Ormosia krugii (Rollet, Antilles)
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Ormosia krugii Urb. Symb. Ant. 1 : 320 (1899).
Noms vernaculaires : Fr : Caconnier blanc (Dominique) ; Caconnier rouge, Angelin palmiste, angelin bâtard (Martinique) ; Caconnier blanc (Guadeloupe) ; Bois nan non (Haïti). Note : Les noms vernaculaires Caconnier rouge etc. doivent être évités et réservés à O. monosperma en Martinique). Esp : Palo de matos (Puerto Rico) ; Palo peronia, Peronila (St Domingue).
Description : Grand arbre atteignant 25 m de haut et 60 cm de diamètre. Pied : pattes aliformes 0,4 m de haut (diamètre 19 cm). Écorce : épaisseur totale 2-3 mm pour un diamètre de 19 cm. Aspect externe : jaune rougeâtre à marron, sublisse ; petites lenticelles ; liège mince, gratté : d’abord carmin puis orange. Écorce vivante : structure confuse à cause de la minceur de l’écorce ; partie externe fibro-grumeleuse carminé avec bandes étroites carmin tangentielles en chicane ; partie intermédiaire : rayons sinueux obscurément élargis ; zone interne nacré gris. Pas d’exsudat mais après quelques jours la section montre une abondante gelée translucide. Aubier : jaune d’or, parsemé en section transversale de parenchyme aliforme, chaque massif avec 1-3 pores ; cœur marron. Feuilles : alternes, imparipennées, jusqu’à 1 m de long ; 5-9 folioles ovales, en coin ou un peu cordiformes à la base, cuspidées au sommet, 8-20 × 4-12 cm ; face inférieure fauve ; 13-18 paires de nervures secondaires. Fleurs : inflorescences en long racème très ramifié devenant ligneux, atteignant 30 cm de long ; corolle violet sombre (étandard à tache blanche), étamines libres. Fruits : gousses de 4-10 × 2-3 cm, ligneuses, fauves peu ou très constrictées, avec les calices en coupe à 5 dents, terminées par un bec ; 1-4 graines d’env. 1 cm de diamètre, entièrement pourpre ou avec un point noir de taille très variable pouvant couvrir presque toute la graine. Phénologie : sempervirent. Fruits de janvier à juillet. Habitat : forêt hygrophile entre 100 et 800 m sur pentes ou en bord de rivière.
Usages : Bois léger, mou, peu résistant, très sensible aux termites ; cœur saumon peu distinct de l’aubier. Meubles, constructions intérieures, caissage, charpente, caisserie, menuiserie (LONGWOOD).
Distribution générale : Hispaniola, Puerto Rico ; Petites Antilles.
Distribution aux Petites Antilles : Guadeloupe, Dominique.
Matériel examiné : BT : BÉNA s.n., environs de Petit-Bourg, 100 m (P) ; ROLLET 96, Trace des Contrebandiers (Pointe Noire), 200 m (GUAD) ; ROLLET 1187, Maison de la Forêt, 250 m (GUAD) ; ROLLET 1340, Forêt de Guyonneau, 200 m (GUAD) ; ROUSTEAU 54, Trace des Crêtes, 550 m ; ROUSTEAU 635, Maison de la Forêt, 250 m (GUAD). D : NICOLSON and al. citent 2 récoltes effectuées en forêt dense entre 120 et 750 M : NICOLSON 2072, BIBIAY et BEARD 240, Riversdale.
Observations : G : Trace Victor HUGHES au vent, 400 m ; et sous le vent, 700 m (ROLLET). D : entre Roseau et Marigot (ROLLET).
Bibliographie : (*Iconographie). ADAMS 1972 ; BARKER & DARDEAU 1930 ; BEARD 1944, 1949 ; BRITTON & WILSON 1924 ; DUSS 1897 ; FOURNET* 1978 ; HOWARD 1988 ; LIOGIER* 1985 ; LONGWOOD 1961 ; LITTLE & WADSWORTH* 1964 ; NICOLSON and al. 1991.
Note : DUSS a, à tort, mélangé les 2 espèces krugii et monosperma sous le nom de O. dasycarpa Jacks.
Anatomie du bois
- 6-8-29-30-(58)-70 (Voir la signification des codes)
Ormosia krugii, Ormosia monosperma :
- Bois parfait beige à peine différencié de l’aubier, tendre et léger (0,40 à 0,60 g/cm3, O. krugii), ou brun rose à brun rouge, bien distinct de l’aubier blanc jaunâtre, mi-dur et mi-lourd (0,75 à 0,80, O. monosperma), à grain plutôt grossier, maille fine peu visible.
- Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, au nombre de 2 à 6 par mm2, visibles à l’œil nu (diamètre moyen de 150 à 180 μm chez O. monosperma, plutôt supérieur à 200 μm chez O. krugii). Perforations des éléments vasculaires uniques ; ponctuations intervasculaires ornées, de 8 à 10 μm de diamètre.
- Parenchyme associé aux pores en manchon losangique (O. krugii) ou aliforme et anastomosé (O. monosperma). Lignes fines terminales observées dans cette dernière espèce. Files de cellules, parfois très localement étagées, composées de (2)-4 éléments dont certains recloisonnés et cristallifères.
- Rayons non étagés, 1- et 2-sériés, au nombre de 5 à 7 par mm, de structure sub-homogène ou parfois très légèrement hétérogène. Ponctuations radiovasculaires identiques en taille aux intervasculaires.
- Fibres à ponctuations simples.