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L’enjeu de la lutte antiacridienne préconisée par la FAO est de rendre la lutte préventive durablement opérationnelle afin d’éliminer les premières populations qui peuvent enclencher le phénomène de transformation phasaire susceptible de conduire à la grégarisation. La transformation phasaire ne se produit pas de façon aléatoire mais dans des régions bien identifiées (les aires grégarigènes) et dans des biotopes bien particuliers : les foyers de grégarisation. Les biotopes du Criquet pèlerin peuvent être plus ou moins favorables à la grégarisation selon les '''conditions écométéorologiques''' qui y règnent. Ces conditions résultent de trois composantes :
* # la composante météorologique, dont la pluviosité est le facteur principal, régissant l’essentiel des apports hydriques responsables de l’évolution de la végétation et des réserves hydriques. La température joue également un rôle important tant sur le développement et l’évolution du couvert végétal que sur la vitesse de développement de l’insecte ;* # la composante structurelle ou topographique, qui régit les apports hydriques en redistribuant les eaux de surface. Elle va influer sur la composition floristique, la structure et la phénologie du tapis végétal, étroitement dépendantes du bilan hydrique local ;* # la composante acridienne, qui résulte de la nature (phase et phénologie du criquet), des effectifs et des populations présentes dans les biotopes. Cette composante est fortement influencée par l’état et la dynamique des composantes précédentes.
'''Chaque biotope acridien est donc dépendant de trois types de limites''' :
* # les limites géographiques, qui permettent d’identifier la nature et la structure des différents types de biotope ;* # les limites temporelles ou fonctionnelles, sous l’étroite dépendance des conditions écométéorologiques, qui confèrent au biotope son potentiel écologique à un moment donné (phénologie du tapis végétal et bilan hydrique du sol) ;* # les limites imposées par les exigences du locuste en fonction de sa phase (solitaire, ''transiens'' ou grégaire) et de sa phénologie (œuf, larve, imago immature ou adulte).
Du point de vue fonctionnel, il existe '''quatre types de biotopes''' :
Il apparaît dès lors que le statut d’un biotope est en grande partie conjoncturel et la mission du prospecteur est d’en évaluer le potentiel effectif dans le contexte écométéorologique particulier du moment.
'''Le tapis végétal est un bon intégrateur des conditions mésologiques'''. Le décryptage du message qu’il transmet est multi-factoriel : * '''la composition floristique ''' : les espèces présentes et leurs abondances relatives respectives sont en équilibre dynamique avec les conditions et les contraintes imposées par le milieu. On repère ainsi rapidement le cortège des espèces se développant sur sols sableux (psammophiles) des espèces rencontrées sur sols rocheux (saxicoles) ou salins (halophiles) ; * '''la structure de la végétation ''' (nombre, nature et recouvrement des diverses strates) : elle complète les indications précédentes ; l’absence de ligneux au Sahara central souligne par exemple l’ampleur de l’aridité de ces sites. Elle précise également l’importance de certaines contraintes dynamiques, comme le pâturage ou le surpâturage lorsque des espèces sont réduites à des coussinets rampants ou que des ligneux restent à l’état de buissons ou d’arbustes. La densité des espèces pérennes renseigne sur la disponibilité des ressources hydriques interannuelles, de même que la densité et la hauteur de certaines annuelles informent sur la pluviosité saisonnière cumulée sur le biotope ; * '''la phénologie ''' (en particulier celle des espèces herbeuses) : elle constitue un précieux indicateur des conditions météorologiques de la saison et permet de définir la perspective d’évolution du tapis végétal (durée probable de verdissement ou de dessèchement à plus ou moins court terme).
Toutes ces informations, confrontées à la structure de la population acridienne, participent à l’évaluation du risque de changement de phase du Criquet pèlerin et permettent de mesurer sa progressivité. Année après année, des observations répétées vont aider le prospecteur à évaluer progressivement la probabilité de voir se développer de bonnes conditions de reproduction ou de grégarisation pour un biotope donné à une saison donnée. Il devient alors possible de réaliser une cartographie des biotopes sur la base de leur potentiel écologique pour le Criquet pèlerin, à condition bien sûr que les observations soient soigneusement chrono- et géoréférencées. La fiabilité de ces interprétations est d’autant plus grande que les observations sont exactes et précises. Ceci souligne l’importance et la responsabilité du prospecteur, qui est la cheville ouvrière de la surveillance acridienne et le gage de l’efficacité de la lutte préventive.
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