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tW1isetianise, lé le P. Claude indique ; « le principal ( [vîllage] est Mar- . giJya ''Margoya Perop; '', c'est à dire l~ ·peau la peau amere d'un fruict nommé ''Margoyaue '' » (58)<ref>''Histoire'', f. 183 r°.</ref>. La forme indigène du pays - citée ici - est dQnc donc bien « Margoya •». Qûâht Quant au nouveau mot « Margoyaue »,. fruit. . , il paraît un eotnprOUiis compromis entre la forme de Maranhào Maranhão citée deux fois, « Margoya» <ref>Notez la variante « Morgoyä », f.~::{5t})220 r°, à côté de « Margoya », f. 183 r°.</ref>, et le mot déjà franÇais français « Goyaue », signalé plus haut eoin:Ql~t:nf>hl comme nom de rarbre. . l'arbre.
Ç>npeût .(lp~er·à On peut opposer à ces hypothèses le fait que De Goeje signal& UP:J:npi:signale un tupi « g~J''guaiába,;tidba,. guajava '' » (60)<ref>''Etudes Ling. car.'', p. 53.</ref>, qui àurait aurait peut-être pu deven~t : gt>yf!ve .cfiei~Chiüde ·ddevenir ''goyave'' chez Claude d'Abbeville. La t~ble table des abréviations du mê,me savanl;préei$e même savant précise ses sources : « Tupi sans indiCeindice, Martius ~ (61) » <ref>En tête de l'article. R:epoFt<ms/ref>. Reportons-nous à cet auteur ; ran l'on trouvera : « . Guaùiba''Guaiába, GuajaiJaGuajava, Guayava Psidiuîn Gnayava Raddt '' Psidium Guayava Raddi, Piso liII. 153. Marcgr. 104 (hune hunc fructum introductum . pr~dièafpraedicat),;[[Utilisateur:Michel Chauvet|Michel Chauvet]] ([[Discussion utilisateur:Michel Chauvet|discussion]])aYfibo Hai~i :. ''Guayabo'' Haiti : Oviedo VIII. · c. 19. Benzoni l. c. 27 ~ {t}2 » <ref>''Wörtersammlung'', p.}~·De ~J~ 394.</ref>. De Goeje a::ni~ bien entendu lafs~élaissé,. sur ce point, la forme haïtienne;· q, qui ne peut être du tupi.ttî' :-ffii[[Utilisateur:Michel Chauvet|Michel Chauvet]] ([[Discussion utilisateur:Michel Chauvet|discussion]])ÄitÄêtfe .d~ tupL Les trois premières formes citées par V. Marthi&:'~ïtf:~{®1te···été:pri$es Martius ont donc été prises dans les ouvrages de Marcgravius et dé· Plsô'de Pison <ref>Publiés respectivement en 1648 et en 1658. Voir la bibliographie.</ref>, et l'l:~&iij~~J~;,r)ùt:oprévient on nous prévient de plus que le premier de ces savants donne-l~~ftlîl'i':~lJ#:';~~": le fruit pour importé. Ouvrons ces livres aux pages indiquées. MàrcgràVî~:signalé-"~ tivement. Marcgravius signale effectivement, à l'article ''Guayaba (64)'' <ref>''Historiae'', livre III, p. 104.</ref>, qu'il traite d'un arbre:un:P9rië importé « ex America s~ptentrionali septentrionali [Mexique] et Pern ~ Peru » : il lu( lui a ·garaé gardé tout simplement la forme espagnole commune, dont l'origine e8t .. est précisée par une c « annotatio » : « ... quam indigenae Insulae Hispaniolae vocaba~t vocabant ''Guayabo'', est arbor grandis, et ab Hispanis similitet similiter vocatur ''Guajabo '' » (65)<ref>''Id.'', p. 105.</ref>. On ne saurait trouver dans ce texte, et· et pour cause, la · trace d1une d'une appellation indigène tu pietupie. Lisons maintenant ce qu'écrit Pison dix ans plus tard, à la page indiquée par V. Martius et aux précêdentes (66)<ref>Pp. 149-158, dans le livre IV.</ref>. Le chapitre XX dulivre du livre IV est intitulé :- « lbabirdba''Ibabirába, Araça duae, et Guaidba :. Guaiába'' ». Quand Pbon Pison se sert de termes « brésiliens ~. », il le prêcise toùjours précise toujours ; au~i aussi note,.-t-il dans le chapitre- étudié : « vasta arbor quae gentilitio vocabuio lbabiriibavocabuilo ''Ibabirába'', corrupte ~-à Lusitanis et Nostris Gu(lbi·''Guabirába'' <ref>P. raba (67)149.~</ref>. Hu jus arbo,ris fruchis Hujus arboris fructus a Brasilianis àppellatur Ataappellatur 'ç9: ·. 'Araça miri (68) '' <ref>P. 150.</ref> ... Quapropter ab lndigenis Indigenis ''Araça-guaçûguaçú'',. id_ id est, Ar~~.''Araça''
(S&) ·Histoire, f, 183 r 0 •____________________
(5~} Note.z la variante « Morgoyii », f. 220 r", à côté de « ~a:l'goya :., f. 183 1'0 , .<references/>
- (60) Êtudes .. Ling. car., p. 53.
· (61) ErL tête . de l'article. · .[251]
major vocatur (6269) Wortètsmnmlung... ». Mais vient-il à parler de l'extrême ressemblance que l'on note entre ce dernier arbre, pindigène, et la « Guiába », il indique sans ambiguïté : « Aliis Indiarum regionibus communis haec arbor, ac proinde hic patriam Brasiliani negant » (70). 394Il s'agit bien d'un arbre importé, et le mot ne saurait être, au Brésil, une désignation indigène. Pison parlera aussi à propos de la même région, du bananier, de la banane, et de la patate, mais les mots qu'il utilise le plus souvent, « Bananiera » (71), « Banána » (72), « Batáta » (73), ne sauraient être considérés comme tupis.
(63) Publié& respectiVement en 1648 èt en 1658Résumons-nous : les deux auteurs sur lesquels s'appuie V. yoir la bMartius pour poser un mot tupi « ''Guaiába, Guajava, Guayava'' », ne donnent aucunement ce mot pour « brésilien » d'origine. Par suite l'indication de De Goeje « Tupi ''Guaiába, Guajava'' » n'bli_ogpaphieest plus fondée, du moins à date ancienne.
(64) HistoriatIl nous paraît donc établi que ''goyave'' ne peut être chez Claude d'Abbeville un emprunt au tupi ; nous proposons d'y voir,par conséquent, le mot déjà français de la langue des marins, attesté dès 1601-hvre lU1603. Le vocable « ''Morgoyä, P• 104Margoya'' », en revanche, donné comme indigène, a chance d'être un mot tupi, car Léry avait signalé dès 1578 le terme de « Morgouia » (74) appliqué par les Brésiliens aux oranges des arbres plantés par les Portugais, et la ressemblance entre le goyavier et l'oranger a plusieurs fois été notée (75).
Nous ne croyons pas non plus que la phrase de P. Boyer permette de fonder l'hypothèse d'un emprunt au galibi (6576}. Il écrit en 1654 : Gouyanes {sic] est un fruict rond et gros comme un œuf » {77) Id.Mais il faut remarquer que le mot est attesté au moins deux fois avant que les Français se soient établis, p. lOS. •· . . et de façon bien intermittente jusqu'en 1676, à l'île de Cayenne et en Guyane (1635) (78).Ensuite Boyer ne donne pas le mot pour indigène ; dans sa liste des productions du pays, d'où est tirée la phrase
(6669) PpP. 14~-158; dans· le livre IV152.
(6770) P. 149. 153. Variante « Guajába », p.151.Pas de trace d'une forme avec -v-, pp.149-153.
(68) 71 P. 150154.
[251](72) ''Id.'' ; « ''Banána'', planta quae Brasiliensibus ''Pacobuçú'' dicta », p. 155.
·màjor vocatur (6973) ... ~. Mais vient-il à parler de 'feitrê~e ressem- · blance que l'on note èntre ce Id. dernier 'arln•e', ·indigène, et la « Guiâba ~, il indique sans ambiguïté : « Aliis IndiatUJil ~{}gionibus communis haec arbor, · ~cp. proinde _hic patr:iaiÎ254.l ~f[[Utilisateur:Michel Chauvet|Michel Chauvet]] ([[Discussion utilisateur:Michel Chauvet|discussion]])-llegant ». (70)~ Il s« Quae Peruvianis ''Apichu'agit hien d'un ~})re importé, et l~ :tu~;@~;~ rait être, au Brésil, une désignation indigène. Pison parlerà·· a~$it à propos de ~a même région, 4u bananier, de la banane, et de la patate, mais les mots quBrasilianis 'il utilise'Tetica'' dictae ». le plu~ souvent, « Ban~'". niera » (71), « Banana » (72), « Bàtata » (73), ne sauraient être considérés comme tupis'id''. ·
. Résumons-nous : les deux auteurs sur lesquels s(74) 'appuie V. Martius pour po$er un mot tupi « Guaiaba, Guajava, Guayava », ne donnent aucunemen! ce mot pour « brésilien >> d'origine. Par suit-e . l'indication de De Goeje « Tupi Guaiâba, Guajava » nHistoire'est' plus fondée, du moitisp. à date ancienne208.
Il nous paraît donc établi que goyave ne peut être chez Claude d(75) Belleforest, ''Cosmogr. univ.'Abbeville un emprunt au tupi ; nous proposons d'y voir, par conséquentII, le mot déjà français col. 2111 ; texte cité ; - Daléchamps, trad. Des Moulins (1615) : « de la langue grandeur des marinsOrengiers », attesté dès 1601-1603II, p. Le vocable 723 ; « Morgoyâles fleurs blanches, Margoya semblables à celles des Orengiers », en revancheII, donné comme indigène, a ehanee d'être un mot tupi, car Léry avait signalé dès 1578 le terme de « Morgouia » (74) appliqué par les Brésiliens aux oranges des arbres plantés par les Portugais, etp. la >'l'essemblance entre le goyavier et l'oranger a plusieurs t'ois ~té ::·.Ji()tée c 1 s >724. ·
:•7:_--Noûs ne croyons pas ~on plus que la phrase de .P. Boyer per.;. --nî[[Utilisateur:Michel Chauvet|Michel Chauvet]] ([[Discussion utilisateur:Michel Chauvet|discussion]])jle fonder l'hypothèse. d'un emprunt au galibi (76}. Il écrit êti 1li~,~- q: Gouyanes {sic] est un fruîct rond ef gros comme un. oeriF~:{1-7).~ ~ais il faut remarquer que le mot La forme « goyaba » est attesté au moi~ deux fois ·'fl!ant que les Français se • soient établis, et de façon bien intermitléiibf;::,ju~qu'eri 1676, à attestée dans ce parler pour l'île époque actuelle (enquête de Cayenne et en Guyàne (1635) (78De Goeje).· ~te Boyer ne donne pas le mot pour indigène_; dans sa liste ·dêS pr()(lueti~ns du paysDe Goeje, d'où est tirée la p~--,: 'Et. ling.~ ;car.~: . :. . .- ·~ -"'', p. ~--~~--~--~·-~~-·-_:53,-~n.;~-~---·310.(_}[[Utilisateur:Michel Chauvet|Michel Chauvet]] ([[Discussion utilisateur:Michel Chauvet|discussion]]):.c ";.. ·.~-.::·· :"_:·:.._.-;_~;<:, - - - ~ -·
(6977) P. 152''Véritable relation'', p. -315.Déjà cité par M. < -.. :>· .König, ''op... .. >>. .· - · ... ~~:_-.:.cit.'', s;:;v. ''~··:;·_Goyave'', avec correction de la coquille (''n'' pour ''u'').
(7078) PCf. 153. Variante i -Giiàj4b~f:~,.~ p:.1&-J~ ;Pa:S d~.-~ril':tm.e>forme avec . -v-,<lî)• r1_4;1t,3. . . ~ c,·~~c:-~·Ä~~,~-·:;,:?t:ë.;article ''Caïman'_:'~.,-:~;::~_<;;r:_, é.:··· .note 46.•
(72) Id. ; « Batuina, planta .qmié lli'asi'Jtens1l~tùt .Pâèoliuftl :dicta », p. 155.
(73) Id., p. 254. c Quae Peruviallis ·Apic1iu, Brafdliànîs TeHca dictae ~. id.
(74) Histoire, p. 208. . · . - _· -
(75) Belleforest, ·cosmogr. univ., Il; col. 2111; texte cité; - Daléchamps; trad. Des Moulins (1615) : « de la grandeur des Orengiers », Il, p. 723 ; < les fleurs blanches, semblables à celles des Orengiers :., Il, p. 724.
(76) La forme « goyaba :s> est attestée dans ce parler pour l'époque actuelle (enquête de De Goeje). De Goe_je, Et. ling. car., p. 53, n. 310.
(77) Véritable relation, p. 315. Déjà cité par M. Konig, op~ cil;, s; v. Goyave, avec correction de la coquille (n pour u). ·
(78) Cf. l'article Caïman, note 46.
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(85) M. Kônig cite la fontie corrigée « gouiaves •·
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