Solanum melongena (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Solanum melongena L.


Protologue: Sp. pl. 1 : 186 (1753).
Famille: Solanaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 24

Synonymes

  • Solanum insanum L. (1767),
  • Solanum esculentum Dunal (1813),
  • Solanum incanum auct. non L.

Noms vernaculaires

  • Aubergine, bringelle, mélongène (Fr).
  • Eggplant, aubergine, brinjal (En).
  • Beringela (Po).
  • Mbiringanya, mbilingani (Sw).

Origine et répartition géographique

On trouve Solanum melongena à l’état sauvage dans la région du Myanmar et du Yunnan où il s’est formé à partir du complexe Solanum incanum, qui avait précédemment migré vers l’Asie à partir du Proche-Orient et de l’Afrique de l’Est. La domestication a eu lieu dans la région située entre l’Inde, le Myanmar et la Chine, où on trouve toujours de nombreux types primitifs ou adventices d’aubergine. Les premiers attestations sur l’usage de Solanum melongena comme espèce cultivée dans la littérature agro-botanique en sanscrit et en chinois remontent à environ 2000 ans. L’aubergine était connue en Iran dès le VI–VIIe siècle après J.-C. Suite à la grande expansion musulmane vers l’occident (VIII–IXe siècle après J.-C.), l’aubergine s’est diffusée vers le Maghreb et probablement plus au sud vers les oasis du Sahara et vers l’Afrique tropicale, ainsi que vers l’Europe méridionale. Elle a été décrite en Ethiopie au XIVe siècle. De nos jours, l’aubergine est cultivée dans le monde entier, mais ses deux principales régions de production sont l’Asie et la région méditerranéenne.

Usages

Le fruit immature de l’aubergine est consommé lorsqu’il à une couleur agréable, qu’il est brillant et que les graines sont encore immatures. A maturité, la pulpe du fruit est fibreuse et amère et les graines sont dures. On peut consommer le fruit frais ou après réhydratation des tranches séchées. La pulpe a une texture fine et un goût proche de celui des champignons, mais le goût peut parfois être un peu plus fort ou même assez amer. La plupart du temps les fruits sont consommés grillés, frits ou cuits à la vapeur, ou en ragoûts avec d’autres légumes, la viande ou le poisson, ou rôtis, braisés dans des cendres et assaisonnés avec de l’ail, de l’oignon, des épices, du sucre, de l’huile, de la sauce de soja, etc. Sa texture et son goût fins s’accordent de façon harmonieuse avec divers légumes, viandes, poissons et épices, ce qui en fait un légume apprécié dans de nombreux pays. Les saponines jouent un rôle important dans l’élaboration de la richesse du goût. En Asie du Sud-Est, les fruits de certains cultivars sont utilisés crus. On les fait également confire au vinaigre (Iran, Egypte) ou en confitures sucrées (Turquie, Grèce) et elles peuvent être conservées par séchage à l’air, par ex. les “dolma” turques, ou par lyophilisation, appertisation ou congélation.

L’aubergine est aussi largement utilisée à des fins médicinales. Différentes parties de la plante sont utilisées en décoction, sous forme de poudre ou de cendres pour soigner des maladies tels que le diabète, le choléra, la bronchite, la dysurie, la dysenterie, l’otite, les maux de dents, les infections de la peau, l’asthénie et les hémorroïdes. On prête également à l’aubergine des propriétés narcotiques, anti-asthmatiques et antirhumatiques.

L’aubergine a des usages magiques dans plusieurs pays. Elle est utilisée comme symbole de protection, de bonne santé et de fertilité féminine.

Production et commerce international

La production mondiale d’aubergine en 2001 était de près de 23 millions de t, à partir de 1,4 million d’ha. L’Asie est le principal producteur, en particulier la Chine (53% de la production mondiale), l’Inde (28%) et la Turquie (4%). L’Afrique represente moins de 4% de la production mondiale et de la superficie cultivée, avec plus de 90% dans le nord de l’Afrique. Les données sur l’aubergine en Afrique tropicale sont incomplètes et il se peut qu’elles comprennent les aubergines africaines (Solanum aethiopicum L. et Solanum macrocarpon L.). Hormis le marché du nord de l’Europe qui est principalement approvisionné par la production de l’Europe méridionale, la plus grande partie du commerce de l’aubergine se fait à l’intérieur de chaque pays.

Propriétés

Les fruits de l’aubergine contiennent par 100 g de partie comestible : eau 92,9 g, énergie 64 kJ (15 kcal), protéines 0,9 g, lipides 0,4 g, glucides 2,2 g, fibres 2,3 g, Ca 10 mg, P 16 mg, Fe 0,3 mg, carotène 70 μg, thiamine 0,02 mg, riboflavine 0,01 mg, niacine 0,1 mg, folate 18 μg, acide ascorbique 4 mg (Holland, B., Unwin, I.D. & Buss, D.H., 1991).

L’aubergine contient des saponines stéroïdes, en particulier des glycoalcaloïdes ; les principaux glycoalcaloïdes de l’aubergine sont la solasonine et la solamargine. Elle contient également des saponines sans noyau azoté, que l’on nomme mélongosides. L’amertume de l’aubergine est due à ces substances et dépend de leur concentration ; lorsqu’elles sont présentes en fortes concentrations, largement au-dessus du seuil d’appétence, elles sont toxiques.

Les flavonoïdes isolés à partir des fruits de l’aubergine ont montré une activité anti-oxydante puissante. Ils ont montré une activité hypolipidémique chez des rats normaux et chez des rats à alimentation riche en cholestérol. La delphinidine a montré un effet d’inhibition sur l’invasion des cellules HT-1080 de fibrosarcome humain. La nasunine (une anthocyanine), isolée à partir de la peau des fruits, peut protéger contre la peroxydation lipidique.

Falsifications et succédanés

Dans les sauces, on peut remplacer l’aubergine par l’aubergine écarlate (Solanum aethiopicum).

Description

  • Plante herbacée annuelle ou bien arbuste vivace atteignant 150(–200) cm de haut, souvent fortement ramifié, à longue racine pivotante ; tiges et feuilles avec ou sans épines et densément couvertes de poils étoilés à 8–10 bras.
  • Feuilles alternes, simples ; stipules absentes ; pétiole de 6–10 cm de long ; limbe ovale à ovale-oblong, de 3–25 cm × 2–15 cm, base arrondie ou cordée, souvent inégale, apex aigu ou obtus, bord sinueusement lobé, densément poilu. Inflorescence : cyme de 1–5 fleurs (fleurs souvent solitaires).
  • Fleurs bisexuées ou fonctionnellement mâles, régulières, 5–8(–10)-mères ; pédicelle de 1–3 cm de long, atteignant 8 cm chez le fruit ; calice campanulé, lobes d’environ 1,5 cm de long, fortement élargi et se fendant chez le fruit ; corolle campanulée à lobes largement triangulaires, de 3–4 cm de diamètre, bleu-violet pâle, rarement blanche ; étamines insérées près de la base du tube de la corolle et alternes avec les lobes de celle-ci, filets courts et épais, anthères conniventes, jaunes, s’ouvrant par des pores terminaux ; ovaire supère, 2- à pluri-loculaire, style aussi long ou plus long que les étamines, stigmate vert, capité, lobé.
  • Fruit : baie déprimée globuleuse à ellipsoïde, ovoïde, obovoïde ou même en forme de serpent, de 2–35 cm de long (parfois plus longue), de 2–20 cm de large, aspect plus ou moins lisse et luisant, couleur (au stade commercial) blanche, verte ou à nuances de violet pâle à foncé et à noir, parfois réticulée ou zébrée, jaune à brune à maturité, contenant de nombreuses graines.
  • Graines lenticulaires à réniformes, aplaties, de 3 mm × 4 mm, brun pâle.
  • Plantule à germination épigée ; cotylédons atteignant 2,5 cm × 1 cm.

Autres données botaniques

Solanum comprend plus de 1000 espèces et comporte des espèces importantes pour l’alimentation. Solanum melongena appartient au sous-genre Leptostemonum section Melongena, de même que Solanum macrocarpon, qui possède aussi bien des fleurs bisexuées que des fleurs mâles. Solanum melongena est partiellement interfertile avec les espèces cultivées africaines Solanum aethiopicum et Solanum macrocarpon, ainsi qu’avec d’autres espèces sauvages de différentes sections du sous-genre Leptostemonum.

Les cultivars de Solanum melongena sont si différents qu’ils ont été précédemment décrits comme de nombreuses espèces différentes, mais même une séparation nette en groupes de cultivars est impossible. En Afrique tropicale, ‘Black Beauty’ est le cultivar le plus apprécié. Certains cultivars sont appréciés dans des pays spécifiques, par ex. ‘Ravaya’ au Ghana, ou ‘Florida Market’ au Burkina Faso. Il n’est pas courant de cultiver des hybrides F1, exception faite de la F1 ‘Kalenda’, un cultivar très productif pour climats chauds (humides ou secs) en Afrique de l’Ouest, qui tolère le flétrissement bactérien et l’anthracnose des fruits.

Croissance et développement

La germination a lieu au bout de 8–12 jours lorsque la fourchette de températures est optimale (22–28°C). L’expansion des cotylédons prend quelques jours et la première vraie feuille apparaît après une semaine. Selon le cultivar, les premières fleurs apparaissent lorsque la plante a formé 5–12 feuilles (20–30 cm de haut). La croissance végétative et la floraison sont alors continues : lorsque 2 feuilles se sont formées, une nouvelle fleur apparaît sur chaque rameau et une nouvelle pousse apparaît à l’aisselle de la feuille située juste en dessous de cette fleur.

Dans les climats tempérés, l’aubergine est cultivée comme plante annuelle ; dans les climats tropicaux, c’est une plante vivace à vie courte (atteignant 2 ans en culture commerciale, davantage dans les jardins familiaux). La hauteur des plantes peut dépasser 2 m en conditions tropicales. L’aubergine est autogame mais avec un taux d’allogamie relativement élevé. La pollinisation est généralement effectuée par les insectes (surtout des bourdons ou des abeilles du genre Exomalopsis). La nouaison a lieu une semaine après l’anthèse et il faut 3–6 semaines pour atteindre la maturité commerciale, selon les conditions climatiques. Les fruits atteignent leur maturité physiologique 6–13 semaines après floraison, ce qui dépend également du climat. De bonnes périodes de production de fruits alternent avec des périodes de faible production.

Ecologie

L’aubergine pousse bien dans des conditions de fortes températures, de lumière abondante et d’eau en quantité importante. En dessous de 20°C et au-dessus de 40°C, la croissance et la fructification sont réduites. La croissance s’arrête lorsque les températures tombent en dessous de 10–12°C et le gel tue les plantes. L’aubergine n’est pas sensible à la longueur du jour. On a démontré que les cultivars s’adaptent à des milieux précis lorsqu’ils sont cultivés à l’extérieur de la région pour laquelle ils ont été sélectionnés. Les cultivars tropicaux cultivés dans des climats tempérés ont en général une croissance végétative lente ainsi qu’une floraison et une fructification tardives. Des cultivars chinois et japonais ont une floraison et une fructification remarquablement précoces, mais leur potentiel de croissance est rapidement épuisé et leur développement végétatif est plus faible que si on les cultivait ailleurs. Par ailleurs, les cultivars sélectionnés en hiver dans des serres en Europe ont souvent des performances médiocres en conditions de plein champ l’été.

Quand il n’y a pas assez de lumière, et qu’en même temps il y a trop d’eau et d’azote, l’aubergine est sujette au gigantisme foliaire et à la chute des fleurs. Des fleurs foliacées et des tiges fasciculées peuvent se développer après exposition des jeunes plantes à de faibles températures. Un approvisionnement irrégulier en eau pendant la fructification déséquilibre l’apport en calcium vers le fruit et provoque une nécrose apicale ou des symptômes similaires.

Multiplication et plantation

Les graines doivent être extraites des fruits entièrement mûrs et doivent être séchées pendant 48 heures, ou davantage si les conditions ne sont pas optimales. Pendant le séchage, une exposition directe au soleil doit être évitée. Les graines doivent être conservées au sec et au frais (par ex. avec du gel de silice dans un sachet en polyéthylène scellé dans un réfrigérateur). Le poids de 1000 graines est d’environ 4 g. Chez certains cultivars, il peut y avoir dormance des graines dans les semaines ou les mois qui suivent la récolte. La façon la plus simple de la lever est de maintenir les graines séchées dans un réfrigérateur pendant au moins 3 semaines.

L’aubergine peut être cultivée de nombreuses façons, selon les habitudes locales et les moyens disponibles : du jardin familial au champ commercial, comme culture seule ou associée, en plein champ ou en serre. Une méthode de culture courante est celle-ci : les graines sont semées sur des plateaux ou sur des planches de semis et les plants sont repiqués dans de petits pots ou sachets (de 8–10 cm de diamètre) au bout de 2–3 semaines, lorsque la première feuille apparaît. On garde les plants en pépinière jusqu’à ce qu’ils aient formé 5–7 feuilles puis ils sont plantés dehors ou dans une serre avec un espacement de 50 cm entre les plantes et de 1 m entre les lignes. Avec une bonne conduite de la pépinière, le besoin en graines est environ de 300 g/ha, mais les producteurs en utilisent souvent davantage. Le sol doit être léger et bien préparé. Il faut arroser une première fois la base de chaque plante juste après plantation. Ensuite, la fréquence de l’irrigation dépend du type de sol, de la saison et des pratiques culturales.

Gestion

L’aubergine consomme beaucoup de nutriments et elle reste au champ pendant une période relativement longue. Le sol s’épuise donc rapidement et pour avoir de hauts rendements, de fortes quantités d’engrais et de fumier sont nécessaires. La fertilisation doit être adaptée à la richesse locale du sol, aux conditions de précipitation et aux compétences techniques des paysans. Les besoins en N, P et K sont plus élevés que pour la tomate. Les exportations de minéraux par tonne de fruits sont de N 7 kg, P 0,7 kg et K 6 kg. En Afrique tropicale, on recommande 45–50 t de fumier de ferme pour une production intensive, 50–300 kg N, 25–100 kg P et 30–200 kg K par ha. Le fumier de ferme, le P et le K sont entièrement épandus avant le repiquage. Le fumier de ferme est bien mélangé avec le sol lors du labour, alors que le K et P sont appliqués dans les sillons avant ou pendant le repiquage. La teneur en azote du sol ne doit pas être excessive, pour éviter que les jeunes aubergines développent trop de feuillage au détriment de la production de fruits. C’est pour cette raison qu’il vaut mieux appliquer les engrais azotés en surface à trois doses égales 6, 10 et 15 semaines après repiquage. Pour des raisons phytosanitaires, la plantation d’aubergines après d’autres Solanacées (par ex. la tomate, le piment, le tabac) doit être évitée.

En production intensive sous serre, on effectue une taille afin de réduire les plantes à 2–5 tiges principales. On met en place un tuteurage soit verticalement plante par plante, soit sur des fils horizontaux le long de la ligne de plantation. Le tuteurage est peu pratiqué en Afrique, mais il peut s’avérer nécessaire s’il y a du vent ; les bourgeons axillaires faibles situés en dessous de la première fleur doivent être enlevés pour stabiliser la tige principale. En conditions normales de plein champ, le tuteurage et la taille ne sont pas nécessaires. Le désherbage est nécessaire, en particulier chez une culture récemment implantée. Lorsqu’il fait sec, il faut irriguer régulièrement ; dans les climats humides, l’irrigation est complémentaire des précipitations. L’aubergine réagit bien à l’irrigation au goutte à goutte, qui permet de diminuer les populations d’adventices. Un sol détrempé à drainage médiocre augmente l’apparition de maladies.

Maladies et ravageurs

Plus de trente maladies fongiques des parties aériennes ont été décrites pour Solanum melongena, un tiers de celles-ci étant récurrentes. Sclerotium rolfsii (pourriture du collet) provoque un flétrissement progressif du feuillage, une chlorose et finalement une nécrose. Phytophthora parasitica, Rhizoctonia solani et des souches périthéciales de Fusarium solani peuvent attaquer la base des tiges, provoquant la fonte des semis ou la pourriture de la base de la tige, en particulier en cas d’asphyxie racinaire, ou lorsqu’on laisse des résidus de culture (en particulier ceux des Solanacées) sur le champ. Phytophthora parasitica peut attaquer et affecter les fruits également. L’aubergine est par ailleurs affectée par des maladies transmises par le sol, dont Phomopsis vexans (pourriture pycnidienne de la tige et du fruit), auquel ‘Florida Market’, ‘Aranguez’, ‘Zebrina’ et ‘Ceylan SM164’ sont résistants. D’autres champignons pycnidiens, comme une espèce de Phoma encore mal connue, peuvent provoquer des symptômes similaires mais plus modérés. Dans le sud de la Côte d’Ivoire où les pluies sont abondantes, Botryodiplodia theobromae cause une pourriture des fruits, et Choanephora cucurbitarum ainsi que Pythium aphanidermatum envahissent les tiges et les rameaux, provoquant une pourriture humide. Alternaria solani est un pathogène fréquent de l’aubergine, qui provoque des taches sur les feuilles. L’anthracnose des fruits est destructrice des deux côtés de l’océan Atlantique ; elle est provoquée par Colletotrichum gloeosporioides f.sp. melongenae dans les Antilles (où le réservoir naturel est constitué par les fruits de Solanum torvum), et par Colletotrichum nigrum et Colletotrichum capsici en Côte d’Ivoire. L’efficacité de la résistance monogénique dominante à l’anthracnose des cultivars tels que ‘Aranguez’ et ‘Zebrina’, qu’on observe dans les Antilles, doit être testée en Afrique ; celle de de la F1 ‘Kalenda’ a été confirmée. L’oïdium provoqué par Leveillula taurica ou Oidium lycopersicum est assez fréquent dans les régions où les températures nocturnes sont fraîches.

La maladie la plus importante transmise par le sol est le flétrissement bactérien (Ralstonia solanacearum), qui provoque le flétrissement des rameaux, suivi par celui de la plante entière. Son incidence peut être réduite par des rotations appropriées ; certaines entrées tropicales sont tolérantes ou résistantes, par ex. ‘Ceylan SM164’. Les cultivars sensibles peuvent être cultivés s’ils ont été greffés sur des porte-greffe résistants, par ex. ceux de Solanum torvum, Solanum aethiopicum Groupe Aculeatum ou ‘Ceylan’. Les porte-greffe hybrides de tomate sont moins efficaces sous les tropiques. La verticilliose (Verticillium dahliae), répandue dans les climats tempérés, existe dans les tropiques à des altitudes dépassant 1000 m. Lorsque la fusariose (Fusarium oxysporum f.sp. melongenae) est présente, on recommande de greffer sur Solanum aethiopicum Groupe Aculeatum. Les nématodes à galles (Meloidogyne spp.) peuvent provoquer des galles importantes sur le système racinaire et un desséchement, un flétrissement et une réduction importante de croissance des parties aériennes de la plante. L’aubergine est beaucoup moins sensible aux virus que la tomate et les piments : plusieurs virus ont été isolés à partir des aubergines, mais les dégâts qu’ils causent sont limités. L’aubergine est sensible aux phytoplasmes, qui provoquent un jaunissement subit suivi de la mort de la plante, ou le syndrome des “petites feuilles”.

De nombreux insectes et acariens attaquent l’aubergine sous les tropiques, et seuls les plus importants seront mentionnés ici. Des larves de lépidoptères mineuses de la fleur, du bourgeon ou de la tige attaquent l’aubergine en Afrique (par ex. Leucinodes orbonalis, Daraba laisalis, Scrobipalpa ergasima). Les feuilles sont consommées par des grillons et des altises du genre Epilachna, le parenchyme foliaire par Selepa docilis et les racines par des termites. Parmi les insectes piqueurs et suceurs, on trouve plusieurs espèces de jassidés et le tigre de l’aubergine Corythaica cyanthicollis (synonyme : Corythaica planaris). Le puceron Myzus persicae attaque fréquemment l’aubergine ; sa prolifération peut être favorisée par une utilisation excessive de fongicides, qui éliminent son hyperparasite Verticillium lecanii (synonyme : Acrostalagmus aphidum). Cela met en évidence la nécessité d’utiliser des méthodes de lutte intégrée contre les ravageurs. Deux types d’acariens peuvent causer des dégâts sur l’aubergine : Tetranychus spp., favorisé par un climat chaud et sec et un stress hydrique, et le tarsonème (Polyphagotarsonemus latus), qui infecte les fleurs et provoque des taches et des stries liégeuses sur les fruits, plutôt qu’une déformation des feuilles comme on l’observe sur les aubergines africaines.

Les cultivars subtropicaux méditerranéens et américains sont nettement plus sensibles à toute la gamme de ravageurs et de maladies de l’aubergine que les variétés locales et les cultivars améliorés des pays tropicaux, en particulier ceux d’Asie du Sud et du Sud-Est.

Récolte

La récolte doit être faite régulièrement, deux ou trois fois par semaine, afin de récolter les fruits au bon stade commercial, d’éviter l’épuisement de la plante et de maintenir une bonne croissance et une bonne production. Les pédoncules des fruits peuvent être coupés à l’aide d’un couteau ou d’un sécateur. Afin d’obtenir des fruits qui se conservent bien, il vaut mieux récolter à l’aube ou en début de matinée.

Rendement

Le rendement est très variable, dépendant du climat, des pratiques culturales, du cultivar et du cycle cultural. En production extensive (en plein champ, irrigation et fertilisation non optimales), il atteint 10 t/ha, alors qu’en culture intensive sous serre (par ex. aux Pays-Bas) le rendement peut atteindre jusqu’à 370 t/ha. En Afrique, des rendements moyens de 40–50 t/ha sont possibles pour une production en plein champ qui dure 4–5 mois.

Traitement après récolte

Les fruits d’aubergine sont sujets à une déshydratation rapide après la récolte, perdant leur couleur, leur brillance et leur aspect lisse. Plus les fruits sont jeunes et allongés, plus ils sont sensibles à la déshydratation. C’est pour cette raison que les aubergines doivent être récoltées au bon stade de développement et doivent être transportées rapidement du champ à un endroit frais et couvert. Elles doivent être vendues en quelques jours après la récolte. En conditions contrôlées, on peut conserver les fruits jusqu’à 10 jours ; la température de stockage ne doit pas tomber en dessous de15°C pour éviter les dégâts causés par le froid.

Ressources génétiques

Les ressources génétiques de l’aubergine se structurent en trois pools géniques. Le pool primaire est constitué des cultivars traditionnels et modernes de Solanum melongena ; la diversité est importante en termes de taille du fruit (de quelques dizaines de g à plus d’un kg), de morphologie du fruit (globuleux ou en forme de serpent, sillonné ou lisse) et de couleur du fruit (blanc, vert, rose à mauve, violet ou même noir, uniforme, strié, marbré ou réticulé). Le pool secondaire est composé des quelques 20 espèces apparentées de Solanum qui se croisent assez facilement avec l’aubergine et donnent des hybrides relativement fertiles ; Solanum aethiopicum appartient à ce pool génique, mais les hybrides, même s’ils sont faciles à obtenir, ont une fertilité très faible. Le pool tertiaire est constitué d’environ 20 autres espèces de Solanum qui se croisent assez facilement avec l’aubergine en utilisant des procédés tels que le sauvetage d’embryons ou un traitement à la colchicine, et qui produisent des hybrides interspécifiques de faible fertilité ; Solanum macrocarpon appartient à ce pool génique.

L’aubergine a souffert d’érosion génétique lorsque les hybrides ont remplacé les cultivars traditionnels et locaux. Dès les années 1970, elle a été classée par le Conseil international des ressources phytogénéiques (IBPGR, devenu IPGRI) comme un des légumes importants dont il faudrait collecter et conserver les ressources génétiques. En collaboration avec l’IPGRI, l’Inde (presque 3000 entrées) et la Chine (environ 1000 entrées) ont mis en place des moyens importants pour collecter et conserver leur propre diversité locale en aubergine. D’autres collections significatives de ressources génétiques d’aubergine en Asie sont maintenues au National Institute of Agrobiological Resources, au Japon, et à l’Asian Vegetable Research and Development Center, à Taïwan. En Russie, l’Institut Vavilov à St-Pétersbourg maintient plus de 1000 entrées et aux Etats-Unis une collection significative est maintenue à la Beltsville Research Station de l’USDA. Au sein de l’Union européenne, un réseau comprenant sept pays régénère et caractérise les ressources génétiques de l’aubergine (projet EGGNET). Les ressources génétiques de l’aubergine et des espèces apparentées ont été largement sous-utilisées jusqu’à présent, mais le développement de réseaux qui fournissent un meilleur accès à l’information et aux semences devrait bientôt favoriser leur utilisation lors des programmes de recherche et de sélection.

Sélection

L’aubergine est une espèce autogame, avec une forte tendance à la fécondation croisée partout où il y a des insectes pollinisateurs (généralement des Hymenoptera). Une pollinisation contrôlée est donc nécessaire pour maintenir des lignées pures. La grande diversité dans les ressources génétiques de Solanum melongena (par ex. les caractéristiques du fruit, la précocité, la résistance aux maladies et l’adaptation agro-climatique) est davantage utilisée par les sélectionneurs des pays tropicaux que par ceux des pays tempérés, où la production et la commercialisation sont fortement normalisées.

Dans les pays tempérés, le marché des semences a été dominé pendant plus de 20 ans par des hybrides F1, adaptés aux besoins d’une production intensive. Pour le marché tropical, les variétés locales et les variétés fixées sont progressivement remplacées par des hybrides F1. La F1 ‘Kalenda’, mise au point conjointement par l’INRA-IRAT en 1975, était l’un des premiers hybrides créés spécialement pour les tropiques. Il a d’abord été commercialisé dans les Antilles françaises et est toujours cultivé en Afrique. Il associe un bon rendement de fruits violets (de morphologie intermédiaire) à une résistance à Ralstonia solanacearum et à l’anthracnose des fruits.

En Europe comme en Asie, la recherche est en cours pour identifier et caractériser de nouvelles sources de résistance au flétrissement bactérien (Ralstonia solanacearum), à la verticilliose et à la fusariose, aux nématodes à galles et à différents virus au sein des ressources génétiques de Solanum melongena et des espèces apparentées. Plusieurs entrées asiatiques de Solanum melongena ainsi que les entrées de Solanum aethiopicum Groupe Aculeatum et Groupe Gilo montrent une grande résistance au flétrissement bactérien. Cependant, l’efficacité de la plupart des résistances varie selon l’origine géographique des bactéries isolées et il faut continuer les recherches pour mieux comprendre ces interactions. Des cultivars fixés d’aubergine, avec des fruits de forme, de taille et de couleur différentes ont été mis au point par l’INRA (Antilles françaises) dans les années 1980, à partir de programmes de sélection récurrente impliquant ces sources de résistance intraspécifiques et interspécifiques. Les essais continuent sur ce matériel.

Plusieurs firmes de sélection de légumes, en particulier situées en Asie, commercialisent des cultivars de différents types de fruits qui sont adaptés aux conditions climatiques et pathologiques des tropiques (par ex. la East West Seed Company de Thaïlande, et Tropicasem du Sénégal). En Tanzanie, le Centre régional AVRDC pour l’Afrique a également mis au point un nombre de lignées améliorées d’aubergine.

La mise au point d’aubergines transgéniques en vue de la résistance aux insectes et aux facteurs abiotiques de stress est activement pousuivie dans de nombreux pays. On peut s’attendre à l’arrivée de cultivars transgéniques dans quelques temps, mais leur supériorité par rapport aux cultivars obtenus de façon conventionnelle reste à démontrer.

Perspectives

L’aubergine a de bonnes perspectives en Afrique tropicale. Les espèces apparentées de Solanum constituent un riche potentiel de diversité génétique. Il est très souhaitable de les caractériser pour les ravageurs et les maladies des tropiques. La publication récente de la première carte génétique de l’aubergine, utilisant des marqueurs déjà localisés sur le génome de la tomate, a montré qu’il y a beaucoup de synténie entre l’aubergine et la tomate. Ceci veut dire qu’une grande partie des connaissances sur la génétique de la tomate pourraît être utilisée pour la sélection de l’aubergine et que des outils moléculaires seront probablement bientôt utilisés. Cependant, l’essai au champ reste l’outil de sélection le plus radical et le plus discriminant dans la création de bons cultivars.

Références principales

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Sources de l'illustration

  • Sutarno, H., Danimihardja, S. & Grubben, G.J.H., 1993. Solanum melongena L. In: Siemonsma, J.S. & Kasem Piluek (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 8. Vegetables. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 255–258.

Auteur(s)

  • M.-C. Daunay, Unité de Génétique et Amélioration des Fruits et Légumes, INRA, B.P. 94, 84143 Montfavet Cedex, France
  • M.L. Chadha, AVRDC Regional Center for Africa, P.O. Box 10, Duluti, Arusha, Tanzania

Consulté le 8 juillet 2021.


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