D (Sérapion)
|
Dababch
138. Dababch, gui, dibq دِبق. — Viscum album L.
Dadi
139. Dadi, inconnu, dâdy دَادي. — Graines d'une plante inconnue ; il existait deux dâdy : le grec et le persan. Pour Daoud al-Antaky, le dady grec serait l'hypericum et le dady persan une graine semblable à l'orge. Ibn al-Aouam (t. I, p. 303) semble distinguer deux plantes mais arbres ; la seconde serait le Cercis siliquastrum L., arbre de Judée.
Dalzum
140. Dalzum, escargot, halazoûn حَلَزون. — Il s'agit non seulement de l'escargot, Helix pomatia, mais encore de divers mollusques marins. Les escargots sont encore inscrits au Codex, ainsi que l’héroïque sirop de limaçons. On donne en Syrie le nom de Halzoun à une maladie causée par l'ingestion de foie cru de chèvre infesté de douves ; ces animaux se fixent sur le pharynx et amènent une congestion parfois mortelle.
Darseni
141. Darseni, cannelle de Chine, dâr çyny دَر صِيني. — Cinnamomum zeylanicum Nees. ; la cannelle سَلِيخة salykha était peut-être, comme de nos jours, l'écorce réduite à la couche libérienne ; quant au قِرفة qirfa, c'était la branche entière, bois et écorce. Vulgairement la cnnnelle s'appelle horfé (pour qourfa).
Darsisahan
142. Darsisahan, aspalathe, dâr chychʿân دَر شيشعَان. — Plante épineuse à fleurs jaunes dont on employait la racine. On l'a identifiée avec un Calicotome, C. villosa Link. (Cytisus laniger D. C.) ou C. spinosa Link. (Cytisus spinosus Lam.). Le traducteur de Sérapion en a fait à tort le grenadier sauvage.
Dausir
143. Dausir, ægylops, doûsira دُوسِرا. — Graminée barbue employée pour percer les abcès situés aux coins des yeux. Le traducteur de Sérapion en a fait une avoine, ce serait plutôt un ægylops ; Aegylops ovata L. est commune en Orient.
Debonigi
144. Debonigi, camomille, bâboûnij بَابونِج. — Anthemis nobilis L. ; à Beyrouth, on donne ce nom à une petite Camomille, très commune au printemps, à odeur très vive, Anthemis pseudocotula Boissier. Boissier (Flora Orientalis) fait du bâboûnij Achillea fragrantissima Schimper, ce qui est une erreur.
Decka
145. Decka, blette, silq سِلق. — Beta vulgaris L., ou betterave, et B. Cicla L., ou bette poirée. Nous avons déjà vu (n° 49) un autre légume de la même famille (Chénopodiacées).
Deheeb
146. Deheeb, or, dahab دَهب. — Faisait partie de la fameuse confection alkermès de Mésué (n° 113). On peut rappeler à ce sujet les invectives de Sébastien Colin : « Je voudrays demander à ces marpaulx (fripon, voleur) les raisons par lesquelles l'or cuit restaure » (p. 39), et plus loin : « voulant faire un restaurant à ung malade, il (l'apothicaire) demanda des ducats pour y mettre, desquelz il restaura sa bourse qui estait bien vuide ». Ce qui n'empêche pas d'ailleurs ledit Colin de préconiser aussi l'or métallique.
Dekich
147. Dekich, farine, daqyq دَقيق. — La farine arabe se prépare par mouture du blé sans blutage consécutif, ou avec un blutage plus ou moins grossier. L'emploi de cette farine tend à disparaître et on lui substitue désavantageusement, au point de vue nutritif, des farines dites françaises importées d'Europe. D'ailleurs, la farine est outrageusement falsifiée à Beyrouth, et cela ouvertement. Le nom vulgaire est طحين tahyn. Le saouyq سَويق était une farine spéciale. C'est le sauich de Sérapion. Les Arabes préparaient des farines avec diverses graines.
Dem
148. Dem, sang, dam دم. — On voit que l'usage du sang comme médicament ne date pas d'aujourd'hui ; les anémiques buveurs de sang des abattoirs avaient des devanciers chez les malheureux épileptiques qui, à Rome, buvaient le sang des gladiateurs. La thérapeutique moderne prescrit l'hémoglobine, principe retiré du sang.
Demalachochen
149. Demalachochen, sang-dragon, dam al-akhouaïn دَم الاخوَين. — Littéralement : « sang des deux frères ». Résine rouge fournie par un rotang, Calamus Draco Willd., et qui, après avoir été très recherchée autrefois, n'est plus guère employée que pour faire des vernis ou en photogravure ; elle exsude des fruits sous forme de vernis friable qu'on détache par frottement, puis qu'on agglomère par la chaleur. Il existe d'autres sang-dragons : celui de Socotra, fourni par une plante qu'on a voulu identifier avec le κιννάβαρις de Dioscoride ; celui des îles Canaries qui exsude de l'écorce du Dracaena Draco L. (Liliacées). Clusius a donné dans ses annotations des œuvres de Monard, la figure de l'arbre à sang-dragon. Au chapitre 59 du livre 5, Dioscoride étudie le κιννάβαρις qu'il distingue du minium (sulfure de mercure, notre cinabre ou vermillon moderne, tandis que notre minium est un oxyde de plomb), et qu'il rapproche de l'hématite, oxyde rouge de fer. Ne faudrait-il donc pas voir dans ce produit un composé rouge du plomb, soit chromate, soit peroxyde naturel ? On retrouve on effet, parfois sur la galène, des dépôts de minium naturel.
Dend
150. Dend, croton, dind دِند. — Croton Tiglium L. ou Jatropha ; en tous cas, une graine d'euphorbiacée purgative. Daoud al-Antaki dit que c'est le produit connu en Egypte sous le nom de حبَّه الملُوك habba al-mouloûk et que c'est le ricin de Chine. Chez Sérapion, il y a Dend hayse ; j'ignore ce que peut être ce dernier mot.
Dheneb Alchail
151. Dheneb Alchail, prêle, danab al-khaïl ذَنَب الخَيل. — Equisetum, peut-être E. arvense L. Le nom arabe est la traduction de cauda equina. La prêle porte encore le nom de ٱُمْسُوخ oumsoûkh.
Dherarie
152. Dherarie, cantharide, darâryh ذرَاريح. — Cantharis vesicatoria, ou plutôt Meloe fasciata qui est la cantharide de Dioscoride. Le nom actuel est doubâb hindy ذبَّاب هندي « mouche de l'Inde », vulgairement doubbân hindy ذبَّان هندي.
Dibach
153. Dibach, gui, dibq دِبق. — Voir le n° 138.
Didar
154. Didar, orme, dardâr دَردَار. — Il y a confusion ici. L'orme, Ulmus campestris L. (Ulmacées), est l'arbre aux moucherons, شَجرة البق chajara al-baq. En Orient, l'Orme se nomme aussi دَردَار dardâr, ce que Sérapion fait d'ailleurs remarquer ; mais en Occident le dardâr devient le nom du frêne, Fraxinus excelsior L., dont les fruits sont les langues de passereaux لِسَان العصافير lisân al-açâfyr.
Difdaha
155. Difdaha, grenouille, difdaʿ ضِفْدَع, — Rana esculenta.
Digedi
156. Digedi, poule, dajâj دجاج. — Gallus domesticus ; le coq s'appelle ديك dyk ; « la poule couveuse » قرقة qourqa ; « le poussin » صُوص çouç et vulgairement, sous la forme du pluriel, صِيصَان cyçân ; « le poulet » فرخ farkh ; « la poulette » فَرُّجة farroûja.
Dili
157. Dili, indigo, nyl نيل. — Fourni par l'indigotier, Indigofera tinctoria L. ; encore nommé نيلج nylaj, عِظْلِم ʿizlim. La feuille s'appelle وَسمة ouasma, nom que porte aussi le pastel, Isatis tinctoria L. (Crucifères). Vulgairement nyl est le bleu pour azurer le linge, c'est-à-dire l'outremer artificiel.
dimâgh
158. Dimag, cervelle, dimâgh دماغ. — La cervelle de lièvre était employée pour combattre les frissons d'origine morbide.
Dis
159. Dis, jonc, dys ديس. — Arundo tenax Vahl.
Dochan
160. Dochan, suie, doukhân دُخان. — Littéralement fumée ; de nos jours, c'est le nom du tabac à fumer, le nom officiel turc toutoun تُتُن n'étant pas adopté en Syrie.
Dochon
161. Dochon, panic, doukhn دُخن. — Panicum italicum L. ; on en fait aussi Holcus Dochna Forsk., c'est-à-dire une variété de sorgbo.
Driç
162. Driç, thapsia, diryâs درياس. — Voir le n° 492.
Dulb
163. Dulb, platane, doulb دُلب. — Platanus orientalis L.; encore nommé صِنّار çinnâr, عَيثَام ʿayṣâm.
Dullaha
164. Dullaha, melon vert, doullâʿ دلَّاع. — Voir le n° 58.
Dundebe
165. Dundebe, chicorée, hindiba هِندِبا. — Cichorium Intybus L.