Lonchocarpus pentaphyllus (Rollet, Antilles)
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Lonchocarpus pentaphyllus (Poir.) DC. Prod. 2 : 259 (1825).
- Nom accepté : Lonchocarpus heptaphyllus
Basionyme : Dalbergia pentaphylla Poiret, in Lam., Encycl. Suppl. 2 : 445 (1811).
Synonymes : Lonchocarpus latifolius DC. (1825).
Noms vernaculaires : Fr : Savonnette grand-bois (Guadeloupe, Martinique) ; Savonnette grandes feuilles (Guadeloupe, Martinique, Dominique) ; Savonette (Ste-Lucie) ; Savonnette jaune (Trinidad) ; Battre à caïman (Haïti). A : Dogwood (Antigua, St Kitts, Barbuda) ; Douche wood (Barbuda) ; Mandogwood (Antigua) ; Yellow savonnette (Ste-Lucie). Esp : Palo hediondo (litt. : Bois puant), Retama (Puerto Rico).
Description : Arbre atteignant 10 m de haut et 50 cm de diamètre (cours inférieur du Galion, Guadeloupe). Pied : pas de pattes. Écorce : épaisseur totale 5 mm pour un diamètre de 35 cm. Aspect externe : gris verdâtre, sublisse. Liège mince, gratté : verdâtre. Rhytidome : caduc, mince. Écorce vivante : structure confuse ; rayons élargis en entonnoir, blancs, à contours peu nets (avec à l’intérieur des petits massifs orange disséminés) ; séparent les secteurs de phloème jaune où les rayons secondaires sont fins, subvisibles. Odeur nauséeuse de lessive. Aubier : jaunâtre ; en section transversale : bandes brun clair un peu ondulées de parenchyme circummédullaire ; rayons très fins, serrés. Feuilles : alternes, imparipennées, 5-7 folioles de 6-15 × 3,5-8 cm ; révolutées, acumen net, à consistance de cuir (se défroisse après froissement) ; rachis canaliculé, folioles opposées plus grandes. Fleurs : nombreuses, en racèmes axillaires longs de 8-10 cm ; calice à 5 dents nettes, corolle rose-pourpre longue de 6-8 mm. Fruits : gousses groupées sur un long pédoncule, de 4-10 × 1-2,5 cm ; cartilagineux jaune à fauve, lancéolés ; 1 (rarement 2) graine. Phénologie : décidu (un des rares arbres décidus de la forêt d’altitude). Fleurs de mai à juillet. Fruits en avril et septembre à décembre ; fruit sur l’arbre presque toute l’année. Habitat : arbre rivulaire (DUSS) entre 0 et 700 m ; forêt semi-décidue et forêt dense, base de la forêt d’altitude. Tempérament : rivulaire non exclusive ; rejette bien. Plantule : Type IX (ou VII). Les cotylédons succulents restent au sol. La croissance de l’épicotyle produit souvent deux feuilles opposées au premier nœud puis des feuilles alternes. Cependant, les deux premières feuilles sont très fréquemment alternes. De même, le nombre de folioles des premières feuilles varie de 1 à 3, selon les individus. Assez rapidement, au plus tard à partir du 4e nœud, les feuilles sont trifoliolées. Ces feuilles sont pourvues de très petites stipules (L < 1 mm). L’ensemble de la plantule est couvert d’un duvet fin, sauf la face supérieure des folioles. Des nodules racinaires (Ø ≈ 2 mm) caractérisent le système racinaire. La graine (2 cotylédons réniformes) reste à l’intérieur de la gousse monosperme. L’épicotyle porte deux feuilles opposées trifoliolées puis des feuilles alternes diversement composées. Le nombre de folioles tend à s’accroître avec le rang des feuilles, il peut régresser à l’occasion de rythme de croissance. Les racines de la plante âgée se garnissent de nodules vraisemblablement bactériens. [Dessin de plantule in LUBBOCK].
Usages : Bois rougeâtre. Meubles, construction, menuiserie, pilots, bois de feu, piquets (LITTLE & WADSWORTH). Charronnage (QUESTEL 1951). Stupéfiant pour les poissons (HODGE & TAYLOR) ; les fruits et racines seraient insecticides (LITTLE & WADSWORTH). Mellifère.
Distribution générale : Cuba, Jamaïque, Hispaniola, Puerto Rico, Trinidad. Amérique tropicale continentale du Mexique aux Guyanes et au Brésil.
Distribution aux Petites Antilles : St Kitts, Nevis, Barbuda, Antigua, Guadeloupe (Basse-Terre et Grande- Terre), Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St Vincent, Grenadines, Grenade.
Matériel examiné : BT : BÉNA 628, source du Galion (P) ; BÉNA 644 s.loc. (P) ; PERROTTET 224, s.loc. (P), Soufrière, 620 m ; QUESTEL 2254, Bains Jaunes (P) ; QUESTEL 2482, embouchure Carbet (P) ; QUESTEL 4899, Marigot, 500 m (P) ; QUESTEL 5031, Rivière rouge (P) ; RICHARD s n., Bouillante (P) ; RODRIGUEZ 2862, Matouba, 800 m (P) ; ROLLET 34, Trace Victor Hugues, 650 m (GUAD) ; THIÉBAUT s.n., Camp Jacob (P) ; ROLLET 173, 875, bord Rivière Bras David, 250 m (GUAD) ; ROLLET 1194, Rivière rouge (P) ; ROUSTEAU 389, 800, Trace Victor Hugues, 650 m (GUAD) ; STEHLÉ 1147, Goyave (P). D : EGGERS 743, Prince Rupert, Sugar Loaf (P). NICOLSON and al. citent 5 spécimens (sous L. heptaphyllus). M : BÉLANGER 301, s.loc. (P) ; HAHN s.n., Case Pilote (P) ; HAHN 1501, Rivière Case Navire (P) ; MOURET 450, environs Fort-de-France (P) ; PLÉE s.n., Trinité (P) ; ROLLET 1639, Morne Bigot, 350 m (GUAD) ; STEHLÉ 373, Céron à Grand Rivière 100-150 m (P).
Observations : SK : pente Sud South Range, 200-400 m (FIARD & ROLLET). At : Boggy Peak, 150 m (ROLLET). BT : Cours inférieur du Galion, 30 m ; Matouba, 660-800 m ; St Claude, 620 m (ROLLET). M : Morne Rose, 600 m ; Anse Couleuvre, 50 m ; Base Morne Platine ; Rivière Le Lorrain, 200 m ; Entre Grand-Rivière et Petit Morne, 300-400 m (FIARD & ROLLET). SL : Louvet, 150 m ; Mamiku, 330 m ; Mark, 300 m ; Quilesse, 450 m ; Chassin, 250 m ; Grand Magazin, 400 m (ROLLET). Gs : Carriacou (BEARD 1949).
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Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). ALLEN 1956 ; BARKER & DARDEAU 1930 ; BEARD 1944, 1949 ; BRITTON & RENDLE 1924 ; DUSS 1897 ; FAWCETT & RENDLE* 1920 ; FOURNET* 1978 ; GOODING and al. 1965 ; HODGE & TAYLOR 1947 ; HOWARD 1988 ; HOYOS** 1983 ; LIOGIER 1985 ; LUBBOCK* 1892 ; LITTLE & WADSWORTH* 1964 ; MARSHALL 1939 ; NICHOLSON 1979 ; NICOLSON and al. 1991 ; QUESTEL 1941, 1951.
Anatomie du bois
- 2-3-9-12-15-(29)-30-33-(51)-58-66-68-69 (Voir la signification des codes)
Lonchocarpus punctatus, Lonchocarpus pentaphyllus :
- Bois parfait brun rosé à reflets cuivrés (L. pentaphyllus) bien distinct de l’aubier blanc jaune, dur et lourd (0,80-1,00 g/cm3), à grain moyen à grossier, maille très fine, étagement des éléments difficilement perceptible, contrefil assez fréquent.
- Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2, au nombre de 3 à 7 par mm2, distincts à l’œil nu (120 à 220 μm de diamètre moyen). Perforations des éléments vasculaires uniques ; ponctuations intervasculaires ornées, de 6 à 8 μm de diamètre.
- Parenchyme rare en début d’accroissement (associé aux pores) puis en bandes courtes à longues, reliant ou non les pores dans le reste de l’accroissement qui est limité par une fine ligne terminale. Files de cellules étagées, composées de 1 ou 2 éléments, dont certains recloisonnés et cristallifères.
- Rayons étagés, 2- à 4-sériés, au nombre moyen de 6 ou 7 par mm, de structure homogène. Ponctuations radiovasculaires identiques en taille aux intervasculaires.
- Fibres à ponctuations simples.