Sesamum indicum (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Légume | |
Oléagineux | |
Médicinal | |
Ornemental | |
Fourrage | |
Fibre | |
Sécurité alimentaire | |
- Protologue: Sp. pl. 2: 634 (1753).
- Famille: Pedaliaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 26
Synonymes
Sesamum orientale L. (1753).
Noms vernaculaires
- Sésame (Fr).
- Sesame, benne, benniseed, gingelly (En).
- Gergelim, gimgelim, sésamo (Po).
- Simsim, ufuta, wangila (Sw).
Origine et répartition géographique
Depuis l’antiquité, le sésame est utilisé comme une plante oléagineuse précieuse. Son origine est controversée depuis plus d’un siècle. On a longtemps cru qu’il avait été domestiqué en Afrique, mais les données tirées des hybridations interspécifiques et de la chimie prouvent que sa domestication a eu lieu dans le sous-continent indien. Les graines de sésame trouvées lors de fouilles à Harappa (Pakistan) datent de 2000 ans av. J.-C. Parvenu en Mésopotamie à l’âge du bronze ancien, le sésame y constitue une culture importante 2000 ans av. J.-C. La Mésopotamie devient le premier centre de diffusion du sésame en Méditerranée. Dès le deuxième siècle av. J.-C., c’est un oléagineux important en Chine. On a peu de données sur son introduction en Afrique tropicale. C’était une marchandise précieuse dans le commerce entre l’Inde et la Méditerranée le long des côtes sud de l’Arabie et de la mer Rouge au IIe siècle av. J.-C. et il a dû être connu à cette époque-là dans la Corne de l’Afrique.
Usages
Les graines, la pâte et l’huile de sésame sont utilisées dans une multitude de produits comestibles. L’huile vierge, obtenue par pression des graines, est employée directement en cuisine, tandis que l’huile raffinée sert pour les salades ou chaque fois que l’on a besoin d’une huile comestible qui se conserve bien. Les graines sont utilisées dans d’innombrables préparations culinaires, crues ou torréfiées. Dans tout le monde arabe, les graines écrasées sont transformées en une pâte délicieuse appelée “tahiné”. Mélangée à du sucre et de la farine, elles donnent le “halva”. Grillées, elles sont consommées en soupes ou bien, mélangées à du sucre caramélisé, se transforment en sucreries. Gâteaux, petits pains et biscuits sont souvent saupoudrés de graines avant la cuisson. L’huile sert à la fabrication de la margarine et des graisses de cuisson composées. En tant qu’huile pour la salade, elle est souvent mélangée avec d’autres huiles comestibles. En Inde, elle entre dans la composition du ghee végétal et on l’utilise pour s’en oindre les cheveux et la peau. En outre, elle est employée comme support de médicaments et de parfums et comme synergique pour les insecticides à base de pyréthrine. Les huiles de moindre qualité sont employées en savonnerie, en peinture, dans la fabrication de lubrifiants et comme huiles lampantes. Le tourteau de sésame est un excellent aliment du bétail et sert de matière première à plusieurs denrées alimentaires. En Afrique sub-saharienne, les jeunes feuilles sont employées comme légumes pour la soupe. En Afrique australe, on fume des feuilles de sésame en guise de tabac. La cendre de la tige remplace le sel, et serait une source appréciable de sels minéraux. Les tiges sèches servent de combustible et de matériau de construction pour les abris. De nombreuses parties de la plante sont utilisées par la médecine indigène en Afrique et en Asie pour traiter toutes sortes de maux. Le mucilage ou le jus des feuilles permet de soigner la fièvre, la toux, les douleurs ophtalmiques et de tuer les poux de la tête ; le jus est administré pour faciliter l’accouchement, pour traiter la dysenterie et la gonorrhée et est utilisé dans les pansements après la circoncision. En Afrique orientale et australe, les feuilles jouent un rôle dans le traitement des morsures de serpents et de la malaria, en Inde et en Chine dans celui des cancers. La cendre des tiges brûlées sert de sel médicinal. L’huile permet de soigner la toux, les otalgies, de même qu’elle sert d’emménagogue et d’abortif. Les graines de sésame sont appréciées pour leurs propriétés laxatives.
Production et commerce international
La production mondiale de graines de sésame est passée peu à peu de 1,5 million de t/an dans les années 1960 à 3,2 millions de t/an (pour une superficie de 2,7 millions d’ha) en 2005, grâce à l’essor mondial de la demande en huile de sésame. Dans l’intervalle, le commerce international annuel est passé de 150 000 t à 800 000 t de graines, même si le sésame a été remplacé à diverses fins par d’autres oléagineux dont la production s’avère plus facile et meilleur marché. L’Afrique a produit, selon les estimations, 25% de la production mondiale totale durant cette période et a assuré presque 40% des exportations mondiales. En 2002–2005, la Chine (avec 730 000 t/an pour une superficie de 690 000 ha) et l’Inde (avec 650 000 t/an pour 1,5 million d’ha) étaient les principaux producteurs, suivis par le Myanmar (avec 500 000 t/an pour 1,3 million d’ha), le Soudan (260 000 t/an pour 1,6 million d’ha) et l’Ouganda (110 000 t/an pour 210 000 ha). D’autres producteurs importants en Afrique sont le Nigeria (75 000 t/an), l’Ethiopie (50 000 t/an), la Centrafrique (42 000 t/an), la Tanzanie (41 000 t/an) et le Tchad (35 000 t/an). Ces dernières années, la production s’est envolée en Ethiopie. En 2000–2003, les principaux pays exportateurs étaient le Soudan (175 000 t/an), l’Inde (175 000 t/an), la Chine (105 000 t/an) et l’Ethiopie (50 000 t/an), les principaux importateurs étant le Japon (avec près de 150 000 t/an), la Corée du Sud (65 000–80 000 t/an) et la Chine (45 000–100 000 t/an). Pratiquement tout le commerce mondial du sésame se fait sous forme de graines, et seules d’infimes quantités d’huile et de tourteaux sont expédiées.
Propriétés
Les graines sèches décortiquées contiennent par 100 g de partie comestible : eau 3,8 g, énergie 2640 kJ (631 kcal), protéines 20,5 g, lipides 60,2 g, glucides 11,7 g, fibres alimentaires 11,6 g, Ca 60 mg, Mg 345 mg, P 667 mg, Fe 6,4 mg, Zn 6,7 mg, vitamine A 9 UI, thiamine 0,70 mg, riboflavine 0,09 mg, niacine 5,80 mg, folates 115 μg, mais pas d’acide ascorbique (USDA, 2005). La graine est riche en acide phytique et acide oxalique, qui en se chélatant au calcium, lui donnent une légère amertume. L’huile vierge va du jaune foncé au jaune clair tandis que l’huile raffinée est claire, jaune pâle avec un goût de noisette. Elle contient des glycérides de l’acide oléique (36–54%) et linoléique (38–49%) ; les autres composants sont des acides gras saturés : acide myristique (0,1% ou moins), acide palmitique (8–12%), acide stéarique (3,5–7%) et acide arachidique (0,5–1%). L’huile contient 1,2% de matière insaponifiable, composée de tocophérols et de lignanes, en particulier la sésamine (0,1–0,6%), la sésamoline (0,25–0,3%), le sésamol et le sésaminol, qui confèrent à l’huile sa résistance à l’oxydation. Après extraction, la couleur du tourteau varie du jaune clair au noir grisâtre en fonction de la couleur dominante du tégument. Sa composition chimique est elle aussi variable selon le type de graine, la méthode d’extraction de l’huile et le dépelliculage ou l’absence de dépelliculage de la graine. La teneur protéique du tourteau varie entre 35% (extraction mécanique, graines non décortiquées) et 47% (extraction à l’hexane, graines décortiquées). Le tourteau est riche en calcium et en phosphate, mais pauvre en lysine. La teneur en fibres brutes du tourteau issu de graines non décortiquées est de 5–6%, contre seulement environ 3% pour un tourteau de graines décortiquées.
La consommation de produits à base de sésame peut provoquer une allergie alimentaire, certes peu courante, mais grave. Les principaux allergènes sont les protéines des graines. L’allergie se développe principalement durant l’adolescence ou chez l’adulte et est progressive.
Description
- Plante herbacée annuelle érigée, trapue, aromatique, pouvant atteindre 2 m de haut ; système racinaire à racine pivotante fortement effilée jusqu’à 90 cm de long, à nombreuses racines latérales ; tige ferme, carrée avec des côtes à chaque angle, jusqu’à 3 cm de diamètre à la base, vert pâle brillant, légèrement poilue à glabre, avec des glandes 4-cellulaires présentes partout.
- Feuilles opposées décussées sur les parties inférieures, disposées en spirale et 3-lobées à 3-foliolées sur les parties supérieures ; stipules absentes ; pétiole atteignant 17 cm de long, cannelé au-dessus, au moins à la base ; limbe des feuilles inférieures à contour ovale, de 10–21 cm × 5–13 cm, bord entier ou partiellement denté, feuilles médianes à lobes étroitement elliptiques ou folioles de 9–17 cm × 3–7 cm, bord entier ou denté, feuilles supérieures étroitement elliptiques, de 5–15 cm × 1–3 cm, bord entier.
- Fleurs en petits fascicules à l’aisselle des feuilles supérieures, bisexuées, zygomorphes, 5-mères, munies de 2 bractées à la base, portant chacune une glande axillaire ; calice à lobes oblongs de 4–7 mm × 1–1,5 mm, légèrement soudés à la base, à apex aigu, à poils longs ; corolle en cloche, de 2–3,5 cm de long, base un peu courbée et évasée, légèrement 5-lobée, à lobes d’environ 1 mm de long, le plus bas étant plus long, blanc à mauve, gorge souvent jaune et tachetée de violet ; étamines 4, insérées près de la base du tube de la corolle et incluses, les 2 supérieures plus courtes que les 2 inférieures, avec un staminode entre les étamines supérieures ; ovaire supère, oblong-quadrangulaire, d’environ 5 mm × 2 mm, à poils grisâtres, 2-loculaire mais chaque loge divisée par un faux septum presque jusqu’à l’apex ; style de 1 cm de long, à stigmate 2-lobé.
- Fruit : capsule oblongue-quadrangulaire de 1,5–3 cm de long, poilue, surmontée d’un court bec triangulaire à l’apex, gris marron à maturité, loculicide, contenant de nombreuses graines.
- Graines obovoïdes aplaties, de 2–3 mm de long, de 0,5–1 mm d’épaisseur, étroitement striées sur toute la surface, plutôt lisses, blanches, ivoire, grises, beiges, marron, rouges ou noires.
- Plantule à germination épigée.
Autres données botaniques
Le genre Sesamum comprend environ 20 espèces, dont la plupart sont indigènes d’Afrique tropicale. Quelques-unes des espèces africaines se sont propagées en Asie et en Amérique du Sud. L’analyse moléculaire et la présence d’hybrides entièrement fertiles confirment la proximité entre Sesamum indicum et son ancêtre Sesamum malabaricum Burm. Les deux espèces ont le même nombre de chromosomes. Deux noms scientifiques ont longtemps été utilisés pour le sésame : Sesamum orientale et Sesamum indicum, mais en 2005, c’est Sesamum indicum qui a été conservé contre Sesamum orientale.
Il existe de nombreux cultivars de sésame. Parmi les caractères qui permettent de distinguer les cultivars, on peut citer : le port de la plante (ramifié ou non ramifié), la morphologie foliaire (feuilles basales divisées ou toutes les feuilles lancéolées), la déhiscence du fruit (déhiscent, partiellement déhiscent ou indéhiscent), et la couleur de la graine (blanche, ivoire, grise, beige, marron, rouge, noire).
Croissance et développement
La germination des graines de sésame est modérément lente et la croissance des semis reste lente jusqu’à ce qu’ils aient atteint 10 cm de haut, après quoi elle s’accélère. Les branches se développent lorsque la plante mesure 25 cm de haut. Le degré de ramification est propre au cultivar et il existe des cultivars non ramifiés. Les racines des cultivars non ramifiés s’allongent généralement plus vite que celles des cultivars ramifiés, tandis que ces dernières s’étalent plus vite. Le rythme de croissance initiale des racines de sésame a tendance à être plus lent que celui de l’arachide, du maïs ou du sorgho. Les cultivars à graines rouges du Kordofan (Soudan) sont réputés pour la croissance rapide de leurs racines. Le mode de croissance est habituellement indéterminé, mais des cultivars à croissance déterminée ont été sélectionnés. Les fleurs apparaissent à l’aisselle des feuilles sur la tige et les branches supérieures, et le numéro du nœud de la pousse principale sur laquelle se forme la première fleur est un caractère du cultivar fortement héritable. La plupart des fleurs s’ouvrent entre 5–7 heures du matin, se flétrissent dans l’après-midi, et tombent entre 16–18 heures. Le pollen est dispersé peu après l’ouverture des fleurs ; l’intervalle entre l’ouverture des fleurs et la dispersion du pollen est une caractéristique du cultivar. Le stigmate est réceptif un jour avant l’ouverture de la fleur et l’est encore le jour suivant. En conditions naturelles, le pollen conserve son pouvoir germinatif pendant 24 heures. Les fleurs sont essentiellement autogames, mais l’allogamie est possible et peut atteindre 50%. En fonction du cultivar, la plante mûrit en l’espace de 75–150 jours après le semis. Les capsules proches de la base de la tige sont normalement les premières à mûrir, les dernières étant celles situées près du sommet. L’accumulation active de matière sèche et la synthèse de l’huile interviennent 12–24 jours après la fructification, mais continuent au ralenti jusqu’à 27 jours, avec une légère réduction de la teneur en huile avant la maturité. Le pourcentage en acides gras libres est élevé au début de la synthèse, décline rapidement entre le 18–22e jour puis plus graduellement jusqu’à la maturité des graines. Chez la plupart des cultivars, les fruits mûrs secs s’ouvrent et projettent les graines.
Ecologie
Le sésame est une plante tropicale et subtropicale, mais les plantations d’été et les nouveaux cultivars lui ont permis de s’étendre aux régions tempérées. Il est présent principalement entre le 25°S et le 25°N, mais jusqu’au 40°N en Chine, en Russie et aux Etats-Unis, au 30°S en Australie et au 35°S en Amérique du Sud. Le sésame étant sensible aux basses températures, il est cultivé du niveau de la mer jusqu’à 1500 m d’altitude, sauf au Kenya où il est cultivé à titre expérimental jusqu’à 1800 m d’altitude. C’est une plante de jours courts, mais certains cultivars se sont adaptés à différentes photopériodes. Avec des jours de 10 heures, il fleurira normalement entre 42–45 jours après le semis. L’incidence de la température et de l’humidité est énorme sur le nombre de jours jusqu’à la floraison. Il faut des températures élevées pour obtenir à la fois une croissance et une production optimales. Des températures d’environ 30°C stimulent la germination, la croissance initiale et l’induction florale, mais des cultivars spécifiques tolèreront des températures pouvant atteindre 40°C. Des températures inférieures à 20°C retardent normalement la germination ainsi que la croissance des semis, et des températures inférieures à 10°C entravent l’une et l’autre. Des plantes bien installées peuvent supporter un fort stress hydrique, alors que les semis y sont très sensibles. Le sésame donne un rendement excellent lorsque les précipitations atteignent 500–650 mm et sont uniformément réparties durant la période de croissance. L’idéal est que 35% des pluies tombent de la germination à la formation des premiers boutons floraux, 45% jusqu’à la pleine floraison et 20% pendant le remplissage des graines. Il faut qu’elles cessent lorsque les premières capsules commencent à mûrir. S’il tombe des pluies diluviennes à la floraison, le rendement en sera d’autant réduit. Le sésame est très sensible à l’asphyxie racinaire. Après la montaison, il l’est aussi aux dégâts causés par le vent. La plante vient bien sur des sols modérément fertiles et bien drainés au pH compris entre 5,5 et 8,0, mais la plupart des cultivars sont sensibles à la salinité. Tant la croissance que le rendement ultérieur seront moindres s’il s’agit de sols graveleux ou sableux peu aptes à retenir l’humidité.
Multiplication et plantation
Le sésame est multiplié par graines. Elles sont très petites, le poids de 1000 graines étant de 2–4 g. Elles peuvent être stockées pendant 2 ans sans trop perdre de leur viabilité à condition que le degré d’humidité soit inférieur à 8% lors du séchage et qu’elles soient conservées dans des récipients hermétiques. Les graines destinées au semis doivent être minutieusement nettoyées pour éliminer débris et graines mal formées, puis traitées à l’insecticide. Il est souhaitable d’effectuer une préparation soigneuse des lits de semis ; la préparation du terrain pratiquée pour les céréales à petits grains convient habituellement. Le nivellement du terrain est important pour garantir une profondeur de plantation uniforme mais le billonnage est possible pour assurer un meilleur drainage dans les endroits où les orages violents sont fréquents. Peu avant la plantation, il faut herser le sol pour en éliminer les mauvaises herbes car le désherbage des petites plantes de sésame est une tâche difficile. La plantation se fait habituellement à 2–5 cm de profondeur, mais peut aller jusqu’à 10 cm sur de la terre meuble. Après le semis, le sol ne doit pas être tassé. Grâce à une profondeur de plantation uniforme, on obtient à la fois une levée de la culture et une croissance régulières, ce qui facilite par la suite les opérations de sarclage et la récolte elle-même.
Le sésame étant principalement cultivé par de petits paysans, le semis s’effectue d’ordinaire à la main. Les graines sont souvent mélangées à du sable sec ou de la terre sèche pour en augmenter le volume et garantir une répartition uniforme des graines. Une proportion graines/sable de 1/3 est courante. Des densités de semis de 2–10 kg par ha sont utilisées en culture pure. En culture associée, la densité de semis dépend des espèces qui la composent ainsi que des objectifs du paysan. Le peuplement de plantes est fortement influencé par le degré de préparation du lit de semis et par le temps. Les cultivars ramifiés s’adaptent très bien à l’espacement et donnent bien à des densités comprises entre 30 000–35 000 plantes/ha. En Tanzanie, les rendements les plus élevés en culture pure sont obtenus avec des peuplements oscillant entre 170 000–200 000 plantes/ha. Lorsque les graines sont semées en lignes, un espacement de 35–50 cm entre les lignes est recommandé.
Gestion
Au cours des 2 semaines qui suivent la levée, l’éclaircissage des semis à la densité préconisée de 10 cm entre les plantes exige beaucoup d’efforts. Il est important de lutter tôt contre les mauvaises herbes et 2–3 binages en surface sont habituellement judicieux. En Ethiopie, grâce à un sarclage manuel, le rendement du sésame irrigué a pu être augmenté de 80%. Un bon désherbage s’impose car le sésame pousse lentement au début et ne sait pas bien lutter contre les adventices lorsqu’il est jeune. Le désherbage s’effectue à la main ou à la houe ; il existe plusieurs herbicides efficaces, mais les petits paysans en emploient rarement. Le désherbage mécanique doit se faire aussi superficiellement que possible afin d’éviter d’endommager les racines. Une fois que les plantes ont atteint 10 cm de haut, la croissance est rapide et le désherbage n’est guère nécessaire par la suite. Un espacement réduit peut limiter le développement tardif des mauvaises herbes qui peut s’avérer gênant au moment de la récolte. Le sésame est souvent cultivé en association dans les champs des petits paysans. La culture en bandes avec le maïs et le sorgho est fréquente et protège le sésame des vents violents.
La quantité de nutriments absorbée par une culture est estimée à 30 kg N, 14 kg P et 5,5 kg K par t de graines. Lorsque le sésame est cultivé à grande échelle, des mélanges NPK de 5:10:5, 12:12:6, et 10:14:10 à raison de 500–700 kg par ha sont couramment employés lors du semis. Rares sont les petits paysans qui effectuent des épandages d’engrais dans les cultures. L’apport non seulement d’azote mais aussi de phosphore est essentiel sur les sols pauvres, en revanche le potassium l’est rarement. Dans le sud de la Tanzanie, des apports de 20–30 kg de N et de 10–15 kg de P par ha permettent de retirer un beau bénéfice économique. En culture irriguée, le sésame nécessite l’équivalent de 900–1000 mm d’eau de pluie pour des rendements optimaux. En Asie, le sésame est souvent cultivé en culture dérobée après le riz, et il est semé dans les chaumes. Outre l’humidité résiduelle du sol, une seule irrigation est normalement requise.
Maladies et ravageurs
Parmi les maladies les plus graves du sésame figurent les maladies foliaires causées par la bactérie Pseudomonas syringae pv. sesami (synonyme : Pseudomonas sesami) et les champignons Cercospora sesami et Alternaria sesami. Elles détruisent non seulement les feuilles, mais aussi les tiges et les capsules vertes. Alternaria sesami provoque également la fonte des semis. Le mildiou (Phytophthora nicotianae), la pourriture charbonneuse (Macrophomina phaseolina), la fusariose (Fusarium oxysporum) et l’oïdium (Oidium erysiphoides et Sphaerotheca fuliginea) sont autant d’autres maladies graves. La phyllodie du sésame, une infection mycoplasmique, est très dévastatrice surtout en Inde et en Myanmar, mais aussi en Afrique. Les plantes se rabougrissent et l’inflorescence se transforme en un bouquet de feuilles courtes et vrillées. Parmi les maladies virales importantes, il faut citer le virus de la mosaïque du niébé transmis par pucerons (CABMV), le virus de l’enroulement de la feuille de tabac (TLCV) et le virus de la marbrure de l’arachide (PeMoV). En règle générale, le sésame n’est pas touché par les nématodes, même si des attaques d’Heterodera cajani et de Pratylenchus penetrans ont été signalées. En fait, le sésame sert à lutter contre les nématodes ravageurs d’autres cultures.
Il existe une grande variation dans l’importance relative qu’occupent les insectes ravageurs dans les différents pays d’Afrique. Les insectes qui infestent les fleurs et les jeunes fruits passent pour de graves ravageurs dans certains pays, comme au Soudan, tandis que dans d’autres, par ex. en Tanzanie, ceux qui s’attaquent au feuillage sont susceptibles d’occasionner des pertes considérables de rendement. Bien que le sésame soit attaqué par un grand nombre d’insectes, seuls 2 d’entre eux causent, de l’avis général, de graves dégâts économiques : la chenille tisseuse du sésame (Antigastra catalaunalis) présente en Afrique et en Asie du Sud, et la cécidomyie du sésame (Asphondylia sesami) limitée à l’Afrique de l’Est et au sud de l’Inde. Les chenilles Antigastra enroulent les jeunes feuilles, tissent autour d’elles une toile de soie et s’en nourrissent. Elles creusent aussi des galeries dans les jeunes capsules. Les asticots d’Asphondylia se nourrissent de boutons floraux et de jeunes capsules et entraînent la formation de galles. L’altise du sésame (Alocypha bimaculata) est le pire ravageur du sud-est de la Tanzanie où elle infeste le feuillage au cours des premiers stades de la croissance. Elle a également été signalée en Ouganda. Les vers gris (Agrotis spp.), le criquet Diabolocatantops axillaris, la noctuelle Helicoverpa fletcheri et la punaise verte Nezara viridula causent parfois des dégâts, en Afrique aussi. Dans les graines de sésame stockées, le dermeste des grains (Trogoderma granarium) et la bruche (Callosobruchus analis) sont courants.
Une bonne conduite de la culture, notamment le traitement des graines, la rotation culturale, un semis effectué à point nommé de même que l’emploi de cultivars résistants, aura pour effet de limiter les dégâts causés par les taches foliaires et les insectes ravageurs. Un certain nombre de produits phytosanitaires ont été recommandés pour lutter contre les maladies et les ravageurs mais ils risquent de ne pas être économiques pour les petits paysans. En Tanzanie, pour combattre l’altise du sésame par exemple, on pulvérise l’insecticide Karate (i.a. λ-cyhalothrine) à raison de 5 ml par litre d’eau sur les jeunes feuilles. Des pulvérisations hebdomadaires d’endosulfan dosées à 5 ml par litre d’eau pendant trois semaines s’avèrent normalement efficaces pour éliminer la chenille tisseuse.
Récolte
Le sésame est récolté entre 75–150 jours après le semis, plus couramment entre 100–110 jours. A maturité, les feuilles et les tiges passent du vert au jaune. Les capsules mûrissent de bas en haut sur la plante. Les plantes doivent être récoltées avant que toutes les capsules ne mûrissent, les pertes au champ dues à l’égrenage spontané pouvant atteindre 75%, alors que même chez les types peu sujets à l’égrenage elles peuvent être de l’ordre de 25%. Les paysans récoltent habituellement leurs plantes à la main et les mettent à sécher en moyettes. Une fois séchées, les gerbes de sésame sont apportées sur l’aire, battues et vannées. Les graines nettoyées sont entreposées dans des sacs en jute. Les cultivars résistants à l’égrenage spontané peuvent être moissonnés directement pourvu que ce soit fait soigneusement par des machines spécialement conçues, ou bien d’abord fauchés pour permettre aux plantes de sécher, puis repris par une moissonneuse munie d’un dispositif de ramassage. La vitesse de rotation du tambour de la batteuse doit être lente et un large espace doit être ménagé entre le tambour et le crible concave pour éviter d’endommager les graines.
Rendement
Le rendement en graines est directement lié au cultivar et à l’environnement. Le nombre total de capsules, quant à lui, est en étroite corrélation avec le rendement en graines, suivi par le nombre de branches. Le nombre de graines par capsule, leur poids, la teneur en huile et d’autres composants varient avec la position de la capsule, quel que soit le cultivar. Les rendements des petits paysans dépassent rarement les 500 kg/ha en culture pure, tandis qu’en production intensive à forts intrants, ils peuvent atteindre 2000 kg/ha.
Traitement après récolte
Les graines de sésame dont la teneur en humidité est inférieure à 8% peuvent être conservées pendant 2 ans dans des récipients hermétiques. L’entreposage en gros de graines nettoyées et séchées pose peu de problèmes, en revanche les graines endommagées ou contaminées par du matériel étranger donnent une huile décolorée ou rance. En général, les graines sont transformées avec leurs téguments, bien que ce soient les graines décortiquées qui produisent la meilleure huile et les meilleurs tourteaux. Traditionnellement, l’huile est extraite pour l’usage domestique en écrasant les graines à la meule, puis en ajoutant de l’eau bouillante à la masse, après quoi l’huile qui surnage est séparée. Or, cette méthode s’avère particulièrement inefficace et donne une huile qui ne se conserve pas longtemps. Des presses manuelles ont été récemment introduites en Afrique de l’Est afin de perfectionner l’extraction au niveau du village. L’extraction de l’huile à grande échelle s’effectue en 3 étapes successives. La première pression à froid produit une huile d’excellente qualité. Les résidus obtenus sont chauffés et pressés, ce qui donne une huile colorée qui doit d’abord être raffinée avant d’être consommée. L’extraction suivante à partir des résidus donne une huile impropre à la consommation humaine. L’huile vierge est filtrée de manière à la débarrasser des impuretés telles que les matières en suspension et les acides gras libres. De même, l’huile est souvent décolorée et désodorisée pour en faire une huile claire et neutre.
Ressources génétiques
La variabilité génétique du sésame est grande et beaucoup de prospections restent à faire. Le National Bureau of Plant Genetic Resources, New Delhi (Inde) détient actuellement près de 10 000 entrées de sésame, y compris 2500 entrées ne provenant pas d’Inde. D’autres collections importantes sont détenues par l’Institute of Crop Science (CAAS), Beijing (Chine) avec 4100 entrées, l’Institut Vavilov, St. Petersbourg (Fédération de Russie) avec 1500 entrées, le National Genebank of Kenya, KARI, Maguga (Kenya) avec 1325 entrées, le Centro Nacional de Investigaciones Agropecuarias (CENIAP-INIA), Maracay (Venezuela) avec 1250 entrées, le Plant Genetic Resources Conservation Unit, USDA-ARS, Griffin GA ( Etats-Unis) avec 1200 entrées, d’autres collections étant conservées par ex. en Israël, en Corée et au Nigeria. Les collections contiennent de nombreux doublons et de petites sous-collections (core collections) bien identifiées et évaluées sont en cours de constitution.
Sélection
Au nombre des objectifs de sélection figurent l’accroissement des rendements, l’amélioration de l’architecture de la plante, l’adaptation du cycle de culture, la résistance aux maladies et aux ravageurs et l’indéhiscence des capsules. Le degré de déhiscence est une caractéristique des cultivars qui joue un rôle capital dans la mécanisation de la récolte. La découverte en 1943 d’un mutant indéhiscent a permis de produire des cultivars non-égrenants mais difficiles à battre. L’introduction d’un caractère donnant des capsules à coques minces chez les plantes indéhiscentes contribua à résoudre le problème. On a également identifié des plantes à fruits partiellement déhiscents, qui s’ouvrent légèrement mais conservent en général leurs graines. C’est le cas des cultivars mis au point par Sesaco Corporation (San Antonio, Texas, Etats-Unis). La hauteur des plantes jusqu’à la première capsule est une autre caractéristique des cultivars qui a son importance pour la mécanisation de la récolte. La découverte d’une stérilité mâle génétique chez le sésame a permis la production de graines hybrides. Les mutations induites jouent un rôle non négligeable dans la sélection du sésame. Un cultivar très cultivé en Corée appelé ‘Ahnsankkae’ présente une résistance aux maladies induite par rayons X. Un mutant dénommé ‘dt45’, à croissance déterminée et à capsules groupées au sommet, a été découvert en Israël. Les capsules apicales se composent souvent de 4 carpelles au lieu de 2, et ont de grosses graines. Le gène modifié a été introduit chez de nouveaux cultivars.
L’hybridation interspécifique est possible, et les croisements peuvent produire des graines viables. Les hybrides sont partiellement fertiles. La polyploïdie peut être induite, mais les graines traitées à la colchicine ont tendance à donner de faibles rendements, bien que le taux de croissance et la vigueur générale des tétraploïdes dépasse celle des diploïdes.
Perspectives
Quoique le sésame soit une culture ancienne, tous les espoirs sont permis concernant son amélioration. Le goût si caractéristique de l’huile associé à ses excellentes qualités de cuisson et de conservation en font un produit très prisé aux quatre coins du monde, notamment en Afrique. En tant qu’oléagineux annuel bien adapté aux zones tropicales sèches, il est promis à un brillant avenir en Afrique.
Références principales
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Sources de l'illustration
- Weiss, E.A. & de la Cruz, Q.D., 2001. Sesamum orientale L. In: van der Vossen, H.A.M. & Umali, B.E. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 14. Vegetable oils and fats. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 123–128.
Auteur(s)
- G.S. Mkamilo
Naliendele Agricultural Research Institute, P.O. Box 509, Mtwara, Tanzania
- D. Bedigian
Missouri Botanical Garden and Washington University, St. Louis, MO, United States
Consulté le 18 décembre 2024.
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