Roystonea oleracea (Rollet, Antilles)
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Roystonea oleracea (Jacq.) Cook, Bull. Torrey Bot. Club 28 : 554 (1901).
Basionyme : Areca oleracea Jacq., Select., Stirp. Amer. Hist. 1 : 278, t. 170 (1763).
Synonymes : Oreodoxa oleracea (Jacq.) Mart. (1837) ; Euterpe caribaea Spreng. (1825) ; Oreodoxa caribaea (Spreng.) Dammer & Urban (1903) ; Roystonea caribaea (Spreng.) Wilson (1917).
Noms vernaculaires : Fr : Palmier royal, Palmiste franc (St-Barthélemy) ; Palmiste, Chou palmiste, Chou colonne (Guadeloupe) ; Palmiste (Carriacou) ; Palmiste (Trinidad). A : Cabbage palm (Barbade, Dominique). Royal palm est aussi couramment employé (mais devrait être réservé à R. regia). Esp : Yagua (Venezuela).
Description : Palmier inerme de 25-40 m de haut et 40-60 cm de diamètre. GOODING (1944) donne 3 mesures entre 124 et 133 pieds de haut, soit environ 40 m, avec 43 et 45 cm de diamètre. Les plus grandes dimensions ne sont atteintes que dans les régions basses ; en altitude il n’atteint que 8 à 12 m (DUSS). Stipe faiblement et finement annelé, non en massue (comme R. regia), très régulièrement décroissant en diamètre de la base au sommet. Feuilles : 3-6 m de long, les inférieures presque horizontales, 2 m de large ; 50 paires de segments et plus, 1 m de long, subopposées. Hampe foliaire remarquable par sa taille (2-5 ? m de haut), renflée à la base, vert vif et très lisse ; bourgeon terminal en sabre vertical, souvent légèrement incliné contre les vents dominants. Fleurs : inflorescences (2 ou plus) à la base de la hampe foliaire, d’abord érigées, puis pendantes à pédoncule épais et ramifications d’abord ondulées ; fleurs unisexuées, sessiles. Fruits : 15-20 mm de long, 10 mm de diamètre ; périanthe persistant. Phénologie : sempervirent. Habitat : presque du niveau de la mer à 800 m, mais sur bons sols ; le plus souvent cultivé. Tempérament : supporte l’inondation en prairie marécageuse aussi bien que la sécheresse des stations exposées au vent près des côtes. Espèce très plastique à tendance grégaire.
Usages : Bourgeon terminal comestible d’où le nom vernaculaire en français : chou palmiste, en anglais : cabbage palm.
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La partie externe du tronc est dure et utilisée pour construire des cases (Trinidad). Fruits pour la nourriture des porcs à Carriacou ; a été fortement exploité pour la nourriture lors de mauvaises récoltes vers 1910 (HOWARD 1952). Le Dr. NICHOLS le cite comme abondant en 1891 dans son journal de voyage. Très ornemental, très souvent planté. D’après DUSS, ce palmier était abondant en Guadeloupe et son chou très apprécié, à cause de son goût de noisette et aussi de fond d’artichaut. Après l’exploitation du chou, le palmier meurt. Un gros coléoptère (Calandra palmarum Fabric) pond dans la moelle et était très apprécié grillé. Ce palmier a presque disparu des forêts naturelles par surexploitation.
Distribution générale : Petites Antilles ; Trinidad, Tobago, Venezuela ; très répandu par la culture.
Distribution aux Petites Antilles : Guadeloupe, Dominique, Martinique, Barbade, Grenadines, Grenade. Cultivé dans presque toutes les îles, naturalisé par places. Matériel examiné : M : HAHN 580, vallée de St Pierre (P) ; HAHN 805, Piton Macouba (P).
Observations : SB : introduit (QUESTEL). G : DUSS le décrit comme abondant dans toutes les grandes forêts de Guadeloupe, et çà et là dans les Grands Fonds de la Grande- Terre. Semble n’être plus que cultivé. Gs : quelques pieds à Limlair et Mont Pleasant Valleys (Carriacou) où il était abondant (HOWARD 1952). B : cité et illustré par Ligon dès 1657 ; fréquent dans le paysage ; existe à Turner’s Hall, 200 m (GOODING) et très commun dans les ravines, exemple : Coffee Gully (ROLLET) en petites troupes, avec régénération (2 m de haut) dans le sous-bois.
Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). BEARD 1944 ; DESCOURTILZ** 1821-1830 ; DUSS 1897 ; FOURNET* 1978 ; GOODING 1944, GOODING and al. 1965 ; HOWARD 1952 ; JACQUIN** 1780 ; QUESTEL 1941 ; READ* in HOWARD 1979 Vol.3 : 361-363.