Annona muricata (Rollet, Antilles)

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Annona montana
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Annona reticulata


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Planche 6 : ANNONACEAE. I. Annona glabra. A. Rameau fructifié. B. Fleur (détails). C. fruit. D. Plantules (détails). E. Écorce (coupe transversale). II. Annona montana. F. Rameau fructifié. G. Plantules. H. Écorce (coupe transversale). III. Annona squamosa. I. Fruit. IV. Annona muricata. J. Epines charnues du fruit.

Annona muricata L. Sp. Pl., 1 : 536 (1753).

Noms vernaculaires : Fr : Couassol (Dominique) ; Corossolier (Guadeloupe, Martinique). A : Soursop (Barbade, Dominique). Précolombien, Culture Tainan : Wanabana (qui a donné Guanabana en Espagnol) ; uanarana (Caraïbe) ; uanabana (Taino).

Description : Petit arbre atteignant 15 cm de diamètre et ne dépassant guère 10 m de haut. Feuilles : alternes, 5-15 x 3-7 cm, lancéolées, glabres. Fleurs : subglobuleuses à 6 pétales épais, concaves (env. 3 x 2,5 cm), jaunes.Fruits : syncarpe (résultant de l’agglomération de tous les carpelles), irrégulièrement cordiforme, atteignant 25 x 12 cm et pesant jusqu’à 2 kg, mou à maturité, vert bouteille, garni de pointes +/- molles, chacune correspondant à un carpelle. Phénologie : sempervirent. Fleurs presque toute l’année (DUSS), surtout de juin à août ; fruits principalement en septembre-décembre. Habitat : zone littorale et cultures. Tempérament : héliophile. Plantule : Type I (IV suggéré par la cryptocotylie). La germination est caractéristique du genre. Les cotylédons ne sont généralement pas exposés et tombent avec les téguments de la graine comme chez A. montana. Ils n’ont rempli qu’une fonction haustoriale. L’hypocotyle est basalement épaissi. L’odeur des feuilles froissées est diagnostique.


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Usages : Bois pour les jougs. Écorce fibreuse utilisée pour faire des cordes ; contre dysenterie et vers intestinaux (ASPREY et THORNTON). Fruit comestible, disponible une grande partie de l’année (DUSS), mangé vert en légume (LITTLE & WADSWORTH) ou mûr (jus, sorbet, crème glacée...). Le jus est somnifère. Feuilles comestibles (MARTIN & RUBERTÉ), fébrifuges (thé des Caraïbes de Dominique in STEHLÉ), infusions calmantes et stomachiques macérées dans l’eau tiède contre les coups de soleil (DUSS) ; tisane soporifique pour les enfants (HONYCHURCH) ; aussi bains pour les femmes en travail ; éloigne les poux (LITTLE & WADSWORTH) et les moustiques ; jeunes feuilles en cataplasmes pour faire mûrir les furoncles ; les feuilles sont frottées sur le visage en cas d’étourdissement (GRANDGUILLOTTE). Carminatif (GRANDGUILLOTTE). NICHOLSON mentionne aussi : pour lactation, soporifique, thé rituel, rhume, fièvre, grippe, travail des femmes enceintes, gonorrhée, vers, acidité stomacale, vomitif ; pour rafraîchir le sang (« cooling the blood », HOWARD 1952). Culture (FOUQUÉ).

Distribution générale : Très répandu par la culture. L’origine est en Amérique tropicale mais elle est discutée : peut–être les Antilles mais non définitivement prouvé (LITTLE & WADSWORTH). GOODING and al., semblent considérer l’espèce comme indigène à Barbade où elle est fréquente dans les ravines et les terrains abandonnées. DUSS dit qu’elle est originaire de Caracas et naturalisée depuis longtemps dans toutes les Antilles. KIMBER pense qu’elle a été introduite au 18ème siècle à la Martinique. NICHOLSON indique pour Antigua  : « possibly native ». Le Père DUTERTRE (1654) dit qu’elle a été introduite en Guadeloupe de Curaçao (d’où le nom vernaculaire de corossol), peut–être après l’arrivée des Français en 1635 (cité par STEHLÉ 1963).

Distribution aux Petites Antilles : Cultivé dans toutes les îles.

Bibliographie : (*Iconographie ; **couleur). DESCOURTILZ** 1822 ; FOUQUÉ* 1972 ; FOURNET 1978 ; GOODING and al. 1965 ; GRANDGUILLOTTE 1978 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HONYCHURCH 1952, 1980*  ; HOWARD* 1988 ; HOYOS** 1983 ; JACQUIN** 1780 ; KIMBER 1969 ; LIOGIER* 1983 ; LOVEN 1935 ; LITTLE & WADSWORTH* 1964 ; LITTLE and al.** 1967 ; MARTIN & RUBERTÉ 1979 ; NICHOLSON 1979 ; NICOLSON and al. 1991 ; STEHLÉ 1947 (Reliques), 1963 ; STOFFERS 1966 ; TUSSAC* 1818. Nombreuses réf. Iconogr. In Index londinensis 1920.