Cacaoyer (Candolle, 1882)
Nom accepté : Theobroma cacao L.
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Cacaoyer. — Theobroma Cacao, Linné.
Les Theobroma, de la famille des Byttnériacées, voisine des Malvacées, forment un genre de l5 à 18 espèces, toutes de l'Amérique intertropicale, principalement des parties les plus chaudes du Brésil, de la Guyane et de l'Amérique centrale.
Le Cacaoyer ordinaire, Theobroma Cacao, est un petit arbre, spontané dans les forêts du fleuve des Amazones, de l'Orénoque 1 et de leurs affluents jusqu'à une élévation d'à peu près 400 mètres. On le cite également, comme sauvage, dans l'île de la Trinité, voisine des bouches de l'Orénoque 2. Je ne trouve pas de preuve qu'il soit indigène dans les Guyanes, bien que cela paraisse probable. Beaucoup d'anciens auteurs l'indiquent comme spontané et cultivé, à l'époque de la découverte de l'Amérique, de Panama à Guatimala et Campèche ; mais les nombreuses citations réunies par Sloane 3 font craindre qu'ils n'aient pas vérifié suffisamment la condition spontanée. Les botanistes modernes s'expriment vaguement à cet égard, et en général ils ne mentionnent le Cacaoyer dans cette région et aux Antilles qu'à l'état cultivé. G. Bernoulli 4, qui avait résidé à Guatimala, se borne à ces mots : « Spontané et cultivé dans toute l'Amérique tropicale, » et Hemsley 5, dans sa revue des plantes du Mexique et de l'Amérique centrale, faite en 1879, d'après les riches
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1. Humboldt, Voy., 2, p. 511 ; Kunth, dans Humboldt et Bonpland, Nova genera, 5, p. 316 ; Martins, Ueber den Cacao, dans Büchner, Repert. Pharm.
2. Schach, dans Grisebach, Flora of british W. India islands, p. 91.
3. Sloane, Jamaïque, 2, p. 15.
4. G. Bernoulli, Uebersicht der Arten von Theobroma, p. 5.
5. Hemsley, Biologia centrali-americana, part. 2, p. 133.
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matériaux de l'herbier de Kew, ne cite aucune localité où l'espèce soit indigène. Elle a peut-être été introduite dans l'Amérique centrale et dans les parties chaudes du Mexique, par les Indiens, avant la découverte de l'Amérique. La culture peut l'avoir naturalisée ça et là, comme on dit que cela est arrivé à la Jamaïque 1. A l'appui de cette hypothèse, il faut remarquer que M. Triana 2 indique le Cacaoyer seulement comme cultivé dans les parties chaudes de la Nouvelle-Grenade, pays situé entre la région de l'Orénoque et Panama.
Quoi qu'il en soit, l'espèce était cultivée dans l'Amérique centrale et le Yucatan lors de la découverte de l'Amérique. Les graines étaient envoyées dans les régions hautes du Mexique, et même elles y servaient de monnaie, tant on en faisait cas. L'usage de boire du chocolat était général. Le nom de cette excellente boisson est mexicain.
Les Espagnols ont transporté le Cacaoyer d'Acapulco aux îles Philippines en 1674 et 1680 3. Il y réussit à merveille. On le cultive aussi dans les îles de la Sonde. Je présume qu'il réussirait sur les côtes de Zanzibar et de la Guinée, mais il ne convient pas de l'essayer dans les pays qui ne sont pas très chauds et humides.
Une autre espèce, le Theobroma bicolor, Humboldt et Bonland, se trouve mélangée avec le Cacaoyer ordinaire dans les cultures américaines. Ses graines sont moins estimées. D'un autre côté, elle n'exige pas autant de chaleur et peut vivre jusqu'à 950 mètres d'élévation dans la vallée de la Magdelana. Elle abonde, à l'état spontané, dans la Nouvelle-Grenade 4. Bernoulli assure qu'elle est seulement cultivée à Guatimala, quoique les habitants la nomment « Cacao de montagne ».
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1. Grisebach, l. c.
2. Triana et Planchon, Prodr. Floræ Novo-Granatensis, p. 208.
3. Blanco, Flora de Filipinas, ed. 2, p. 420.
4. Kunth, dans Humboldt et Bonpland, l. c. ; Triana, l. c.