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Persicaire (Cazin 1868)

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<center>'''PERSICAIRE ACRE'''. ''Polygonum hydropiper''. L.
''Persicaria urens seu hydropiper''. C. Bauh., Tourn. — ''Persicaria acris sive hydropiper''. J. Bauh. — ''Persicaria vulgaris sive minor''. Park. - ''Hydropiper''. Ger. — ''Persicaria urens''. Offic.
La persicaire, plante annuelle (Pl. XXX), ainsi nommée à cause de la ressemblance de ses feuilles avec celles du pêcher, est très-commune. On la rencontre dans les lieux humides, les fossés, les marais, les terrains tourbeux.
'''Description'''. — Racines fibreuses. — Tige glabre, cylindrique, noueuse, souventrougeâtre, un peu rameuse, droite, un peu flexueuse. — Feuilles simples, glabres,alternes, lancéolées, aiguës, médiocrement pétiolées, accompagnées de stipules courtes, tronquées, très-rarement ciliées. — Fleurs disposées en épis lâches, grêles, axillaires, simples ou à peine rameux, garnis de petites bractées écailleuses (juillet-octobre). - Calice blanchâtre ou rosé, point de corolle. — Six étamines incluses. - Un ovaire simple, libre, uniovulé, surmonté de deux ou trois styles, dont chacun est terminé par un stigmate capité. — Fruit consistant en plusieurs akènes triangulaires, un peu comprimés, renfermés dans le calice.
'''Parties usitées'''. — L'herbe entière.
ploie, en Norwége, ses feuilles cuites dans l'eau et appliquées à l'extérieur contre l'odontalgie.
J'ai souvent mis en usage la persicaire à l'extérieur, comme résolutive et détersive, dans les engorgements glanduleux et lymphatiques. Je l'ai appliquée avec succès sur un ulcère, à bords durs et calleux, situé à la partie inférieure de la jambe droite, chez un vieillard de soixante-neuf ans. Je couvrais cet ulcère avec les feuilles cuites dans l'eau. L'action en fut prompte et très-satisfaisante ; au bout de huit jours, la détersion était complète. Dans un cas d'ulcère scrofuleux, dont la surface était recouverte d'une couche membraniforme épaisse, fétide, située à la partie inférieure et interne de la cuisse, chez une jeune fille de quatorze ans, j'ai employé avec succès, pour la détersion de cet ulcère, parties égales de feuilles de noyer et de persicaire. Un cultivateur du village de Doudeauville avait toute l'extrémité supérieure gauche gonflée, indolente et tendue, sans inflammation, à la suite d'un érysipèle dont elle avait été le siège deux mois auparavant. Le volume de cette extrémité, surtout à l'avant-bras, était doublé. Je fis appliquer sur toute l'étendue du membre une décoction concentrée de feuilles fraîches de persicaire. L'effet de cette application réussit merveilleusement ; dès le lendemain, la résolution commençait à s'opérer, et au bout de huit à dix jourselle était complète.
La persicaire, je le répète, n'est point à négliger. Les vétérinaires de campagne en font un grand usage à l'extérieur pour déterger les ulcères qui surviennent à la couronne du sabot, et dans les gonflements lymphatiques des articulations, après l'application du feu.
'''PERSICAIRE DOUCE'''. — POLYGONE PERSICAIRE. — VRAIE PERSICAIRE. — PERSICAIRE TACHETÉE. — FER-A-CHEVAL. — PILINGRE. — ''Polygonum persicaria''. L. — ''Persicaria mitis maculosa et non maculosa''. C. Bauh., Tourn. — Croît aux mêmes lieux que la précédente et lui ressemble beaucoup.
['''Description'''. — Diffère de la persicaire acre âcre par ses fleurs roses, assez grosses, en épis oblongs, cylindriques, compactes et dressés (août) ; par l'absence de points glanduleux sur le calice, et par sa saveur douce.
La persicaire douoe a été considérée comme astringente, détersive et antiseptique. On l'a vantée contre la diarrhée, les hémorrhagies, les flueurs blanches passives, le scorbut, la jaunisse, la goutte vague, le rhumatisme chronique, etc. Tournefort la prescrit en décoction contre la gangrène. Sa décoction dans le gros vin rouge (deux poignées pour 1 kilogr.) est recommandée dans le ''Manuel des dames de Charité''<ref>5e édit., p. 241. Paris, 1760.</ref> comme un des meilleurs moyens d'arrêter la gangrène. On applique toutes les trois heures des compresses imbibées de cette décoction chaude, que l'on humecte de temps en temps dans l'intervalle de chaque pansement. Ravelet<ref>''Thèses de Strasbourg'', 1806.</ref> rapporte huit observations de gangrène traitée avec succès au moyen de la persicaire douce.
'''PERSICAIRE AMPHIBIE'''. — ''Persicaire acide''. — ''Persicaria amphibium'', L. - ''Potamogeton salicis folio''. C. Bauh. — ''Potamogeton seu fontalis persicariæ Foliis''. J. Bauh. — ''Potamogeton angustifolium''. Ger. — ''Fontalis major longifolia''. Park. — Cette plante vivace croît abondamment dans les marais et les lieux couverts d'eau. Lorsque les chaleurs de l'été dessèchent les étangs,
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