La racine de tormentille est énergiquement astringente; comme la bistorte,elle est employée dans les flux et écoulements muqueux atoniques, les hé-morrhagies hémorrhagies passives, les fièvres intermittentes, etc. Haller la préférait aà toutes les autres plantes astringentes. « La tormentille, disent Mérat etDelens (1), est un des meilleurs astringents indigènes connus; c'est uneplante trop négligée, et sa racine, sous le seul rapport économique, devraitêtre recueillie avec soin et employée plus qu'on ne fait. »
La tormentille et la bistorte peuvent remplacer, dans la médecine»furalemédecine rurale,le ratanhia. Je leur ai constamment trouvé la môme même efficacité. Comme tousles autres astringents, la racine de tormentille ne doit être employée dansla dysenterie, la diarrhée, etc., que lorque lorsque la période d'irritation est passée.loiseleurLoiseleur-Deslongchamps et Marquis (2) disent que c'est uniquement à sonemploi intempestif qu'il faut attribuer la diminution de sa réputation dansles dysenteries et les fièvres intermittentes, et non à son défaut d'énergie;
et ils ajoutent que si quelquefois elle a été nuisible, il est probable que ce
n'a été qu'entre des mains inexpérimentées.
Cullen a éprouvé de bons effets delà de la racine de cette plante dans certaineslièvres fièvres intermittentes, en l'unissant à la gentiane; ce mélange m'a réussidansja dans la leucorrhée atonique. Gilibert dit avoir vu un phthisique guérir parle seul usage d'un gros (4 gr.) de tormentille en poudre, administrée tousles matins, pendant un mois, par le conseil d'un paysan. Cette phthisie étaitconsécutive de fréquents crachements de sang avec langueur d'estomac. Ilest probable qu'il n'existait chez ce malade qu'une grande débilité causéepar de fréquents crachements de sang, et que les poumons n'eussent offert,à l'exploration, aucune lésion semblable à celles que l'on trouve chez lesphthisiques.
-Ala A la campagne, on utilise la décoction de racine de tormentille contrel'hématurie des bestiaux.
A l'extérieur, cette plante est employée en décoction aqueuse ou vineusedans les cas de ramollissement des gencives, pour résoudre les contusions,les ecchymoses, pour exciter les ulcères atoniques, blafards, etc.
.(DeDuben De Duben (3) rapporte" qu'il a traité avec succès plusieurs cas de pro-lapsus prolapsus du rectum par des lavements de décoction de tormentille.)
Morin,deRouende Rouen(4), a recommandé le remède suivant contre le panaris :on fait sécher au four la racine de tormentille, on la pulvérise, et, au moyendun d'un jaune d'oeufœuf, on lui donne une consistance pâteuse; on étend sur unlingeune linge une ou deux lignes d'épaisseur de cette pâte, et on en enveloppe laPartie partie malade; on doit de plus avoir la précaution de recouvrir le tout d'unCataplasmeordinairecataplasme ordinaire, afin de retarder la dessiccation de la pâte par la cha-'» delà chaleur de la partie malade; ce remède réussit aussi contre le furoncle. Quel% est, dans ces cas, sa manière d'agir ?
fil fjetionnaire de matière médicale et de thérapeutique, t. V, p. 491.W Dictionnaire des sciences médicales, t. XLIV, p. 383.____________________
fIfWpfiir(1) ''Dictionnaire de matière médicale et de thérapeutique'', t.KinderltranltheitenV, 1862p. 491.
•" mlem (2) ''Dictionnaire des sciences médicales'', t. XLIV, p. 383. (3) ''Journal für Kinderkrankheiten'', 1862. (4) ''Bulletin de thérapeutique'', novembre 1839.
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