Cat (Candolle, 1882)
Nom accepté : Catha edulis (Vahl) Endl.
[106]
Cat. — Catha edulis, Forskal. — Celastrus edulis, Vahl.
Cet arbuste, de la famille des Célastracées, est cultivé beaucoup en Abyssinie, sous le nom de Tchut ou Tchat, et dans l'Arabie Heureuse sous celui de Cat ou Gat. On mâche ses feuilles, à l'état frais, comme celles du Coca en Amérique. Elles ont les mêmes propriétés excitantes et fortifiantes. Celles des pieds non cultivés ont un goût plus fort et peuvent même enivrer. Botta a vu dans le Yémen des cultures de Cat aussi impor-
[107]
tantes que celles du café, et il note qu'un cheikh obligé de recevoir poliment beaucoup de visiteurs achetait pour 100 francs de feuilles par jour 1. En Abyssinie, on emploie aussi les feuilles en infusion comme une sorte de thé 2. Malgré la passion avec laquelle on recherche les excitants, cette espèce ne s'est pas répandue dans les pays voisins où elle réussirait, comme le Belouchistan, l'Inde méridionale, etc.
Le Catha est spontané en Abyssinie 3. On ne l'a pas encore trouvé tel en Arabie. Il est vrai que l'intérieur du pays est à peu près inconnu aux botanistes. Les pieds non cultivés dont parle Botta sont-ils spontanés et aborigènes, ou échappés des cultures et plus ou moins naturalisés ? C'est ce qu'on ne peut dire d'après son récit. Peut-être le Catha a-t-il été introduit d'Abyssinie avec le caféier, qu'on n'a pas vu davantage spontané en Arabie.
____________________
1. Forskal, Flora ægypto-arab., p. 65 ; Richard, Tentamen fl. abyss., 1, p. 134, t. 30 ; Botta, Archives du Muséum, 2, p. 73.
2. Hochstetter, dans Flora, 1841, p. 663.
3. Schweinfurth et Ascherson, Aufzählung, p. 263 ; Oliver, Flora of tropical Africa, 1, p. 364.