Cocos nucifera (Rollet, Antilles)
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Cocos nucifera L., Sp. Pl. 2 : 1188 (1753). [sic : Coccos]
Noms vernaculaires : Fr : Cocotier. A : Coconut. Esp : Cocotero, Palma de coco.
Description : Grand palmier solitaire, inerme de 18-30 m de haut, de 40-50 cm de diamètre par élargissement à la base (le tronc est rarement ramifié ; QUESTEL signale un stipe trifide). Feuilles : au nombre de 10-14 ; 3-6 m de long et 1 m de large, arquées ; gaine foliaire 60 cm ; pétiole 1-1,5 m, jaune. Fleurs : inflorescence de 1 m de long naissant entre les feuilles à leur aisselle, entourée de 2 spathes ligneuses en forme de bateau. Fleurs sessiles monoïques, mellifères sur de nombreuses ramifications du spadice : les mâles à la partie supérieure, une seule femelle à la base, beaucoup plus grosse. Fruits : le plus gros du monde végétal, jusqu’à 30 cm de long (si l’on excepte celui du palmier des Seychelles Lodoicea) ; indéhiscent, à 3 angles obscurément marqués. Phénologie : sempervirent. Fleurs et fruits toute l’année. Habitat : sables, bord de mer et mornes inférieurs où il est cultivé surtout entre 0 et 400 m, mais pas au-dessus de 700 m. Tempérament : croissance assez lente ; résiste assez bien aux cyclones et aux courtes inondations par l’eau de mer.
Usages : Un des dix arbres les plus utiles à l’humanité (LITTLE & WADSWORTH). Le fruit donne une boisson réputée antiscorbutique ; le coprah quand le fruit est sec est une des principales sources d’huile pour les margarines et savons ; le coïr, fibre végétale tirée de la coque, sert pour la fabrication des tapis, cordes, balais. La sève fermentée des inflorescences immatures incisées donne un vin de palme (arak). Les feuilles servent de toitures, les troncs servent de poteaux et pilots ; les coques peuvent être transformées en charbon. Mellifère.
Largement planté dans les Grenadines après le déclin de l’industrie sucrière, il a été décimé et pratiquement détruit par jaunissement des feuilles vers 1890 (HOWARD) ; les plantations de Floride et Puerto Rico, également décimées, ont été remplacées par le cocotier nain à petit fruit de Malaisie.
Distribution générale : Supposé originaire du Vieux Monde et de la région indo-pacifique en particulier mais connu nulle part à l’état sauvage (BRITTON & WILSON) ; largement répandu par la culture dans le monde tropical. N’a pas été vu par Christophe COLOMB dans ses voyages de 1492-93. Cependant OVIEDO mentionne en 1526 de grands peuplements sur la côte pacifique de Costa Rica et Panama à la Pointe Burica (LITTLE & WADSWORTH).
Distribution aux Petites Antilles : Cultivé dans toutes les îles ; naturalisé par endroits, en particulier le long des côtes. N’a pas été enregistré dans les Antilles avant le 17e siècle. Introduit à la Dominique par le Père BRETON ; introduit entre 1654 et 1667 en Guadeloupe et Martinique (DUTERTRE) : « Le coco n’estoit pas encore dans les Antilles françoises à la première impression de mon livre en 1654… ».
Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). ALLEN 1956 ; BRETON 1665 ; BRITTON & WILSON 1923 ; DESCOURTILZ** 1821 ; DUSS 1897 ; DUTERTRE 1667 ; FOURNET 1978 ; HOWARD 1952 ; LITTLE & WADSWORTH* 1964 ; QUESTEL* 1951 ; SCHUBERT 1979 ; STEHLÉ 1963.