Lactuca sativa (PROTA)

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Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svg


Lactuca sativa L.



Protologue: Sp. pl. 2 : 795 (1753).
Famille: Asteraceae (Compositae)
Nombre de chromosomes: 2n = 18

Noms vernaculaires

  • Laitue (Fr).
  • Lettuce (En).
  • Alface (Po).
  • Saladi (Sw).

Origine et répartition géographique

L’origine de la laitue se situe en Turquie et dans le Caucase ou au Proche-Orient. Son ancêtre est probablement la laitue sauvage épineuse (Lactuca serriola L.), qui se croise facilement avec les formes cultivées. La laitue était connue comme légume dans la région méditerranéenne dès 4500 ans avant J.-C. ; elle a été représentée dans les tombes égyptiennes en 2500 ans avant J.-C. et était couramment cultivée comme légume par les Grecs et les Romains. En Europe occidentale, les types pommés sont connus depuis le XIVe siècle mais les types à feuilles non pommées sont connus depuis bien plus longtemps. Actuellement la laitue, principalement de type pommé, est le type de salade le plus cultivé au monde. Les salades sont traditionnellement plus appréciées dans les zones tempérées que sous les tropiques, mais la laitue prend de plus en plus d’importance en Afrique comme légume exotique de type européen, cultivé pour les marchés des villes, les supermarchés, les restaurants et les hôtels. On la trouve dans tous les pays africains, le plus fréquemment à des altitudes élevées et pendant la saison fraîche, et plus souvent dans les pays francophones que dans les pays anglophones.

Usages

La laitue est cultivée pour ses feuilles, qui sont habituellement consommées crues avec un assaisonnement de vinaigrette. Elle est parfois utilisée comme légume cuit, spécialement dans les basses terres. En Chine, une forme de laitue à tige épaisse est consommée comme légume cuit.

Production et commerce international

Au niveau mondial, la laitue est un des principaux légumes, avec une superficie enregistrée d’environ 880 000 ha et une production commerciale d’environ 20 millions de tonnes. Avec environ 370 000 ha, la Chine est le principal producteur, suivie par les Etats-Unis avec 125 000 ha. D’autres producteurs importants sont l’Union européenne, le Japon et l’Inde.

En Afrique tropicale, les salades sont moins appréciées et la production de laitue est modeste, bien que répandue. La consommation de laitue est concentrée dans les centres urbains, spécialement dans les pays francophones. Les données statistiques sur les superficies cultivées et la production en Afrique font défaut. Comme la laitue est un produit très périssable destiné à la consommation urbaine, elle est principalement produite à proximité des grandes agglomérations. En Afrique, elle est rarement sinon jamais commercialisée au niveau international.

Propriétés

Après élimination des feuilles externes d’une laitue iceberg fraîche, la composition de la partie comestible restante (83% du poids) par 100 g, est de : eau 95,6 g, énergie 53 kJ (13 kcal), protéines 0,7 g, lipides 0,3 g, glucides 1,9 g, fibres alimentaires 0,6 g, Ca 19 mg, P 18 mg, Fe 0,4 mg, βcarotène 50 μg, thiamine 0,11 mg, riboflavine 0,01 mg, niacine 0,3 mg, folate 53 μg, acide ascorbique 3 mg. La teneur en carotène des feuilles internes vert pâle à blanches est faible, alors que les feuilles externes vert foncé peuvent contenir 50 fois plus de carotène. En général, les types pommés avec un contenu en chlorophylle faible (feuilles vert pâle) contiennent moins de micronutriments que les types non pommés ; les types vert foncé contiennent des quantités bien supérieures de carotène, Fe et vitamine C. La composition de la laitue beurre par 100 g de partie comestible (76%) est la suivante : eau 94.4 g, énergie 52 kJ (12 kcal), protéines 0,99 g, lipides 0,96 g, glucides 1,2 g, fibres alimentaires 1,2 g, Ca 53 mg, Fe 1,5 mg, βcarotène 910 μg, thiamine 0,915 mg, riboflavine 0,903 mg, niacine 0,95 mg, folate 57 μg, acide ascorbique 7 mg (Holland, B., Unwin, I.D. & Buss, D.H., 1991).

La présence de nitrates libres est considérée comme un facteur de qualité négatif qui provoque des problèmes de santé chez les individus sensibles. Aux Pays-Bas, la teneur maximale de NO3 tolérée par la loi est de 2,5 mg par g de matière fraîche. La teneur en nitrate diminue avec l’augmentation de l’intensité lumineuse et ne pose pas de problème dans les pays tropicaux. La laitue contient un latex dans lequel plusieurs lactones ont été identifiés dont la lactucine et lactucopicrine, possédant toutes les deux des propriétés analgésiques et sédatives. De nombreux cultivars contiennent des anthocyanes.

Description

  • Plante herbacée annuelle, glabre, atteignant 100 cm de haut, contenant du latex, formant une rosette basale dense et ensuite une longue tige florifère ramifiée ; système racinaire superficiel, mais avec une forte racine pivotante charnue.
  • Feuilles de la rosette lâches ou disposées en pomme plus ou moins compacte ; pétiole court ; limbe entier à denté en scie ou pinnatifide, parfois frisé et frangé, vert pâle à foncé ou avec un pigment d’anthocyane rouge ou brun ; feuilles caulinaires disposées en spirale, sessiles, de plus en plus petites, à contour ovale à orbiculaire, entières, cordées-amplexicaules.
  • Inflorescence : capitule ; les nombreux capitules sont disposés en panicule corymbiforme dense, aplatie au sommet ; involucre de 10–15 mm de long, constitué de 3–4 rangs de bractées lancéolées ou ovales.
  • Fleurs 7–35 par capitule, bisexuées : corolle ligulée, jaune ; 5 étamines à anthères connées ; ovaire infère, 1-loculaire, style bifide.
  • Fruit : akène étroitement obovale de 3–8 mm de long, comprimé, côtelé, blanc, jaunâtre, gris, brun ou noir, avec un bec étroit, surmonté d’un pappus blanc de deux rangées égales de poils mous.
  • Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Il existe plusieurs centaines de cultivars, qui peuvent être groupés en types ou groupes de cultivars. Les cultivars de différents types peuvent être facilement croisés entre eux et des croisements spontanés se produisent. Il existe des types intermédiaires, qui rendent difficile un classement clair. Les 4 types suivants (définis comme groupes de cultivars dans PROSEA 8 : Vegetables) se trouvent en Afrique tropicale, classés par importance décroissante.

  • Laitue batavia (en anglais : crisp lettuce), aussi appelée : laitue iceberg. Feuilles épaisses et craquantes, les feuilles externes vert foncé, avec des nervures flabellées proéminentes ; la plupart des cultivars présentent des pommes fermes, lourdes, ressemblant à un chou pommé, pesant jusqu’à 1 kg, l’intérieur blanc à jaune crème. Il existe des types non pommés ou légèrement pommés. C’est le type de laitue le plus apprécié dans les régions tempérées chaudes et subtropicales, dans les hautes terres tropicales et durant la saison froide dans les basses terres tropicales. ‘Great Lakes’ est le cultivar standard du type, mais il y a plusieurs autres cultivars, par ex. ‘Reine des Glaces’ (précoce, résistant à la chaleur et à la montaison), ‘Minetto’ (très précoce, petit, résistant à la chaleur et à la nécrose marginale des feuilles) et ‘Trinity’ (compact, lourd, résistant à la chaleur, à la nécrose marginale, à la montaison, à Cercospora et Sclerotinia). La Batavia proprement dite est une laitue de type pommé d’origine française, avec des feuilles plus fines, ondulées, et des pommes moyennement lourdes pesant jusqu’à 500 g, fermes ou lâches. Elle est appréciée dans les pays francophones. Le cultivar standard du type est ‘Blonde de Paris’, et le cultivar traditionnel américain ‘Iceberg’ appartient aussi à ce groupe. Le cultivar africain ‘Blonde de Yamoussoukro’ a été obtenu en Côte d’Ivoire.
  • Laitue à couper : laitue frisée, laitue feuille de chêne. Feuilles fines, larges, lisses, frisées ou froissées, vertes ou rougeâtres, en rosette lâche ou sur une tige courte, commercialisée en bottes de 3–10 plantes. Courante dans les pays africains. Les cultivars standards de ce type sont ‘Salad Bowl’, ‘Simpson’, ‘Oakleaf’ (feuille de chêne), mais de nombreux autres existent.
  • Laitue beurre : laitue pommée proprement dite. Pomme ferme ou lâche à feuilles molles qui se recouvrent, vert pâle, feuilles internes fines, onctueuses, ayant la texture du beurre, légèrement ondulées. Pomme atteignant 350 g. Originaire de l’Europe de l’Ouest. La laitue beurre est un type de laitue apprécié dans les climats tempérés, mais moins commun sous les tropiques. Un cultivar standard du type est ‘Reine de Mai’, et il existe de nombreux cultivars, par ex. ‘Kagraner’ qui résiste à la chaleur.
  • Laitue romaine (en anglais : Cos lettuce). Longues feuilles étroites, formant une pomme cylindrique érigée. Consommée crue ou cuite. Originaire du Sud de l’Europe. Assez commune dans les pays francophones et au Soudan. Le cultivar standard du type est ‘White Parish Cos’ ; il n’existe que quelques cultivars, par ex. ‘Verte Maraîchère’.

Un cinquième type, non observé en Afrique tropicale, est la laitue asperge (en anglais : stem lettuce ou celtuce). Ce type est cultivé pour sa tige charnue épaisse de 3–6 cm et longue de 30–50 cm, qui présente une texture croquante et un léger goût de laitue. La tige porte de nombreuses feuilles avec une rosette au sommet ; les jeunes feuilles sont aussi comestibles. La laitue asperge est originaire de Chine et est appréciée dans l’est de l’Asie et localement en Asie du Sud-Est. Le cultivar standard du type est ‘Celtus’. La laitue oléagineuse est un type primitif avec des graines plus grosses, cultivée en Egypte pour l’huile alimentaire de cuisson extraite des graines.

Croissance et développement

La graine germe en 1–4 jours, à des températures de 15–25°C. Les jeunes graines de moins d’un mois présentent un peu de dormance qui retarde la germination. La graine de laitue présente souvent de la dormance lorsqu’elle a été stockée à température élevée et qu’elle est semée à une température du sol supérieure à 25°C, ce qui est une situation normale dans les basses terres tropicales. Le meilleur remède est de placer les graines humidifiées dans un réfrigérateur à 2–5°C pendant 1–3 jours. La croissance des jeunes plantes de laitue est exponentielle, lente au début et très rapide dans les dernières semaines avant le stade de récolte. La formation de la rosette devient apparente la troisième semaine après la levée, et la formation de la pomme deux semaines après chez les types pommés. Suivant les conditions de croissance et le cultivar, la pomme est complètement formée et prête pour la récolte environ deux mois après le semis. Les plantes commencent à monter en graines lorsqu’elles sont âgées de 2–3 mois. Le développement de l’inflorescence est stimulé chez les cultivars pommés par la suppression de la partie supérieure de la pomme. Le stade de floraison peut durer 1–2 mois. Les fleurs sont ouvertes 1–2 heures le matin et ne s’ouvrent pas toutes à la fois. La laitue est une plante autogame obligée. La fertilisation croisée spontanée est rare (moins de 1%). La graine mûrit en 9–13 jours après l’anthèse, selon la température. La production de graines est abondante, 10–30 g par plante.

Ecologie

La laitue vient mieux à des températures diurnes modérées de 15–25°C et des nuits fraîches de 10–15°C. Sous les tropiques, elle vient mieux sur les hautes terres et pendant la saison froide. Au-dessus de 25°C, les cultivars pommés forment habituellement une pomme lâche. Lorsque les températures diurnes dépassent 28°C, les pommes deviennent très lâches ou ne se forment pas du tout. Les cultivars tolérants à la chaleur ont une meilleure pommaison à des températures élevées. La laitue batavia est mieux adaptée aux températures élevées que la laitue beurre. La laitue cultivée dans les basses terres tropicales est soit le type à couper, ou bien de la batavia semée densément et récoltée comme laitue à couper. La laitue montre une légère réaction quantitative aux jours longs, mais la plupart des cultivars modernes sont presque indifférents à la longueur du jour. La montaison est fortement induite par les hautes températures.

La laitue se cultive sur n’importe quel type de sol avec une bonne structure et une bonne fertilité. La capacité de rétention d’eau est importante car la laitue a un système racinaire relativement petit, ce qui rend la plante vulnérable à la sécheresse. La laitue est souvent cultivée sur des sols sablo-limoneux neutres (pH 6,5–7,2). Elle ne tolère pas les sols acides (pH < 5,5). Dans les pays tempérés, la laitue est en partie cultivée hors saison et souvent sous serre.

Multiplication et plantation

La laitue est multipliée par graines ; le poids de 1000 graines est de 0,8–1,2 g. De nombreux producteurs de laitue en Afrique utilisent des semences de leur propre sélection et la moitié seulement des semences utilisées en Afrique est importée. C’est surtout dans les régions semi-arides qu’il est facile de produire des semences de laitue de bonne qualité, mais si elle n’est pas correctement conservée, la graine de laitue perd très rapidement sa viabilité.

Les plants de laitues pommées sont normalement élevés en pépinière. Les graines sont semées sur une couche ombragée, les plants prélevés 2–3 semaines après la levée, et repiqués au champ ou bien en mottes de 4 cm × 4 cm qui sont plantées au champ 2–3 semaines plus tard. Les plantes un peu plus âgées sont plus robustes et plus faciles à manipuler. Avec des pratiques culturales optimales, les besoins en semences sont seulement de 200 g/ha (1 g de semence pour 50 m2), mais en conditions sous-optimales les besoins en semences sont bien plus importants. La laitue batavia peut être plantée au champ à un espacement de 50 cm entre les lignes et de 30 cm sur la ligne (66 000 plantes/ha) ou à 35–60 cm × 35 cm (50 000–90 000 plantes/ha). La laitue beurre peut être plantée un peu plus serrée, suivant la taille de la pomme à maturité propre au cultivar, à 25 cm × 20–25 cm. L’espacement de la laitue romaine peut même être plus réduit, mais les producteurs peuvent préférer laisser un passage de 45 cm entre des doubles lignes espacées de 15 cm. La laitue à couper est habituellement semée directement au champ en sillons espacés de 20 cm, et éclaircie à 5–10 cm 10–20 jours après la levée. Les paysans africains plantent souvent très dense, à 7–9 cm × 7–9 cm. La laitue batavia ‘Great Lakes’ ou ‘Blonde de Paris’ est également souvent plantée dense pour produire de la laitue à couper. Le besoin en semences pour un semis direct dans des conditions optimales est d’environ 0,5 kg par ha, ou 1 g de semence par 20 m2. La laitue pommée est aussi semée directement au champ. Dans ce cas, les plantes devront être éclaircies à 30 cm sur la ligne. En culture fortement mécanisée dans les pays occidentaux, la laitue pommée est semée directement au champ, à l’aide d’un semoir de précision et de semences enrobées.

Gestion

Une jeune laitue ne peut concurrencer les adventices à croissance rapide. Plusieurs désherbages sont nécessaires le premier mois, lorsque la surface du sol n’est pas encore recouverte par les plantes de laitue. De plus, l’apport en eau doit être très régulier. Normalement, les agriculteurs aspergent d’eau leurs planches de laitues deux fois par jour, le matin et le soir, ou durant la journée. L’évapotranspiration augmente rapidement, de 2–3 mm/jour dans les premières semaines à 6–8 mm pour une culture pleinement développée. L’arrosage de la culture avec de l’eau provenant d’une source polluée, telle qu’une rivière locale recevant des eaux d’égouts ou traversant des tas d’ordures, doit être évitée du fait des risques pour la santé humaine.

La laitue est une plante caractérisée par une consommation minérale assez élevée. Selon les caractéristiques du sol, la fertilisation adaptée à recommander est de 30 t/ha de fumier de ferme combiné à 50 kg N, 45 kg P et 65 kg K avant la plantation. De nombreux paysans utilisent uniquement du fumier de volaille, appliqué libéralement et travaillé dans les planches avant la plantation. Une application de N de 50 kg/ha est fournie 3 semaines après la plantation puis à nouveau 3 semaines après si nécessaire. L’absorption minérale (N,K) est faible durant le premier mois après le semis et très élevée les dernières semaines avant la récolte. Trop d’azote sensibilise la culture à la nécrose marginale et aux maladies, et augmente la teneur en nitrate du produit récolté.

L’accident physiologique de la nécrose marginale ou “tip burn” est probablement le problème le plus grave sous les tropiques. Les symptômes sont une nécrose interne du bord des feuilles de la pomme, suivie souvent par une pourriture bactérienne. La nécrose est provoquée par un déficit en eau durant un temps chaud et une situation de croissance rapide, qui conduit à un déficit en Ca dans les jeunes feuilles. On peut l’éviter par l’utilisation de cultivars tolérants, le chaulage avant la plantation, le ralentissement de la croissance en limitant la fertilisation azotée, un léger ombrage et surtout en maintenant toujours un apport en eau abondant et régulier au sol.

Maladies et ravageurs

De nombreuses maladies fongiques, bactériennes et virales infestent la laitue sous les tropiques. Les maladies courantes sont le virus de la mosaïque, la pourriture de la base et le mildiou. La mosaïque est provoquée par le virus de la mosaïque de la laitue (LMV). Il peut être combattu par l’utilisation de semences saines, la lutte contre les pucerons et la suppression immédiate des plantes malades. La pourriture de la base est provoquée par Rhizoctonia solani et apparaît généralement dans des conditions humides. Le symptôme est une pourriture visqueuse sur le dessous de la plante, progressant à l’intérieur de la pomme. Le Sclerotinia provoque une pourriture humide de la plante entière, qui débute au collet. Le mildiou provoqué par Bremia lactucae, la maladie la plus grave de la laitue dans les régions tempérées, apparaît dans les parties froides des tropiques. La meilleure méthode de lutte contre la pourriture de la base et le Sclerotinia est constituée par de bonnes pratiques sanitaires, la rotation des cultures et le drainage. Il est conseillé de planter sur billons plutôt que sur sol plat. Le mildiou est combattu par le choix de cultivars résistants aux principales races du champignon ou par traitement fongicide. La fonte des semis (Pythium), la pourriture grise (Botrytis) et la maladie des taches foliaires (Cercospora) sont aussi signalées. Cercospora longissima a causé des pertes sévères sur laitue en Côte d’Ivoire. L’infection se produit à humidité élevée par des éclaboussures à partir du sol, et on peut la combattre par une densité plus faible de plantation et une pulvérisation de bénomyl.

Les ravageurs les plus graves sont les pucerons, spécialement en laitue pommée, car on ne peut les combattre facilement par traitement chimique, qui présente de plus le risque de résidus. D’autres ravageurs sont les noctuelles (Agrotis), la légionnaire (Spodoptera) et d’autres chenilles, les cicadelles, les escargots, les limaces et les nématodes à galles. Les insectes ravageurs sont combattus habituellement par pulvérisation de produits chimiques. Chez la laitue, les nématodes peuvent être combattus par la rotation des cultures, la désinfection par la chaleur du lit de semences ou du sol de la pépinière et l’application de quantités importantes de matière organique comme du fumier.

Récolte

La récolte des laitues pommées débute lorsque les pommes sont complètement développées, habituellement 60–80 jours après la plantation. La récolte se réalise en coupant les plantes à la base. Les laitues à couper et les laitues pommées plantées dense sont le plus souvent arrachées pour être mises en bottes. Les vieilles feuilles externes sont enlevées. La laitue à couper est récoltée habituellement à 30–50 jours après le semis, mais peut être récoltée à n’importe quel moment depuis le stade jeune jusqu’au début de la montaison. Plus elle est jeune, plus la laitue est tendre, mais moindre est aussi le rendement.

Rendement

En laitue pommée, une récolte de 70% ou plus du nombre des plantes repiquées à l’origine peut être considérée comme un résultat satisfaisant. Des agriculteurs performants peuvent atteindre 90%. Le rendement mondial moyen est de 20 t/ha. Des rendements supérieurs à 30 t/ha sont signalés dans les régions tempérées, mais sous les tropiques ils sont bien inférieurs. Dans les hautes terres tropicales, on peut atteindre une récolte de 50 000 pommes/ha avec un poids moyen de 200–300 g donnant une production de 10–15 t/ha. La laitue batavia sur les hautes terres kenyanes a enregistré des rendements de 15 t/ha avec des pommes de 300–500 g. Les rendements de laitue à couper atteignent seulement 3–8 t/ha. La laitue asperge récoltée 80–100 jours après la plantation peut donner un rendement de 20 t/ha.

Traitement après récolte

La laitue flétrit facilement. L’emballage le plus adéquat des laitues pommées est constitué de sachets de polyéthylène ouverts au sommet, qui sont placés en cagettes ou en caisses. Un refroidissement rapide à 0–2°C et un conditionnement avec de la glace augmentent la durée de conservation. Les maraîchers commerciaux peuvent plonger les pommes nettoyées dans l’eau froide et placer immédiatement le produit dans un endroit frais. Les laitues pommées sont à nouveau parées si des feuilles externes vieilles ou abîmées sont restées. Au Nigeria, une grande quantité de laitues est produite dans la région des savanes, conditionnée en sacs de jute et transportée sur de longues distances vers les villes du sud, ce qui cause de grosses pertes. Les plantes de cultivars pommés qui n’ont pas produit une pomme d’une taille commercialisable (inférieure à 150 g) sont souvent arrachées ou coupées et attachées en bottes de 3–8 plantes. Les laitues arrachées sont maintenues fraîches sur les marchés de rue en plaçant les racines dans des bassines d’eau. Il est recommandé de laver la laitue soigneusement avant de la servir pour éviter les maladies intestinales et parasitaires.

Ressources génétiques

De grandes collections de ressources génétiques de laitue et d’espèces sauvages de Lactuca sont maintenues dans des instituts aux Pays-Bas (Centre for Genetic Resources, Wageningen), en Russie (Institut Vavilov, St-Pétersbourg), au Royaume-Uni (Institute of Horticultural Research, Wellesbourne) et aux Etats-Unis (National Seed Storage Laboratory, Fort Collins, Colorado).

La laitue a été introduite en Afrique il y a plusieurs siècles. Des sélections ou variétés locales sont apparues et peuvent posséder des gènes valables pour la résistance aux maladies, la tolérance à la chaleur et d’autres caractères. Il existe un grand risque d’érosion génétique de ce matériel, depuis que les sociétés semencières font la promotion de cultivars améliorés.

Sélection

Plusieurs centaines de cultivars ont été sélectionnés dans les pays tempérés (Europe, Amérique du Nord, Japon) avec une grande variation de caractères très spécifiques. Les résistances à la mosaïque et au mildiou sont courantes, et il existe des cultivars présentant une résistance aux pucerons, à la nécrose marginale et à la pourriture de la base. Les critères importants de sélection pour les cultivars tropicaux de laitues pommées sont la résistance à la chaleur, une courte période de croissance, une lente montaison, et des pommes compactes qui ne soient pas facilement abîmées pendant le transport. La société semencière Tropicasem au Sénégal a un programme de sélection de laitue pour les conditions africaines.

Perspectives

La laitue est de plus en plus appréciée dans les pays tropicaux. Elle sera de plus en plus cultivée pour les marchés des villes et l’export. La recherche doit se concentrer sur la sélection de cultivars tropicaux résistants aux ravageurs et aux maladies et sur des moyens de lutte non chimiques contre les maladies et ravageurs.

Références principales

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  • Grubben, G.J.H. & Sukprakarn, S., 1993. Lactuca sativa L. In: Siemonsma, J.S. & Kasem Piluek (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 8. Vegetables. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 186–190.
  • Hanelt, P. & Institute of Plant Genetics and Crop Plant Research (Editors), 2001. Mansfeld’s encyclopedia of agricultural and horticultural crops (except ornamentals). 1st English edition. Springer Verlag, Berlin, Germany. 3645 pp.
  • Messiaen, C.-M., 1989. Le potager tropical. 2nd Edition. Presses Universitaires de France, Paris, France. 580 pp.
  • Messiaen, C.-M., Blancard, D., Rouxel, F. & Lafon, R., 1991. Les maladies des plantes maraîchères. 3rd Edition. INRA, Paris, France. 552 pp.
  • Purseglove, J.W., 1968. Tropical Crops. Dicotyledons. Longman, London, United Kingdom. 719 pp.
  • Rubatzky, V.E. & Yamaguchi, M., 1997. World vegetables: principles, production and nutritive values. 2nd Edition. Chapman & Hall, New York, United States. 843 pp.
  • Ryder, E.J., 1986. Lettuce breeding. In: Bassett, M.J. (Editor). Breeding vegetable crops. Avi Publishing Company, Westport, Connecticut, United States. pp. 443–474.
  • Ryder, E.J., 1999. Lettuce, endive and chicory. Crop Production Science in Horticulture Series. CABI Publishing, Cambridge, United Kingdom. 208 pp.
  • Tindall, H.D., 1983. Vegetables in the tropics. Macmillan Press, London, United Kingdom. 533 pp.

Autres références

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  • Holland, B., Unwin, I.D. & Buss, D.H., 1991. Vegetables, herbs and spices. The fifth supplement to McCance & Widdowson’s The Composition of Foods. 4th Edition. Royal Society of Chemistry, Cambridge, United Kingdom. 163 pp.
  • Savary, S., 1983. Epidemiology of Cercospora disease of lettuce (Lactuca sativa L.) in the Republic of Ivory Coast. Agronomie 3(9): 903–909.
  • Sherf, A.F. & MacNab, A.A., 1986. Vegetable diseases and their control. 2nd Edition. John Wiley & Sons, New York, United States. 728 pp.
  • Technisem, 2000. Catalogue de Semences Potagères. Technisem, Savigny-sur-Orge, France. 50 pp.

Sources de l'illustration

  • Grubben, G.J.H. & Sukprakarn, S., 1993. Lactuca sativa L. In: Siemonsma, J.S. & Kasem Piluek (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 8. Vegetables. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 186–190.

Auteur(s)

  • G.J.H. Grubben, Boeckweijdt Consult, Prins Hendriklaan 24, 1401 AT Bussum, Netherlands

Consulté le 24 avril 2021.


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