Carapa guianensis (Rollet, Antilles)

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Meliaceae
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Cedrela odorata
Planche 133 : MELIACEAE. I. Cedrela odorata. A. Rameau fructifié. B. Plantules. C. Écorce (coupe transversale). II. Carapa guianensis. D, E, F. Fruit (détails).

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Carapa guianensis Aublet Hist. Pl. Guiane, Suppl. : 32, t. 387 (1775).

Noms vernaculaires : Caraïbe : Kouaho ; Karapa (veut dire huile en Caraïbe). Fr : Carapate, Bois rouge (Martinique) ; Bois caille, Carapa blanc, Carapa rouge (Guyane française). A : Crabwood (Guyana) ; Bastard Mahogany (ex British Honduras) ; Crappa (Grenade, Trinidad) ; Krappa (Surinam). Esp : Carapa (Vénézuéla) ; Port : Andiroba (Brésil).

Description : Grand arbre pouvant dépasser 30 m de haut et un mètre de diamètre. Pied : en général grands contreforts. Écorce : aspect externe gris cendré, fissurée en grands rectangles étroits (en lame de parquets) quelquefois soulevés. Écorce vivante : sous le liège aspect de jambon cru (carmin avec vergetures blanc rosé). Tranche rose à carmin. Aubier : blanc jaunâtre. Feuilles : jusqu’à 60 cm de long, alternes paripennées à 4-7 paires de folioles, elliptiques, jusqu’à 25 × 8 cm ; jeunes feuilles rougeâtres. Fleurs : panicules atteignant 50 cm de long ; fleurs subsessiles à 4 pétales blancs. Fruits : mûrit en un an ; capsule subsphérique ligneuse, env. 10 cm de diamètre, déhiscente en 4-5 valves, libérant 8-12 grosses graines brunes plus ou moins tétraédriques avec une face arrondie en calotte sphérique. Phénologie : sempervirent. Fleurs en novembre-décembre. Fruits surtout en mai-juin, aussi en septembre-octobre. Habitat : tendance grégaire en forêt dense de plaine et en forêt marécageuse ; aussi sur pentes ; sur toutes espèces de sols avec pluviométrie élevée. Tempérament : espèce sciaphile, préfère les sols frais non inondables mais assez versatile quant aux conditions de sol (sable, argile) et d’humidité du sol (quelquefois en peuplements purs en zones marécageuses) ; régénération souvent présente sous couvert dense ; dispersion limitée ; très sensible à Hypsipyla et brouté par le gibier (MARSHALL) ; jeunes sujets de plantation très attaqués par Hypsipyla grandella.

Usages : Le bois brun rougeâtre, variable en couleur selon les stations ressemble au Mahogany et fait l’objet d’un commerce international (c’est l’Andiroba du Brésil, le Crabwood des Guyanes, le Carapa du Vénézuéla). Construction, bateaux, meubles ; tranchage et déroulage (SCHEFFER, LONGWOOD, HARTSHORN). Arbre de chasse. Les graines sont probablement transportées par les agoutis ; elles donnent une huile médicinale (et autrefois pour la teinture du corps en rouge avec le rocou chez les Caraïbes).

Distribution générale : Cuba, République Dominicaine ; Petites Antilles ; Trinidad ; du Mexique et de Belize (ex British Honduras) au Brésil et aux Guyanes ; Equateur, Pérou.

Distribution aux Petites Antilles : Guadeloupe (Basse-Terre, début de naturalisation), Dominique, Martinique (naturalisé ?), St Vincent, Grenade.

Note : BEARD et aussi PENNINGTON donnent des stations dans les îles sans préciser qu’il s’agit de plantations, ce qui entraîne de la confusion en ce qui concerne la distribution naturelle de l’espèce. BEARD 1949 indique que St Vincent serait la limite nord de sa distribution dont la source est Trinidad et le Vénézuéla.

Matériel examiné : M : BÉLANGER 40, Mornes NE de St Pierre (en 1859) (P) ; BÉLANGER 540, s.loc. (P) ; STEHLÉ 4476, Bois St Joseph 480 m (P) ; STEHLÉ 5998, Tivoli (P).

Observations : BT : introduit dans quelques propriétés où il semble se naturaliser (Blonzac entre Rivières Bonfils et Ste Marie) ; Desbonnes, bas de la Trace vers Morne Dos D’Ane, 250 m. D : hauteurs de Pagoua (introduit ?) ou indigène ?, Melville Hill (STEHLÉ). NICOLSON and al. citent 3 récoltes. M : Introduit et naturalisé au Morne Jubin (DUSS). STEHLÉ suggère que l’espèce existait autrefois en Guadeloupe, Dominique et Martinique, mais c’est peu crédible. SV : Colonarie Valley, assez commun, espèce riveraine (BEARD) ; Grand Sable (PENNINGTON). Gr : Mt Delice, 100 m (BEARD 1949) ; Grand-Étang, 570 m (BEARD 1944, 1949) ; PENNINGTON (1982).

Bibliographie : (*Iconographie ; **couleur). AUBLET* 1775 ; BEARD 1944, 1949 ; DESCOURTILZ** 1821-1830 in Vol. 6 ; DUSS 1897 ; FANSHAWE 1947a ; FOURNET* 1978 ; HARTSHORN 1969 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HOWARD* 1988 ; LIOGIER 1985 ; LONGWOOD 1962 ; MARSHALL 1939* ; MARTIUS* 1878 ; PENNINGTON* 1982 ; RECORD & HESS 1941b ; SCHEFFER 1947 ; STEHLÉ & STEHLÉ 1947 Liste compl. Reliques.

Anatomie du bois

coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)
  • (3)-5-27-30-51-55-56-57-61-66-69-70 (Voir la signification des codes)
  • Bois parfait brun rose devenant brun rouge, bien distinct de l’aubier blanchâtre, à grain moyen, maille visible, relativement tendre, léger à mi-lourd (0,55-0,70 g/cm3).
  • Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, au nombre de 4 à 6 par mm2, perceptibles à l’œil nu (diamètre moyen de 140 à 180 μm), souvent obstrués par des dépôts brun-rouge. Perforations des éléments vasculaires uniques ; taille des ponctuations intervasculaires de l’ordre de 3-4 μm.
  • Parenchyme en manchon mince autour des pores et sporadiquement en lignes terminales. Files de cellules composées de 4 à 8 éléments contenant parfois quelques cristaux.
  • Rayons 2- à 5-sériés, au nombre de 5 ou 6 par mm, de structure légèrement hétérogène : cellules couchées au centre avec 1 à 4 rangées de cellules carrées aux extrémités. Ponctuations radiovasculaires identiques en taille aux intervasculaires. Présence de cristaux dans certaines cellules terminales normales ou dilatées.
  • Fibres fréquemment cloisonnées, à ponctuations simples.