Sambucus nigra (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Fruit Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Sambucus nigra L.


Protologue: Sp. pl. 1: 269 (1753).
Famille: Caprifoliaceae (APG: Adoxaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 36

Noms vernaculaires

  • Sureau, grand sureau, sureau noir (Fr).
  • Elderberry, black elder, elder, bore tree (En).
  • Sabugueiro-negro (Po).

Origine et répartition géographique

Sambucus nigra se rencontre dans les régions tempérées à tropicales en Europe, Asie occidentale, Afrique du Nord, Amérique du Nord et Amérique centrale. Il a été introduit en Afrique tropicale comme plante médicinale et ornementale, et est cultivé et naturalisé dans et autour des villes et villages de pays comme le Ghana, le Gabon, la R.D. du Congo, le Rwanda, le Burundi, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Kenya, la Tanzanie et l’Angola.

Usages

Sambucus nigra est utilisé dans toute son aire de répartition comme plante médicinale et ornementale. Au Gabon, les fleurs sont utilisées dans des préparations comme émollient et pommade apaisante pour la peau, mais aussi pour stimuler la transpiration.

En dehors de l’Afrique, différentes parties de Sambucus nigra sont depuis longtemps utilisées en médecine traditionnelle comme diaphorétique, diurétique, astringent, laxatif et émétique. A l’heure actuelle, les extraits de fruit sont avant tout utilisés comme agents antiviraux pour soigner les rhumes, la grippe et les infections virales d’herpès.

L’écorce interne est diurétique, fortement purgative et émétique à forte dose. Elle est utilisée dans le traitement de la constipation et des problèmes arthritiques. Une pommade émolliente est fabriquée à partir de la jeune écorce interne. Les feuilles fraîches ou sèches sont purgatives, mais provoquent plus facilement des nausées que l’écorce. Elles sont également diaphorétiques, diurétiques, expectorantes et hémostatiques. Une pommade émolliente fabriquée à partir des feuilles est utilisée pour soigner les contusions, les entorses et les plaies. L’infusion de fleurs fraîches est légèrement astringente et stimulante. Elle sert principalement de base pour des lotions pour les yeux et la peau. Les fleurs séchées sont diaphorétiques, diurétiques, expectorantes, galactagogues et pectorales. Une infusion est très efficace dans le traitement des douleurs de poitrine, comme tonique et comme purificateur de sang, également en bain pour soigner les yeux enflammés et en cataplasme pour les brûlures et les plaies. Le fruit est dépuratif, faiblement diaphorétique et légèrement laxatif. L’absorption d’une infusion fabriquée à partir des fruits secs soigne les coliques et les diarrhées. La moelle des jeunes tiges est utilisée dans le traitement des brûlures et des échaudures. Les feuilles frottées sur la peau servent de répulsif contre les insectes. Elles peuvent entrer dans la composition d’insecticides et fongicides en pulvérisateurs.

Les fruits sont très utilisés pour faire du vin, de l’eau-de-vie, des confitures ou des tartes.

Il vaut mieux ne pas les consommer crus car ils sont légèrement toxiques, provoquant des vomissements, surtout s’ils sont consommés immatures. La légère toxicité cyanhydrique est détruite à la cuisson. Les fleurs sont croquantes et juteuses, elles ont une odeur et une saveur aromatique, et mangées crues elles constituent une délicieuse collation rafraîchissante. Les fleurs sont utilisées pour donner un goût de raisin muscat aux compotes de fruits, gelées et confitures, et entrent dans la composition de beignets. Elles servent souvent à fabriquer du vin pétillant. Une infusion douce est fait à partir des fleurs séchées.

Sambucus nigra est une excellente espèce pionnière pour repeupler les zones boisées dans les régions tempérées. L’écorce des vieilles branches et la racine ont été utilisées comme ingrédient pour teindre en noir. En utilisant de l’alun comme mordant, on obtient un colorant vert à partir des feuilles. Les fruits produisent diverses nuances de colorants bleus et violets. Ils ont également été utilisés comme teinture noire pour les cheveux. La matière bleue extraite du fruit peut servir à la réaction au tournesol. Elle vire au vert dans une solution alcaline et au rouge dans une solution acide. La moelle de jeunes branches s’extrait facilement et la tige ainsi vidée sert de tube pour attiser un feu. Elle peut aussi être transformée en flûte. La moelle des tiges est utilisée pour trancher les échantillons à observer au microscope. Le bois est blanc et à grain fin. Il se coupe facilement et se polit bien. Il sert à fabriquer des brochettes, des instruments mathématiques et des jouets. Sambucus nigra est largement planté comme plante ornementale ; en Afrique, il est principalement cultivé en haies.

Production et commerce international

Sambucus nigra n’est planté que de manière occasionnelle en Afrique tropicale et n’y est pas commercialisé.

Propriétés

Le fruit contient plusieurs composés responsables de son activité pharmacologique. Parmi ceux-ci se trouvent des flavonoïdes : quercétine, kaempférol et rutine ; des anthocyanines : cyanidine-3-glucoside et cyanidine-3-sambubioside ; une protéine hémagglutinine : l’agglutinine III de Sambucus nigra (SNA-III) ; des hétérosides cyanogénétiques, dont la sambunigrine ; et l’acide viburnique, l’acide ellagique et l’acide ursolique. Les fleurs contiennent des flavonoïdes (jusqu’à 3%), principalement composés d’hétérosides à flavonol (astragaline, hypéroside, isoquercitrine et rutine jusqu’à 1,9%) et des aglycones libres (quercétine et kaempférol), des composés phénoliques (environ 3% d’acide chlorogénique), des triterpènes (environ 1%) dont l’α-amyrine et la β-amyrine, des acides triterpènes (acide ursolique et acide oléanolique principalement), des stérols et des huiles volatiles.

Plusieurs études cliniques et in vitro ont montré que le Sambucol®, un sirop contenant 38% d’extraits de fruit normalisés, neutralise et réduit l’infectivité des virus A et B de la grippe, des souches et des isolats cliniques de VIH, ainsi que des souches et isolats cliniques du virus de l’herpès de type 1 (HSV-1). Ce sirop montre également une activité immuno-modulatrice, en augmentant de manière significative la production de plusieurs cytokines, par ex. le facteur α de nécrose des tumeurs (TNF-α) et des interleukines.

Les anthocyanines des fruits ont des propriétés antioxydantes. Un extrait à l’eau des fleurs a augmenté l’absorption du glucose, l’oxydation du glucose et la glycogenèse dans le muscle abdominal du rat. L’extrait de fleur incubé avec des cellules pancréatiques du rat a également un effet stimulant lié à la dose sur la sécrétion d’insuline.

Description

Arbuste caducifolié jusqu’à 4(–6) m de haut, à odeur désagréable ; racine principale verticale, s’étalant horizontalement par stolons ; tiges jusqu’à 15 cm de diamètre. Feuilles opposées, composées imparipennées, pétiolées ; folioles 5–11(–15), étroitement elliptiques, de 5–9(–11) cm × 2–3(–4) cm, base cunéiforme à obtuse, apex acuminé, bord denté. Inflorescence : grande panicule terminale en ombelle, atteignant 20 cm de diamètre. Fleurs bisexuées, 5-mères, régulières, blanches, au parfum doux ; pédicelle de 0–10 mm de long, à poils courts ; calice fusionné à l’ovaire, lobes minuscules ; lobes de la corolle presque libres, oblongs-ovales, de 3–4 mm de long, radiés ; étamines alternant avec les lobes de la corolle ; ovaire semi-infère, 5-loculaire, stigmate sessile, à 5 lobes. Fruit : drupe en forme de baie, globuleuse, charnue, de 4–7 mm de long, verte, pourpre à noire à maturité, contenant 3–5 noyaux à 1 graine.

Autres données botaniques

Le genre Sambucus comprend 9 espèces. La plupart des espèces se rencontrent dans les régions tempérées et subtropicales de l’hémisphère nord, 2 se rencontrent en Amérique du Sud, 1 dans la région montagneuse de l’Afrique de l’Est (Sambucus ebulus L. (synonyme : Sambucus africana Standl.)) et 2 dans l’est de l’Australie. Chez Sambucus nigra, 6 sous-espèces ont été identifiées, et c’est notamment la sous-espèce variable canadensis (L.) R.Bolli (synonymes : Sambucus canadensis L., Sambucus mexicana Presl ex DC.) qui envahit les régions tropicales et est naturalisée ça et là. Il est très probable que ce soit cette sous-espèce qui soit naturalisée en Afrique tropicale. Elle n’y est quasiment pas fructifère, probablement à cause d’une absence de stratification des semences. Dans la plupart des publications taxinomiques récentes, la sous-espèce canadensis est élevée au niveau d’espèce : Sambucus canadensis. Les fleurs de Sambucus nigra sont pollinisées par des mouches et les graines sont dispersées par les défécations des oiseaux et des mammifères.

Ecologie

Sambucus nigra se rencontre dans les haies, la brousse, en forêt claire, au bord des routes, dans les terrains vagues et les sols perturbés.

Gestion

Sambucus nigra se multiplie par graines ou par stolons. Il vaut mieux semer les graines dès qu’elles sont mûres, au début de la saison froide, afin qu’elles puissent germer au début de la saison chaude. Les graines stockées peuvent être semées au début de la saison chaude mais germeront probablement mieux lorsqu’elles ont subi d’abord 2 mois de stratification froide. Les plants peuvent être transplantés en pot individuel, lorsqu’ils sont suffisamment grands pour être manipulés. Si leur croissance est bonne, les jeunes plants peuvent être transférés sur leur emplacement définitif pendant la saison chaude.

Les espèces de Sambucus sont particulièrement résistantes aux attaques du champignon Armillaria sp.

Ressources génétiques

En Afrique tropicale, Sambucus nigra se reproduit essentiellement par stolons. La diversité génétique à chaque site d’introduction est probablement faible, car dans les climats tropicaux, l’espèce ne produit pas beaucoup de graines. Etant donné que Sambucus nigra est une espèce largement répartie dans l’hémisphère nord, elle n’est pas menacée d’érosion génétique. Il n’existe pas d’importantes collections de ressources génétiques. En Europe, il existe quelques cultivars fruitiers à gros fruits, et d’autres ornementaux à feuilles disséquées ou panachées.

Perspectives

Sambucus nigra a été introduit en Afrique tropicale comme plante médicinale et ornementale. Etant donné qu’il n’est pas vraiment adapté au climat tropical, il continuera probablement à présenter une faible importance.

Références principales

  • Bolli, R., 1994. Revision of the genus Sambucus. Dissertationes Botanicae 223, Berlin, Stuttgart, Germany. 256 pp.
  • Ensermu Kelbessa, 2003. Caprifoliaceae. In: Hedberg, I., Edwards, S. & Sileshi Nemomissa (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 4, part 1. Apiaceae to Dipsacaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 283–284.
  • Lawalrée, A., 1982. Caprifoliaceae. In: Bamps, P. (Editor). Flore d’Afrique centrale. Spermatophytes. Jardin botanique national de Belgique, Brussels, Belgium. 6 pp.
  • Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
  • Zakay-Rones, Z., Thorn, E., Wollan, T. & Wadstein, J., 2004. Randomized study of the efficacy and safety of oral elderberry extract in the treatment of influenza A and B virus infections. Journal of International Medicinal Research 32: 132–140.

Autres références

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  • Bitsch, I., Janssen, M., Netzel, M., Strass, G. & Frank, T., 2004. Bioavailability of anthocyanidin-3-glycosides following consumption of elderberry extract and blackcurrant juice. International Journal of Clinical Pharmacology and Therapeutics 42: 293–300.
  • Burkill, H.M., 2000. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 5, Families S–Z, Addenda. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 686 pp.
  • Gray, A.M., Abdel-Wahab, Y.H. & Flatt, P.R., 2000. The traditional plant treatment, Sambucus nigra (elder), exhibits insulin-like and insulin-releasing actions in vitro. Journal of Nutrition 130: 15–20.
  • Launert, E., 1981. Edible and Medicinal Plants. Hamlyn, London.
  • Thorne Research, 2005. Sambucus nigra (elderberry): monograph. Alternative Medicine Review 10(1): 51–55.
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  • Yamada, T., 1999. A report of the ethnobotany of the Nyindu in the eastern part of the former Zaire. African Study Monographs 20(1): 1–72.
  • Youdim, K.A., Martin, A. & Joseph, J.A., 2000. Incorporation of the elderberry anthocyanins by endothelial cells increases protection against oxidative stress. Free Radical Biology and Medicine 29: 51–60.

Auteur(s)

  • F.S. Mairura, Kenya Tropical Soil Biology and Fertility Institute of CIAT, P.O. Box 30677, Nairobi, Kenya

Citation correcte de cet article

Mairura, F.S., 2007. Sambucus nigra L. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 13 juillet 2021.


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