Cedrela odorata (Rollet, Antilles)

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Carapa guianensis
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Guarea glabra
Planche 133 : MELIACEAE. I. Cedrela odorata. A. Rameau fructifié. B. Plantules. C. Écorce (coupe transversale). II. Carapa guianensis. D, E, F. Fruit (détails).
écorce
tranche

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Cedrela odorata L. Syst. Nat., ed. 10, 2 : 940 (1759).

Synonymes : Cedrela mexicana M. Roem. (1846).

Noms vernaculaires : Fr : Acajou amer, Acajou du pays, Acajou rouge, Acajou à meubles, Acajou senti (Guadeloupe) ; Acajou (Martinique) ; Acajou (Ste-Lucie) ; Acajou amer (Dominique) ; Acajou-pays (Martinique) ; Cèdre, Cèdre espagnol (Haïti). A : Cedar ; Jamaican, West Indian, Spanish, Honduras cedar (Antigua) ; Red Cedar (Dominique, Ste Lucie, St Kitts, Montserrat) ; Cigar box cedar (Trinidad). Esp : Cedro, Cedro macho, Cedro hembra (Puerto Rico).

Description : Grand arbre dépassant 30 m de haut et atteignant presque 2 m de diamètre. Pied : pattes ou petits contreforts aliformes. Écorce : épaisseur totale 12 mm pour


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un diamètre de 69 cm. Aspect externe : marron noirâtre ; profondément fissurée longitudinalement, anastomosée. Rhytidome très dur, corné. Écorce vivante : rose très pâle à l’extérieur, feuilletée très finement et très régulièrement ou rose plus foncé ; passe rapidement à l’orange ; odeur agréable de rose ; vers l’intérieur blanc jaunâtre. Aubier : rose pâle parfumé. Feuilles : jusqu’à 45 cm de long, alternes paripennées ou imparipennées, odeur d’oignon si on froisse la feuille, surtout à l’état jeune ; folioles (10-22 paires) elliptiques, lancéolées, inégales à la base, la partie la plus étroite vers le bas de la feuille, vert-jaunâtre, opposées ou subopposées, 6-15 × 2-6 cm. Fleurs : jaune verdâtre, sentent l’ail, même assez loin de l’arbre ; inflorescence en panicule lâche. Fruits : ellipsoïdaux, env. 3 cm de long, bruns avec nombreux points blancs ; s’ouvrent au sommet en 5 valves ligneuses ; graines ailées. Phénologie : arbre à feuilles caduques ; est le premier arbre à perdre ses feuilles avant le « Carême » (début de la saison sèche). Fleurs en mai-juin. Fruits en juillet-août. Habitat : disséminé sur pentes entre 0 et 400 m en forêt semi-décidue ; souvent planté autour des maisons et en alignements (rues et routes). Fréquent autrefois dans toutes les îles, s’est raréfié par surexploitation. Tempérament : xéro-héliophile ; envahit les terrains vacants, de même que Tabebuia heterophylla ; propagation facile par graines et boutures. Plantule : Type III. Le semis porte d’abord deux cotylédons foliacés. Puis l’axe épicotylé produit deux feuilles opposées trifoliolées. Les feuilles suivantes sont alternes composées, imparipennées. Deux ou trois sont constituées de 5 folioles, les suivantes de 7. Il n’est pas rare de rencontrer des feuilles « anormales » : à 4 ou 6 folioles par avortement d’une des folioles. Les marges des limbes sont pourvues de poils fins mais visibles. La feuille froissée dégage une odeur caractéristique identique à celle des feuilles de l’arbre âgé.

Usages : Un des bois les plus précieux ; brun rougeâtre à odeur agréable (d = 0,5) ; facile à travailler, résistant aux insectes ; panneaux, lambris, coques de bateaux, coffres, meubles. La variété plus foncée et plus lourde appelée « cedro macho » est préférée pour les meubles et celle plus claire et légère « cedro hembra » pour les boîtes à cigares (à la Jamaïque on a constaté que des bardeaux utilisés dans des sucreries durent 100 ans, BURNS). Toutes les parties de l’arbre sont médicinales (HECKEL in DUSS : 129). L’écorce incisée donne une gomme abondante ressemblant à la gomme arabique. L’écorce réduite en poudre est tonique, fébrifuge, amère, astringente. Le bois exsude une résine aromatique fébrifuge. (Fruits anthelminthiques, huile pour cicatriser blessures et brûlures). Canots (Caraïbes) in HODGE & TAYLOR.

Distribution générale : Cuba, Ile des Pins, Cayman, Jamaïque, Hispaniola, Puerto Rico, Trinidad. L’espèce semble indigène dans les Antilles et sur le continent, du Mexique aux Guyanes, au Brésil et au Pérou ; sa distribution a été étendue par la culture : Floride, Ancien Monde.

Distribution aux Petites Antilles : Toutes les Iles de l’Arc interne sauf Saba et les Grenadines ; aurait disparu de Terre-de-Haut (Les Saintes). Subspontané à St Eustache et St-Martin (STOFFERS) ; dans l’Arc externe : St-Martin, Antigua, Grande-Terre (Guadeloupe), Marie-Galante, Barbade.

Matériel examiné : G : ROUSTEAU 328, 585, Malendure, Bouillante (GUAD) ; TANDY 91, St Claude (GUAD). M : HAHN 904, Rivière Pilote (P).

Observations : SK : pente Sud South Range, 100-400 m ; beau peuplement, individus de 50 à 80 et même 150 cm de diamètre (FIARD & ROLLET). BT : Monts Caraïbes, 200 m ; entrée Bois Mahler, 100 m ; cours inférieur Galion, Basse-Terre, 30 m ; Rivière des Pères, Basse-Terre, 400 m (ROLLET). MG : pied Barre de Dorot ; ravine Oubliée, 52 cm de diamètre (ROLLET). M : Morne Gardier, 300 m ; Petit Morne, 400 m (82 cm de diamètre) ; Le Prêcheur, 100 m (FIARD & ROLLET). SL : Marquis River, 150 m ; Petit Piton, 400 m (ROLLET). B : très commun autrefois, aujourd’hui rare (GOODING).

Bibliographie : (*Iconographie ; **couleur). ALLEN* 1956 ; BARKER & DARDEAU 1930 ; BEARD 1944, 1949 ; BRITTON & WILSON 1924 ; BURNS 1942 ; CARRINGTON 1993 ; CIRAD-Forêts** 1990 ; DESCOURTILZ** 1821-1830 ; DUSS 1897 ; FAWCETT & RENDLE* 1920 ; FIARD** 1992 ; FOURNET* 1978 ; GOODING and al. 1965 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HOWARD* 1988 ; HOYOS** 1983 ; HUGHES 1750 ; JACQUIN* 1780 ; LIOGIER* 1985 ; LITTLE & WADSWORTH* 1964 ; MARSHALL* 1939 ; NICOLSON and al. 1991 ; PENNINGTON* 1982 ; QUESTEL 1951 ; RECORD & HESS 1941b ; STOFFERS 1984.

Anatomie du bois

coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)
  • 3-4-5-17-27-(29)-30-56-57-64-66-70 (Voir la signification des codes)
  • Bois parfait de teinte beige rosé, différencié de l’aubier plus clair, à grain plutôt grossier, maille fine mais distincte, dégageant une odeur forte et agréable, tendre et léger (0,35 à 0,50 g/cm3).
  • Pores isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, formant une zone semi-poreuse en début d’accroissement, peu nombreux (2 à 5 par mm2), distincts à l’œil nu (diamètre moyen de 150 à 200 μm, mais dépassant toujours 200 μm dans la zone semi-poreuse). Perforations des éléments vasculaires uniques ; taille des ponctuations intervasculaires de l’ordre de 7-8 μm.
  • Parenchyme en lignes (ou bandes) en limite d’accroissement, en mince manchon autour des pores et en cellules isolées dispersées. Files de cellules composées de 4 à 8 éléments contenant parfois quelques cristaux.
  • Rayons 3-4-sériés, au nombre de 4 ou 5 par mm, de structure sub-homogène. Ponctuations intervasculaires identiques en taille aux intervasculaires. Présence sporadique de cristaux dans les cellules terminales.
  • Fibres non ou très rarement cloisonnées, à ponctuations simples.