Les témoins (cookies) nous aident à fournir nos services. En utilisant nos services, vous acceptez notre utilisation des témoins.

Lauraceae (Rollet, Antilles)

Hernandia sonora
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Aniba bracteata

[488]

LAURACEAE


La famille ne comprend que des grands arbres (au moins 22 espèces ; Ocotea alpina exclu), tous sempervirents et dans toutes les formations, mais surtout en forêt dense et d’altitude.

Les espèces sont difficiles à distinguer sans les fruits, surtout les Ocotea). L’écorce et la F. sont souvent odorantes ; la nervation caractérise grosso modo la famille. Certaines espèces ont un port étagé ou des racines aériennes ; F. simple, entière, alt. typiquement lancéolée, coriace. Exceptionnellement les feuilles sont étroitement lancéolées (Aniba) ou larges (Beilschmiedia, Endlicheria, Ocotea imrayana). La taille va des feuilles petites (Licaria, 5 × 2 cm, Ocotea eggersiana) à de grandes F. (Beilschmiedia, Endlicheria, Ocotea imrayana, O. jacquini, O. dominicana, 35 × 20 cm).

Plantules : La famille, remarquablement homogène à de nombreux égards, l’est aussi pour la structure plantulaire (type VII). Si la détermination des espèces est délicate, une petite habitude suffit pour reconnaître l’appartenance d’une plantule à la famille des Lauraceae . Le bourgeon apical, surtout lorsqu’il est en repos, est très petit par rapport à l’épaisseur des pétioles de feuilles épanouies ; les pétioles ont une forme en S et s’évasent vers le bas au niveau de leur insertion sur l’axe.


Clé des Lauraceae

N.B. : Cette classification doit beaucoup à la collaboration de J. P. FIARD.

Famille à F. simples, entières, alternes en hélice tout au long du rameau, typiquement lancéolées à nervation brochidodrome (il y a d’autres formes), en général coriaces et sans odeur, à pétiole court (1 à 2 cm). L’odeur est à rechercher dans la section de l’écorce et le bois, mais elle n’est pas générale sur le bois frais.

Avec un peu d’habitude, on peut, sur le vu d’une feuille et mieux d’un rameau feuillé, dire s’il s’agit d’une Lauracée.

La clé est basée exclusivement sur la feuille, l’écorce et le pied, subsidiairement sur le type de forêts ; mais il faut reconnaître que le Fr. est souvent très utile pour une détermination sûre.

Nombre total d’espèces traitées : 23 + 1 forme + 3 spp. ? : Aniba : 2 esp. ; Beilschmiedia : 1 esp. ; Cinnamomum (Syn. : Phoebe) : 2 esp. (3 si on distingue C. cubensis, souvent rattaché à C. elongatum) ; Endlicheria : 1 esp. ( + 1 forme à F. plus petite) ; Licaria : 3 esp. ; Ocotea : 12 esp. + 1 sp. nov. ? + 1 esp. douteuse : O. foeniculacea ; Persea : 1 esp.


Caractères généraux

Espèces en général à croissance rapide, héliophiles, cicatricielles ; plutôt rares en zones sèches. Leur abondance en forêt indique une phase de reconstitution après perturbation (cyclones, éruption volcanique, exploitation abusive). Dans une forêt climacique, les représentants de la famille des Lauracées sont de grands arbres disséminés. La forêt montagnarde des Petites Antilles, probablement parce que son relief n’est pas très élevé, ne compte qu’un petit nombre d’espèces de Lauracées qui lui sont propres.

Distribution des espèces par formations, avec leur amplitude altitudinale en centaine de mètres.
Zones sèches et mésophiles
(4 + 1 esp. ?)
Forêt dense de basse et moyenne altitude* (9 + 1 esp. ?) Forêt d’altitude (au dessus de 600 m* ) (2 esp. sans les transgressives) Forêts humides (espèces transgressives dans deux formations ou plus). Espèces ubiquistes (7 esp. + 3 spp. dans les listes précédentes)
Cinnamomum cubensis ? 0/3
Licaria salicifolia 0/1
Licaria sericea 2/3
Licaria triandra 0/2
Ocotea coriacea 0/3
Aniba bracteata 0/7 -------x
Cinnamomum elongatum 1/6
Cinnamomum falcatum 5/7 ----x
Ocotea sp. nov ? 5
Ocotea eggersiana 1/6
Ocotea floribunda 0/5
Ocotea imrayana 2/6
Ocotea krugii 5/8 -------x
Ocotea martinicensis 1/6
Aniba ramageana 4/5
Ocotea jacquinii 6/11
Beilschmiedia pendula 2/8
Endlicheria sericea 0/10
Ocotea cernua 0/8
Ocotea dominicana 1/9
Ocotea leucoxylon 2/9
Ocotea membranacea 0/9
Ocotea patens 2/9
  • La limite de 600 m est arbitraire.

+ 3 espèces déjà dans les 3 premières listes : Aniba bracteata, Cinnamomum falcatum, Ocotea krugii.


[489]

1. Forêts sèches et semi-décidues (mésophiles)
N.B. : Certaines esp. comme O. cernua, Cinnamomum elongatum existent aussi en forêt dense.
   2. F. petites, moins de 7 cm²
      3. Tomentum à la face inf.
         4. F. étroitement lancéolée ; moins de 2, 5 cm large ; nerv. saillantes sur les 2 faces ; écorce noirâtre, loqueteuse-soulevée ; tranche à odeur d’encaustique. Licaria salicifolia
         4. Non ainsi. Présence à Dominique, Martinique, Ste-Lucie (absent de Guadeloupe). Licaria sericea
      3. Face inf. glabre. St-Barth, Martinique. Licaria triandra
   2. F. de taille moyenne, entre 7 et 180 cm² ; écorce sublisse ; nerv. tertiaires finement réticulées
      3. Ecorce noire ; F. 13-19 × 4-7 cm à réticulum fin ; plutôt forêt mésophile et dense. Ocotea cernua
      3. Ecorce rougeâtre ; petits contreforts aliformes ; houppier vaguement étagé ; forêt mésophile. Cinnamomum cubensis
      3. Ecorce grise ; C. cubensis est souvent rattaché (peut-être à tort) à Cinnamomum elongatum qui a l’écorce grise et serait plutôt en forêt dense. Forêt sèche et mésophile semi-décidue ; écorce grise ± claire ; F. 5-11 × 3-4 cm ; réticulum des nerv. tertiaires assez lâche. Ocotea coriacea
1. Forêts denses et d’altitude
N.B. : Ocotea cernua et Cinnamomum elongatum : voir ci-dessus.
   2. F. obovale jusqu’à 30 cm long. ; un peu cordiforme à la base (la plus grande F. et le plus gros Fr. de toutes les Lauracées des Petites Antilles) ; racines aériennes ; rameaux crêtés ou rainurés. La tranche de l’écorce émet (lentement) un mucilage. Ocotea dominicana
   2. F. oblancéolée subverticillée 15-40 × 4-9 cm (F. plus longue que les précédentes mais plus étroite).
N.B. : Une autre espèce à F. alt. lancéolée acuminée non verticillée 8 × 4, 5 cm (Aniba ramageana) a été observée en altitude en Dominique et Martinique, v. ci-dessous.
Aniba bracteata
   2. F. lancéolée large (en coin à la base, acuminée) ; tomentum ou pruine à la face inf.
      3. Tomentum mordoré à reflet soyeux ; 12-25 × 6-9 cm.
N.B. : Il existe une forme à F. [et Fr.] nettement plus petits, décrite sous le nom de Endlicheria guadalupensis et que HOWARDD rattache à E. sericea.
Endlicheria sericea
      3. Tomentum blanchâtre à la face inf. ; nerv. en creux à la face sup. ; Esp. rare d’altitude [Calice à 6 lobes bien distincts]. Persea urbaniana
      3. Pruine glauque ou bleuâtre à la face inf.
         4. F. froissée à odeur de pomme [le plus gros Fr. après O. dominicana] Ocotea jacquinii
         4. F. sans odeur particulière
           5. Ecorce sublisse marron foncé ; contreforts aliformes jusqu’à 1 m haut ; F. assez épaisse 14-21 × 6-9 cm ; bord révoluté. Ocotea leucoxylon
           5. Sur gros diam., écorce caduque en grandes plaques, laissant une surface sublisse orange vif. ; F. à pruine bleuâtre ; 10-16 × 7-9 cm ; 5 paires de nervures décurrentes sur la principale ; rameau vert bouteille, crêté, cassant [Fr. sans cupule, seul cas aux Petites Antilles]. Beilschmiedia pendula
   2. La plus petite F. des Lauracées de forêt humide : 3, 5-11 × 1, 5-4, 5 cm ; gris vert terne ; 3 à 4 paires nerv. saillantes sur les 2 faces avec domaties à l’aisselle, à la face inf. ; écorce sublisse marquée par de larges bandes de lichen grisâtre, section orange très odorante ; rameaux très cassants, houppier dense. Ocotea eggersiana
   2. F. non comme ci-dessus avec autres caractères remarquables
      3. F. glabre sans touffes de poils à l’aisselle des nerv. ; 4 à 5 paires de nerv. très décurrentes (asymptotique) sur la marge.
N.B. : Ocotea globosa (Aubl.) Schldl. & Cham. (= Nectandra antillana Meissn.) n’est pas aux Petites Antilles (HOWARD, 1981).
Ocotea membranacea
      3. Touffe de poils à l’aisselle des nerv. inf. à la face inf. de la F.
         4. Racines aériennes, souvent chevelu abondant ; rameaux crêtés [Fr. cylindrique dans le prolongement de la cupule] Ocotea martinicensis
         4. Touffes de poils mais caractère inconstant ; écorce loqueteuse (soulevée), couleur chocolat terne ; petits contreforts aliformes. Ocotea patens
         4. Touffes de poils très courts à l’aisselle des nerv., aussi sur le pétiole fin (5 à 8 mm long) ; F. un peu inégale à la base, progressivement acuminée ; nerv. principale jaunâtre en relief à la face sup. ; nerv. secondaires peu visibles ; écorce gris foncé fissurée en grandes plaques rectangulaires. Aniba ramageana
      3. F. falciforme ; branches rayonnantes subhorizontales vaguement étagées (comme chez les 2 autres esp. C. elongatum, C. cubensis). Cinnamomum falcatum
      3. [Esp. difficiles à caractériser sans le Fr.]
         4. F. lancéolée, 3 à 9 cm de large ; nerv. secondaires déprimées à la face sup. ; pétiole jusqu’à 25 mm ; Guadeloupe et Martinique [Fr. ellipsoïde, cupule hémisphérique]. Ocotea krugii
         4. F. étroitement lancéolée, 2-3 cm de large ; épaississement calleux à l’aisselle des nerv. secondaires [cupule à marge double] ; esp. rare en Martinique, non vu en Guadeloupe. Ocotea floribunda
         4. F. lancéolée large, presque oblongue, 6-7 paires nerv. à peine acuminées, 11-16 × 4-6 cm ; Dominique et Martinique seulement. Ocotea imrayana


Notices par espèce :


LAURACEAE introduites