Brassicacées (Bellakhdar)

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Boraginacées
Bellakhdar, Pharmacopée marocaine traditionnelle, 1997
Burséracées

119

119. Alyssum maritimum (L.) Lam. ( = Lobularia maritima (L.) Desv.)

120

120. Anastatica hierochuntica L.

  • Nom accepté : Anastatica hierochuntica
  • l-kemša, l-kmīša (!) (litt. : la serre, la petite serre ; par analogie de l'aspect de la plante sèche avec la serre des rapaces).
  • La description de la plante explique son vernaculaire. Voilà ce qu'on lit à ce sujet dans la Tuḥfat al-āḥbāb (Renaud & Colin, 1934) ; "elle pousse dans le désert et n'a pas de feuilles ; arrivée à son déclin, elle se contracte comme se ressère la patte du sacre sur sa proie, mais si on la met dans l'eau, la voilà qui s'ouvre et s'étale ; si on l'en retire, elle se contracte à nouveau".
  • kaff maryem (!) (poly.) : c'est son nom aussi en Egypte (Salah Ahmed & al., 1979). En Arabie, Astericus pygmaeus Coss. & Kral. (Astéracées) porterait aussi ces vernaculaires (Renaud & Colin, 1934, n° 451).
  • keff en-nabbī (litt. : main du Prophète).
  • kaff el-'adra (Palestine ; Simoni & Lutzenkirchen, 1991).
  • sidr el-ẖalaṣ (litt. : la plante du salut) (Palestine ; Simoni & Lutzenkirchen, 1991).
  • tamkelt (berbère, Monteil, 1953).
  • l-kaštam, takštmat (berbère de Tissint, Bellakhdar & al., 1987).
  • ākarbā (Touaregs et Sahara central).
  • šajarat aṭ-ṭalq (litt. : plante de la délivrance).

121

121. Brassica napus L. et Brassica rapa L.

  • Nom accepté : [[]]
  • left, left beldi (!) : pour le navet (Brassica rapa L. var. rapa (L.) DC.)
  • left maḥfūr (!) (litt. : navet fouisseur) : variété de navet très rustique, n'exigeant aucun arrosage en dehors des pluies, allongé, de couleur brunâtre, portant des filaments nombreux. Ce navet, un peu amer, est un légume très prisé au Maroc. Cette variété est déjà mentionnée, sous le même nom, par Abderezaq (dans Leclerc, 1874, n° 166).
  • left, left wafran, āfran (Touaregs) : pour les rutabagas.
  • lifiti (Songhaï) : C'est le rutabaga cultivé dans les oasis du Sahara septentrional et central et qu'on rencontre aussi dans les potagers de Tambouctou. Cette variété a été identifiée au Brassica napus L. var. sahariensis A. Chev. (Revue de Botanique Appliquée, 1932, p. 829). Ses racines sont tubérisées, ressemblant plus au navet qu'au rutabaga, mais elles sont entièrement glabres.
  • tirikmīn (!) (berbère) : navets découpés en rondelles puis enfilés en chapelet et séchés.
  • tinaffin (Souss, Laoust, 1936) : pour le navet.
  • āūssay (Souss, Laoust, 1936) : pour les feuilles de navet.

122

122. Brassica nigra (L.) W.D. Koch ( = Sinapis nigra L.)

  • Nom accepté : Brassica nigra
  • āṣnāb (!) (du classique āṣnāf) (Asilah, Tangérois) : s'emploie aussi pour les diplotaxes à fleurs jaunes.
  • ẖardal, ẖardal aswad (!) (litt. : moutarde noire) : par opposition à ẖardal ābyaḍ (Sinapis alba L.). Le vernaculaire wardal que nous avons entendu à Ouezzane est une corruption du précédent.
  • bū ḥammū (poly.) : s'applique aussi à d'autres Brassicacées : diplotaxes, roquettes, etc.
  • kerkāz (poly.) : s'applique aussi à d'autres Brassicacées : diplotaxes, etc.
  • zerrī't šān : nom des graines chez les herboristes.
  • ḥebb l-mšêbek : sous ce nom on trouve, chez les herboristes de Salé et de Marrakech, les graines de moutarde noire agglomérées entre elles et avec d'autres graines par un liant de nature indéterminée (Bellakhdar & al., 1982). Cette confection, dont l'origine nous est inconnue, est destinée aux pratiques de magie.

123

123. Brassica oleracea L.

  • krunb, kurunb, krumb (!) : pour le chou. L'orthographie classique est kurunb. Ce vernaculaire arabe est d'origine grecque.
  • šuflur, šiflur : pour le chou-fleur ; ce mot dérive du français.
  • qonnabīt (livresque).
  • kurunb mossūl (litt. : chou de Mossoul) (livresque) : pour le chou-rave.
  • zegzaw, āzegzaw (!) (berbère du Tafilalet) : c'est une variété de chou cavalier non pommé (Revue de Bot. Appl., 1932, p.786) que les habitants du Tafilalet cultivent tout spécialement, ses feuilles étant utilisées pour faire la sauce et la garniture du couscous. Ce chou particulier est également cultivé au Sahara, dans le Tidikelt, comme fourrage (Renseignements Coloniaux, n° 1, janv. 1902, p. 10).

124

124. Diplotaxis divers
Diplotaxis tenuisiliqua Del., Diplotaxis catholica (L.) DC., Diplotaxis harra (Forsk.) Boiss., Diplotaxis ollivieri Maire, Diplotaxis pitardiana Maire, Diplotaxis virgata (Cav.) DC., Diplotaxis assurgens (Delile) Grenier.

  • l-kerkāz (!) (poly.) : c'est un peu l'appellation générique des Brassicacées, au Maroc : en effet, elle s'applique aussi aux genres Sinapis, Brassica et parfois Eruca, Raphanus et Erucastrum.
  • šeryat, āšeryad, āšeryat, šelyat (berbère du Moyen-Atlas). Au Sahara, ce vernaculaire est porté aussi par Farsetia aegyptiaca Turra.
  • bū ḥammū (poly.) : terme général aux Brassicacées.
  • l-ḥārra (!) (Tafilalet, Sahara) (litt. : la piquante) : pour Diplotaxis harra. Mais d'autres Brassicacées sahariennes portent aussi ce nom : Diplotaxis acris (Forsk.) Boiss. var. duveyrierana Coss. (espèce algérienne) ; Coronopus lepidioides (Coss. O. Kuntze ; Coronopus squamatus (Forsk.) Aschers ; Eruca vesicaria L. Toutes ces espèces ont en commun qu'elles sont mangées (les feuilles jeunes, parfois aussi les racines), vertes ou cuites, et servent à faire des sauces (Rev. Bot. Appl., 1932, p. 829-830 ; Boulos & el Hadidi, 1984).
  • āṣnāb, ṣnāb (!) (Tangérois) : dérive du classique āṣnāf (Renaud & Colin, 1934, n° 417) ; s'applique aussi à Brassica nigra (L.) W.D. Koch.
  • waīfs (Souss, Laoust, 1936).
  • āzezgā (Touaregs, Sitouh, 1989 ; Le Floc'h, 1983 : voir à l'article précédent, n° 123, un vernaculaire ressemblant).
  • tanekfayt (Touaregs, Sitouh, 1989 ; Le Floc'h, 1983) : principalement pour Diplotaxis harra, mais s'entend aussi pour d'autres Brassicacées, en particulier Diplotaxis acris (Forsk.) Boiss. var. duveyrierana Coss.

125

125. Eremophyton chevallieri (Baratte) Beg.

  • galglān (Dra, Sahara occidental).
  • āwineġ (Tissint).
  • gern etteys (Sahara occidental, Birouk & al., 1991).

126

126. Eruca vesicaria L. ( = Eruca sativa Mill.)

  • l-ḥārra (!) (poly.) (litt. : la brûlante, la piquante) : s'emploie aussi pour plusieurs diplotaxes.
  • baqlat 'āyša (litt. : légume de Aïcha) : pour les variétés cultivées.
  • l-jerjīr (poly.) (Renaud & Colin, 1934, n° 95) : s'utilise aussi pour d'autres Brassicacées.
  • bū ḥammū (poly.) (Nord du Maroc).
  • tanekfayt (Touareg) : même vernaculaire pour les diplotaxes.
  • l-ḥārra l-filaliya (Fès) : sous ce nom on trouve chez les herboristes de Fès de toutes petites graines ellipsoïdales, brun-roux et de saveur très piquante : il s'agit vraisemblablement des graines d'une variété de roquette cultivée.

127

127. Farsetia aegyptiaca Turra

  • za'za' (!) (Sahara, Bellakhdar & al., 1987 ; Monteil, 1953).
  • taṣṣit, tiṣṣit (Dra, Aït Atta, Bellakhdar & al., 1987 ; Bertrand, 1991).
  • ākšit (Monteil, 1953) : s'emploie aussi pour Farsetia hamiltonii Royle et Farsetia ramosissima Hochst.
  • agassid (Quezel & Santa, 1962-1963) : pour une espèce proche, Farsetia ramosissima Hochst.
  • sdêyrt leḥneš (litt. : arbuste de serpent) (Monteil, 1953).
  • 'ūd l-ābyaḍ (litt. : bois blanc) (Tafilalet, Haute Moulouya, Bertrand, 1991).
  • šelyaṭ (poly.) (Sahara occidental, Birouk & al., 1991) : s'emploie aussi pour Farsetia occidentalis Burrt.

128

128. Lepidium sativum L.

  • l-ḥarf, l-ḥurf (!)
  • ḥabb er-ršād (!) (litt. : la graine de la bonne voie ; car son emploi est recommandé par un hadith, Renaud & Colin, 1934, n° 167).

129

129. Matthiola maroccana Coss. et Matthiola livida (L.) DC.

  • ššgā'a, ššgāra (Sahara occidental).
  • leḥma (Sahara occidental) : s'emploie aussi pour Malcolmia aegyptiaca Spr. ( = Eremobium aegyptiacum (Spr.) Boiss.
  • reda'at al-begra (litt. : la téteuse de vache) (Souss, Boulet & al., 1990, 1991) : pour Matthiola parviflora (Schousboe) R.-Br.

130

130. Morettia canescens Boiss.

  • tabzwaget, tuzbaget (!) (Bellakhdar & al., 1987 ; Monteil, 1953 ; Birouk & al., 1991).
  • tabzwalt (Tissint, Bellakhdar & al., 1987).
  • habbaliya (poly.) (Tafilalet, Bertrand, 1991 ; Sahara occidental, Birouk & al., 1991 ; Sahara algérien, Sitouh, 1989 ; Quézel & Santa, 1962-1963).

131

131. Moricandia arvensis (L.) DC.

  • krumb el-jmel, krumb el-bel (!) (litt. : le chou du dromadaire, le chou du troupeau) (Oriental).
  • jerjīr (poly.) (Monteil, 1953 ; Birouk & al., 1991) : ce vernaculaire s'emploie aussi pour Schouwia purpurea (Forsk.) Schw. et pour les roquettes sauvages (voir article n° 126).
  • ḥamin (Tunisie, Le Floc'h, 1983, n° 164).

132

132. Nasturtium officinale R. Br.

  • gernūneš (!) (Moyen-Atlas, Grand Atlas).
  • qurrat el-'ayn (livresque, Ibn al-Baytar dans Leclerc, 1877-1883, n° 1751).
  • ḥūrra (poly.) (Algérie, Leclerc, 1874, n° 433).

133

133. Oudneya africana R. Br. ( = Henophyton deserti Coss. & Dur.)

  • 'alga (!) (Oriental marocain, Moyenne Moulouya, Bertrand, 1991 ; Algérie, Quézel & Santa, 1962-1963 ; Tunisie, Le Floc'h, 1983, n° 163).
  • ḥennat ej-jmel (litt. : henné de dromadaire) (Algérie, Sitouh, 1989).

134

134. Raphanus sativus L.

  • lefjel, fjila (!) : ne pas confondre avec la rue (Ruta divers) qui porte le même nom.

135

135. Schouwia purpurea (Forsk.) Schw.

  • jerjīr (!) (poly.) : même vernaculaire pour Moricandia arvensis (L.) DC. et Eruca vesicaria L.
  • ālwat (Touaregs, Monteil, 1953 ; Voinot, 1904).

136

136. Sinapis alba L.

  • āṣnāb (!) (Asilah, Tangérois) (du classique asnāf) : s'emploie aussi pour la moutarde noire et les diplotaxes.
  • ẖardal, ẖardal ābyaḍ (!) (litt. : moutarde blanche) : par opposition à ẖardal aswad (Brassica nigra (L.) W.D. Koch).
  • būḥammū (poly.) : s'applique aussi à d'autres Brassicacées.
  • kerkāz (poly.) : s'applique aussi à d'autres Brassicacées.