Y (Recueil de Dambourney)
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Sommaire
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YÈBLE
- Nom accepté : Sambucus ebulus
YÈBLE, (Sambucus Ebulus.) Ses baies mûres, & prêtes à passer à la fermentation vineuse, donnent un beau bain pourpre. La laine & l'étoffe d'apprêt LF y ont acquis, comme dans le bain de baies de sureau, un beau gris-bleuâtre. Mais le [359] savon vire celui de l'yèble en vert, & le vinaigre le revire en rouge ; de sorte que ce n'est que du petit-teint.
Dans un bain neuf, de belle couleur pourpre, j'ai jeté un peu de dissolution d'étain qui l'a tourné en rouge très vif ; mais les laines de tous apprêts n'y ont pas perdu leur blancheur.
Dans un bain de baies mûres d'yèble, non fermentées, j'ai abattu deux gros de laines & d'espagnolette de l'apprêt LF. Quand la teinture fut à-peu-près à moitié, quelque circonstance me la fit abandonner pendant huit jours. Je repris enfin l'opération, & à mon grand étonnement, je trouvai la laine & l'étoffe très bien teintes en un musc-foncé, solide au savon & au vinaigre.
Serait-ce que pendant ce séjour à froid dans un poêlon de cuivre jaune, quelque portion de rouille de cuivre ou de zinc se serait combinée avec le bain, & en aurait fixé le colorant ? C'est ce que je n'ai point essayé de vérifier depuis.
Le changement notable qu'opère l’exsic- [360] cation sur la fécule des baies de bourdaine, m'a déterminé à faire subir la même épreuve aux baies d'yèble.
Lorsque leur exposition successive à la chaleur très modérée d'un four les eut rendues bien sèches & sonnantes, j'en fis un bain qui devint mordoré, mais qui exhalait la désagréable odeur de la colle forte. La laine d'apprêt LF y acquit, en trois heures de bouillon, un beau musc-doré très solide.