Cordia alliodora (Rollet, Antilles)
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Plantules : Toutes les espèces observées du genre Cordia ont en commun la forme générale des limbes cotylédonaires à marge sinueuse et leur nervation actinodrome composée (MOUTON, 1970). Le caractère semble plus diagnostique du genre que l’architecture qui peut être monopodiale comme chez C. alliodora.
Cordia alliodora
Cordia alliodora (Ruiz & Pavón.) Oken All. Naturgeschichte Bot. 3 : 1098 (1841).
Basionyme : Cerdana alliodora Ruiz & Pavon, Fl. Peruv. Prodr. 2 : 47 (1799).
Synonymes : Cordia gerascanthus sensu Griseb. (1862), non L. ; Cordia gerascanthus L. fa. martinicensis Chodat (1950).
Noms vernaculaires : Fr : Bois de Rhodes, Bois de rose, Bois Chypre (Guadeloupe) ; Bois de Chypre (Martinique) ; Cypre (Dominique, Ste-Lucie, Barbade) [prononcer sip] ; Bois soumis, Chêne caparo (Haïti). A : Spruce (Antigua). Esp : Pardillo (Venezuela) ; Capa (St Domingue, Puerto Rico) ; Laurel (en Amérique latine). Port : Freijo (Brésil).
Description : Arbre moyen atteignant 20 m de haut et 80 cm de diamètre (30 m de haut et 100 cm à Trinidad in MARSHALL). Pied : sans contreforts. Écorce : aspect externe gris noirâtre, fissurée en peau de crocodile sur les gros diamètres. Écorce vivante : tranche fibro-grumeleuse. Rameaux : noirâtres, pseudoverticillés sur jeune brin, lenticelles blanches. Feuilles : alternes, entières, lancéolées, 7-18 × 3-8 cm, acuminées, scabres ; pétiole poilu, long d’env. 2 cm. Fleurs : inflorescences terminales très denses masquant les feuilles. Fleurs fugaces, à corolle blanche longue de 10-12 mm ; calice en cornet étroit, denté et côtelé. Fruits : secs, fusiformes, côtelés, longs d’env. 5 mm, inclus dans le calice persistant. Phénologie : l’arbre fleurit alors qu’il est entièrement feuillé, puis les fleurs fugaces passent et l’arbre commence à se défeuiller ; il reste au moins quelques jours sans feuilles. MARSHALL dit que l’espèce est pratiquement sempervirente à Trinidad. Floraisons et fructifications irrégulières (LITTLE & WADSWORTH) ; fleurs décembre à mars, et même en octobre. Habitat : disséminé entre 0 et 600 m en forêt sèche du littoral surtout sous le vent (FOURNET indique entre 10 et 850 m). Tempérament : très héliophile ; croissance rapide (danger de chancre à Trinidad). Pionnier sur les talus qu’il partage avec Tabebuia heterophylla ; accepte le calcaire et un couvert très léger. Plantule : Type I. Les cotylédons glabres sont plus petits et leurs marges moins sinueuses que chez les autres Cordia locaux. Les feuilles surtout à leur face supérieure, et les axes sont poilus. La pilosité est d’autant remarquable que les organes sont jeunes. Note : Seul Cordia à architecture monopodiale.
Usages : Bois très apprécié ; moyennement lourd (d = 0.57 in LITTLE & WADSWORTH) tendre, brun clair, résistant aux termites, et durable dans le sol. Très utilisé en plantations. Cernes visibles (Tschinkel). Menuiserie, bateaux, voitures (NICHOLSON) ; meubles, ébénisterie, traverses, rames, déroulage et tranchage ; charpente ; planchers ; portes. Le nom vernaculaire viendrait de l’odeur des fleurs (DUSS) ; les fleurs n’ont pourtant pas une odeur particulièrement agréable. Le Père Labat avait déjà fait remarquer que le bois frais a une odeur de rose quand on le travaille. Mellifère.
Distribution générale : Mexique, Grandes Antilles ; Petites Antilles ; Trinidad ; Amérique centrale jusqu’à Equateur, Pérou, Bolivie, Brésil.
Distribution aux Petites Antilles : Antigua, Montserrat, Guadeloupe (Basse-Terre et Grande-Terre), Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St Vincent, Barbade.
Matériel examiné : BT : BÉNA 53, 54, Pointe Noire, Baille Argent (P) ; HUC 1039, St Robert, Baillif, 500 m (GUAD) ; HUC 1243, entrée trace Crête Village (GUAD) ; JÉRÉMIE 765, Vieux-Habitants, 250 m (P) ; ROLLET 346, Monts Caraïbes, 350 m (GUAD) ; STEHLÉ 559, Baillif, 70 m (P) ; STEHLÉ 2684, Anse à la Barque (P). GT : QUESTEL 4804, Grands-Fonds, Abymes (P). D : Coulibistri (Whitefoord 5359), Scotts Head (HODGE 1627), cité par NICOLSON. M : HAHN 1380, Case Pilote (P) ; ROLLET 747, 1654, Flanc Nord Pelée, 150-200 m (GUAD) ; STEHLÉ 6031, Carrière Tivoli, Fort de France (P).
Observations : At : Mont Boggy (ROLLET) ; Darkwood, 0-50 m (DAVID & ROLLET). M : Anses d’Arlets, Trois Ilets, Rivière Salée (DUSS) ; Habitation Etage, 250 m (ROLLET) ; sommet Morne Gardier (FIARD & ROLLET). SV : Hermitage 250 m, Vermont Trail 400-450 m (ROLLET). B : Joe’s River (ROLLET).
Bibliographie : (*Iconographie, **couleur). ALLEN* 1956 ; BEARD 1944, 1949 ; BRITTON & WILSON 1925 ; CTFT** 1990 ; DUSS 1897 ; FIARD** 1992 ; FOURNET* 1978 ; GOODING and al. 1965 ; HOWARD 1952, 1989 ; HOYOS** 1983 ; Lamprecht 1955 ; LITTLE & WADSWORTH* 1964 ; MARSHALL* 1939 ; NICHOLSON 1979 ; NICOLSON and al. 1991 ; PENNINGTON & SARUKHAN* 1968 ; PEREZ FIGUEROA 1956 ; QUESTEL 1941 ; TSCHINKEL 1966 ; WOODS 1951.
Anatomie du bois
- (3)-5-25-(35)-(38)-54-55-56-66-(67)-70 (Voir la signification des codes)
Cordia alliodora, Cordia collococca, Cordia reticulata, Cordia sulcata :
- Bois parfait beige jaune un peu grisâtre, parfois très légèrement veiné, en général non distinct de l’aubier, tendre et léger (0,40 à 0,65 g/cm3, et jusqu’à 0,70 pour C. collococca), à grain grossier, à maille bien visible.
- Pores disséminés, isolés ou accolés radialement ou obliquement par 2 ou 3, au nombre de 3 à 10 par mm2, distincts à l’œil nu (diamètre moyen variant de 100 à 200 μm), plus ou moins fréquemment obstrués par des thylles. Perforations des éléments vasculaires uniques ; taille des ponctuations intervasculaires comprise entre 6 et 9 μm.
- Parenchyme en lignes terminales et associé aux pores en manchon mince (C. alliodora), ou en losange et plus ou moins anastomosé dans les autres espèces. Files de cellules composées de 2 à 4 éléments. Sable cristallin souvent présent dans les échantillons de C. collococca, C. elliptica et C. sulcata.
- Rayons 3- à 8-sériés, au nombre de 3 à 5 par mm, de structure très peu hétérogène (C. collococca) à hétérogène : cellules couchées au centre et cellules carrées et dressées en bordure et aux extrémités. Ponctuations radiovasculaires identiques en taille aux intervasculaires. Présence de cristaux chez C. alliodora, de sable cristallin chez C. collococca.
- Fibres à ponctuations simples.