer deux variétés (taille du fruit, biotopes, pilosité de la feuille) ; variété americana : face supérieure lisse, non rugueuse, face inférieure glabre, sauf les nervures et variété caruto : face supérieure gaufrée, face inférieure tomenteuse, et des écotypes. Discussion sur le statut des espèces et variétés in HOWARD (1989 : 415). Phénologie : décidu. Fleurs en juin-juillet, septembre-octobre. Fruits en mai-juin à octobre. Habitat : Forêt sèche décidue ; introduction discutée in KIMBER ; HODGE & TAYLOR pensent que l’espèce est naturelle en forêt dense de moyenne altitude en Dominique ; à l’époque de la Découverte des Antilles (1492), les Tainos et les Ciguayos des Grandes Antilles se teignaient le corps avec la couleur bleu-noir obtenue avec les fruits, ainsi que tous les Indiens des Guyanes et d’Amérique du Sud (LOVEN). Distribution probablement étendue par la culture. Au Vénézuéla, grand arbre de forêt dense : Caruto montañero et une variété dans les llanos : Caruto sabanero, en tous points identique par la fleur. Indigène en forêt littorale à Trinidad (BEARD 1949). Tempérament : espèce modérément héliophile ; régénération peu abondante en sous-bois ; les vieux arbres ne rejettent pas (MARSHALL).

Usages : Bois brun clair jaunâtre ; vagues cernes ; aubier crème ; dur, (d = 0,66), flexible, facile à travailler, sensible aux insectes et champignons (LONGWOOD, HARTSHORN, RECORD & HESS). Bateaux, caisserie, manches, tonnellerie, meubles (LITTLE & WADSWORTH). Fruits pour sorbets et punch au Brésil. Fruits mangés par les Caraïbes ; peinture rituelle du corps chez les Indiens ; aussi contre les maladies de peau. La pulpe du fruit, le jus du balisier et les cendres de Gynerium contre la petite vérole (HODGE & TAYLOR). Fruits pour appâter les poissons (NICHOLSON, IM THURN) ; aussi marmelade, boisson, peinture noire pour poterie et ustensiles ; insecticide. Arbre ornemental.

Distribution générale : Probablement étendue par la culture aux Grandes et Petites Antilles ; à partir des Guyanes et du Brésil à l’Amérique centrale et à toute l’Amérique tropicale. Rare à Trinidad en forêt dense.

Distribution aux Petites Antilles : Indigène à Grenade. Probablement introduit et faiblement naturalisé dans toutes les autres Petites Antilles. ex : en Martinique ± naturalisé localement. Absent de Barbade.

Matériel examiné : BT : ROUSTEAU 382, Delgrès Trois Rivières (GUAD). D : NICOLSON and al. citent 2 spécimens.

Observations : BT : Semble planté çà et là ; rare. Houëlmont, Lamentin, St Rose (DUSS). Baie Mahaut (ROLLET). GT : Chazeau (ROLLET). MG : çà et là dans les ravines (ROLLET). M : plus abondant qu’en Guadeloupe (DUSS). Environs des Trois-Ilets, çà et là dans les savanes ; planté en forêts domaniales des Trois-Iles, de Montravail ; devenue très rare, a presque disparu des stations naturelles. Semble avoir existé autrefois dans certains secteurs de Rivière Salée (Quartier Genipa) d’après FIARD. SV : jeune pied vu à Campden Park, forêt sèche N Kingstown (ROLLET). Gs : Isle of Ronde, Carriacou, Cannouan, Bequia, Mustique, Union, Tobago Cays, Mayero (HOWARD 1952). Gr : Morne Delice, 0-200 m, Pointe Saline, Levera (BEARD 1944, 1949).

Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). ALLEN 1956 ; BARKER & DARDEAU 1930 ; BEARD 1944, 1946, 1949 ; BRETON 1665 ; DESCOURTILZ** 1821-1830, vol. 2 ; DUSS 1897 ; FIARD** 1992 ; FOURNET* 1978 ; HARTSHORN 1969 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HOWARD* 1989 ; HOYOS** 1983 ; IM THURN 1883 ; KIMBER 1969 Thesis : 159 ; LONGWOOD 1961 ; LOVEN 1935 ; LITTLE & WADSWORTH* 1964 ; LITTLE and al.** 1967 ; MARSHALL 1939 ; MARTIUS 1889* ; NICHOLSON 1979 ; NICOLSON and al. 1991 ; PLUMIER* 1757 Pl. 136 ; RECORD & HESS 1949.

Anatomie du bois

coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)
  • 4-(23)-28-31-51-55-62-69 (Voir la signification des codes)
  • Bois parfait beige brun très clair à brun rose pâle, non diffé rencié de l’aubier, à grain fin, mi-dur et mi-lourd (0,70-0,85 g/cm3).
  • Pores disséminés, en grande majorité ou en totalité isolés, au nombre de 20 à 35 par mm2, indistincts à l’œil nu (diamètre moyen de 70 à 90 μm). Perforations des éléments vasculaires uniques ; ponctuations intervasculaires ornées, de 4 ou 5 μm de diamètre.
  • Parenchyme en cellules isolées ou très courtes chaînettes disséminées parmi les fibres. Files de cellules composées de 4 à 6 éléments.
  • Rayons 2- à 4-sériés, au nombre de 9 ou 10 par mm, de structure hétérogène : cellules couchées au centre et 1 à 4 rangées de cellules carrées et dressées aux extrémités. Ponctuations radiovasculaires identiques en taille aux intervasculaires.
  • Fibres à ponctuations aréolées.