<center>'''2196 ميعة - mī'a - Meia'a, Styrax, Stactè.'''</center>
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*Dioscorides, ''Staktè'', I, 73 (c’est le styrax liquide, xxx xxxميعة السايلة - mī'a al-sāīla). C’est de la myrrhe grasse et récente que l’on prépare en triturant de la myrrhe avec un peu d’eau et en l’exprimant au moyen d’un pressoir. Elle est très odorante, très estimée et constitue par elle-même et sans aucun mélange un parfum. La meilleure est celle qui n’est altérée par l’alliage d’aucune huile et qui révèle ses propriétés, même en petite quantité. Elle échauffe à l’instar de la myrrhe et des huiles échauffantes.*I, 79. Quant au ''styrax'', xxx سطيركس - sṭīraka (en syriaque ''stiraca'', xxxصطركا - ṣṭiraka, et chez le vulgaire de la Syrie ''astorac'', xxxاسطرك - asṭurak, qui est une variété de ''maya)'', c’est la gomme d’un arbre qui ressemble au cognassier. La meilleure est celle qui est jaunâtre, grasse, résineuse, qui contient des parties blanchâtres, qui conserve longtemps son odeur, qui se résout par la pression en un liquide mielleux. Telle est celle de Gabala, de Pisidie et de Cilicie. Celle qui est noire, friable et comme mélangée de son, ne vaut rien. On en trouve aussi qui ressemble à de la gomme arabique, transparente et d’une odeur de myrrhe, mais elle est rare. On la sophistique avec la sciure du bois de l’arbre qui la produit, quand ce bois est envahi et rongé par les vers ; on ajoute aussi de l’huile, de la suie, des résidus d’iris et d’autres substances encore. Il y a des gens qui aromatisent de la cire ou de la graisse, les pétrissent au soleil avec du styrax, font passer la masse à travers un crible largement perforé et font tomber dans de l’eau froide, ce qui lui donne une forme vermiculée ; puis ils la vendent sous le nom de styrax ''scolécites''. Les ignorants l’achètent comme du vrai styrax, ne s’occupant point de son odeur, qui est très intense dans la qualité qui n’est pas sophistiquée.*Ishak ibn Amrân. C’est un grand arbre dont le tronc ressemble à celui d’un pommier. Il porte un fruit d’une couleur blanche, d’un volume supérieur à celui d’une noix et de la forme de la prune blanche dite ''œil-de-bœuf''. On en mange la partie extérieure qui est amère. Quant à la partie intérieure, elle est grasse et on en obtient une huile par l’expression. L’écorce de cet arbre constitue le styrax sec, d’où l’on retire le styrax liquide. La résine de cet arbre est le ''lobna'', j£*JBاللبنى - al-lubna, qui est le styrax des moines, yU^Jl ëميعة الرهبان -x**mī'a al-rahbān. C’est une résine d’une parfaite blancheur. C’est Ya’blierl'''a’bher'',j$xs.عبهر - 'abhar, ou ''lobna des moines''.
*Abou Djoreidj er-PiÀheb. Le styrax est uue résine qui découle d’un arbre du pays grec, d’où elle est exportée, puis soumise à la cuisson. On exprime aussi l’écorce de cet arbre et le suc obtenu porte le nom de styrax liquide. Le résidu de cette opération est le styrax solide ou sec.
*Galien, VIII.
*Dioscorides.
*Hobeïch ibn el-Hassen. Le styrax sec est chaud et se place au commencement du troisième degré parmi les médicaments chauds et secs. Toutefois sa sécheresse est moindre que sa chaleur. Il resserre le ventre. Le styrax liquide convient dans les affections de la poitrine et des poumons, dont il tarit l’humidité. Il resserre le ventre relâché. Il convient à l’estomac et fortifie les nerfs. Il convient contre les flatuosités grossières. Il resserre les organes, pris à l’intérieur ou bien en frictions sur le corps. II Il est avantageux contre les ulcères de la surface du corps. Il guérit la gale et les ulcères humides, employé en frictions et associé à des huiles. Le styrax solide attire les humeurs de la tête, employé en fumigations. On associe fréquemment le styrax, liquide à d’autres médicaments.
*Autre. Le styrax liquide, pris à la dose de deux mithqals avec trois onces d’eau chaude, évacue doucement la pituite. Le styrax solide resserre le ventre.
*Livre des Expériences. Ses émanations détruisent les émanations putrides quelles quelles soient; aussi l’emploie-t-on contre la peste.
Ibn el-Beïthâr a réuni, sous le nom de ''Styrax liquide'', le ''Styrax '' avec la ''Stactè'', qui est cependant autre chose que le styrax, et que Dioscorides mentionne dans un chapitre à part. I1 est souvent question dans la Bible de la myrrhe, à titre de parfum. S’y trouve-t-elle sous la forme de ''Stactè '' ? Les ''Septante '' et la ''Vulgate '' l’ont cru, ainsi que d’autres versions, notamment la version arabe de la ''Propagande protestante''. Deux mots hébreux sont visés concurremment, ''Loth '' et Natlief''Nathef''. 11 est intéressant de noter ici que dans les cas où certains traducteurs ont rendu ces mois par ''Stactè'', la version arabe les a rendus par ''Maya '' (''Gen.'', xxxvuXXXVII, a525, ctxLinet XLIII, il11 ; ''Exode'', xxxXXX, ih\ Ezèchiel24 ; Ezéchiel, xxvn.’igXXVII, 19). Bochart et O. Celsius voient le ''Styrax '' dans le Neeoth ''Necoth'' de la Bible [''Hieroz''., II, 532.— Hit:robot''Hierobot.'',\I, 548). Pour O. Celsius le ''Loth. '' est le Luàanum ''Ladanum'' [Hierohol''Hierobot.'', I, 280). Quant au styrax, l’histoire en a été confusément traitée par les Arabes. On peut lire une longue et diffuse dissertation de Saumaise, dans les ''Homonymies '' et les ''Exercitationes PlinianœPlinianæ''. Galien parle du ''Styrax calamites'' apporté dans des ''roseaux'', que Saumaise considère plutôt comme des rameaux rongés et creusés. Avicenne traite du styrax en trois chapitres, sous les noms de stiracd'''Istirac'', de ''Labna '' et de ''Meïa''. Il s’éloigne des Grecs quant aux provenances des styrax liquide et solide. La traduction de Sérapion contient une grave erreur attribuée à Ishak ibn Amrân : elle lui fait dire que le styrax provient d’un arbre dont les feuilles ressemblent à celles de l’ivraie, ''xeilen id est loinlolii''. Toutes les citations que nous avons rencontrées de cet auteur dans les divers manuscrits d’Ibn el-Beïthâr donnent le ''pommier''. Dans Sérapion le passage d’Ishak ibn Aamâa Amrân contient certains détails curieux sur l’emploi fait du styrax par les chrétiens ; nous regrettons de ne pas les rencontrer chez Ibn el-Beïthâr. Il serait curieux de savoir ce qu’il faut entendre par ces mots ''limuta lutha latha'' et lurthamiut''barthamiat'', préparations, peut-être huiles saintes, dans lesquelles on faisait entrer le styrax. Quant à l’arbre qui fournit le styrax, on pense généralement que c’est l’Aliboufier, ''Styrax officinalis'', qui croît en Orient et dans le midi de l’Europe, et dont le produit porte le nom de ''Storax''. On en prépare un styrax liquide, mais aujourd’hui le styrax liquide s’obtient plutôt du ''Liquidambar''.
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