Sedum (Rolland, Flore populaire)
Sommaire
[Tome VI, 99]
Sedum maximum
- Nom accepté : Hylotelephium maximum
1. — Illecebra, latin de Dioscoride, Stadler.
- crassula major, aurum valet, lat. du moy. â., Bartholomaeus, Sinonoma, cité par Mowat.
- faba inversa, fabaria, l. du m. â., Matthaeus Silvaticus, cité par Mowat.
- faba silvestris, faberia inversa, aurivalencia, l. du m. â., Mowat.
- crassula minor, crassuda, fabaria, fabria, telephium, scrophularia, l. du m. â., Dief.
- orpinium, l. du m. â., Wackernagel, Vocabuliarus optimus, 1847.
- arsenicum, l. du m. â., Mone, Quellen d. teutsch. Liter., 1830, p. 284.
- herba grassulae, faba grassa, faba graeca, anc. nomencl., De Bosco, Luminare majus, 1496, f° 62, verso. [Selon De B. faba graeca est la traduction en latin d'une forme du mot populaire en Lombardie.]
- faba grossa, faba greca, nomencl. du XVe s., J. Camus, L'op. sal.
- faba subersa, nomencl. du commenc. du XVIe s., J. Camus, Livre d'h.
- vineatica semperviva, cicotrinum, anc. nomencl., C. Gesnerus, 1542.
- grassula major, faba crassa, nomencl. du XVIe s., Ratzenberger.
- herba amoris, anc. nom., Caesalpinus, De plantis, 1583.
- sancti Johannis herba, scrophularia media, anc. nomencl., Bauhin, De plantis, 1591.
- portulaca major, scrophularia, anacampseros, anc. nomencl., Bauhin, 1671.
- sedum telephium, nomencl. de Linné.
- feve espesse, f., franç., Pinaeus, 1561 ; Pena et Lob., 1570.
- feve grasse, f., franç., J. Camus, L'op. sal. (XVe s.) ; Molinaeus, 1587.
- feve reverse, f., franç., E. Philiatre, Tres. des rem., 1555, p. 147.
- feve inverse, f., anc. fr., Le jardin de santé, 1539.
- érba dé faba, f., érba à toutés lous maous, f., érba daou tal, f., Montpellier, Planchon.
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- favéta, f., env. de Valence et de Romans (Drôme), Moutier.
- orpine, f., fr. du XVe s., J. Camus, Man. nam. — Châteauroux (Indre), r. p.
- orpim, m., anc. fr., Evr. de Conty cité par Godefroy, s. v° crassule. « On appelle orpin le véritable arsenic, » anc. fr., doc. de 1372, God. — « On appelle orpiment ou orpin une couleur jaune, métallique et naturelle, dont on se sert pour peindre en mignature et qui est une espèce de poison. » Richelet, 1710. — « Auripigmentum = orpiment, gold pigment, a sulphuret of arsenic. » Prior.
- orpin, m., fr., J. Camus, Livre d'h. (commenc. du XVIe s.), C. Stephanus, Vinetum, 1537 ; Philiatre, 1555 ; J. Thierry, 1564 ; etc., etc.
- érpin, m. Tavaux (Jura), r. p.
- orpa, m., Claye (Seine-et-Marne), r. p.
- lorprènë, f., Chomérac (Ardèche), r. p.
- arfine, f., Saint-Georges-des-Groseilliers (Orne), r. p. (Nom employé par les herboristes de la localité.)
- cicotrin, m., anc. fr., C. Stephanus, Vinetum, 1537, fet 45, verso ; Duchesne, 1544. (Cette plante servait probablement en médecine de succédané à l'aloes socotrin ou aloes de Socotora.)
- chicotrin, m., anc. fr., L. Duchesne, 1539 ; Brohon, 1541 ; Fuchsius, 1546 ; Mathee, 1559 ; Pinaeus, 1561.
- chicotin, m., anc. fr., J. Thierry, 1564 ; Hulsius, 1616. — Samoreau (S.-et-M.), r. p. — Guiscard (Oise), r. p. — Orne, r. p.
- chicoutin, m., Rainville (Vosges), r. p.
- cicotin, m., français, Duez, 1678.
- crassule majeur, f., fr., Fayard, 1548. [Elle est grande comparativement aux autres espèces de Sedum.]
- petite crassule, f., anc. franç., Duchesne, 1544. [Elle est petite comparativement au Sempervivum tectorum appelé crassule].
- crassule, f., anc. franç., God. ; Guy de Chauliac.
- grassette, f , anc. fr.. Boucherie (docum. de 1556) ; Chabraeus, 1666.
- grasséto, f., Var, Amic.
- herbe grasse, f , Anjou, Desvaux. — Haute-Marne, c. p. M. A. Daguin.
- herbe à la reprise, Aube, Des Etangs.
- reprinse, f., sempervive de vigne, f., fr., Duchesne, 1544.
- reprise, f., fr., C. Stephanus, Vinetum, 1537 ; B. Textor, Man. de préserver de pestil., 1551 ; Pinaeus, 1561 ; Linocier, 1584 ; etc., etc. [Cette plante sert à la reprise, la fermeture des plaies.]
- réprèy'za, f., Aigle (Suisse), Durheim. — fribourgeois, Savoy.
- rëprèzon, m., vaudois, Savoy.
- herbe de la coupure, herbe à la coupure, herbe à coupure, français de nombreux départements.
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- herbe-coupure, f., Somme, Ledieu. — Pas-de-Cal., c. p. M. Ed. Edmont.
- herbe de caoupasse, Meuse, Labourasse.
- yèp' de copèss’, f. yèp' de coupèss’, f., Vosges, Haillant.
- yérb' é côpèss’, f., côpèss’, f., envir. de Belfort, Vautherin.
- fû du côpeûr’ (= feuille de coupure), f., Chiny (Belg.), J. Feller.
- fày' du couahâr (= feuille de blessure), f., Verviers, Herve, Stavelot (Belg.), J. Feller.
- yèp' à couahâr, f., Soiron (Belg.), J. Feller.
- grässe tchotte d'ërnòày’ (= herbe grasse de cicatrice], Ban-de-la-Roche, Oberlin.
- herbe au charpentier, français d'un grand nombre de départements.
- fòy' d'aghèsse (= feuille des cors), f., Polleur (Belg.), J. Feller.
- érbo déys éndérbis (= herbe des dartres), f., Aveyron, Vayssier.
- oingteruelle, f., wallon du XVe s., J. Camus, Man. namur. (Appelée ainsi sans doute parce qu'elle sert à oindre les hémorroïdes.)
- herbe aux amours rudes (les amours rudes sont les hémorroïdes), f., env. de Pamproux (Deux-Sèvres), c. p. M. B. Souché. (Il suffit pour se guérir de ce mal de porter des racines de cette plante sur soi. B. S.)
- fleûr du brok (= fleur des hémorroïdes), f., Hautregard (Belg.), J. Feller.
- bénédictus, m., Arles, Laugier.
- bénédu, m., provençal, Achard, 1785.
- benédi, m., provençal, Honorat. — Montpellier, Planchon.
- bénédito, f., Var, Hanry.
- érba dé Nostradama, f., Montpellier, Planchon. — H.-Savoie, Const.
- érbo dé Nostrodamo, f., Tarn-et-G., Lagr. — Montauban, Gat. — Toulouse, Tourn. — Gascon, Noul. — Lot, Soul. — Aude, c. p. M. P. Calmet.
- herbe de Nostedame, f., Gironde, Laterrade.
- érbo dé la Damo, f., Tulle (Corr.), Lépinay.
- érbo dé la sénto-Bièrgés, Lanne-Soubiran (Gers), c. p. M. J. Ducamin.
- herbe à la bonne Vierge, Condé-sur-Huisne (Orne), Joret.
- érba de la Bonna Vièrge, f., Savoie, A. Chabert, p. 57.
- èrbe de la Bièrý, f., béarnais, Lespy.
- herbe à la Vierge, f., Maillezais (Vendée), c. p. M. Ph. Telot. — Mayenne, Dottin. — M.-et-L., r. p.
- herbe de la Mère de Dieu, franç., Borellus, 1669.
- herbe de la Saint-Jean, herbe Saint-Jean, Bretagne franç. — Anjou. — Maine. — Ile-de-France. — Champagne.
- érbo dé san-Dzan, f., Tarn, Martrin. — Salignac (Dordogne), r. p.
- érbo dé san-Jan, f., Aude, c. p. M. P. Calmet.
- grande herbe Saint-Jean, herbe Saint-Pierre, réveille-matin, Mayenne, c. p. M. Lambert.
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- joubarbe des vignes, f., franç., Mathee, 1559 ; Pinaeus, 1561.
- chou au lièvre, Le Mesnillard (Manche), Joret.
- tcheu-lou-livre (= chou le lièvre), m., Plancher-les-M. (Haute-Saô.), Poul.
- jotte de loup, f., Cleurie, Vagney (Vosges), Haillant.
- jotte de conòy’, f. (= chou de corneille), Gerardmer (Vosges), Haillant.
- érbo dé pik, f., Pays d'Albret, Ducomet.
- herbe à la couleuvre, f., Saint-James (Manche), Joret.
- pain à la couleuvre, f., Champsecret (Orne), Joret.
- yèp' du rat, f., Royompré (Belg.), J. Feller.
- gobe-mouche, Saint-Hilaire-du-Harcouët (Manche), Joret.
- topna, f., Châtillon-de-Michaille (Ain), r. p.
- tarli de fourê, m., Maillezais (Vendée), c. p. M. Ph. Telot. [Ce nom fait allusion à l'Œnanthe silaifolia (Bieb.), appelé tarli, dont le port et les tubercules ressemblent à ceux du Sedum maximum.]
- tètt' du vatch’ (= tétines de vache), Polleur, Oneux, Banneux, Harzé (Belg.), J. Feller.
- telephion blanc, m., franç., docum. de 1566, Boucherie.
- sedum-orpin, m , franç., Bon Jardinier, 1811.
- orpin-reprise, m., français moderne.
- beverès (= vivace), breton, Le P. Grégoire. [E. E.].
« Avec l'orpin on fait les couronnes accoustuemement en Pycardie la nuyt de Saint-Jean-Baptiste. » Moyen âge, Godefroy, sub verbo crassule. — « Les villageois plantent la reprinse, la nuict Saint-Jean, dedans escuelles ou sur tranchoirs de bois, ou dedans quelque fente de muraille, son pied estant entouré d'argille et la pendent, là où elle demeure longtemps verdie et y croist et fleurit, l'arrousant parfois d'eau. » XVIe s., Maison rustique. — « Pour se préserver des maléfices on met une tige de cette plante dans les maisons, soit pendue à un fil, soit étalée sur deux clous ; dans cette position elle continue de pousser et fleurit comme si elle était en pleine terre. » Maillezais (Vendée), c. p. M. Ph. Telot. — « On cueille l'orpin à la Saint-Jean et on le place ensuite auprès du bénitier. Il a la vertu de chasser les lubinas (sorcières) de la maison, de la protéger contre tout accident. Si la plante fleurit encore le jour de l'Assomption, c'est un signe de prospérité ; si elle se flétrit auparavant, un membre de la famille mourra dans l'année. » Baygorry (Basses-Pyr.), Les Pyrénées, in-folio, 19 juin 1856. « Rien ne vaut, pour éclaircir la vue et se préserver des maux qui la menacent, l'herbe à la reprise passée neuf fois dans la flamme des bûchers de la Saint-Jean. Toute personne, vraiment prudente, en cueille une tige ou deux avant de se
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rendre aux feux de joie, et ne manque jamais de s'en frotter les paupières dès que les danses et la prière sont terminées. C'est en l'employant de cette manière, et dans cette circonstance seulement que l'on peut compter sur ses vertus bienfaisantes. De retour à la maison, on s'empresse de suspendre la branche sanctifiée au-dessus de la table, en introduisant son extrémité la plus large dans l'une des cavités formées par le défaut d'adhérence de la maîtresse poutre avec les planches qui la recouvrent. Si la branche prend racine dans la poussière et le gravier qu'elle y rencontre, tous les cœurs peuvent se réjouir ; si elle pauvrit et se dessèche, on peut préparer les vêtements de deuil, l'un des membres de la famille mourra prochainement. » Basse-Bretagne, c. par feu L. F. Sauvé.
« C'est un remède populaire contre les hémorrhoïdes. On fait frire les tubercules dans la poële et on les applique tout chauds sur le siège du mal. Ils doivent être frits dans de la graisse de truie pour les hommes, dans celle de cochon pour les femmes. » Maillezais (Vendée), c. p. M. Ph. Telot.
« Prenez de la racine récente d'orpin. Suspendez-la à un fil entre les deux épaules, ayant soin qu'il y ait autant de nœuds au morceau de racine qu'il y a de boutons hémorroïdaux ; à mesure que la racine se sèche, les hémorroïdes se flétrissent, et cessent d'être douloureuses. » (Manuel des Dames de Charité, 1761, p. 272. [Ed. Edm.]).
« On cueille l'herbe de la Vierge au lever du soleil, le jour de la Saint-Jean et on la suspend au plancher de la maison en disant :
- Herbe, qui t'ès arrousade
- Au casau et dens la prade,
- Bien lountemps en ma maysou,
- Ta qu’oubtienguey moun perdou ;
- Puis après hè-m plà mouri
- Chausi mielhe ne pouyri.
(Herbe, qui t'es arrosée, au jardin et à la prairie, vis longtemps dans ma maison, pour que j'obtienne mon pardon. Ensuite fais-moi bien mourir, choisir mieux je ne pourrais). Pour que la protection soit reconnue efficace, il ne faut pas que la plante se flétrisse avant la Saint-Jean de l'année suivante. » Béarn, Barthéty, Pratiques de sorcellerie, Pau, 1874, p. 10.
« Pour ôter l'entendement, mangez de Ia racine de faba inversa en poudre ; pour le faire revenir, prenez du suc d'oignon et en mettez dans la bouche. » D'Emery, Rec. de curios., 1685, p. 80.
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Sedum acre
- Nom accepté : Sedum acre
- vermicularis, vernicularis, crasula vermicularis, herba muris, sedum minus, lat. du moyen âge, Dief.
- vermicaria, agaone, sedum, seduus, l. du m. â., Goetz.
- tetroselio, lat. du m. â., Mowat. (Corruption de petroselinon.)
- grassula minor, portulaca agrestis, semperviva minor, anc. nomencl., De Bosco, Lum. majus, 1496, fet 76.
- testiculi, lat. du m. â., Mone, Quellen d. teutsch. Liter., 1830, p. 284. (Le mot est traduit par l' allemand musenklote.)
- vermicularia, nomencl. du XVe s., J. Camus, L'op. sal., p. 127.
- cauda muris, lat. des herboristes au XVIe s., Morelius, 1558.
- vernuliaca, lat. du m. â., W. Schmitz, Miscellanea tironiana, 1896, p. 67.
- vermicularis minor, anc. nomencl., Fuchsius, 1546.
- sempervivum minus, vermiculatum acre, vermicularis, illecebra, portulaca, aizoon acre, sedum minus causticum, aizoon minimum repens, anc. nomenl., Bauhin, 1671.
- vermiculaire, f., franç., J. Camus, Op. sal. (XVe s.) ; Brohon, 1541 ; etc. etc.
- vermiculaire mineur, f., franç. du XVIe s., Dorveaux, Lespl., Prompt.
- vermiculaire brûlante, f., franç., Buisson, 1779 ; etc., etc.
- vermiculaire poivrée, f., poivre des murs, m., Saint-Germain, 1784.
- vèrculèr, f., séduide f., Saint-Georges-des-Groseilliers (Orne), r. p. (Noms employés par les herboristes de la localité.)
- petite joubarde, f., franç., L'Escluse, 1557.
- poivre des murailles, m., franç., Gacon Dufour, 1808. (Cette plante a un goût piquant).
- pouèvre d'oiseau, m., Cérilly (Allier), c. p. M. Ed. Edmont.
- joubarbe âcre, f., orpin brûlant, m., franç., E. A. Duchesne, 1836.
- orpiss brulày'ré, m., Laguiole (Aveyron), r. p.
- tétin-madame, m., tette de souris, f., franç., Brohon, 1541.
- tétine de vache, f., Côte-d'Or, Royer.
- tatesoriz, f., tecesorite, f., anc. fr., Mowat.
- testesorix, f., fr. du XVIe s., J. Camus, Livre d'heures. (Mauvaise orthographe, probablement parce qu'on ne comprenait pas le mot.)
- teste de souris, f., franç., J. Camus, L'op. sal. (XVe s.) ; Fayard, 1548.
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- ↑ Les espèces du genre Sedum sont nombreuses, mais on leur donne en général les mêmes noms qu'au Sedum acre.
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- herbe à la tètte de souris, f., La Ferté-Fresnel (Orne), Letacq.
- tètte de souris, f., Brulon (Sarthe), r. p.
- tètt' di sori, f., wallon, Feller. (La plante est ainsi nommée par comparaison des feuilles rondes et grasses à des mamelons. F.)
- tétin de souris, m., Eure, Niel. — Vimoutiers (Orne), Letacq. — Calvados, Jor.
- téton de sourite, m., Montreuil-Bellay (M.-et-L.), r. p.
- tétine de souris, f., Maine. — Anjou. — Orléanais. — Berry. — Bourgogne. — Ile-de-France.
- posse de rat (= mamelle de rat), f., Villefranche (Rhône), c. p. M. Déresse.
- titi dé cato, m., Lot, r. p.
- tétino dé cato, f., Gourdon (Lot), c. p. M. R. Fourès. — Saint-Alvère (Dord.), c. p. M. R. Fourès.
- tétino dé gato, f., poupo dé gato, f., Tarn-et-G., Lagrèze.
- titino dé cato, f., Puy-l'Evêque (Lot), r. p.
- tétine de chatte, fr., Charente, Charente-lnfér., Ille-et-Vil., Indre, Cher.
- titine de chatte, f., Joué (Indre-et-Loire), r. p.
- trin de souris (= trayon de souris), m., Sébécourt (Eure), Joret,
- sucètt' du sori (= tétines de souris), f. pl., Verviers (Belg.), Feller.
- poupètt’, f., Libourne (Gironde), c. p. M. L. Durand-Degrange.
- poupé, fém., Saint-Clémentin (Deux-Sèvres), r. p.
- pipétt’, f., Marquion (Pas-de-Cal.), r. p.
- couille au loup, f., petite joubarbe, f., franç., A. Pinaeus.
- couille de loup, f., petite joubarbe, f., petit aizoon, m., fr., Du Pinet, 1625, II, 272.
- coulhou dé gatt (= testicule de chat), m., béarnais, Lespy. — Arrens, (H.-Pyr.), c. p. M. M. Camélat.
- queue de souris, f., français, Brohon, 1841. — Lingèvres (Calv.), Jor.
- couo dé garri, f., Forcalquier, c. p. M. E. Plauchud.
- coua d'ra, f., Flumet (Savoie), r. p.
- queue de rat, f., Thuit-Simer (Eure), Joret.
- crottes de rat, f. pl., Villeneuve-s.-F. (Aisne), c. p. M. L.-B. Riomet.
- crottes de souris, f. pl., fr., D'Auvergne, Secrets de méd., 1668, p. 186. — Condé-sur-R. (Eure), Jor. — Caen (Calv.), Jor. — Aisne, c. p. M. L.-B. Riomet.
- crottin de souris, m., normand., Chesnon cité par Joret.
- herbe à la souris, Beaumesnil (Eure), Joret.
- souris, f., Cangy (Indre-et-Loire), r. p.
- souricette, f., Alençon, Carrouges, Vimoutiers (Orne), Letacq. — Eure, Niel. — Calvados, Joret.
- rozin sooubatsé, m., Lot, Puel.
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- razìn fè, m., rìn fè, m., provençal, Mistral.
- razìn dé coulobro, m., Aude, c. p. M. P. Calmet.
- razìn dé sèrp, (= raisin de serpent), m., Apt (Vaucluse), Colignon.
- rozì~ dé sèr, m., Souillac (Lot), r. p.
- raisin de rat, m., Sassenage (Is.), c. p. M. Ed. Edmont.
- rouzin dé rata, m., Bourg-Saint-Pierre (Valais), c. p. Ed. Edmont.
- rëzin de ratta, m., Bex (Suisse), Durheim.
- roji~ dé cato, f., Gourdon (Lot), c. p. M. R. Fourès.
- raisin de crapaud, m., Sermaises (Loiret), r. p.
- razìn-babi (= raisin-crapaud), provençal, Mistral.
- razìn d'oou diablé, m., env. d'Avignon, Palun. — Moyen Dauphiné, Moutier. — Montpellier, Planchon.
- razìn dé téoulisso (= raisin des toits), m., razin dé tèrro, m., Arles, Laugier.
- razin de muralio, m., env. de Briançon, c. p. feu Chabrand.
- raziné dé muràyo, f., provençal, Castor.
- razi~s, m. pl., Belmont (Aveyr.), c. p. M. Ed. Edmont.
- rozis, m. pl., Autoire, (Lot), r. p.
- rozinous, masc. plur., Aveyron, Vayssier. — La Malène (Lozère), r. p.
- rajinous, m. pl., Brive (Corrèze), Lépinay.
- râzignò, m., Nuits (Côte-d'Or), Ph. Garnier.
- razinétch, masc. pl. (le sing. est razinétt), L'Argentière (Hautes-Alpes), r. p.
- raziné, m., Aix-en-Pr., Royer de Fonsc. — B.-du-Rh., Vill. — Avignon, Palun. — Var, Hanry.
- rèzinè, m.. Montbéliard, Contejean.
- rëzënè, m., Vaudois, Durheim
- ris sauvage, m., ris saouvagé, m., ris saouvadýé, m., Montpellier, Magnol, 1686 ; Gouan, 1762. — Le Vigan (Gard), Rouger.
- ri sarvath (av. th. angl.), m., La Chapelle (Sav.), r. p.
- ris fé, m., Bouches-du-Rh., Villen. — Var, Hanry.
- ris bastar, m., Gard, Pouzolz.
- ris dé paré, m., provençal, Mistral.
- riz, m., Suisse, Vicat, 1776. — Aveyron, Vayssier.
- riz jaouné, m., rizét, m., Montpellier, Planchon.
- mousse jaune, f., Champsecret (Orne), Joret. — Orne, Letacq.
- mousse de mer, fr., Heugon (Orne), Letacq. — Maillezais (Vendée), c. p. M. Ph. Telot.
- mosse dé bouquet, f., Cleurie (Vosges), Thiriat.
- mouron, m., Linas (Seine-et-Oise), r. p.
- mourè, m., Sébécourt (Eure), Joret.
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- thym de crapaud, m., Cherbourg, Le Jolis, cité par Joret.
- cèrfeu d' bon Dieu, m., Cleurie (Vosges), Thiriat.
- çorfeu di bon Dieu, m., Eloyes (Vosges), Haillant.
- pourpi, m., Clerval (Doubs), r. p.
- pourpiez sauvage, m., Du Pinet, 1660, p. 364.
- orpi~ gri~pan, m., Rosières-aux-Salines (Meurthe), r. p.
- pain d'oiseau, m., anc. fr., L'Escluse, 1557 ; Molinaeus, 1587. — Anjou. — Franche-Comté. — Bourgogne. — Champagne. — Lorraine. — Savoie.
- pain d'ou'zlò, m., Marnay (Haute- Savoie), - [sic : Haute-Saône] — Meuse, Cordier ; Varlet.
- pain d'òyo, m., Aube, Des Etangs.
- pa d’aouzèl, m., H.-Gar., c. p M. P. Fagot.
- pa d'ooucèl, m., Aveyron, Vayssier.
- pô d'ooucèl, m., Salelles (Lozère), r. p.
- pô d'oucé, m., H.-Loire, Deribier. — Chamalières (Haute-L.). c. p. M. Ed. Edmont.
- jòtte d'ohé (= chou d'oiseau), f., Saulxures (Vosges), Haillant.
- jotte de loup, f., Cleurie (Vosges), Haillant.
- pain de coucou, Doubs, Beauquier.
- pain de milan, m., Allier, r. p.
- pain d'alouette, m., Châtenay (Seine-et-Marne), r. p. — Paars (Aisne), c. p. M. A. Guillaume.
- pipi d'alouette, m., Beine (Marne), c p. M. A. Guillaume.
- pain à la pupute (= p. à la huppe), m., env. de Montfort (I-et-V.), r. p.
- pain de mogneû, m., Lhuys, Bruys (Aisne), c. p. M. L.-B. Riomet.
- pan dè rata, m., càyé dè rata, m., fribourgeois, Savey. [Savoy (Hubert) ?]
- pain à la souris, m., Fontenay-le-Marmion (Calvad.), c. p. M. E. Legrand. — Bretteville-sur-Laize, Gonneville-sur-Merville (Calv.), Joret.
- blé à la souris, m., Bocage (Calvados), Joret.
- pàn dé sarnalha (= pain de lézard), Larboust et Luchon (H.-Gar.), Sacaze, et c. p. M. B. Sarrieu.
- pain au crapa, m., Agon (Manche), r. p.
- éngrày'sso-moutoun, m., Apt (Vaucluse), Colignon.
- éngrày'sso-galino, m., env. d'Avignon, Palun.
- gràysso-poulo, m., toulousain, Tournon. — Lot, r. p.
- grasso-poulo, m., grato-poulo, m., Aveyron, Vayssier.
- pico-poulo, m., env. de Rodez, r. p. — Aveyron, Vayssier.
- papacolon, m., Vaudois, Parterre de médecine, Genève, I745. — Genève, Humbert. — Chambéry, Colla. — Albertville (Sav.), Const.
- poulè, m., Aube, Des Etangs.
- chapon, m., Ile d'Oléron, c. p. M. E. Lemarié.
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- chapàò, m., Saint-Pierre d'Oléron, c. p. M. Ed. Edmont.
- pirote, f., Maillezais (Vendée), c. p. M. Ph. Telot. (La feuille ressemble assez à une pire = poumon, foie.)
- chaton, m., Anjou, Desvaux.
- bèrbiyètt’, f., Mayenne, c. p. M. Lambert.
- brabiyètt’, f., Villez-sous-Bailleul (Orne), Joret.
- minò, m. plur., Calvados, Joret.
- mimi, m., Char-Inf., c. p. M. E. Lemarié. — Pithiviers (Loiret), r. p.
- pain d'épices, m., Dives (Calvados), r. p.
- gru d' mur, m. pl., Poligny (Jura), r. p. (Les enfants mangent la graine.)
- cerise de tuile, f., Luçon (Vendée), c. p. M. Ed. Edmont.
- herbe de gënisse (= herbe de jeune vache), Guernesey, r. p. (On en donne aux jeunes vaches pour qu'elles entrent en chaleur.)
- plànto grasso, f., H.-Pyr., r. p.
- plànto gracho, f., Le Buisson (Dordogne), r. p.
- herbe grasse, f., Loiret, r. p.
- grosséto, f., Lot, r. p.
- crâsse yèp’ (= herbe grasse), f., yèpe du teu (= herbe de toit), wallon, Feller.
- bärbe de dchieuve, f., Ban de la Roche, H. G. Oberlin.
- barbe de chieuf’, f., Moyenmoutier (Vosges), Haillant.
- herbe de bôrbe, f., Gérardmer (Vosges), Haillant.
- perruque d'Adam, f., env. de Sainte-Menehould (Marne), c. p. M. A. Guillaume.
- herbe aux hémorrhoïdes, Anjou, Desvaux.
- herbe aux cors, herbe aux poireaux, herbe aux verrues, Haute-Marne, c. p. M. A. Daguin.
- clérè, m., Saint-Léonard (H.-Vienne), r. p.
- trique-madame [1], f., fr., Fuchsius, 1546 ; Vallambert, Man. de nourr. les enf , 1565, p. 358 ; Pena et Lobel, 1570 ; Le Bon, Ethym. fr., 1571 ; etc., etc.
- triche-madame, f., franç., Le Bon, Etymol. franç., 1571, p. 49.
- trippe-madame, f., tripe-madame, f., franç., Solerius, 1547 ; Vinet et Mizauld, Maison champ., 1607, p. 248 ; Jardinier franç., 1654; etc.
- triple madame, masc., Suite des dons de Comus, 1742, II, 459.
- trìnca-dama, Montpellier, Planchon.
- crott-mèdèm’, f., env. de Baccarat (Meurthe), r. p.
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- ↑ Il est difficile de savoir ce que signifie ce mot. Je trouve dans mes notes : « Je te donnerai un pourpoint de tripe-madame. » XVIIe s. Cyrano de Berg., éd. Jacob, p. 306. — « Tripe = velours de laine », doc. de 1630, Rev. d. soc. sav., 1876, p. 548. — [Tripe-madame pourrait donc signifier tricot de laine de madame ?] — « Double trique-madame ! = juron. » Sir P. Robert, Confessions de Pied de fer, 1845, I, 58.
[109]
- traînée d'or, f., Caudebec-lès-Elbeuf (S.-Inf.), r. p.
- pi~, m., Saint-Georges-Lapouge (Creuse), r. p.
- dýoupin, m., Saint-Julien-sur-Sarthe (Orne), r. p.
- orpin jaune, m., franç., Nemnich.
- petite goubarbe, Vallée de l'Oison (Eure), Coquerel.
- jènèto, f., env. de Valence (Drôme), r. p.
- vèrola, f., Châtillon-de-Michaille (Ain), r. p.
- herbe aux tuiles, français, Bastien, 1809.
- envies, f. pl., Châteauneuf (Charente), r. p.
- ormias, m. pl., Douvres (Calvados), Joret.
- vivetrjou (= vit toujours), herbe de mille ans, herbe des sorciers, Char-Inf., c. p. M. E. Lemarié.
- binbilin, m., Chomérac (Ardèche), r. p.
- břiyan~tine, f., env. de Rennes, r. p.
- muraille (murày'), f., Provins (Seine-et-Marne), r. p.
- clam'cyô, m., Tavaux (Jura), r. p.
- lia, f., Jura suisse, Durheim.
- perratin, m., perroteni, m., Château d'Oex (Suisse), Vicat.
- misère, f., Mayenne, c. p. M. Lambert. (Appelée ainsi parce que, là où elle pousse, le terrain est de mauvaise qualité.)
- marquet, m., franç. dialectal, E. A. Duchesne, 1836.
- herbe saint Joseph, Mayenne, c. p. M. Lambert.
- reine-vierge, f., Pissy-Poville (Seine-Inf.), r. p.
- rabavit, m., franç., God., texte de 1545 ; J. Thierry, 1564.
- orpinaja, m., jargon de Razey près Xertigny (Vosges), r. p.
- brignen-moguer (= gruau de muraille), breton de l'île de Sein et de Cléden-Cap-Sizun (Finistère), c. p. M. H. Le Carguet.
- brignen-logod (= gruau de souris), breton, Troude.
- rederezik vian (= petite coureuse ?), breton d'Esquibien (Finistère), c. p. M. H. Le Carguet.
- greun-roc'h (= grains de rocher), breton, Liégard ; Maréchal.
« Pour savoir s'il fera beau temps ou si l'on se mariera ou si l'on réussira dans une affaire quelconque, on épluche une à une les étamines de la fleur après avoir fait le signe de la croix et craché dans ses mains, en disant : Boule de feu, boule de feu. Si je mens, j’irai en enfer, si je ne mens pas, j'irai au ciel. Si on arrive à enlever la dernière étamine en même temps qu'on prononce le dernier membre de phrase, on réussira. » Avon (Seine-et-Marne), r. p.
« Si une jeune fille aime cette plante, c'est signe qu'elle est très douce. » Naintré (Vienne), r. p.
[110]
Sedum album
- Nom accepté : Sedum album
1. — sempervivum minus album, sempervivum foemina, sedum foemina, tragus herba, anc. nomencl., Bauhin, 1671.
- vermiculaire majeur, f., aison le mineur, m., fr. du XVIe s., Dorveaux, Lespl.
- raisin d'ours, m., Moûtiers (Sav.), c. p. M. Ch. Joret.
- rèzon, m., Séez (Savoie), c. p M. Ch. Joret.
- razinétt, ris blàn bastar, Montpellier, Planchon.
- trique blanche, f., français, Bastien, 1809.
- cacachet, m., provençal, Solerius, 1547.
- cachin-caché, m., Apt (Vaucluse), Colignon.
- méron, m., ghidèra, f., env. de Montmélian (Sav.), c. p. Ed. Edmont.
- boudin, m., Maillezais (Vend.), c. p. M. Ph. Telot. — Ile de Ré, r. p. — Fressines (D.-S.), c. p. M. B. Souché. — Neauphle-s.-E. (Orne), r. p. (La feuille ressemble à un boudin).
- salcisso, f., Tarn-et-G., Lagr. — toulousain, Visner.
- saoucisso, f., Auvillar (Tarn-et-G.), c. p. M. G. Lalanne.
Le Sedum album ressemble beaucoup au Sedum acre, sauf que le premier a des fleurs blanches et le second des fleurs jaunes ; aussi on confond presque toujours ces deux plantes sous les mêmes noms.
Sedum cepaea
- Nom accepté : Sedum cepaea
- cepaea, latin de Pline.
- sédum faux oignon, franç., Lam. et Cand., 1815.
- oiginon de la Saint-Jean, Loire, A. Legrand.
- cèbo féro, f., provençal, Lions.
- gràysso-poulo, m., provençal., Honn.
Sedum rubens
- Nom accepté : Sedum rubens
- roujéto, f., Apt (Vaucluse), Colignon.
- roujèlo, f., toulousain, Tournon.
- percepierre, Bocage (Calvados), Joret.
[111]
Sedum altissimum
- Nom accepté : Petrosedum sediforme
- gros rasiné, m., Var, Hanry. — Montpellier, Planchon.
- matatèno, f., Pays d'Albret, Duc.
Sedum anacampseros
- Nom accepté : Hylotelephium anacampseros
- brunéta d' montagna, f., Tarentaise (Savoie, Colla).
- érbo dé Nostro-Damo, f., provençal, Honn.
Sedum reflexum
- Nom accepté : Petrosedum rupestre
- farfara, f., Séez (Savoie), c. p. M. Ch. Joret.