La persicaire âcre est excitante et diurétique. On l'a conseillée dans les hydropisies, dans les engorgements viscéraux. Appliquée fraîche sur la peau, elle est, dit-on, rubéfiante et vésicante. On l'emploie à l'extérieur comme détersive.
La persicaire exerce sur l'économie une action stimulante manifeste. Son effet diurétique, tant vanté jadis, en l'administrant étendue dans une grande quantité d'eau, ne peut avoir lieu qu'autant que les reins sont dans un état d'atonie ; la surexcitation de ces organes, non-seulement s'opposerait à cet effet, mais encore rendrait très-nuisible l'action de cette plante. La vertu lithontriptique qu'on lui a attribuée est illusoire. Elle a été toutefois utile, comme diurétique, dans la gravelle et le catarrhe vésical exempts d'irritation ou d'inflammation, dans l'anasarque asthénique et l'œdème sans lésion du centre circulatoire ni irritation des voies digestives, dans les engorgements non inflammatoires du foie et de la rate. Ettmuller la regarde comme vermifuge, et, d'après Peyrilhe, donnée en poudre aux moutons, à la dose d'un gros dans du miel, elle détruit une espèce de ver auquel ces animaux sont exposés. La confiance des jeunes filles atteintes de chlorose ou d'aménorrhée a été quelquefois, suivant Tournefort, jusqu'à croire qu'ilsuffisait de porter cette plante dans leurs chaussures pour guérir<ref>''American Journ. of med. sc.'', july 1846.</ref>. Eberle recommande l'emploi de la teinture de poivre d'eau (''polygonum hydropiperoides'' ou ''punctatum''), dans l'aménorrhée. Il est probable que l'espèce que nous possédons en Europe (''hydropiper'') jouit des mêmes vertus.
L'usage interne de la persicaire, entièrement oublié de nos jours, mérite l'attention des thérapeutistes. Des faits soigneusement observés mettraient à même d'apprécier les avantages que son énergie indique, et lui rendraient le rang qu'elle paraît avoir occupé dans la matière médicale indigène, à une époque où la science n'était pas assez avancée pour préciser les circonstances pathologiques qui en réclament l'application.
['''Description'''. — Diffère de la persicaire acre par ses fleurs roses, assez grosses, en épis oblongs, cylindriques, compactes et dressés (août) ; par l'absence de points glanduleux sur le calice, et par sa saveur douce.
La persicaire douoe a été considérée comme astringente, détersive etantiseptique. On l'a vantée contre la diarrhée, les hémorrhagies, les flueursblanches passives, le scorbut, la jaunisse, la goutte vague, le rhumatismechronique, etc. Tournefort la prescrit en décoction contre la gangrène. MSa décoction dans le gros vin rouge (deux poignées pour 1 kilogr.) est recom-mandée recommandée dans le ''Manuel des dames de Charité (i) ''<ref>5e édit., p. 241. Paris, 1760.</ref> comme un des meilleursmoyens d'arrêter la gangrène. On applique toutes les trois heures des com-presses compresses imbibées de cette décoction chaude, que l'on humecte de temps entemps dans l'intervalle de chaque pansement. Ravelet (2) <ref>''Thèses de Strasbourg'', 1806.</ref> rapporte huitobservations de gangrène traitée avec succès au moyen de la persicairedouce.
PERSICAIRE AMPHIBIE. — Persicaire acide. — Persicaria amplubnm,l-jPotamogeton salicis folio. C. BAUH. — Potamogeton seu fontahs persiwFoliis. J. BAUH. — Potamogeton angustifolium. GER. ' — Fontahs majoi■»gifolia. PARE. — Cette plante vivace croît abondamment dans les maraisles lieux couverts d'eau. Lorsque les chaleurs de l'été dessèchent tes ew<«j >____________________
(1) 5= édit., p. 241. Paris, 1760.<references/>
(2) Thèses de Strasbourg== Persicaire amphibie ==Nom accepté : ''[[Persicaria amphibia]]'' PERSICAIRE AMPHIBIE. — ''Persicaire acide''. — ''Persicaria amphibium'', 1806L.- ''Potamogeton salicis folio''. C. Bauh. — ''Potamogeton seu fontalis persicariæ Foliis''. J. Bauh. — ''Potamogeton angustifolium''. Ger. — ''Fontalis major longifolia''. Park. — Cette plante vivace croît abondamment dans les marais et les lieux couverts d'eau. Lorsque les chaleurs de l'été dessèchent les étangs,
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les ruisseaux, etc., et que cette plante est exposée à l'air après avoir flottédans l'eau, elle subit des changements physiques qui la rendent méconnais-sable etlui méconnaissable et lui ont fait donner, dans ce nouvel état, le nom de ''persicaire am-phibie amphibie terrestre''. '''Description'''. — Racine traçante. — Tiges rameuses, radicantes, nageantes ou terrestres. — Feuilles pétiolées, ovales-oblongues. — Fleurs roses, en épis compactes, oblongs, cylindriques et terminaux (juin-septembre). — Etamines saillantes. — Style bifide.
Description. — Racine traçante. — Tiges rameuses, radicantes, nageantes outerrestres. — Feuilles pétiolées, ovales-oblongues. — Fleurs roses, en épis compactes,-oblongs, cylindriques .et terminaux (juin-septembre). — Etamines saillantes. — Stylébifide.-parties '''Parties usitées'''. — La racine.
'''Récolte'''. — Cette racine doit être récoltée à la fin de l'été ou au commencementdé de l'automne. Après l'avoir mondée, on la fait sécher, et on la fend comme la salse-pareillesalsepareille, à laquelle elle ressemble à tel point que dans plusieurs provinces, au rapportfeGoste de Coste et Wilmet, les herboristes et les épiciers la vendent pour cette dernière.
['''Culture'''. — Cette plante se propage par semis des fruits. Elle n'est cultivée quedans les jardins botaniques.] ,
bit: La persicaire amphibie a été l'objet d'une dissertation particulière deîëanJean-Henri Schulze (1)<ref>''De persicaria acida''. Hal., 1735.</ref>. Burtin (2) <ref>''Mémoire couronné par l'Académie des sciences de Bruxelles'', 1783. </ref> dit que la racine de cette plante est lemèÙÎeùr meilleur succédané de la salsepareille. Goste Coste et Wilmet l'ont aussi substituéel'cèp à cette dernière comme celle de houblon; ils en ont préparé un extraitaqueux, un extrait résineux, et un extrait gommo-résineux. La persicaireamphibie, comme plus mucilagineuse que le houblon, a fourni un huitièmedéplus,de plus d'extrait gommeux ou aqueux, un sixième de moins d'extrait résineux,etlet l'autre, à proportion. Ces extraits, suivant les auteurs que nous venonsde citer, ont eu un succès étonnant contre les écoulements gonorrhoïques^àjadose , à la dose de 78 centigr. matin et soir, en avalant par-dessus une tasse deforte."décoction dès des mêmes racines, édulcorée avec un peu de sucre. Il fautcontinuer.ce remède de la sorte pendant quelque temps, suivant les circon-stancescirconstances, le tempérament du malade et l'intensité de la maladie. On admi-nistre administre ces extraits en pilules de la manière suivante: extrait aqueux ouJommogommo-résineux de persicaire amphibie, 16 gr.; parties égales de poudredéracine de racine de persicaire et de gomme de gayac, quantité suffisante ; divisezenrpiiules en pilules de 25. à 30 centigr.
. .J'ai employé la racine de persicaire amphibie en décoction concentrée,Contre contre une large syphilide située à la partie supérieure interne des cuisses,chëz;.chez un .ouvrier âgé de trente ans, qui, un an auparavant, avait subi untraitement mercuriel mal dirigé. Cette dartre était survenue trois mois aprèslà la guérison d'un chancre au prépuce, que l'on avait touché fréquemment^e;lè;hitrâte avec le nitrate d'argent fondu. La décoction de racine de persicaire âm-;pBibiéamphibie (Ï0O 100 gr. pour 1,300 gr. d'eau réduits à 1 kilogr.), prise à la dose deJjerres,4 verres, d'heure en heure chaque matin, et continuée pendant un mois, a'.■JilPir'l'çto. suffi pour faire disparaître peu à peu cette dermatose évidemment véné-/Hëiffië; vénérienne.Depuis vingt ans que le malade est guéri, il n'y a eu aucune appa-rence derécidiyeapparence de récidive.
;Cei sçul Ce seul fait ne suffit pas pour constater les propriétés de la racine de|eçsicaire;persicaire amphibie ; mais il est de nature à engager les praticiens à essayerl'emploi.de cette racine dans les cas où la salsepareille est indiquée. Cette:o;eraière dernière est trop chère pour la médecine des pauvres.
f! hPèrslearia acida. Hal., 1735.
\A Mémoire couronné par l'Académie des sciences de Bruxelles, 1783.
[[Catégorie:Cazin 1868]]