Cordia collococca (Rollet, Antilles)

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Cordia alliodora
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Cordia curassavica
Planche 26 : BORAGINACEAE. III. Cordia alliodora. A. Rameau fleuri. B. Feuille. C. Plantule. IV. Cordia collococca. D. Rameau fleuri. E. Rameau. F. Fruits. G. Écorce (coupe transversale).
base du tronc
tranche

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Cordia collococca L. Fl. Jam. : 14 (1759).

Synonymes : Gerascanthus collococcus (L.) Borhidi (1988).

Noms vernaculaires : Fr : Mapou rivière (Guadeloupe) ; Mahot bré, Bois puant (Martinique) ; Mapou rouge (Guadeloupe) ; Mapou (St-Barthélemy) ; Cyp (Ste-Lucie). A: Red manjack (Puerto Rico) ; Clammy cherry (Grenade, Barbade) ; Wild chammy cherry (Barbade) ; Manjack, Manjack lay lay (Trinidad) ; Manjack (Dominique, Ste-Lucie).


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Note : Cordia sulcata est aussi appelé Manjack.

Description : Arbre moyen atteignant 10 m de haut et 40 cm de diamètre (24 m et 80 cm in MARSHALL). Pied : sans pattes ou à peine marquées ; fût parfois cannelé. Écorce : épaisseur totale 12 mm pour un diamètre de 45 cm. Aspect externe : sublisse, gris à brun clair. Écorce vivante : tranche très fibreuse jaune clair à orange ; vire rapidement à l’orange foncé, et après un certain temps au noir. Section transversale : une zone externe est la partie des rayons élargis confluents orange clair ; une zone interne en réseau : rayons fins et serrés recoupant une série de bandes marron foncé parallèles, plus larges vers l’intérieur, plus fines vers l’extérieur. Aubier : beige ; rayons fins serrés ; parenchyme en chaînettes obliques beige sur fond orange. Rameaux : très torses à crêtes de liège ; hébergent souvent des nids de guêpes. Feuilles : alternes, en pseudoverticilles 6-14 × 3-7 cm, oblancéolées, un peu scabres, vert bouteille, un peu acuminées ; pétiole long de 1-2 cm. Fleurs : inflorescences en cymes corymbiformes, fleurs très petites, sessiles, blanches (roux après la chute des feuilles), dimorphes rendant l’espèce pratiquement dioïque (GOODING, FOURNET). Fruits : drupe rouge corail puis noire à pulpe très collante, 1 cm de diamètre (grosseur et aspect de grosses groseilles rouges), 1 cm de diamètre ; 1 graine par fruit. Phénologie : décidu (quelquefois une partie du houppier seulement, le bas restant souvent feuillé). Floraison mai à juillet (DUSS), aussi en janvier. Fruits : avril à septembre. Habitat : Tous terrains en forêts et fourrés xérophiles littoraux et de l’intérieur entre 0 et 100 m ; fréquent en bordure de cours d’eau. Tempérament : xéro-héliophile (MARSHALL) ; rejette bien ; croissance rapide ; tous terrains.

Usages : Bois mou, léger, peu durable, brun clair, de peu d’usages. Feuilles en infusion : soporifiques ; mucilage des baies contre la diarrhée (HONYCHURCH). Mellifère.

Distribution générale : Grandes Antilles sauf Bahamas (BRITTON & WILSON) ; Virgin Islands ; Petites Antilles ; Sud Mexique à Nord Venezuela.

Distribution aux Petites Antilles : Presque toutes les Petites Antilles ; non encore récolté à Saba, Barbuda, St Eustache, Nevis.

Matériel examiné : BT : ROLLET 1062, Jarry, 0 m (GUAD) ; ROLLET 1258, 1262, ravine Bouillante, 70 m (GUAD) ; ROLLET 1335, 1473, Batterie Deshaies, 10 m (GUAD) ; ROUSTEAU 213, Batterie Deshaies, 10 m (GUAD) ; STEHLÉ 5599, Savane à Mulets, 1100 m (P). GT : QUESTEL 4581, Gosier (P) ; ROLLET 109, 953, 1057, 1382, 1443, Canal Perrin, 0 m (GUAD) ; ROLLET 1443, Haut de la Montagne, 20 m (GUAD) ; STEHLÉ 947, Moule (P). St : STEHLÉ 562, Terre-de-Haut, 0-300 m (P). MG : STEHLÉ 2682, 0-300 m (P). D : NICOLSON and al. citent 4 spécimens récoltés sur la côte ouest, au niveau de la mer. M : PLÉE 719, s.loc. (P).

Observations : Gs : Mustique, Bequia, Tobago Keys (HOWARD 1952). SM : Pic Paradis, 400 m (FIARD & ROLLET). At : Boggy Peak, 0-350 m au sommet ; Darkwood, 0-50 m (DAVID & ROLLET). Gr : introduit et planté (service forestier) sous le nom de Cypress.

Bibliographie : (*Iconographie, **couleur). ALLEN 1956 ; BEARD 1944 ; BRITTON & WILSON 1956 ; CTFT** 1990 ; DESCOURTILZ** 1821-1830 ; DUSS 1897 ; FIARD** 1992 ; FOURNET* 1978 ; GOODING and al. 1965 ; HONYCHURCH 1980 ; HOWARD 1952, 1989 ; HOYOS** 1983 ; HUGHES 1750 ; LITTLE and al.* 1974 ; MARSHALL 1939 ; NICOLSON and al. 1991 ; QUESTEL 1941.

Anatomie du bois

Cordia alliodora : coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)

Cordia alliodora, Cordia collococca, Cordia reticulata, Cordia sulcata :

  • Bois parfait beige jaune un peu grisâtre, parfois très légèrement veiné, en général non distinct de l’aubier, tendre et léger (0,40 à 0,65 g/cm3, et jusqu’à 0,70 pour C. collococca), à grain grossier, à maille bien visible.
  • Pores disséminés, isolés ou accolés radialement ou obliquement par 2 ou 3, au nombre de 3 à 10 par mm2, distincts à l’œil nu (diamètre moyen variant de 100 à 200 μm), plus ou moins fréquemment obstrués par des thylles. Perforations des éléments vasculaires uniques ; taille des ponctuations intervasculaires comprise entre 6 et 9 μm.
  • Parenchyme en lignes terminales et associé aux pores en manchon mince (C. alliodora), ou en losange et plus ou moins anastomosé dans les autres espèces. Files de cellules composées de 2 à 4 éléments. Sable cristallin souvent présent dans les échantillons de C. collococca, C. elliptica et C. sulcata.
  • Rayons 3- à 8-sériés, au nombre de 3 à 5 par mm, de structure très peu hétérogène (C. collococca) à hétérogène : cellules couchées au centre et cellules carrées et dressées en bordure et aux extrémités. Ponctuations radiovasculaires identiques en taille aux intervasculaires. Présence de cristaux chez C. alliodora, de sable cristallin chez C. collococca.
  • Fibres à ponctuations simples.