Vigna mungo (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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1, partie de rameau en fruits ; 2, fleur ; 3, graine. Source: PROSEA

Vigna mungo (L.) Hepper


Protologue: Kew Bull. 11(1) : 128 (1956).
Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 22

Synonymes

  • Phaseolus mungo L. (1767).

Noms vernaculaires

  • Haricot urd, urd (Fr).
  • Black gram, urd bean, urad bean (En).
  • Feijão urida (Po).
  • Mchooko mweusi (Sw).

Origine et répartition géographique

Le haricot urd a été très probablement domestiqué en Inde à partir de son ancêtre sauvage que l’on trouve également au Bangladesh, au Pakistan et en Myanmar. A l’heure actuelle, sa culture n’a une réelle importance qu’en Inde, mais elle se rencontre aussi, jusqu’à un certain point, dans toute l’Asie tropicale. En Afrique, il est cultivé au Gabon, en R.D. du Congo, au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Malawi, au Mozambique, en Afrique du Sud, à Madagascar et à l’île Maurice. Il est cultivé surtout comme plante fourragère aux Etats-Unis et en Australie.

Usages

Les graines d’urd sont consommées comme légume sec, directement ou dans diverses préparations (entières ou cassées, bouillies ou grillées, moulues en farine pour la transformation en gâteau, pain ou bouillie). C’est par ex. avec la farine d’urd qu’on fait en Inde les galettes “papadum”. Les graines germées sont également consommées. Les gousses vertes sont utilisées comme légume cuit. De petites quantités de gousses et de feuillage sont utilisées pour compléter l’alimentation animale ou bien comme fourrage. Quelquefois, le haricot urd est semé comme plante de couverture et comme engrais vert. Les cosses servent à nourrir le bétail. La farine de graines remplace le savon ; elle rend la peau douce et lisse. En médecine traditionnelle, les graines sont utilisées pour leurs propriétés suppuratives, rafraîchissantes et astringentes, par ex. pilées et appliquées en cataplasme sur les abcès.

Production et commerce international

En Inde, le principal producteur et consommateur, la production annuelle moyenne de graines de haricot urd est d’environ 1,3 million de t sur 3 millions d’ha. La Thaïlande produit chaque année près de 90 000 t qui sont exportées principalement vers le Japon qui préfère les graines germées d’urd à celles de mungo (Vigna radiata (L.) R.Wilczek) car elles se conservent plus longtemps. La production annuelle du Pakistan est d’environ 28 000 t sur 57 000 ha, et celle du Sri Lanka de 6000 t sur 8000 ha. En outre, le Sri Lanka en importe 6000 t/an.

Propriétés

Les graines d’urd contiennent par 100 g de partie comestible : eau 8,6 g, énergie 1470 kJ (351 kcal), protéines 25,1 g, lipides 1,8 g, glucides 61,0 g, fibres brutes 4,4 g, Ca 196 mg, Mg 260 mg, P 575 mg, Fe 6,8 mg, Zn 3,1 mg, vitamine A 114 UI, thiamine 0,36 mg, riboflavine 0,28 mg, niacine 1,8 mg, vitamine B6 0,28 mg, folates 628 μg et acide ascorbique 4,8 mg. La composition en acides aminés essentiels par g d’azote est la suivante : tryptophane 65 mg, lysine 415 mg, méthionine 91 mg, phénylalanine 365 mg, thréonine 217 mg, valine 351 mg, leucine 518 mg et isoleucine 319 mg (Haytowitz & Matthews, 1986). Les graines d’urd ont montré une activité anti-athérogène chez les cochons d’Inde.

Description

  • Plante herbacée annuelle érigée, poilue, atteignant 100 cm de haut, parfois volubile, à racine pivotante bien développée ; tige abondamment ramifiée à partir de la base, cannelée.
  • Feuilles alternes, 3-foliolées ; stipules peltées, ovales ; pétiole de 6–20 cm de long ; stipelles falciformes ; folioles ovales ou rhombiques-ovales, de 4–10 cm × 2–7 cm, entières, acuminées.
  • Inflorescence : fausse grappe axillaire ; pédoncule jusqu’à 18 cm de long.
  • Fleurs bisexuées, papilionacées, petites ; bractéoles linéaires à lancéolées, dépassant le calice ; calice campanulé ; corolle jaune, étendard de 12–16 mm de large, ailes presque aussi longues que l’étendard, carène enroulée en spirale avec un appendice terminal en forme de corne ; étamines 10, dont 9 soudées et 1 libre ; ovaire supère, style courbé en spirale.
  • Fruit : gousse cylindrique de 4–7 cm × 0,5 cm, érigée ou presque, avec de longs poils et un bec crochu et court, contenant 4–10 graines.
  • Graines ellipsoïdes, jusqu’à 5 mm de long, à bouts carrés et à hile en relief et concave, généralement noires ou tachetées, parfois vertes.
  • Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Le genre Vigna comprend environ 80 espèces et se rencontre dans tous les tropiques. Vigna mungo appartient au sous-genre Ceratotropis, qui inclut également Vigna radiata (L.) R.Wilczek (haricot mungo), Vigna umbellata (Thunb.) Ohwi & H.Ohashi (haricot riz), Vigna angularis (Willd.) Ohwi & H.Ohashi (haricot adzuki) et Vigna aconitifolia (Jacq.) Maréchal (haricot mat). Il y a eu confusion sur le statut taxinomique de Vigna mungo et de Vigna radiata et comme elles sont très proches l’une de l’autre, on a proposé de les regrouper en une seule espèce. Néanmoins, actuellement on les considère comme 2 espèces séparées avec comme différences essentielles : la couleur des fleurs (jaune vif chez Vigna mungo, jaune pâle chez Vigna radiata), la poche sur la carène (plus longue chez Vigna mungo que chez Vigna radiata), la forme du fruit (les gousses de Vigna mungo sont plus courtes et érigées par rapport au pédoncule, chez Vigna radiata les gousses sont plus longues et étalées ou pendantes).

On distingue trois taxons à l’intérieur de Vigna mungo :

  • var. mungo, avec des cultivars précoces de grande taille et à graines noires ;
  • var. viridis Bose, avec des cultivars tardifs à graines verdâtres ternes ou brillantes ;
  • var. silvestris Lukoki, Maréchal & Otoul, qui est le type sauvage ; comparé aux types cultivés, il est plus petit, plus grimpant, plus poilu, avec des inflorescences plus denses et de petites graines à arille en relief et proéminent ; il est considéré comme l’ancêtre de l’urd cultivé.

Pour les types cultivés, une classification en cultivars et groupes de cultivars serait plus appropriée.

La germination du haricot urd prend normalement entre 7–10 jours. La floraison débute 30–60 jours après le semis. Les fleurs sont généralement autofécondées, le pollen étant libéré avant que les fleurs ne s’ouvrent. La maturité est atteinte en 60–140 jours après le semis. L’urd nodule efficacement avec les bactéries Bradyrhizobium.

Ecologie

Le haricot urd est essentiellement une plante de saison chaude, même si en Inde elle est cultivée à la fois en été et en hiver, jusqu’à 1800 m d’altitude. Elle résiste bien à la sécheresse mais ne tolère ni le gel ni la nébulosité prolongée. Elle est normalement cultivée dans des zones où la température moyenne est de 25–35°C et où les précipitations annuelles atteignent les 600–1000 mm. Dans des zones où la pluviométrie est supérieure, elle peut être cultivée en saison sèche sur l’humidité résiduelle. L’urd préfère des sols lourds, bien drainés, tels que les vertisols de pH 6–7, mais il est aussi cultivé sur des sols plus légers.

Gestion

L’urd se multiplie par graines. Le poids de 1000 graines est de 15–60 g. Il est semé à la volée ou en lignes à une profondeur de 1–1,5 cm. La densité de semis est de 10–30 kg/ha, l’espacement entre les lignes de 25–40 cm, l’espacement sur la ligne de 10–20 cm. Une préparation minutieuse du champ n’est pas indispensable ; un simple labour suffit. Un ou deux désherbages seulement sont effectués jusqu’à ce que le couvert se ferme. La culture est essentiellement pluviale et l’apport d’engrais n’est pas fréquent. Pendant la saison des pluies en Inde, elle est habituellement associée à la canne à sucre, au coton, à l’arachide, au sorgho ou au pois cajan comme cultures principales. En saison sèche, elle est cultivée en culture pure dérobée après le riz. Les principales maladies de l’urd sont le virus de la mosaïque jaune du mungo (MYMV), la cercosporose (causée par Cercospora sp.), le rhizoctone (Rhizoctonia solani, synonyme : Thanatephorus cucumeris) et l’oïdium (Erysiphe polygoni, synonyme : Erysiphe betae). Les ravageurs les plus nuisibles sont la mouche blanche et les thrips. Lors du stockage, les graines sont attaquées par les bruches (Callosobruchus spp.). L’urd doit être récolté avant la pleine maturité des gousses afin d’éviter l’égrenage. Les plantes sont coupées ou arrachées, mises en meules pour sécher pendant 7 jours et battues à coups de bâtons ou foulées par les animaux. On peut également ramasser les gousses à la main. Le rendement en graines sèches est en moyenne de 350–800 kg/ha mais il peut atteindre 1500–2500 kg/ha. En Inde, les graines d’urd sont généralement transformées en graines cassées (dal).

Ressources génétiques

Environ 2100 entrées de haricot urd sont détenues par le National Bureau of Plant Genetic Resources (NBPGR), New Delhi, Inde, dans ses diverses unités de recherche. L’USDA Southern Regional Plant Introduction Station, Griffin, Géorgie, Etats-Unis, détient 300 entrées, et le Centre de recherche et de développement sur les légumes en Asie (AVRDC) de Taïwan possède une collection de 200 entrées. Les programmes de sélection destinés à améliorer ce légume sec ont pour but un type de plante combinant un port déterminé et une hauteur de plante de 30 cm, la précocité (60–90 jours), et l’adaptabilité à de nombreuses régions agro-climatiques. Des sources de résistance aux maladies les plus courantes sont disponibles et plusieurs cultivars résistants ont été mis sur le marché. La variabilité génétique du haricot urd est considérable, ce qui permet la mise au point de cultivars adaptés à la plupart des climats tropicaux et subtropicaux. La transformation génétique de l’urd a été réalisée par l’intermédiaire d’Agrobacterium.

Perspectives

Il serait intéressant de mener des essais à plus grande échelle en Afrique tropicale sur le haricot urd en raison de ses graines très nutritives et de sa souplesse écologique. Il faudra exploiter la diversité génétique pour obtenir des cultivars adaptés à l’Afrique.

Références principales

  • Arora, R.K. & Shri S. Mauria, 1989. Vigna mungo (L.) Hepper. In: van der Maesen, L.J.G. & Somaatmadja, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 1. Pulses. Pudoc, Wageningen, Netherlands. pp. 70–71.
  • Dikshit, H.K., Gupta, S., Gupta, S.R. & Singh, R.A., 2004. Variability and its characterization in Indian collections of blackgram (Vigna mungo (L.) Hepper). Plant Genetics Resources Newsletter 127: 20–24.
  • Kay, D.E., 1979. Food legumes. Crops and Product Digest No 3. Tropical Products Institute, London, United Kingdom. 435 pp.
  • Lawn, R.J. & Ahn, C.S., 1985. Mung bean (Vigna radiata (L.) Wilczek / Vigna mungo (L.) Hepper). In: Summerfield, R.J. & Roberts, E.H. (Editors). Grain legume crops. Collins, London, United Kingdom. pp. 584–623.
  • Souframanien, J. & Gopalakrishna, T., 2004. A comparative analysis of genetic diversity in blackgram genotypes using RAPD and ISSR markers. Theoretical and Applied Genetics 109: 1687–1693.

Autres références

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  • Gillett, J.B., Polhill, R.M., Verdcourt, B., Schubert, B.G., Milne-Redhead, E., & Brummitt, R.K., 1971. Leguminosae (Parts 3–4), subfamily Papilionoideae (1–2). In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 1108 pp.
  • Haytowitz, D.B. & Matthews, R.H., 1986. Composition of foods: legumes and legume products. Agriculture Handbook No 8–16. United States Department of Agriculture, Washington, D. C. , United States. 156 pp.
  • ILDIS, 2005. World database of Legumes, Version 9,00. International Legume Database & Information Service. [Internet] http://www.ildis.org/. September 2005.
  • Maréchal, R., Mascherpa, J.-M. & Stainier, F., 1978. Etude taxonomique d’un groupe complexe d’espèces des genres Phaseolus et Vigna (Papilionaceae) sur la base de données morphologiques et polliniques, traitées par l’analyse informatique. Boissiera 28: 1–273.
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  • Purseglove, J.W., 1968. Tropical Crops. Dicotyledons. Longman, London, United Kingdom. 719 pp.
  • Saini, R. & Jaiwal, P.K., 2005. Transformation of a recalcitrant grain legume, Vigna mungo (L.) Hepper, using Agrobacterium tumefaciens-mediated gene transfer to shoot apical meristem cultures. Plant Cell Reports 24(3): 164–171.
  • Srivastava, A. & Joshi, L.D., 1990. Effect of feeding black gram (Phaseolus mungo) on serum lipids of normal and diabetic guinea pigs. Indian Journal of Medical Research, section B: 92: 383:386.

Sources de l'illustration

  • Arora, R.K. & Shri S. Mauria, 1989. Vigna mungo (L.) Hepper. In: van der Maesen, L.J.G. & Somaatmadja, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 1. Pulses. Pudoc, Wageningen, Netherlands. pp. 70–71.

Auteur(s)

  • P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Jansen, P.C.M., 2006. Vigna mungo (L.) Hepper. In: Brink, M. & Belay, G. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 18 avril 2019.


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