Acca sellowiana

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Acca sellowiana
(O. Berg) Burret

alt=Description de l'image Acca sellowiana Fruit MHNT Fronton.jpg.
fruits (Fronton, Haute-Garonne, France)
Ordre Myrtales
Famille Myrtaceae
Genre Acca

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Origine : Amérique du Sud
subtropicale

sauvage et cultivé

Français feijoa
Anglais feijoa


Résumé des usages
  • cultivé pour ses fruits
  • pétales sucrés comestibles, donnant de la couleur aux salades
  • cultivé comme ornemental
  • feuillage utilisé en bouquetterie


Description

  • arbuste ou petit arbre buissonnant de 3-6 m de haut, à jeunes rameaux, dessous des feuilles, calices et corolles tomenteux gris-argenté
  • feuilles opposées, simples, entières, elliptiques ou ovales-oblongues, de 3-7 cm de long, chartacées, vert clair, brillantes dessus, tomenteuses gris argenté dessous
  • tronc de couleur rougeâtre, partiellement recouvert de plaques d'écorce claires
  • fleurs solitaires ou fasciculées, axillaires, pédonculées, à 4 sépales obtus, 4 pétales cupuliformes de 18-20 mm de long, blancs à l'extérieur, pourpre cramoisi à l'intérieur, nombreuses étamines cramoisies dépassant la corolle
  • fruit : baie ovoïde ou oblongue, de 2-5 cm de long, de couleur verte à maturité avec quelquefois une touche de rouge sur la joue, d'abord tomenteuse puis glabre, surmontée par le calice
  • chair blanchâtre, granuleuse, pulpe translucide, aqueuse
  • 20 à 30 graines

ORIGINE. Forêts du sud Brésil (Rio Grande do Sul), du Paraguay occidental, de l'Uruguay et du nord-est de l'Argentine.

DESCRIPTION. Arbuste ou petit arbre buissonnant de 3 à 6 m de haut, au moins aussi large que haut, à jeunes rameaux, dessous des feuilles, calices et corolles tomenteux gris-argenté.

Feuilles opposées, simples, entières, courtement pétiolées (environ 4 mm), elliptiques ou ovales-oblongues, de 3 à 7 cm de long et de 1,5 à 4 cm de large (L/1 = 1,7 à 2), chartacées, vertes claires, brillantes dessus, tomenteuses gris argenté dessous, nervure médiane plane dessus, saillante dessous.

Fleurs solitaires ou fasciculées, axillaires, pédonculées (1,2 à 2 cm), 4 sépales les 2 extérieurs d'environ 8 mm de long, les 2 intérieurs ovales, de 10 mm, obtus, 4 pétales cupuliformes de 18 à 20 mm de long et de 8 à 10 mm de large, blancs à l'extérieur, pourpre cramoisie à l'intérieur, nombreuses étamines cramoisies dépassant la corolle (2,5 cm de long).

Fruit : baie ovoïde ou oblongue, de 2 à 3 (-5) cm de long et de 1 à 2 (-4) cm de diamètre, de couleur verte même à maturité avec quelquefois une touche de rouge sur la joue, d'abord tomenteuse puis glabre, surmontée par le calice, chair blanchâtre, granuleuse, pulpe translucide, aqueuse, 20 à 30 graines plus ou moins petites suivant les individus.

EXIGENCES. Préfère un climat subtropical, exempt d'humidité excessive et de froid, résiste bien à la sècheresse, mais non à un climat trop sec (besoins annuels en eau 750 à 1000 mm). Redoute les hautes températures, mais surtout les variations brusques. Un sol argileux, riche en humus, est le meilleur, mais la plante peut se contenter de terres plus pauvres bien drainées.

MULTIPLICATION. Par graines qui demandent 15 à 25 jours pour lever, par greffage sur la même espèce pour les meilleures variétés, ou par marcottage.

CULTURE. Les plants issus de graines se développent d'abord lentement et ne peuvent être mis en place que vers l'âge de 2 ans.

Les espacements à donner sont de 4,50 à 6 m en tous sens. Demande peu de taille.

PRODUCTION. La plante, issue de graine, demande de 3 à 5 ans pour entrer en rapport. L'écart entre la floraison et la récolte est de 5 mois. (Fouqué, 1972)

Noms populaires

français feijoa, goyavier du Brésil, goyavier de Montevideo, goyave-ananas
anglais feijoa, pineapple guava (Fouqué, 1972)
espagnol feijoa (Es, Aml), guayaba chilena (Mex), guayaba del país (Uru), guyaba sumina (Col), guayabo (Arg) (Fouqué, 1972)
portugais feijoa, goiaba-feijoa (Bré), goiaba serrana (Bré) (Fouqué, 1972)

Classification

Acca sellowiana (O. Berg) Burret (1941)

basionyme :

  • Orthostemon sellowianus O. Berg (1856)

synonyme :

  • Feijoa sellowiana (O. Berg) O. Berg (1859)

Cultivars

Les feijoas obtenus naturellement par semis sont généralement autofertiles. Les cultivars sont souvent partiellement autostériles. Ils peuvent fructifier mais dans une mesure beaucoup moindre que les autres. Les variétés autofertiles quant à elles fructifient correctement en autofécondation mais ont souvent une meilleure production en pollinisation croisée.

Histoire

Originaire de régions tempérées chaudes et subtropicales, le feijoa peut se cultiver en région méditerranéenne.

L'arbre n'est pratiquement pas cultivé dans sa région d'origine. Edouard André l'a introduit de l'Uruguay et cultivé à Golfe-Juan sur la Côte d'Azur, et a envoyé des plants partout en Europe et aux Etats-Unis. L'arbre s'est répandu largement comme plante ornementale.

C'est la Nouvelle-Zélande qui a créé le marché commercial dans les années 1980, à partir de l'introduction de l'arbre en 1908, puis de cultivars californiens dans les années 1920. Aujourd'hui, la Nouvelle-Zélande produit 950 t. La Colombie a récemment développé ses plantations, et arrive à 1200 t (Janick & Paull, 2008). Des essais de culture ont eu lieu en Corse, à la station INRA de San Giuliano.

En France, le feijoa est assez connu comme arbuste ornemental mais très peu comme fruitier. Quelques vergers ont été installés dans le Sud-Ouest à la même période que le lancement du kiwi. Les échecs de sa commercialisation tiennent principalement à sa faible durée de conservation, à l'irrégularité de sa production et donc à la difficulté d'organiser sa distribution en frais (entre le 15 octobre et la fin décembre). Les fruits immatures sont un peu acides et évoluent assez rapidement. Le stockage en chambre froide permet de prolonger de quelques semaines mais ses qualités gustatives se perdent progressivement.

Usages

La pulpe, dont la saveur rappelle un mélange d'ananas, et de goyave, est généralement consommée crue avec les graines lorsqu'elles sont petites. Les fruits peuvent aussi être préparés confits ou utilisés sous forme de gelées, confitures, etc. (Fouqué, 1972).

La dégustation des fruits révèle des éléments très positifs : très bonne succulence, équilibre sucres/acides agréable, arômes très originaux et fins dans le registre terpénique (arôme de myrte moins violent que la térébenthine) et pour les fruits plus mûrs, arôme de fraise des bois. Il est à noter que l'enveloppe du fruit dégage des odeurs de citron et un goût astringent et très acide. Il y a une assez grande variabilité de typicité d'un fruit à l'autre, ce qui impose véritablement une grande expérience pour le choix de la date de récolte. Il convient d'éviter de cueillir des fruits trop petits et verts, mais aussi des fruits sur-mûris qui exacerbent le 'côté pharmaceutique'. (A. Carbonneau, 2016)


Références

Liens