Pastinaca sativa (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Pastinaca sativa L.




Protologue: Sp. pl. 1 : 262 (1753).
Famille: Apiaceae (Umbelliferae)
Nombre de chromosomes: 2n = 22

Synonymes

Noms vernaculaires

Panais (Fr). Parsnip (En). Pastinaga (Po).

Origine et répartition géographique

Le panais est originaire d’Europe et d’Asie tempérée. Il est cultivé principalement dans les régions tempérées du monde entier et parfois seulement dans les régions les moins chaudes des tropiques, dont l’Afrique orientale et australe. Il est cultivé surtout dans les jardins familiaux et pour les marchés spécialisés. C’était déjà une plante cultivée appréciée à l’époque romaine, et on en trouve encore une grande diversité sur les marchés marocains et algériens.

Usages

La racine, charnue, parfumée et légèrement mucilagineuse de ce légume se mange cuite à l’eau ou frite. Elle est également utilisée en soupes ou pour parfumer les ragoûts. On l’apprécie particulièrement au Royaume-Uni. La graine, qui a le goût de l’aneth, s’emploie parfois comme condiment. Les feuilles ont des propriétés diurétiques. Des cataplasmes de racines étaient appliqués sur les plaies et les inflammations, et pour traiter les maladies de peau.

Production et commerce international

Propriétés

La composition nutritionnelle de la racine de panais, par 100 g de partie comestible, est : eau 79,5 g, énergie 3140 kJ (750 kcal), protéines 1,2 g, lipides 0,3 g, glucides 18,0 g, fibres 4,9 g, Ca 362 mg, P 71 mg, Fe 0,6 mg, Mg 29 mg, Zn 0,6 mg, vitamine A absente, thiamine 0,09 mg, riboflavine 0,05 mg, niacine 0,70 mg, folate 67 μg, acide ascorbique 17,0 mg (USDA, 2002).

Toutes les parties du panais contiennent de l’huile essentielle. L’huile essentielle de la racine adulte est riche en myristicine et en terpinolène et contient de petites quantités de (E)-β-farnésène, β-bisabolène, β-sesquiphellandrène et γ-palmitolactone. Des furanocoumarines sont présentes dans la plante ; ces composés peuvent provoquer des eczémas de contact. Le panais contient d’infimes quantités d’un stéroïde, le 5α-androst-16-én-3-one ou phéromone du verrat, qui contribue à son odeur caractéristique.

Botanique

Plante herbacée glabre à légèrement poilue, bisannuelle, atteignant 150 cm de haut, à racine pivotante charnue blanche, fusiforme ; tige érigée, creuse, cannelée. Feuilles alternes, pennées, sans stipules ; pétiole engainé à la base ; folioles sessiles, ovales-oblongues, souvent avec quelques lobes à la base, de 2–13 cm × 1–5 cm, dentées. Inflorescence : ombelle terminale, composée, à rayons inégaux ; bractées involucrales 0–2, caduques. Fleurs bisexuées, mais fleurs mâles présentes en plus des fleurs bisexuées, d’environ 2 mm de diamètre, 5-mères ; pétales jaunes ; ovaire infère, 2-loculaire. Fruit : schizocarpe ellipsoïde aplati de 5–7 mm de long, côtelé, légèrement ailé. Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 0,5–1,5 cm de long, épicotyle absent ; cotylédons pédonculés, ovales-lancéolés, herbacés.

Le panais est une plante à croissance lente, aux racines profondes. Les fleurs sont pollinisées par les insectes. Le panais est autocompatible.

Description

Autres données botaniques

Croissance et développement

Ecologie

Le panais est une plante de saison froide. Sa température optimale de croissance est de 15–18°C. Les racines produites dans un climat chaud n’ont pas la saveur forte et caractéristique de celles cultivées dans des conditions plus fraîches. Le panais est bisannuel et demande une vernalisation pour son induction florale. Il pousse dans les lieux légèrement ombragés (savanes boisées) ou en plein soleil. Sous les tropiques, on ne peut le cultiver qu’au-dessus de 900 m d’altitude. La racine tolère les gelées sévères. Sous l’influence des basses températures, l’amidon contenu dans la racine se convertit en sucres. Le panais a besoin d’un sol profond à texture légère à moyenne, correctement drainé. Dans les sols argileux, la germination et la croissance des racines sont médiocres.

Multiplication et plantation

Gestion

Les graines de panais se sèment en place, de façon clairsemée en lignes espacées de 40–50 cm et à un écartement de 1–2 cm sur la ligne ; puis on les recouvre d’environ 1 cm de terre fine. Le poids de 1000 graines est d’environ 3,5 g. Les semences sont difficiles à conserver et n’ont souvent qu’un faible taux de germination. La germination réussit mieux à 19–24°C, mais elle prend tout de même 2 semaines environ. Sur une terre qui a tendance à l’encroûtement, une légère irrigation juste avant la germination aide les semis à lever. Dans les jardins familiaux, on mélange parfois les graines de panais avec les graines de radis. En effet, la croissance rapide du radis brise la croûte du sol et on peut le récolter avant qu’il n’entre en compétition avec les plantes de panais. On éclaircit les semis au bout de 4–5 semaines à l’espacement de 10–12 cm. Un léger buttage est recommandé après l’éclaircissage. Le panais a besoin d’être soigneusement désherbé, car au début sa croissance est lente. Un apport d’engrais composé (8–14–10) à la dose de 500–700 kg/ha au moment du semis est recommandé, si besoin suivi par 20 kg d’azote en fumure de surface, 4–6 semaines plus tard. Il faut éviter le fumier frais, parce qu’il rend les plantes poilues et provoque leur ramification. Le panais préfère les sols constamment humides. Un arrosage irrégulier peut entraîner l’apparition de racines fendues ou fibreuses. Le panais ne souffre guère des ravageurs ou des maladies. Pour éviter la pourriture blanche (Sclerotinia sp.) et les nématodes à galles, la culture du panais doit faire l’objet d’une longue rotation. L’alternariose (Alternaria sp.), l’oïdium (Erisiphe umbelliferarum) et la cercosporose (Cercospora sp.) peuvent survenir et nécessiter un traitement avec des fongicides. L’alternariose et l’oïdium sont favorisés par un temps chaud et humide ; une amélioration de la circulation d’air peut diminuer leur incidence. Les vers gris peuvent aussi provoquer quelques dégâts.

Les racines de panais peuvent être récoltées après 90–150 jours. Dans les régions tempérées, on les laisse souvent en place jusqu’après les premières gelées, parce leur goût devient plus sucré quand les températures sont basses. Elles ne peuvent pas s’arracher et il faut les sortir de terre en bêchant soigneusement. On estime qu’un rendement de 25 t/ha est correct. Une fois que les racines de panais ont été récoltées, elles perdent leur eau rapidement. On peut les conserver dans des silos-fosses ou réfrigérées à 0°C et à un taux d’humidité relative d’au moins 90%.

Ressources génétiques

C’est l’ancien cultivar ‘Hollow Crown’ qui est le plus cultivé en Afrique de l’Est ; d’autres cultivars réputés sont ‘Guernsey’ et ‘Offenham’, tous deux à racines courtes. Il n’existe pas de programmes de sélection. La North Central Regional PI Station à Ames, Iowa (Etats-Unis) maintient une petite collection de ressources génétiques de Pastinaca.

Perspectives

En Afrique tropicale, le panais restera probablement un légume d’importance secondaire, destiné surtout aux consommateurs d’origine européenne.

Références principales

  • Hadfield, J., 1960. Vegetable gardening in Central Africa. Purnell & Sons, Cape Town, South Africa. 178 pp.
  • Lawrence, B.M., 2002. Progress in essential oils: Parsnip oil. Perfumer & Flavorist 27(4): 58–61.
  • Rubatzky, V.E. & Yamaguchi, M., 1997. World vegetables: principles, production and nutritive values. 2nd Edition. Chapman & Hall, New York, United States. 843 pp.
  • USDA, 2002. USDA nutrient database for standard reference, release 15. [Internet] U.S. Department of Agriculture, Beltsville Human Nutrition Research Center, Beltsville Md, United States. http://www.nal.usda.gov/fnic/foodcomp. June 2003.
  • Wells, P.O., 1979. Parsnip: Pastinaca sativa. Zimbabwe Rhodesia Agricultural Journal 76: 251–253.

Autres références

  • Foster, S. & Duke, J.A., 1999. Field guide to medicinal plants and herbs: Eastern and Central N. America. Houghton Mifflin, Boston, United States. 424 pp.
  • Fritz, D., Stolz, W., Venter, F., Weichmann, J. & Wonneberger, C., 1989. Gemüsebau. 9th Revised edition. Ulmer, Stuttgart, Germany. 379 pp.

Auteur(s)

  • L.P.A. Oyen

PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 5 mars 2020.


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