Vitellaria paradoxa (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Fruit | |
Oléagineux | |
Glucides / amidon | |
Médicinal | |
Bois de feu | |
Fourrage | |
Auxiliaire | |
Sécurité alimentaire | |
Vitellaria paradoxa C.F.Gaertn.
- Protologue: Suppl. carp. : 131, t. 205 (1807).
- Famille: Sapotaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 24
Synonymes
- Butyrospermum niloticum Kotschy (1865),
- Butyrospermum parkii (G.Don) Kotschy (1865),
- Butyrospermum paradoxum (C.F.Gaertn.) Hepper (1962).
Noms vernaculaires
- Karité, arbre à beurre (Fr).
- Shea butter tree, shea tree, bambouk butter tree, galam butter tree (En).
- Cárei, carité (Po).
Origine et répartition géographique
Vitellaria paradoxa est indigène de la zone des savanes guinéennes et soudaniennes, du Sénégal jusqu’au Soudan, et à l’ouest de l’Ethiopie et en Ouganda, dans une bande de 500–700 km de large. On le trouve à l’intérieur des terres, séparé du Golfe de Guinée par des forêts ; il n’y a qu’au Ghana et au Nigeria qu’on le trouve à moins de 50 km de la côte.
Usages
L’amande de la graine (souvent appelée “noix” à tort) contient une matière grasse végétale connue sous le nom de beurre de karité. Du beurre de karité de grande qualité est consommé dans toute l’Afrique de l’Ouest comme graisse de cuisson. La graisse raffinée est commercialisée sous forme de margarine et de graisse de cuisson. On l’utilise dans les pâtisseries et en confiserie parce qu’elle rend la pâte malléable. C’est un substitut au beurre de cacao, qui a des propriétés similaires. Beaucoup de produits cosmétiques, en particulier les crèmes hydratantes, les lotions et les rouges à lèvres, contiennent du beurre de karité comme base car son contenu riche en matières insaponifiables donne d’excellentes propriétés hydratantes. Du beurre de karité de moindre qualité, souvent mélangé à d’autres huiles, est une matière de base pour le savon. Il est particulièrement adapté à la fabrication de bougies grâce à son point de fusion élevé.
Le beurre de karité est un produit de base adapté aux médicaments topiques. Son application soulage les rhumatismes et les douleurs aux articulations, et il soigne les plaies, les gonflements, la dermatite, les contusions et d’autres problèmes de peau. Il est utilisé traditionnellement pour soulager les inflammations nasales. Le beurre de karité est administré aux chevaux de façon externe et interne pour traiter les plaies et les écorchures.
Comme agent d’imperméabilisation, le beurre de karité est appliqué en enduit sur les murs en terre, les portes et les fenêtres. Le résidu noir collant, laissé après l’extraction d’huile, est utilisé pour combler les fissures dans les murs et comme matériau d’imperméabilisation.
Les eaux usées provenant de la production du beurre de karité ont des propriétés pesticides, et elles ont été mélangées au Burkina Faso à des graines de niébé stockées pour les protéger des attaques de la bruche Callosobruchus maculatus. Le tourteau ne peut être utilisé pour l’alimentation du bétail car il contient des composés antinutritionnels. Cependant, la farine détoxifiée peut être donnée comme aliment en faibles proportions. En Europe, le tourteau est utilisé comme masse non-nutritionnelle pour des tourteaux composés. Le tourteau et les coques sont également des engrais et du combustible potentiels.
Les fleurs et les fruits sont des aliments importants. Les fleurs sont quelquefois utilisées pour préparer des beignets. Malgré leurs propriétés légèrement laxatives, les fruits mûrs frais sont couramment consommés dans les zones de savane, car ils mûrissent pendant la saison de préparation du terrain et la saison de plantation. La pulpe sucrée des fruits mûrs tombés au sol peut être donnée au bétail.
Les feuilles sont utilisées pour traiter les maux d’estomac. On peut également les ajouter aux bains de vapeur pour soigner les maux de tête et les utiliser comme collyre. Les feuilles trempées dans l’eau produisent une bonne mousse pour le lavage. Les racines et l’écorce pilées sont utilisées pour traiter la diarrhée, la jaunisse et les maux d’estomac. Les racines sont utilisées comme médicament vétérinaire pour les chevaux.
Les infusions d’écorce ont des propriétés médicinales et antimicrobiennes, par ex. contre la dysenterie. Elles sont appliquées en bains d’yeux contre le venin de cobra. La décoction d’écorce est utilisée dans les bains pour faciliter l’accouchement et stimuler la lactation chez les mères allaitantes.
Le latex rougeâtre (gutta-karité ou caoutchouc kano rouge) qui exsude de coupures profondes dans l’écorce sert à produire de la colle, il est mâché comme chewing-gum, et il sert à faire des balles pour les jeux d’enfants. Les musiciens l’utilisent pour réparer les tambours.
Seuls des arbres non-productifs et en mauvaise santé sont abattus pour le bois d’œuvre. Le bois est utilisé pour fabriquer des poteaux, des piliers de maison, des chevrons, des parquets, des ustensiles domestiques et des meubles. C’est un excellent bois de feu, qui brûle en dégageant une forte chaleur, et c’est une source de charbon de bois.
Le karité est une source de miel importante. Des ruches placées dans ses branches sont assurées d’être bien approvisionnées en nectar et en pollen. La chenille comestible de Cirina butyrospermi, riche en protéines et largement collectée, se nourrit uniquement de feuilles de Vitellaria paradoxa. L’arbre est considéré comme sacré par beaucoup de tribus. L’huile est disposée dans des reliquaires et utilisée comme onction. Dans certaines régions, on suspend des feuilles dans l’entrée pour protéger les nouveau-nés, et on les utilise pour faire des masques.
Production et commerce international
Vitellaria paradoxa est un des oléagineux les plus importants dans les zones rurales de la zone de savane d’Afrique de l’Ouest. La majeure partie de la production de graines est destinée à la consommation domestique et au commerce local. Le Nigeria est le principal producteur de graines de karité : 355 000 t en 1999, soit 58% de la production africaine, mais 10 000 t de moins qu’en 1996. Le Mali et le Burkina Faso sont également des producteurs majeurs : à la fin des années 1990, 85 000 t/an et 70 000 t/an respectivement, suivis par le Ghana (55 000 t), la Côte d’Ivoire (20 000 t), le Bénin (15 000 t) et le Togo (6500 t). On ne dispose pas, pour la majorité des pays, de statistiques à jour sur la production de graines de karité. Des rapports sur le Burkina Faso montrent un accroissement remarquable de la production, qui aurait atteint 222 000 t en 2005. Des tendances analogues existent probablement dans d’autres pays d’Afrique occidentale.
En 1998, l’Afrique a exporté 56 000 t de graines, pour une valeur de US$ 10,5 millions, dont 60% provenaient du Ghana. Les exportations en provenance du Bénin ont diminué de 15 000 t en 1995 à 5600 t en 1998, le Togo a seulement connu une légère diminution de 6500 t en 1994 à 5100 t en 1998, alors que les exportations du Burkina Faso ont augmenté de 5000 t en 1994 pour atteindre 7600 t en 1997, puis 26 600 t en 2003. Aucune donnée d’exportation n’a été enregistrée pour le Nigeria depuis 1995. Les exportations de beurre de karité transformé pour toute l’Afrique représentaient 1200 t en 1998, pour une valeur de US$ 571 000. Le Bénin était en tête des exportateurs (1000 t, pour une valeur de US$ 400 000), suivi par la Côte d’Ivoire (200 t) et le Burkina Faso (30 t). Les exportations africaines de beurre de karité ont augmenté à 3200 t en 2000.
Les principaux importateurs de graines ces dernières années étaient la Belgique, le Danemark, le Japon, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni.
Propriétés
Le beurre de karité produit à partir des graines fraîches est blanc, sans odeur et de grande qualité, alors que celui provenant de vieilles graines est foncé et a un goût amer. La composition chimique approximative de l’amande par 100 g de matière sèche est de : lipides 31–62 g, protéines 7–9 g, glucides 31–38 g, matière insaponifiable 2,5–12 g. La composition en acides gras du beurre de karité est approximativement : acide laurique trace, acide myristique trace, acide palmitique 4–8%, acide stéarique 31–45%, acide oléique 43–56%, acide linoléique 4–8%, acide linolénique trace, et acide arachidique 1–2%. Les propriétés chimiques du beurre de karité varient dans son aire de répartition, le Burkina Faso et l’Ouganda représentant les extrêmes. Les teneurs les plus élevées en acide oléique ont été observées en Ouganda (57%), les plus basses au Burkina Faso (45%), tandis que le beurre de karité provenant du plateau Mossi au Burkina Faso a la proportion la plus élevée d’acide stéarique (45%), et celui provenant d’Ouganda a la plus basse (31%).
Le beurre de karité peut être utile comme produit de substitution au beurre de cacao car il a un point de fusion similaire (32–45°C), de grandes quantités de distéarine (30%) et un peu de stéaro-palmitine (6,5%) ce qui lui permet d’être mélangé avec le beurre de cacao sans altérer les propriétés d’écoulement.
La proportion élevée de matière insaponifiable, contenant 60–70% d’alcools triterpènes, confère aux crèmes à base de beurre de karité de bonnes propriétés de pénétration qui sont particulièrement utiles dans les produits cosmétiques. L’allantoïne, un autre composé insaponifiable, est responsable de l’effet anti-inflammatoire et réparateur sur la peau. On l’emploie dans des pâtes dentifrices et autres produits d’hygiène buccale, ainsi que dans les shampooings, rouges à lèvres, lotions et crèmes cosmétiques, et autres produits cosmétiques et pharmaceutiques. Des essais cliniques sur des patients souffrant de rhinites, et ayant une congestion nasale moyenne à sévère, ont montré que le beurre de karité peut mieux soulager la congestion nasale que les gouttes nasales classiques.
Le tourteau de karité est une source potentielle d’aliment pour le bétail. Par 100 g de matière sèche il contient : protéines 8–25 g, lipides 2–20 g, glucides 48–67,5 g, fibres 5–12 g. Cependant, il a une digestibilité faible et des propriétés toxiques attribuées aux saponines ou aux tanins. Les graines moisies contiennent des quantités relativement faibles d’aflatoxine, alors que les échantillons commerciaux ont une quantité d’aflatoxine B1 maximale de 20 μg par kg.
La pulpe du fruit contient par 100 g : glucose 1–2 g, fructose 1–2 g, saccharose 1–2 g, acide ascorbique 200 mg, Ca 36 mg, Mg 26 mg, Fe 2 mg, et des traces de Zn, Mn et Cu. La douceur de la pulpe est le principal critère de qualité.
Le bois de Vitellaria paradoxa est moyennement lourd (densité d’environ 720 kg/m3 à 12% de degré d’humidité) et dur. Il est susceptible de se fissurer lors du séchage et doit être séché lentement. Il est difficile à travailler et tend à se fendre lors du sciage, mais il est facile à polir. Il accepte bien le collage, le clouage et le vissage, mais il est recommandé de faire des avant-trous pour éviter la fente. Il est durable et résistant aux termites. Tant l’aubier que le bois de cœur résistent à l’imprégnation par des produits de conservation.
Description
Arbre caducifolié de petite à moyenne taille, jusqu’à 15(–25) m de haut ; pivot jusqu’à 1(–2) m de long, racines latérales peu profondes, concentrées à une profondeur de 10 cm et s’étendant jusqu’à 20 m de la souche, racines latérales secondaires poussant jusqu’à la même profondeur que le pivot ; fût court, généralement 3–4 m de long, jusqu’à 100 cm de diamètre ; écorce noirâtre, grisâtre ou rougeâtre, rugueuse, profondément fissurée et découpée régulièrement en carrés liégeux ou en écailles rectangulaires, produisant du latex blanc lorsqu’elle est coupée ; cime ronde à fuselée, ou en forme d’ombrelle ou de balai ; jeunes branches initialement pubescentes et rougeâtres, mais devenant glabres, branches en fleurs trapues, jusqu’à 1,5 cm de diamètre, à nombreuses cicatrices foliaires. Feuilles disposées en spirale, souvent en groupes denses à l’extrémité des branches, simples ; stipules petites et caduques ; pétiole de 3–10 cm de long ; limbe lancéolé à ovale-oblong, de 10–25 cm × 4–14 cm, base cunéiforme à arrondie ou légèrement subcordée, apex arrondi à aigu, bords entiers à ondulés, coriace, glabrescent à légèrement poilu sur les deux faces, pennatinervé à nervures proches et régulièrement espacées. Inflorescence : fascicule dense à l’extrémité d’un rameau, constitué de (8–)30–40(–100) fleurs. Fleurs bisexuées, régulières, blanches ou blanc crème, odorantes ; pédicelle jusqu’à 3 cm de long ; sépales libres, en 2 verticilles de (3–)4, de 1–1,5 cm de long, pubescents ; corolle à tube court et (6–)8 lobes environ aussi longs que les sépales, contourné dans le bouton ; étamines (6–)8, insérées au sommet du tube de la corolle, libres, staminodes ( 6–)8, alternant avec les étamines, pétaloïdes, à pointe filiforme ; ovaire supère, globuleux à ovoïde, pubescent, (5–)6–8(–10)-loculaire, style long et mince. Fruit : baie globuleuse à ellipsoïde, de 4–5(–8) cm × 2,5–5 cm, pesant (10–)20–30(–57) g, initialement verte, mais devenant vert jaunâtre ou brune à maturité, à 1(–2) graines. Graines globuleuses ou largement ellipsoïdes, de 3–5 cm × 2–3,5 cm, pesant (5–)8–10(–16) g ; tégument plutôt fin, luisant, avec large cicatrice ; amande constituée de deux cotylédons épais, charnus, fortement apprimés, et d’une radicule non-exserte. Plantule à germination hypogée, les cotylédons restant dans la graine ; épicotyle de 3–4 cm de long, portant des feuilles rudimentaires stipulées.
Autres données botaniques
Le genre Vitellaria ne comprend qu’une seule espèce. Deux sous-espèces sont reconnues au sein de Vitellaria paradoxa : subsp. paradoxa (synonyme : Butyrospermum parkii (G.Don) Kotschy) et subsp. nilotica (Kotschy) A.N.Henry, Chithra & N.C.Nair (synonyme : Butyrospermum niloticum Kotschy). Subsp. paradoxa possède une pubescence moins dense et plus courte, et des fleurs légèrement plus petites que subsp. nilotica. On trouve subsp. paradoxa du Sénégal jusqu’en Centrafrique ; on trouve subsp. nilotica au Soudan et en Ouganda avec de petits peuplements en Ethiopie et en R.D. du Congo. Les aires de répartition des deux sous-espèces ne se chevauchent pas, malgré le fait que la distance entre elles est de moins de 175 km à la ligne de partage entre les bassins hydrographiques du Lac Tchad et de la rivière Congo à l’ouest, et du Nil à l’est et nord-est.
Anatomie
Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :
- Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
- Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 7 : vaisseaux en lignes, ou plages, obliques et/ou radiales ; 10 : vaisseaux accolés radialement par 4 ou plus ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23? : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 32 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations horizontales (scalariformes) à verticales (en balafres) ; (33 : ponctuations radiovasculaires de deux tailles distinctes ou de deux types différents dans la même cellule du rayon) ; (41 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 50–100 μm) ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 56 : thylles fréquents.
- Trachéides et fibres : 60 : présence de trachéides vasculaires ou juxtavasculaires ; 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses ; 70 : fibres à parois très épaisses.
- Parenchyme axial : 77 : parenchyme axial en chaînettes ; 86 : parenchyme axial en lignes minces, au maximum larges de trois cellules ; (87 : parenchyme axial en réseau) ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
- Rayons : 97 : rayons 1– 3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; (100 : rayons avec des parties multisériées aussi larges que les parties unisériées) ; 107 : rayons composés de cellules couchées avec 2 à 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; 108 : rayons composés de cellules couchées avec plus de 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; (109 : rayons composés de cellules couchées, carrées et dressées en mélange) ; 115 : 4–12 rayons par mm ; (116 : ≥ 12 rayons par mm).
- Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 137 : cristaux prismatiques dans les cellules dressées et/ou carrées des rayons ; 138 : cristaux prismatiques dans les cellules couchées des rayons ; 140 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées, dressées et/ou carrées des rayons ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial ; (159 : présence de corpuscules siliceux) ; (160 : corpuscules siliceux dans les cellules des rayons).
Croissance et développement
Les graines de Vitellaria paradoxa sont récalcitrantes. Après absorption d’eau, le tégument se déchire et deux jours plus tard une structure (parfois appelée “ pseudo-radicule”, mais sur le plan anatomique constituée des pétioles fusionnés des cotylédons) émerge et s’enfonce dans le sol vers le bas. Lorsqu’elle a 7–8 cm de long, il en émerge une pousse avec des feuilles rudimentaires, qui pousse vers le haut jusqu’à la surface du sol. La structure elle-même continue de pousser vers le bas, formant la racine pivotante avec une surface liégeuse et des racines latérales. Lorsque la pousse émerge de la surface du sol, elle commence à former des feuilles normales. La racine pivot profonde et le système racinaire secondaire se développent pendant les premières années de la croissance. Ceci permet à la jeune plante de produire de nouvelles pousses quand les anciennes sont endommagées par la sécheresse ou le feu. La croissance de la tige est lente au début ; les ramifications apparaissent au bout de 4–7 ans. Vitellaria paradoxa débute sa floraison à 10–25 ans. Les premières fleurs peuvent être stériles. La maturité est atteinte à 20–45 ans. La durée de vie est de 200–300 ans.
La croissance a lieu en vagues successives, et selon le modèle d’Aubréville. Une vague débute avec la formation d’une tige épaisse courte sur laquelle une touffe de feuilles se développe. Les branches doivent leur apparence caractéristique à la croissance sympodiale, produisant des rameaux alternant des sections longues et minces et des sections courtes et compactes. Les feuilles et les fleurs se développent sur la section terminale courte et épaisse qui est caractérisée par des entre-nœuds très courts et des cicatrices foliaires proéminentes. Lorsque le développement des feuilles s’arrête, la croissance de la branche continue à partir d’un bourgeon axillaire.
La chute des feuilles, la floraison, la vague de croissance et le début de la fructification ont lieu pendant la saison sèche. Les feuilles tombent généralement au début de la saison sèche. Les arbres sont rarement totalement effeuillés ou seulement pendant des périodes relativement courtes. La floraison a lieu du début au milieu de la saison sèche (entre novembre et janvier selon la latitude). En Ouganda, où l’on a un régime des pluies bimodal, il n’y a aussi qu’une seule période de floraison, qui culmine en février. Le feu peut provoquer une défoliation suivie d’une floraison précoce. Les fleurs atteignent leur taille définitive environ 3 semaines après leur apparition. Elles sont protogynes ; les styles sont exserts sur les fleurs non-ouvertes, avant la maturité du pollen. La pollinisation est assurée par les insectes (par ex. les abeilles) ou par le vent. Environ 25% des fleurs donnent des fruits. Les fruits se développent en 4–6 mois ; la maturation atteint son apogée lors de la saison des pluies. Les cycles de fructification sont variables, d’une durée de 2–5 ans.
Ecologie
Vitellaria paradoxa est un arbre caractéristique de la savane ouest-africaine, mais il est également présent dans le sud du Sahel. Subsp. paradoxa pousse généralement à 100–600 m d’altitude (températures annuelles moyennes de 25–29°C), mais on le trouve également jusqu’à 1300 m ; on trouve subsp. nilotica à 450–1600 m. Subsp. paradoxa pousse dans des régions où la pluviométrie annuelle moyenne est de 600–1400 mm et où la saison sèche (précipitation inférieure à 50 mm) dure 5–8 mois ; subsp. nilotica pousse dans des régions où la pluviométrie annuelle moyenne est de 900–1400 mm, avec 3–5 mois secs.
Vitellaria paradoxa pousse sur des sols variés, tels que des sols argileux, argilo-sableux, sableux, caillouteux et latéritiques. L’arbre préfère les pentes colluviales avec des sols moyennement humides, profonds, riches en matière organique.
Multiplication et plantation
Vitellaria paradoxa est multiplié par graines. Les graines ne doivent pas être séchées mais semées le plus rapidement possible car elles ont une viabilité très limitée. Lorsque des semences fraîches sont utilisées, la germination est de 90–97% à 25–30°C. Le stockage des semences à 25°C pendant 70 jours et 140 jours a donné des résultats de germination de 96% et de 88% respectivement. Les semences peuvent être plantées directement au champ ou dans une pépinière. La planche de semis est composée d’un mélange de compost organique et de sable. Les graines sont plantées à 1–5 cm de profondeur avec un espacement de 20 cm × 15 cm, ou dans des sachets en polyéthylène. Au bout d’un an, les plantules sont repiquées dans la pépinière ou plantées directement au champ. Ceux qui poussent dans des sachets en polyéthylène sont repiqués au bout de 1–2 ans.
La multiplication végétative n’a réussi que dans des essais expérimentaux. Le greffage peut accélérer la fructification de Vitellaria paradoxa. Dans des essais au Burkina Faso, certains plants greffés ont commencé à porter des fruits une année après le greffage. L’exsudation de latex interfère avec l’enracinement des boutures et avec le greffage. Un taux de réussite du greffage de 25% peut être atteint si le greffon est trempé dans l’eau pendant quelques heures afin de permettre au latex de s’évacuer. Le marcottage a été essayé avec un certain succès ; des hormones de croissance ont amélioré le taux de réussite.
L’espacement au champ dépend du système de culture ; les recommandations varient de 25 arbres par ha (20 m × 20 m) à 100 arbres par ha (10 m × 10 m). Le paillage et le désherbage favorisent une bonne croissance des plants. Les jeunes plants doivent être protégés du bétail et du feu. La croissance lente et la maturation tardive ont découragé la création de plantations de Vitellaria paradoxa.
Gestion
Le karité a été protégé par les agriculteurs pendant de nombreux siècles dans la savane ouest-africaine, particulièrement là où le bétail est rare. Les arbres productifs sont laissés lorsque de nouvelles parcelles sont défrichées, donnant naissance aux “parcs à karité” au Soudan, dans lesquels plus de 40% des arbres sont des Vitellaria paradoxa. La régénération naturelle est favorisée par une jachère d’au moins 5 ans. Si la période de jachère est écourtée, la régénération sera insuffisante. Dans les zones de culture, on trouve le karité en association avec des cultures annuelles, telles que le mil, le sorgho, l’arachide, le coton, le manioc, l’igname et des légumes.
La taille, le désherbage, l’apport d’engrais organique ou chimique, et l’évacuation des arbres morts et malades peuvent augmenter la productivité de façon notable. Les apports d’engrais recommandés sont de 2,5 kg de sulfate d’ammonium, 1,5 kg de phosphate de calcium et 1,5 kg de chlorure de potassium pour 10 arbres. Bien que Vitellaria paradoxa puisse tolérer les incendies, sa croissance et sa fructification sont affectées par le feu, et les arbres doivent de ce fait être protégés par un désherbage en couronne. Le surpâturage par le bétail doit être évité.
Maladies et ravageurs
Deux maladies cryptogamiques sont potentiellement importantes : Pestalotia heterospora provoque la maladie des taches foliaires, tandis que Fusicladium butyrospermi donne des plaques foncées sur les branches. Au Ghana, Botryodiplodia spp. provoque également des taches sur les feuilles.
Il y a un grand nombre d’insectes ravageurs, le plus important étant Curimospherna senegalensis (synonyme : Himatismus senegalensis) qui attaque les jeunes pousses, Xyloctonus scolytoides qui creuse des galeries dans l’écorce des rameaux empêchant la croissance des feuilles et des boutons floraux, Nephopteryx sp. qui provoque des dégâts sur les fruits, et Cirina butyrospermi qui provoque la défoliation. Les fruits sont attaqués par le foreur des épis de maïs Mussidia nigrivenella et la mouche des fruits Ceratitis silvestrii, qui se nourrit de la pulpe des fruits en cours de maturation. Le karité est un hôte du nématode Aphasmatylenchus straturatus, qui affecte également les légumineuses en culture intercalaire. Les arbres sont souvent hôtes des figuiers étrangleurs (Ficus spp.) et des plantes hémiparasites (Tapinanthus spp.). Au Burkina Faso et au Mali, jusqu’à 95% des arbres sont infestés. A moins d’être supprimée en enlevant et en brûlant les branches affectées, l’infestation finit par tuer les arbres.
Récolte
Les fruits sont récoltés lors de la saison humide, en général en juin–août selon la latitude. La récolte se prolonge sur environ 2,5 mois, et est effectuée le plus souvent par les femmes et les enfants. Les fruits tombés au sol sont collectés, car il est difficile à faire la distinction entre fruits en train de mûrir et fruits complètement mûrs. Les droits de cueillette dépendent de la tenure. Une femme collecte 20–45 kg de fruits par jour, selon son groupe ethnique, la proximité des arbres par rapport au village, et la distance entre les arbres. Les fruits sont rapportés au village dans des paniers placés sur la tête contenant environ 25 kg.
Rendement
La productivité des karités est variable. Dans un échantillon réalisé au Burkina Faso, les meilleurs 25% des arbres ont produit 60% du rendement, tandis que les 30% les moins bons des arbres ont produit peu de fruits. Un bon arbre peut porter 15–30 kg de fruits en moyenne par an. Il peut produire jusqu’à 50 kg dans une bonne année, puis seulement 15 kg dans les 2 années suivantes. Même si aucune alternance n’a été mise en évidence, les observations montrent que Vitellaria paradoxa a tendance à ne donner qu’une bonne récolte tous les 3–4 ans.
Traitement après récolte
Dans les zones rurales, les fruits sont traités par extraction à l’eau chaude, qui est généralement le travail des femmes. La pulpe des fruits est d’abord enlevée pour servir de nourriture ou bien par fermentation ou par ébullition. Les graines sont ensuite bouillies puis séchées au soleil ou dans un four. Le séchage au soleil peut prendre 5–10 jours. Les graines sont cassées au mortier ou avec des pierres ; les amandes sont extraites par piétinement. Les amandes sont ensuite séchées de nouveau avant d’être concassées et broyées afin de former une pâte, qui est soumise au malaxage, au chauffage ou à l’ébullition et au barattage, jusqu’à ce qu’une matière grasse grise huileuse se sépare de l’émulsion. La matière grasse est écumée à la surface, et lavée pour éliminer les impuretés. La matière grasse figée subit ensuite un raffinage et un moulage. Cette méthode traditionnelle de transformation n’est pas efficace et requiert beaucoup de main-d’œuvre. La mécanisation des diverses opérations, en particulier l’emploi de pressoirs hydrauliques ou à vis continue, ou l’application de l’extraction par solvants, améliorera considérablement l’efficacité de l’extraction de l’huile. Un prétraitement de la pâte par des enzymes (par ex. protéases and cellulases) peut augmenter également le rendement de l’extraction.
Ressources génétiques
Il y a des indices qui montrent que la variation génétique chez Vitellaria paradoxa est plus élevée à l’intérieur d’une même population qu’entre populations, et que la sélection de nombreux individus à partir d’un nombre limité de populations capterait sans doute suffisamment la variabilité génétique, notamment pour les caractères des fruits. Cependant, on a également trouvé des différences entre populations, par ex. dans la composition en acides gras. La diversité génétique de Vitellaria paradoxa disparaît actuellement en raison des feux de brousse et du surpâturage. Le karité est désigné comme une des ressources génétiques prioritaires de la forêt africaine. Il est l’objet de conservation in situ et de prospections de ressources génétiques. Des collections de ressources génétiques locales et régionales ont été établies par l’Institut national de l’environnement et de recherches agricoles (INERA) et le Centre national de semences forestières (CNSF) au Burkina Faso, le Cooperative Office for Voluntary Organizations of Uganda et le Centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF) au Mali. Il y a également des collections locales ; celle du Cocoa Research Institute of Ghana a été analysée pour la taille des fruits et des graines ainsi que la teneur en lipides.
Sélection
Le Cocoa Research Institute of Ghana a débuté un programme de sélection pour sélectionner des cultivars qui s’installent facilement sur le terrain et qui aient des graines à forte teneur en lipides. La longueur de la phase juvénile et la difficulté de la multiplication végétative de Vitellaria paradoxa font de la sélection un processus à long terme.
Perspectives
Le karité a une grande importance économique dans les savanes guinéennes et soudaniennes. Il pousse dans une région vaste, se régénère bien, et est traditionnellement géré et protégé par les agriculteurs. Cependant, la régénération naturelle et la durabilité de la production de la noix de karité sont menacées par l’intensification de l’agriculture dans cette région. Les progrès réalisés dans les techniques de greffage permettent de penser que l’on pourra multiplier du matériel végétal sélectionné ayant des qualités particulières des fruits ou de la matière grasse en vue de petites plantations clonales pour répondre à la demande du marché pour une production de fruits ou de matière grasse de haute qualité. Vitellaria paradoxa occupe une niche dans les marchés internationaux comme substitut au beurre de cacao dans l’industrie alimentaire, cosmétique et pharmaceutique. Des études récentes sur la variation de la composition de la matière grasse à travers l’aire de répartition de l’espèce indique que le beurre de karité tendre provenant d’Ouganda est préféré pour les usages cosmétiques tandis que le beurre à plus haute teneur en acide stéarique comme on trouve au Burkina Faso convient mieux pour l’industrie du chocolat. Le beurre de karité connaît une vogue croissante comme ingrédient des cosmétiques et des savons, notamment dans les pays européens et aux Etats-Unis. Maintenant que l’Union européenne autorise l’utilisation de 5% de substituts au beurre de cacao dans les chocolats, les produits de chocolat et de confiserie représentent 95% de la demande pour le beurre de karité, et seulement 5% sont actuellement utilisés pour les produits cosmétiques et pharmaceutiques. Il est probable que la demande globale de beurre de karité continuera de s’accroître sur le marché mondial en raison des progrès réalisés dans la connaissance de ses diverses propriétés.
Références principales
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Sources de l'illustration
- Aubréville, A., 1964. Sapotacées. Flore du Cameroun. Volume 2. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 143 pp.
Auteur(s)
- A. Nikiema, ICRISAT Sahelian Centre, B.P. 12404, Niamey, Niger
- B.E. Umali, Agricultural Resources Management Research Division, PCARRD, Los Baños, P.O. Box 425, College, Laguna 4030, Philippines
Consulté le 1 avril 2025.
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