Erythrina corallodendrum (Rollet, Antilles)
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Erythrina corallodendrum L. Sp. Pl. 2 : 706 (1753).
Noms vernaculaires : Fr : Bois-immortel (Guadeloupe, Martinique) : immortel, immortel pays (Guadeloupe, Martinique) ; immortel, morte (Dominique, Ste-Lucie) ; Bois immortel (Ste-Lucie, Grenade) ; Baumortel (Puerto Rico). A : Lent tree, Judas tree, Devil’s tree, Jumbie bead, Bean tree, Shrove Tuesday (Barbade) ; Small Jumbie bead, Wild immortelle (Trinidad) ; Jumby cutlass (St Vincent) ; Corail tree (Dominique, Puerto Rico) ; Red bean tree (Jamaïque). Esp : Piñon espinoso (Puerto Rico).
Description : Arbuste ou petit arbre atteignant 8 m de haut et 25 cm de diamètre. Houppier léger peu ramifié. Pied : cylindrique, sans patte ; aiguillons courts, épars sur le fût et les branches caducs, souvent tombés. Écorce : épaisseur totale 4 mm pour un diamètre de 23 cm. Aspect externe : très lisse, vert bouteille cireux avec grandes vergetures blanc-verdâtre verticales, ou larges vergetures vert gris sale, très lisses, anastomosées, sur fond brun rugueux par les lenticelles ; aspect général légèrement musculeux, cireux sur les vergetures ; grattée : vert bouteille puis jaune. Écorce vivante : fibreuse ; partie externe vert bouteille passant peu à peu au jaune ; partie interne orange clair. Aubier : orange clair ; faux cernes ; jaune paille, cœur peu différencié. Feuilles : alternes, ressemblant à une grande feuille de Haricot, à 3 folioles deltoïdes-rhombiques, 6-14 × 5-10 cm ; aiguillons à la base des pétiolules et une sur le rachis. Fleurs : rouge-corail, en forme de sabre ou de coutelas ; racèmes terminaux longs de 10-30 cm. Fruits : toruleux, 12-15 cm ; chaque gousse renferme jusqu’à 12 graines rouges avec un gros point noir, luisantes, longues d’env. 1 cm. Phénologie : décidu. Fleurs de février à mai. Habitat : forêt xérophile et fourrés littoraux entre 0 et 300 m. (Note : ADAMS donne entre 0 et 900 m à la Jamaïque). Tempérament : xéro-héliophile (ROUSTEAU) ; aussi sous-bois en forêt semi-décidue (MARSHALL) ; reproduit très facilement par boutures et cultivé. Plantule : Type VII. Les cotylédons succulents, sessiles, se dépriment et tombent généralement avant l’exposition des deux feuilles opposées - le dessin représente une plantule développée sous ombrière : les cotylédons sont anormalement persistants et les dimensions de la plantule particulièrement grandes. Les deux feuilles opposées, simples et les suivantes, alternes et trifoliolées (état définitif) montrent des stipules et des stipelles à l’insertion des folioles sur le rachis. Leurs nervations sont jaunâtres. La graine est en partie noire, en partie vermillon.
Usages : Bois léger et mou, de peu d’usage en dehors des haies vives, où il a remplacé le Rocouyer moins vivace (QUESTEL 1951). Ornemental par les fleurs rouges, surtout quand les feuilles sont tombées ; graines rouges avec un point noir, luisantes, utilisées pour collier. Les Caraïbes utilisent les feuilles en tisane (HODGE & TAYLOR).
Distribution générale : Jamaïque, Grand Cayman, Hispaniola, Puerto Rico, Virgin Islands, Petites Antilles, Trinidad, Tobago ; Amérique centrale et du Sud. Distribution étendue par la culture.
Distribution aux Petites Antilles : St-Martin, Saba, St Kitts, Montserrat, Guadeloupe (Basse-Terre et Grande-Terre), Les Saintes (Terre-de-Haut et Terre-de-Bas), Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St Vincent, Barbade, Grenade.
Matériel examiné : BT : DUSS 1008, çà et là basse région (P) ; FOURNET 4405, Goyave (P) ; JÉRÉMIE 415, Boisvin, 50 m (P) ; RODRIGUEZ 3241, Vieux-Fort (P) ; RODRIGUEZ 4401, Pigeon (P) ; RODRIGUEZ 4457, Rivière des Pères (P) ; ROLLET 975, 1214, Monts Caraïbes, 200-300 m (GUAD) ; ROUSTEAU 65, Monts Caraïbes (GUAD). D : HODGE 2054 (cité par HODGE & TAYLOR). NICOLSON and al. citent 6 autres spécimens. M : HAHN 721, Fort-de-France (P) ; RODRIGUEZ 3392, Fort-de-France (P).
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Observations : SB : Disparu de St-Barthélemy (QUESTEL 1941) ; cité par Wikstroem et par URBAN, non retrouvé. BT : Entrée Bois Malher, 100 m (ROLLET). St : Terre-de-Haut, 150 m, montée du Chameau (ROLLET). Dé : Ravine de la Rivière, côte Nord, 100 m (DAVID & ROLLET). M : Pente 50 m bord de mer : Le Prêcheur (Nord de l’Ile) ; Caravelle, Baie du Trésor (ROLLET). SL : Marquis River, zone sèche, 180 m ; Espérance Bay, 0-50 m ; Fond d’Or Bay, 0-100 m ; Petit Piton, 500 m ; Laborie, Ciceron, 20 m (ROLLET). B : Probablement indigène (GOODING and al.).
Bibliographie : (*Iconographie : **Couleur). ADAMS 1972 ; Adjanohoun et al. 1985 ; BEARD 1944 ; BRITTON & WILSON 1924 ; DESCOURTILZ** 1821- 1830 ; DUSS 1897 ; FOURNET* 1978 ; GOODING and al. 1965 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HOWARD 1952, 1988* ; HUGHES 1750 ; LIOGIER 1985 ; LITTLE and al.* 1974 ; MARSHALL 1939 ; NICOLSON and al. 1991 ; QUESTEL 1941, 1951.
Note : HOWARD reconnaît une variété dont l’unique différence avec E. corallodendrum est que la graine, au lieu d’être complètement écarlate, est en partie écarlate, en partie noire : Erythrina corallodendrum L. var. bicolor Krukoff (Brittonia 3 : 275, 1939). En Guadeloupe, seule la var. bicolor a été observée ; or, sous un pied de Ormosia monosperma, des graines où la proportion du rouge et du noir était très variable, allant jusqu’à donner des graines presque toutes noires ont été trouvées. Même phénomène de variabilité, cette fois pour la couleur des fleurs de Delonix regia, où les graines d’un même individu donne des plants à fleurs jaunes et des plants à fleurs rouges. On peut donc penser à des hybrides non fixés chez certaines Légumineuses.
Anatomie du bois
- 2-12-15-29-30-(35)-(37)-38-54-55-58-70 (Voir la signification des codes)
- Bois parfait beige jaunâtre, non différencié de l’aubier, très tendre et très léger (0,25-0,35 g/cm3), à grain grossier, maille large bien visible par sa teinte plus foncée.
- Pores disséminés, isolés ou accolés radialement, obliquement ou tangentiellement par 2 ou 3, rares (1 ou 2 par mm2) et très gros (200 à 250 μm de diamètre moyen. Perforations des éléments vasculaires uniques ; ponctuations intervasculaires ornées, de 9 ou 10 μm de diamètre.
- Parenchyme abondant en bandes très larges (10 à 15 cellules). Files de cellules étagées, composées de 2 éléments, dont certains recloisonnés et cristallifères au voisinage du tissu fibreux.
- Rayons non étagés 5- à 10-sériés, au nombre moyen de 2 par mm, de structure hétérogène : cellules couchées peu allongées horizontalement et cellules carrées en mélange, parfois avec des cellules bordantes légèrement dressées. Ponctuations radiovasculaires identiques en taille aux intervasculaires.
- Fibres à ponctuations simples.