Telfairia pedata (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Telfairia pedata (Sm. ex Sims) Hook.


Protologue: Bot. Mag. 54 : t. 2751–2752 (1827).
Famille: Cucurbitaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 22

Noms vernaculaires

  • Kouémé, bane, châtaigne de l’Inhambane, liane de Joliff (Fr).
  • Oyster nut, Queen’s nut, Zanzibar oil vine (En).
  • Castanha de Inhambane, sabina (Po).
  • Mkweme, mkwema (Sw).

Origine et répartition géographique

Telfairia pedata est indigène de Tanzanie continentale, du nord du Mozambique et des îles de Zanzibar et Pemba. Il est cultivé en Afrique centrale, orientale et australe depuis le Rwanda et l’Ouganda jusqu’à l’Ethiopie, et vers le sud, en passant par la Tanzanie, jusqu’à la Zambie, au Malawi, au Mozambique et à l’Afrique du Sud. On l’a cultivé à Madagascar et à Maurice, mais son importance y a décru.

Usages

Les graines de Telfairia pedata sont consommées crues, bouillies ou grillées, et on dit qu’elles sont aussi bonnes que les amandes ou les noix du Brésil. On les emploie en confiserie, et elles sont également conservées au vinaigre. En Afrique de l’Est, on les donne aux mères allaitantes pour améliorer la lactation. L’amande de la graine contient une excellente huile comestible, appelée “oyster-nut oil” ou “kouémé de Zanzibar”. Elle est employée dans les cosmétiques, et dans la fabrication de savon et de bougies. En Afrique de l’Est, l’huile sert de remède contre les maux d’estomac et les rhumatismes. Les Wachaggas de Tanzanie emploient les graines comme tonique après l’accouchement. Après extraction de l’huile, le tourteau constitue un excellent aliment pour le bétail, en raison de sa richesse en protéines.

Production et commerce international

Le kouémé est un article de commerce international, bien que la plus grande partie de la production aille à la consommation familiale et au commerce local. Les données sur sa production et sa commercialisation sont pratiquement inexistantes.

Propriétés

Le tégument de la graine représente jusqu’à 40% de son poids total. La composition de 100 g d’amande est la suivante : eau 3,5 g, protéines 27 g, lipides 66 g. L’huile qui en est extraite a un goût agréable, légèrement sucré. La composition en acides gras de cette huile est la suivante : acide oléique 11,5%, acide linoléique 32,5%, acide linolénique 5%, acide palmitique 24,5%, acide stéarique 18%. La graine a de bonnes qualités de conservation, et peut se garder jusqu’à huit ans tout en restant en excellente condition lorsqu’on la décortique.

Description

  • Liane dioïque atteignant 30 m de longueur ; système racinaire profond, épais, tubérisé ; tige initialement herbacée, cannelée, glabre, grimpant à l’aide de vrilles axillaires bifides, se lignifiant avec l’âge et atteignant 10 cm de diamètre ; jeunes rameaux glabres et verts.
  • Feuilles disposées en spirale, composées pédalées à 5–7 folioles ; stipules absentes ; pétiole de 2,5–10 cm de long ; folioles à pétiolules de 1–6,5 cm de long, la foliole centrale plus grande, de 5,5–14 cm × 2–7,5 cm, oblongues à elliptiques, acuminées, dentées surtout dans la partie apicale, glabres ou légèrement poilues sur les nervures principales, folioles latérales parfois lobées à la base.
  • Inflorescence unisexuée ; inflorescence mâle : grappe axillaire lâche de 6–23,5 cm de long, à bractées largement ovales, de 4–10 mm de long, dentées, pubescentes, soudées aux pédicelles ; fleurs femelles solitaires à l’aisselle des feuilles.
  • Fleurs 5-mères, rose violacé, pédicelle jusqu’à 14 cm de long, réceptacle campanulé, sépales triangulaires, de 12–18 mm de long, aigus, pubescents et courtement laciniés, pétales obovales, de 2–3,5 cm de long, ridés, frangés de rose violacé ; fleurs mâles à 3–5 étamines libres ; fleurs femelles semblables aux fleurs mâles, mais légèrement plus grandes et avec un ovaire infère cylindrique, côtelé.
  • Fruit : baie ellipsoïde pendante, de 30–90 cm × 15–25 cm, pesant jusqu’à 15 kg, avec une base lobée élargie et 10 côtes peu marquées, initialement vert pâle mais virant au vert jaunâtre à maturité, s’ouvrant tardivement par 10 valves, renfermant de nombreuses graines.
  • Graines en forme d’huître, aplaties, de 33–40 mm de diamètre, de 10–13 mm d’épaisseur, encloses dans une enveloppe fibreuse et réticulée.
  • Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Le genre Telfairia est classé dans la tribu Joliffieae de la sous-famille Cucurbitoideae. Il comprend 3 espèces, parmi lesquelles Telfairia occidentalis Hook.f. (“courge cannelée”) cultivée en Afrique de l’Ouest comme légume. Dans la documentation agricole, les deux espèces sont parfois confondues.

Croissance et développement

Les graines de kouémé germent 2–3 semaines après le semis. La croissance initiale est rapide ; les plantes peuvent atteindre une longueur de 7 m en 6 mois, et de 15 m en 18 mois. Les plantes mâles et femelles ne peuvent être distinguées jusqu’à la floraison. Celle-ci démarre normalement 15–18 mois après le semis, et les premiers fruits mûrissent 4–6 mois plus tard. Dans de bonnes conditions, il est possible de faire 2 récoltes par an, et les fleurs et les fruits peuvent être présents en même temps. La pollinisation est probablement effectuée par les insectes, mais il est probable qu’il y ait une production de graines apomictiques. Dans des conditions favorables, les plantes restent productives jusqu’à 20 années. Lorsqu’elles ne sont pas contrôlées, les lianes peuvent submerger des arbres de 15–20 m de hauteur et les écraser sous leur poids.

Ecologie

Telfairia pedata se rencontre dans les forêts littorales de basses terres et dans les ripisylves jusqu’à 1100 m d’altitude dans des zones à 1000 mm ou plus de pluviométrie annuelle. En culture, on le trouve jusqu’à 2000 m d’altitude, mais aux hautes altitudes les rendements sont nettement plus faibles. Il prospère sur des sols moyennement limoneux bien drainés, et il est résistant à la sécheresse.

Multiplication et plantation

Telfairia pedata est multiplié principalement par graines. Celles-ci ont une courte période de viabilité. Une alternance de trempage et de séchage favorise la germination. Dans les jardins familiaux, les graines sont souvent mises en terre directement sur les lignes d’égouttement de grands arbres ; pour des plantations plus importantes, il est recommandé de recourir à des pépinières. La multiplication végétative est efficace en recourant au marcottage et au bouturage, les boutures s’obtenant facilement par émondage. Les boutures de tige s’enracinent en 2–3 semaines, et produisent des pousses 6–7 semaines après la mise en terre. Du fait que l’espèce est dioïque, la multiplication végétative permet d’éviter la prépondérance des plantes mâles comme cela se produit dans la nature. La densité de plantation est d’environ 190 plantes femelles par ha, plus 10–15 plantes mâles par ha pour obtenir une bonne fécondation.

Gestion

Les cultures commerciales de Telfairia pedata se font sur des treilles de 2 m de hauteur. Celles-ci doivent être très robustes et durables pour supporter la masse des lianes. Les treilles sont espacées de 3–4 m, et les plantes sont mises en place à intervalles de 15 m. Sur chaque plante, on laisse 1–3 tiges se développer. Dans les jardins familiaux, les plantes peuvent être cultivées sur treilles jusqu’à ce qu’elles atteignent les branches des arbres supports. Telfairia pedata est un élément des riches systèmes agroforestiers du mont Meru et du mont Kilimandjaro en Tanzanie, où il est cultivé en association avec des caféiers et des bananiers.

Maladies et ravageurs

En dehors des ravageurs non spécialisés tels que sauterelles et termites, on a noté peu d’ennemis sur Telfairia pedata. Des nématodes à kystes (Heterodera spp.) peuvent s’attaquer aux racines, et une punaise de la famille des Pentatomidés, Piezosternum calidum, a causé de sérieux dégâts en Ouganda.

Récolte

Lorsque les fruits sont mûrs, ils s’ouvrent graduellement. Pour obtenir le maximum de saveur, on doit laisser les graines mûrir dans le fruit, et les récolter de une semaine à 10 jours après que le fruit a commencé à se fendre.

Rendement

Telfairia pedata produit 10–30 fruits dans sa troisième année. Les bonnes plantations peuvent atteindre un rendement annuel en graines de 3–7 t/ha.

Traitement après récolte

Pour éliminer le principe amer, on peut tremper les graines entières pendant 8 heures dans 3 bains successifs d’eau. Pour enlever l’amande du tégument, on élimine tout d’abord en partie l’enveloppe fibreuse en la coupant. Ensuite le tégument est cassé et ouvert en s’aidant d’un couteau. Un homme peut décortiquer environ 2 kg de graines par heure. On peut aussi décortiquer les graines mécaniquement. Avant d’extraire l’huile, il faut éliminer avec soin le tégument qui entoure la graine et dont la présence même en petite quantité communiquerait à l’huile un goût amer. La difficulté de l’éliminer complètement rend l’extraction commerciale de l’huile difficile à réaliser.

Ressources génétiques

L’aire naturelle de Telfairia pedata est assez limitée, comprenant l’est de la Tanzanie et le nord du Mozambique. Il peut en résulter que les populations naturelles soient menacées d’érosion génétique avec la destruction de leur milieu. On ne connaît l’existence d’aucune collection de ressources génétiques.

Perspectives

Le kouémé a une certaine importance économique en Afrique centrale et orientale en raison de sa graine. Il y avait un marché d’exportation florissant vers l’Europe, mais son importance actuelle est inconnue. La collecte et l’évaluation de ressources génétiques est nécessaire d’urgence. La conduite des plantations commerciales et la technologie après la récolte méritent l’attention de la recherche.

Références principales

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  • Jeffrey, C., 1978. Cucurbitaceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 4. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 414–499.
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  • Mnzava, N.A. & Bori, O.H., 1985. Seed germination and early seedling growth studies in the oyster-nut. Acta Horticulturae 158: 227–229.
  • Okoli, B.E., 1988. Studies on fruit, seed morphology and anatomy in relation to the taxonomy of Telfairia Hooker (Cucurbitaceae). Feddes Repertorium 99(3-4): 133–137.
  • Poppleton, W.J., 1939. The oyster nut, Telfairia pedata (native names: kwemme, jiconga). East African Agricultural Journal 5: 114–120.
  • World Agroforestry Centre, undated. Agroforestree Database. [Internet] World Agroforestry Centre (ICRAF), Nairobi, Kenya. http://www.worldagroforestry.org/ Sites/TreeDBS/ aft.asp. January 2006.

Autres références

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  • Keraudren-Aymonin, M., 1993. Cucurbitacées. In: Bosser, J., Cadet, T., Guého, J. & Marais, W. (Editors). Flore des Mascareignes. Familles 90–106. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Institut Français de Recherche Scientifique pour le Développement en Coopération (ORSTOM), Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 22 pp.
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  • Vaughan, J.G., 1970. The structure and utilization of oil seeds. Chapman & Hall, London, United Kingdom. 279 pp.

Sources de l'illustration

  • Jeffrey, C., 1978. Cucurbitaceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 4. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 414–499.

Auteur(s)

  • B.E. Okoli, Regional Centre for Bioresources & Biotechnology, University of Port Harcourt, Port Harcourt, Nigeria

Consulté le 1 avril 2025.


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