*Dioscorides, ''Staktè'', I, 73 (c’est le styrax liquide, ميعة السايلة - mī'a al-sāīla). C’est de la myrrhe grasse et récente que l’on prépare en triturant de la myrrhe avec un peu d’eau et en l’exprimant au moyen d’un pressoir. Elle est très odorante, très estimée et constitue par elle-même et sans aucun mélange un parfum. La meilleure est celle qui n’est altérée par l’alliage d’aucune huile et qui révèle ses propriétés, même en petite quantité. Elle échauffe à l’instar de la myrrhe et des huiles échauffantes.
*I, 79. Quant au ''styrax'', سطيركس - sṭīraka (en syriaque ''stiraca'', صطركا - ṣṭiraka, et chez le vulgaire de la Syrie ''astorac'', اسطرك - asṭurak, qui est une variété de ''maya''), c’est la gomme d’un arbre qui ressemble au cognassier. La meilleure est celle qui est jaunâtre, grasse, résineuse, qui contient des parties blanchâtres, qui conserve longtemps son odeur, qui se résout par la pression en un liquide mielleux. Telle est celle de Gabala, de Pisidie et de Cilicie. Celle qui est noire, friable et comme mélangée de son, ne vaut rien. On en trouve aussi qui ressemble à de la gomme arabique, transparente et d’une odeur de myrrhe, mais elle est rare. On la sophistique avec la sciure du bois de l’arbre qui la produit, quand ce bois est envahi et rongé par les vers ; on ajoute aussi de l’huile, de la suie, des résidus d’iris et d’autres substances encore. Il y a des gens qui aromatisent de la cire ou de la graisse, les pétrissent au soleil avec du styrax, font passer la masse à travers un crible largement perforé et font tomber dans de l’eau froide, ce qui lui donne une forme vermiculée ; puis ils la vendent sous le nom de styrax ''scolécites''. Les ignorants l’achètent comme du vrai styrax, ne s’occupant point de son odeur, qui est très intense dans la qualité qui n’est pas sophistiquée.
*Ishak ibn Amrân. C’est un grand arbre dont le tronc ressemble à celui d’un pommier. Il porte un fruit d’une couleur blanche, d’un volume supérieur à celui d’une noix et de la forme de la prune blanche dite ''œil-de-bœuf''. On en mange la partie extérieure qui est amère. Quant à la partie intérieure, elle est grasse et on en obtient une huile par l’expression. L’écorce de cet arbre constitue le styrax sec, d’où l’on retire le styrax liquide. La résine de cet arbre est le ''lobna'', اللبنى - al-lubna, qui est le styrax des moines, ميعة الرهبان - mī'a al-rahbān. C’est une résine d’une parfaite blancheur. C’est l'''a’bher'', عبهر - 'abhar, ou ''lobna des moines''.
*Abou Djoreidj er-PiÀheb. Le styrax est uue résine qui découle d’un arbre du pays grec, d’où elle est exportée, puis soumise à la cuisson. On exprime aussi l’écorce de cet arbre et le suc obtenu porte le nom de styrax liquide. Le résidu de cette opération est le styrax solide ou sec.