E (Audier, L’herbier du village)

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Anne Audier, L’herbier du village (2012)
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Échalote

Allium oschaninii

L’échalote grise, qui était seule cultivée autrefois, se plante comme l’ail à la fin de novembre ou au début décembre quand la lune a trois jours. Comme l’ail, elle se récolte aussi à la saint Barnabé ou au plus tard pour la Saint-Jean (7). Comme elle coule facilement (on dit qu’elle échaude) on ne sarcle la planche qu’avec précaution et jamais par grande chaleur. Lorsque le bulbe est presqu’à maturité, quelques jours avant de l’arracher, on le soulève doucement à l’aide d’un outil glissé sous les racines.

L’échalote est un condiment indissociable du poisson, qu’il accompagne dans toutes les sauces en particulier dans le court-bouillon d’anguilles. On la fricasse avec les pibales, on la sert crue avec le poisson bouilli. Dans l’île d’Oléron, incorporée à une vinaigrette, on l’apprécie avec les huîtres.

Dans les fermes, on en fait une grande consommation dans la cuisine de porc. Elle entre dans la composition des boudins, des grattons ou rillettes. Certains l’ajoutent à la chair à saucisse. On l’utilise aussi dans la préparation des salmis, des sauces de lapin. Grillée dans le diable et servie au beurre, elle constitue même un véritable plat de légumes qui faisait souvent l’entrée, autrefois.

En médecine populaire, on frotte les verrues avec une échalote pour les faire disparaître (Saintes 1962).

Épervière

Hieracium spp.

Diverses espèces de ces composées à fleurs jaunes, les cochets ou, anciennement cothius, sont cueillies pour la nourriture des lapins.

Érable

Acer sp.

Les deux seules variétés indigènes sont l’érable champêtre et l’érable de Montpellier. L’érable champêtre est très commun à l’orée des bois, on en a même fait des haies dans la région de Tonnay-Charente. Il fournit un bois de chauffage de bonne qualité. L’érable de Montpellier ne se rencontre que par endroits.

À Trizay, on donnait ses branches comme « mai » aux jeunes filles, autrefois (22). On trouve parfois plantés dans les parcs et les jardins, l’érable sycomore, l’érable faux-platane et l’érable Negundo.

Érigéron du Canada

Erigeron canadensis = Conyza canadensis

Cette plante est très envahissante et se rencontre à peu près partout. Elle n’a pas de nom local.

Érodium

Erodium spp.

Les aiguilles sont communes dans les vignes et les cultures. Elles sont récoltées pour la nourriture des lapins (1).

Érythrée

ou petite centaurée, Centaurium erythraea

Sans être rare la centaurée, petite cendorée, n’est pas très répandue au bord des chemins et dans les taillis, en terrain sec. Elle appartient à la famille des gentianes.

À Champagne on l’utilise en tisane comme fébrifuge (24). Il semble qu’il en ait été de même, autrefois, à Saint-Symphorien (7) et dans toute la région.

Euphorbe

Euphorbia spp.

On redoute la roberne pour les lapins, surtout l’Euphorbia helioscopia et l’Euphorbia peplus que l’on trouve en abondance dans les jardins et les cultures. Une seule tige de ces plantes mêlée par mégarde à leur fourrage, ferait dit-on, périr les bêtes (1).

Quant à l’euphorbe épurge (Euphorbia lathyris), l’herbe à taupe, qui est rare à l’état sauvage, elle est parfois plantée dans les jardins car elle aurait la propriété de repousser ces hôtes indésirables qui n’iraient jamais fouiller à leur voisinage (Madame Perrin).