Kemmoun berry (Ibn al-Baytar)
De PlantUse Français
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Nom accepté : [[]]
[3-198]
- Razès, dans le Continent, rapporte sous cette rubrique, au chapitre VII, article 6, tout ce que le savant Galien a dit du qapnos, xxx, mot qui signifie l’enfumé, xxx, et qui n’est autre que la fumeterre à fleurs pourprées, xxx xxx xxx, pensant que c’était le cumin sauvage. De plus, dans un autre endroit de son livre, disposé sous forme de tableaux, il reparle de ce médicament et dit que le qapnos est le cumin sauvage, considéré généralement comme la fumeterre, châhteredj.
- L’auteur. Sachez que Dioscorides ne donne pas le qapnos comme étant le cumin sauvage. Au contraire, il appelle le cumin sauvage, dans son troisième livre, par son propre nom. Il en distingue deux espèces dont il donne les caractères et les propriétés, caractères et propriétés qui n’ont rien de commun avec ceux du qapnos. Après lui, le savant Galien ne parle pas du tout du cumin sauvage dans son Livre des Simples; il n’en donne ni la description ni les propriétés. Quant à l’assertion prêtée par Razès à Galien, dans son septième livre, à savoir que le cumin sauvage est âcre, et que le qapnos est la fumeterre, tout cela est un non-sens, attendu que Razès a rapporté au cumin sauvage ce qui a trait à la fumeterre. Galien a parlé du qapnos d’accord avec Dioscorides. Pour l’un et pour l’autre de ces auteurs, c’est le médicament connu par tous nos savants et les princes de la science sous le nom de fumeterre, ce sont ses caractères, ses propriétés et son nom. Ce qui démontre clairement que, par le mot qapnos, Dioscorides n’a pas voulu parler du cumin sauvage, c’est qu’il lui donne des propriétés et des caractères différents de ceux du cumin sauvage, et qu’il donne au cumin sauvage des propriétés et des caractères différents de ceux du qapnos, lequel n’est autre chose que la fumeterre. Il faut donc regarder comme non avenu ce que Razès dit à propos de Galien dans deux passages de son livre. Razès s’exprime ainsi : « Galien dit du cumin sauvage » ; et il expose l’histoire du qapnos, c’est-à-dire de la fumeterre, telle qu’on la trouve chez Galien et chez Dioscorides. Ce qu’il y a de plus étonnant encore, c’est que Razès, en parlant dans son livre du cumin sauvage, y rapporte les propres paroles de Dioscorides, et que, à propos de Galien, il a pensé que chez ce dernier auteur le qapnos était le cumin sauvage, ce qui est une erreur, attendu que Galien ne mentionne pas le cumin sauvage, et qu’il n’en donne ni le nom, ni les caractères, ni les propriétés. En conséquence, les paroles et les conjectures de Razès à ce sujet doivent être considérées comme non avenues.
Bien qu’un peu diffus, Ibn el-Beïthâr n’en fait pas moins ici preuve de sagacité. Ce passage est un de ceux que l’on peut opposer comme un argument à ceux qui prétendent que les Arabes ont été constamment de simples compilateurs.