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Avocatier (Candolle, 1882)

Nom accepté : Persea americana Mill.

Tomate
Alphonse de Candolle, Origine des plantes cultivées, 1882
Papayer

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Avocatier. — Persea gratissima, Gærtner.

L' Avocat, Alligator pear des Anglais, est un des fruits les plus


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estimés dans les pays tropicaux. Il appartient à la famille des Lauracées. Son apparence est celle d'une poire contenant un gros noyau, comme cela se voit bien dans les figures de Tussac, Flore des Antilles, 3, pl. 3, et du Botanical Magazine, pl. 4580.

Rien de plus ridicule que les noms vulgaires. Celui d' Alligator vient on ne sait d'où. Celui d' Avocat est une corruption d'un nom mexicain, Ahuaca ou Aguacate. Le nom botanique Persea n'a rien de commun avec le Persea des Grecs, qui était un Cordia.

D'après Clusius 1, en 1601, l'Avocatier était un arbre fruitier d'Amérique, introduit en Espagne, dans un jardin ; mais, comme il s'est beaucoup répandu dans les colonies de l'ancien monde et que parfois il devient presque spontané 2, on peut se tromper sur l'origine. Cet arbre n'existait pas encore dans les jardins de l'Inde anglaise au commencement du XIXe siècle. On l'avait apporté dès le milieu du XVIIIe dans l'archipel de la Sonde 3, et en 1750 aux îles Maurice et Bourbon 4.

En Amérique, l'habitation actuelle, à l'état spontané, est singulièrement vaste. On a trouvé l'espèce dans les forêts, au bord des fleuves et sur le littoral de la mer depuis le Mexique et les Antilles jusqu'à la région des Amazones 5. Elle n'a pas toujours eu cette grande extension. P. Browne dit formellement que l'Avocatier a été introduit du continent à la Jamaïque, et Jacquin pensait de même pour les Antilles en général 6. Piso et Marcgraf ne l'ont pas mentionnée au Brésil, et de Martius n'indique aucun nom brésilien.

Lors de la découverte de l'Amérique, l'Avocatier était certainement cultivé et indigène au Mexique, d'après Hernandez. Au Pérou, d'après Acosta 7, on le cultivait sous le nom de Palto, qui était celui d'un peuple du Pérou oriental, chez lequel il abondait 8. Je ne connais pas de preuve qu'il fût spontané sur le littoral péruvien.

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1. Clusius, Historia, p. 2.

2. Par exemple à Madère, d'après Grisebach, Fl. of brit. W. India, p. 280 ; aux îles Maurice, Seychelles et Rodriguez, d'après Baker, Flora, p. 290.

3. I1 n'est pas dans Rurnphius.

4. Aublet, Guyane, 1, p. 364.

5. Meissner, dans Prodromus, vol. 15, sect. 1, p. 52, et Flora brasil., vol. 5, p. 158. Pour le Mexique : Hernandez, p. 89. Pour le Vénézuéla et Para : Nees, Laurineæ, p. 129. Pour le Pérou oriental : Poeppig, Exsicc., vu par Meissner.

6. P. Browne, Jamaïca, p. 214 ; Jacquin, Obs., 1, p. 38.

7. Acosta, Hist. nat. des Indes, édit. 1598, p. 176.

8. Laet, Hist. nouv. monde, 1, p. 325, 341.