Panicum miliaceum (PROTA)

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Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
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Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svg
Céréale / légume sec Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Changement climatique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (cultivé)
1, partie supérieure d'une panicule de type de plante à inflorescence lâche ; 2, branche d'inflorescence d'un type de plante à inflorescence lâche ; 3, partie supérieure d'une panicule de type de plante à inflorescence compacte ; 4, branche d'inflorescence d'un type de plante à inflorescence compacte; 5, grains. Source: PROSEA
détail du port de la plante
inflorescence
détail de l'inflorescence
détail d'une panicule presque mûre
fruits

Panicum miliaceum L.


Protologue: Sp. pl. 1 : 58 (1753).
Famille: Poaceae (Gramineae)
Nombre de chromosomes: 2n = 36

Noms vernaculaires

  • Millet commun, kibi (Fr).
  • Proso millet, common millet, hog millet (En).
  • Milho miúdo, milho de canario (Po).

Origine et répartition géographique

Le millet commun est cultivé depuis très longtemps. Son origine reste incertaine, mais il a probablement été domestiqué en Asie centrale et orientale, où il est cultivé depuis plus de 5000 ans. Le millet commun a longtemps été une culture très importante dans le nord de la Chine. A l'âge du Bronze, il s'est répandu partout en Europe, y compris les régions septentrionales où le panis (Setaria italica (L.) P.Beauv.), très sensible au froid, ne pouvait pas être cultivé. En Europe, on en a découvert des restes dans des implantations agricoles remontant à près de 3000 ans. Le millet commun était le “milium” des Romains et le vrai millet auquel l'histoire fait référence. Il fut introduit en Amérique du Nord après l'arrivée de Christophe Colomb. En Europe et aux Etats-Unis, la faveur dont il jouissait comme céréale déclina après l'introduction à grande échelle de la pomme de terre et du maïs.

De nos jours, le millet commun est cultivé pour la consommation humaine essentiellement en Asie orientale et centrale et dans une moindre mesure en Europe orientale (en Russie et dans la région du Danube) et depuis l'Asie occidentale jusqu'au Pakistan et à l'Inde (dans le Bihar et l'Andhra Pradesh). Il est parfois cultivé dans d'autres régions d'Europe et d'Asie et en Amérique du Nord, où il est surtout une source de nourriture pour les oiseaux de volière et les volailles ainsi que comme fourrage. En Afrique tropicale, il est cultivé en Ethiopie, à l'est du Kenya, au Malawi, au Botswana, au Zimbabwe et à Madagascar. Il est également signalé au Lesotho. Il semblerait que son importance au Kenya ait décliné depuis les années 1950, par suite de l'avancée de la culture du maïs. Largement naturalisé, le millet commun est parfois une mauvaise herbe gênante, par ex. aux Etats-Unis et en Russie.

Usages

Les grains de millet commun décortiqués se mangent entiers, cuits à l'eau comme du riz, ou grillés. On en fait aussi des bouillies, et leur farine sert à préparer des pains plats ou des chapattis. Seule la farine des types riches en gluten peut être utilisée pour faire des pains levés et des gâteaux ; la farine des autres types doit être mélangée à de la farine de blé. En Chine, où la farine de millet commun sert à faire du pain, on préfère les cultivars à albumen glutineux (cireux). En Mongolie, les grains se cuisent comme du riz et ce sont des cultivars non glutineux qui sont cultivés. En Ethiopie, on fait fermenter les grains pour préparer une sorte de boisson (le "tella"). Ailleurs, ils servent à confectionner de la bière et de l'eau-de-vie. Les grains servent à nourrir les animaux, porcs, volailles et oiseaux de volière notamment. La plante entière sert de fourrage. Mais la qualité de la paille est médiocre et en Inde on l'utilise plus souvent pour la litière du bétail. On en fait également des balais. L'amidon fourni par les grains servait autrefois à l'apprêt des textiles. Différents usages médicinaux du millet commun ont été répertoriés en Asie ; les graines servent d'adoucissant et de traitement pour les abcès et les furoncles, et des décoctions de tige et de racine se prennent en remède contre l'hématurie.

Production et commerce international

Les statistiques de production du millet commun sont peu abondantes parce qu'on les agrège généralement avec celles du mil et des autres millets. La production mondiale moyenne annuelle de millet commun en 1981–1985 a été évaluée à 4,9 millions de t, les principaux producteurs étant l'Union soviétique (2,3 millions de t), la Chine (1,6 million de t) et l’Inde (0,5 million de t). La production annuelle en 1992–1994 a été estimée à 4 millions de t. En Afrique tropicale, la production de millet commun est très faible comparé à celle du mil (Pennisetum glaucum (L.) R.Br.) et de l'éleusine (Eleusine coracana (L.) Gaertn.), mais on ne dispose d'aucune statistique.

Par rapport au commerce mondial des céréales, le marché international des divers millets est insignifiant. Il se montait entre 1999–2003 à environ 250 000 t/an. La part du millet commun sur la totalité des échanges de millets a été estimée aux deux-tiers. La majeure partie du millet commun qui entre dans le commerce international est importée par les industries des aliments pour animaux de compagnie des pays industrialisés, où il sert de nourriture aux oiseaux. Etant donné que les rendements sont relativement faibles, le prix du millet sur le marché mondial est généralement plus élevé que celui des autres céréales ; du fait de la taille réduite de son commerce international, les prix sont instables.

Propriétés

Le millet commun contient par 100 g de partie comestible : eau 8,6 g, énergie 1582 kJ (378 kcal), protéines 11,0 g, lipides 4,2 g, glucides 72,9 g, fibres alimentaires 8,5 g, Ca 8 mg, Mg 114 mg, P 285 mg, Fe 3,0 mg, Zn 1,7 mg, vitamine A 0 UI, thiamine 0,42 mg, riboflavine 0,29 mg, niacine 4,7 mg, vitamine B6 0,38 mg, folates 85 μg, acide ascorbique 0 mg. La composition en acides aminés essentiels par 100 g de partie comestible est : tryptophane 119 mg, lysine 212 mg, méthionine 221 mg, phénylalanine 580 mg, thréonine 353 mg, valine 578 mg, leucine 1400 mg et isoleucine 465 mg. Les principaux acides gras sont (par 100 g de partie comestible) : acide linoléique 2015 mg, acide oléique 739 mg, acide palmitique 528 mg, acide stéarique 145 mg et acide linolénique 118 mg (USDA, 2004). Les grains ont un contenu en fibres indigestes relativement élevé, parce que les graines sont enfermées dans des enveloppes que les procédés classiques de meunerie réussissent mal à ôter. Le grain de millet commun décortiqué a une saveur qui rappelle un peu la noisette.

On considère que les cultivars non glutineux de millet commun conviennent au régime alimentaire des personnes souffrant de maladies cœliaques. Des essais sur des rats indiquent que les protéines de millet commun pourraient servir d'aliment préventif contre certains types d'hépatite. On a découvert que le millet commun provoquait des réactions allergiques chez les personnes qui ont des oiseaux.

Description

  • Graminée annuelle érigée atteignant 1,2(–1,5) m de haut, le plus souvent tallant abondamment et poussant en touffe, à système racinaire assez superficiel ; tige cylindrique, simple ou modérément ramifiée, glabre à diversement poilue.
  • Feuilles alternes, simples ; gaine diversement poilue ; ligule membraneuse d'environ 1 mm de long, ciliée ; limbe linéaire-lancéolé, de 10–42 cm × 0,5–2,5 cm, diversement poilu, à 3–6 nervures de part et d'autre de la nervure médiane.
  • Inflorescence : panicule mince de 10–30(–45) cm × 5–15 cm, lâche ou compacte, érigée ou retombante.
  • Epillets solitaires, pédicellés, ovoïdes-ellipsoïdes, de 4–6 mm de long, à 2 fleurs, glabres ; glumes inégales, glume supérieure aussi longue que l’épillet, à nervures nombreuses ; fleur inférieure stérile, fleur supérieure bisexuée et à lemme et paléole épaisses et larges (d'environ 2 mm), lodicules 2, étamines 3 et ovaire supère à 2 stigmates plumeux.
  • Fruit : caryopse (grain), largement ovoïde, atteignant 3 mm × 2 mm, lisse, diversement coloré mais souvent blanc, enfermé dans la lemme et la paléole persistantes, et s'égrenant facilement.

Autres données botaniques

Le genre Panicum est vaste et comprend environ 470 espèces, qui se rencontrent principalement dans les régions tropicales et subtropicales, certaines espèces allant jusqu'aux régions tempérées. Panicum miliaceum est une espèce complexe qui comporte des types aussi bien sauvages que cultivés. Dans la littérature, les deux groupes suivants ont été classés comme des sous-espèces : subsp. ruderale (Kitag.) Tzvelev qui regroupe tous les types spontanés, sauvages et adventices, et subsp. miliaceum qui comprend les types cultivés. Ces derniers ont parfois été classés dans un groupe de cultivars : le Groupe Millet commun. Les types sauvages possèdent des panicules lâches, des épillets à pédicelle généralement articulé et des lemmes étroites, tandis que les types cultivés ont des panicules soit lâches soit comprimées, des épillets à pédicelle non articulé et des lemmes plus larges. Le véritable type sauvage est originaire de la Chine centrale et on le considère comme l'ancêtre des types cultivés. Dans les régions tempérées d'Europe, d'Asie et des Etats-Unis, on trouve cependant des types sauvages qui diffèrent du type sauvage chinois, qui proviennent probablement des types cultivés et qui ont retrouvé leur capacité à disperser naturellement leurs semences, se répandant comme des adventices.

Le millet cultivé comprend de nombreux cultivars et variétés locales ; 5 groupes ont été distingués, principalement sur la base de la taille et de la morphologie des inflorescences. Au sein de ces groupes, les cultivars se distinguent surtout par la couleur des grains (qui varie largement, de blanc à jaune, brun, rouge, jusqu'à quasiment noir) et par leur adaptation écologique.

Croissance et développement

Le millet commun mûrit en 45–90 jours. La levée des plantules se fait habituellement en 4–8 jours après le semis. C'est au cours de la phase végétative, généralement achevée en 16–20 jours après le semis, que le tallage a lieu et que les primordia de l’inflorescence sont initiés. A partir de là, il faut 20–25 jours à la plante pour fleurir sur la tige principale, mais cette période est un peu moins longue lorsque les températures sont élevées. La floraison s'accompagne d'une augmentation de la surface foliaire et d'un rapide allongement des entrenœuds de la tige. Le nombre de feuilles de la tige principale n'est pas le même selon les cultivars, mais chacun produit un nombre fixe de feuilles avant la floraison. Celle-ci se fait de haut en bas. Les fleurs sont normalement autofécondées, mais la fécondation croisée dépasse souvent les 10%. La période qui va de la floraison à la maturité des grains dure environ 20–30 jours et ne varie pratiquement pas d'un cultivar à l'autre. A la maturité du grain, la partie inférieure de l’inflorescence ainsi que la tige et les feuilles sont encore vertes. Le millet commun a une photosynthèse en C4.

Ecologie

Bien qu’il s’agisse d'une plante de régions tempérées, le millet commun possède une vaste capacité d'adaptation et on peut le cultiver dans des climats trop chauds et trop secs et sur des sols qui sont trop superficiels et trop pauvres pour d'autres céréales. Il se cultive plus au nord que tout autre millet, sa limite étant l'isotherme de juin de 17°C et l'isotherme de juillet de 20°C. Dans l'Himalaya, il est cultivé comme céréale jusqu'à 3000 m d'altitude. Il est sensible au gel. Le millet commun est parmi les céréales qui ont les plus faibles besoins en eau. Une pluviométrie annuelle moyenne de 200–450 mm lui suffit, mais 35–40% des précipitations doivent tomber pendant la période de croissance. La plupart des sols conviennent au millet commun, à l'exception du sable grossier.

Multiplication et plantation

Le millet commun se reproduit par graines. Le poids de 1000 graines est de (4, 7–)5(–7,2) g. Les graines de millet germent bien à des températures de 10–45°C, les meilleurs résultats étant obtenus entre 35°C et 40°C. Les graines se sèment à la volée ou en lignes espacées de 20–25 cm et à une distance de 7,5 cm sur la ligne. Ceci correspond à une densité de semis de 8–12 kg/ha. Au Kenya, la densité de semis recommandée pour la plantation en sillons est de 4 kg/ha, en laissant 30 cm entre les lignes et 10 cm entre plantes sur la ligne. Le lit de semis doit être humide, bien ferme et débarrassé des mauvaises herbes. Pour obtenir une germination optimale, il faut faire tremper les semences dans l'eau pendant 24 heures et les planter à 4 cm de profondeur maximum. En Inde, on pratique parfois le repiquage. Il est moins important de semer le millet commun tôt dans la saison des pluies que pour des céréales comme le sorgho et le mil, parce qu'un semis tardif n'entraîne qu'une faible perte de rendement. Habituellement, le millet est cultivé en culture pure, mais on peut l'associer à d'autres céréales ou à des légumes secs.

La régénération du millet commun in vitro est possible en milieu de Murashige et Skoog, en utilisant des embryons excisés, des apex de rameaux ou des segments de jeunes inflorescences.

Gestion

Les premières semaines qui suivent le semis sont critiques dans la culture du millet commun, car la croissance initiale est lente, ce qui rend la compétition avec les adventices difficile. Au Kenya, il est recommandé de procéder à un premier désherbage au bout de 2–3 semaines après la levée et à un second 2 semaines plus tard. On sait peu de choses sur la façon dont le millet réagit aux engrais. En Inde, les doses d'engrais recommandées sont de 20–40 kg N, 20 kg P et 0–20 kg K par ha. Le millet est habituellement une plante de culture pluviale, mais en Inde il est parfois irrigué. En Russie, sa culture se fait généralement en rotation avec une graminée fourragère, du blé ou de l'orge. Au Bangladesh, la rotation peut se faire avec un légume sec, du blé, du jute, du riz, des pommes de terre ou un Brassica.

Maladies et ravageurs

Le millet commun est relativement peu sujet aux maladies et ravageurs. La maladie la plus importante est le charbon (Sphacelotheca destruens et Ustilago spp.). Parmi les mesures de lutte, il faut citer le traitement des semences avec des fongicides (sulfate de cuivre) et la rotation des cultures. Les autres maladies répertoriées sont l'anthracnose (Colletotrichum graminicola), la piriculariose (Pyricularia grisea), le mildiou (Sclerospora graminicola), l'ergot (Claviceps spp.), la rouille (Puccinia et Uromyces spp.), l'helminthosporiose (Helminthosporium sp.) et la pourriture du collet (Sclerotium rolfsii). La bactérie Xanthomonas holcicola peut provoquer la mélanopathie, un brunissement de l'albumen.

Le millet commun peut être la proie des asticots de la mouche du millet (Atherigona miliaceae), qui font de gros dégâts en s'attaquant au point de croissance. L'infestation, qui commence généralement au stade du semis, peut aussi survenir chez des plantes plus âgées. Des lignées tolérantes ont été identifiées en Inde. Parmi les autres ravageurs qui peuvent être gênantes, il faut citer les foreurs des tiges (Chilo partellus, Chilo suppressalis et Sesamia inferens), des moucherons, des punaises, des légionnaires, des sauterelles et des termites. Les oiseaux et les rats peuvent aussi détruire une partie considérable de la récolte.

Récolte

Le millet commun est prêt à être récolté lorsque la graine atteint une teneur en eau de 14–15%. Il faut éviter de récolter tard car les épis s'égrènent facilement si on les laisse trop mûrir. Mais une récolte prématurée aboutit par ailleurs à une diminution de rendement et de qualité. Les plantes se récoltent habituellement par arrachage et on procède immédiatement au battage pour éviter toute perte de grains. Si la récolte a lieu pendant la saison des pluies, lorsque l'humidité relative est élevée, les grains doivent être séchés jusqu'à un taux d’humidité de 14%. A la maison, ce séchage se fait généralement au-dessus du feu.

Rendement

Les rendements moyens du millet en culture pluviale sont de 400–700 kg/ha. Avec des pluies suffisantes et un sol fertile, ou avec une irrigation et des apports en engrais, on a obtenu des rendements de plus de 2 t/ha. Le taux d'extraction en meunerie est de 70–80%.

Traitement après récolte

Le grain de millet commun se conserve bien pendant 5 ans. Sa petite taille le met à l'abri des insectes. En Inde, il est conservé dans des greniers aux parois d'argile ou dans des jarres ; le grain est parfois mélangé à de la cendre ou brièvement passé au four avant d'être stocké. Il doit être conservé à une teneur en eau de 13% maximum.

Ressources génétiques

Les plus grandes collections de ressources génétiques de Panicum miliaceum sont détenues en Russie (Institut Vavilov, St. Petersbourg ; environ 9000 entrées), en Chine (Institute of Crop Germplasm Resources (CAAS) de Pékin, environ 7500 entrées) et en Ukraine (5000 entrées à l’Institute of Plant Production de Kharkiv ; 3500 entrées à l’Ustimovskaya Experimental Station for Plant Cultivation d'Ustimovka). En Afrique tropicale, des entrées sont détenues au Kenya (National Genebank of Kenya, Crop Plant Genetic Resources Centre, KARI, à Kikuyu). En Chine, on évalue les ressources génétiques du millet commun pour la résistance au charbon, la tolérance au sel et les qualités nutritionnelles. Sur les 4200 entrées décrites en Chine, 53% étaient non glutineuses.

Sélection

Au Kenya, des travaux de sélection ont été menés sur des lignées locales et des lignées obtenues auprès de l’ICRISAT. Le cultivar recommandé au Kenya est ‘KAT/PRO-1’, mis au point par le Kenya Agricultural Research Institute (KARI). Il a été sélectionné à partir de ‘N40101’, une introduction provenant de l'ancienne Union soviétique et reçue par l'intermédiaire de l'ICRISAT. ‘KAT/PRO-1’ a été obtenu en sélectionnant des individus à talles érigées, grandes inflorescences et gros grains, puis en appliquant des cycles répétés de sélection massale sur la descendance pour les mêmes caractères et un potentiel élevé de rendement. Ce cultivar est autogame et possède une inflorescence ouverte et des grains de couleur crème. Il a la faculté de s'arrêter de croître lorsqu'il est soumis à un fort stress hydrique, mais il repart vite et se remet à pousser dès que l'origine du stress disparaît. Il peut se cultiver jusqu'à 2000 m d'altitude, atteindre 80 cm de haut, fleurir en 40–50 jours, et mûrir en 65–80 jours, en fonction de l'altitude et de la saison. Le rendement moyen de ‘KAT/PRO-1’ était de 1400 kg/ha, ce qui représente 50% de plus que la moyenne des cultivars locaux.

Les programmes d'amélioration en Inde et en Russie visent une productivité plus élevée (résistance à la sécheresse et précocité ou tardivité), la résistance aux maladies (en particulier au charbon) et la qualité du grain (taille et forme uniformes, albumen jaune à forte teneur en caroténoïdes). La principale méthode d'amélioration employée en Russie est l'hybridation intraspécifique. La morphologie florale du millet commun (petites fleurs enserrées par la lemme et la paléole) rend difficile la castration avant l'anthèse et le croisement artificiel, mais des techniques ont été mises au point aux Etats-Unis, et depuis 1984 plusieurs cultivars ont été mis sur le marché. Aux Etats-Unis, les efforts d'amélioration portent sur la production de cultivars à haut rendement, à récolte plus facile et à gros grains. De plus, des génotypes à amidon cireux (qui servent à faire un pain cuit à la vapeur en Asie du Sud-Est) sont actuellement mis au point pour élargir le potentiel d'exportation du millet aux Etats-Unis.

Le croisement interspécifique de Panicum miliaceum avec plusieurs autres espèces de Panicum a donné lieu à des embryons anormaux, qui ont pu être sauvés par la culture d'ovaires in vitro. La stérilité du pollen de la descendance hybride pourrait en partie être surmontée par une multiplication in vitro.

Perspectives

La production du millet commun est en déclin et dans l'alimentation humaine cette espèce est remplacée par d'autres céréales, notamment le riz, le blé et le maïs. Mais il demeurera un aliment de base important dans les régions semi-arides, où les autres céréales ne peuvent pratiquement pas être cultivées. Le millet est considéré comme une culture précoce potentiellement utile pour les régions sèches de l'Afrique tropicale, qui peut combler la période de soudure avant la récolte des céréales principales. Les inconvénients principaux sont les faibles bénéfices dus aux besoins élevés en main-d'œuvre (surtout pour éloigner les oiseaux, mais aussi pour semer et désherber), les faibles rendements, le peu d'usages alternatifs, les habitudes alimentaires existantes, ainsi qu'un manque d'information sur cette culture. Des mesures destinées à réduire le tallage, telle que la diminution de la distance entre les lignes, donnent une maturité plus homogène et réduisent les besoins en main-d’œuvre pour éloigner les oiseaux. Le marché à l'export pour les millets en général va rester limité, parce que les prix ont tendance à être trop élevés par rapport à ceux des autres céréales. Mais le développement des marchés de niche, comme celui de l'amidon cireux pour les marchés asiatiques, pourrait accroître le potentiel à l'export du millet commun.

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Sources de l'illustration

  • van der Hoek, H.N. & Jansen, P.C.M., 1996. Panicum miliaceum L. cv. group Proso Millet. In: Grubben, G.J.H. & Partohardjono, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 10. Cereals. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 115–119.

Auteur(s)

  • R.N. Kaume, P.O. Box 583, 90200 Kitui, Kenya

Citation correcte de cet article

Kaume, R.N., 2006. Panicum miliaceum L. In: Brink, M. & Belay, G. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 14 novembre 2018.


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