Elaeis guineensis (PROTA)

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Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svg



Elaeis guineensis Jacq.




Protologue: Select. stirp. amer. hist. : 280 (1763).
Famille: Palmae (Arecaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 32

Synonymes

Noms vernaculaires

Palmier à huile (Fr). Oil palm, African oil palm (En). Dendezeiro, palmeira do azeite, palmeira do dendê, palmeira andim (Po). Mchikichi (Sw).

Origine et répartition géographique

Elaeis guineensis est indigène de la ceinture forestière tropicale humide de l’Afrique occidentale et de la partie ouest de l’Afrique centrale, entre la Guinée et le nord de l’Angola (11°N à 10°S). La variabilité génétique la plus importante se trouve dans le sud-est du Nigeria et à l’ouest du Cameroun, et la présence de fossiles dans le delta du fleuve Niger atteste elle aussi que cette région est le centre d’origine le plus probable. L’abondance du palmier à huile dans toute la zone des forêts est attribuée à une domestication déjà ancienne. Dans le seul Nigeria, ces palmeraies de palmiers à huile sauvages et semi-sauvages couvrent une superficie estimée à 2,5 millions d’ha. On trouve des palmeraies isolées d’individus semi-sauvages au Sénégal (16°N) et au sud de l’Angola (15°S), sur les berges du lac Kivu et du lac Tanganyika, le long des côtes d’Afrique de l’Est, et même sur la côte ouest de Madagascar (21°S). En Afrique de l’Ouest, le palmier à huile joue depuis des siècles un rôle essentiel dans l’économie des villages où l’huile de palme non raffinée reste l’huile de cuisson préférée des populations locales.

Les palmeraies semi-sauvages du nord-est du Brésil ont une origine ouest-africaine qui remonte à la traite des esclaves des XVIe–XVIIIe siècles. Elles se sont progressivement étendues à d’autres régions d’Amérique tropicale, et la toute première description du palmier à huile fut faite à partir d’un spécimen qui poussait en Martinique. L’introduction du palmier à huile en Asie du Sud-Est a démarré avec quatre individus issus de graines cultivés dans le jardin botanique de Bogor (Indonésie) en 1848. C’est la descendance de ces palmiers qui a servi de base aux plantations industrielles de palmiers à huile, qui se sont progressivement développées à partir de 1911 en Indonésie, initialement dans le district de Deli à Sumatra, et à partir de 1917 en Malaisie.

Le commerce d’huile de palme et d’amandes de palmier (ou palmiste) entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe au XIXe siècle reposait entièrement sur le produit des palmeraies semi-sauvages. En réponse à une demande d’huile de palme en plus grande quantité et de meilleure qualité, des plantations commerciales commencèrent à voir le jour en Afrique après 1920 (par ex. en R.D. du Congo). Vers 1938, les exportations annuelles mondiales s’élevaient à environ 0,5 million de t d’huile de palme (50% de l’Asie du Sud-Est) et 0,7 million de t de palmiste (provenant presque exclusivement d’Afrique). Le palmier à huile connaît depuis les années 1970 un essor très important, en Asie du Sud-Est (Malaisie, Indonésie, Thaïlande et Papouasie-Nouvelle-Guinée), en Amérique tropicale (dans des pays comme la Colombie, l’Equateur et le Costa Rica) et en Afrique (par ex. en Côte d’Ivoire, au Cameroun ou au Ghana). Des filières d’huile de palme de moindre importance se créent aux Philippines, sur les Iles Salomon, en Chine (à Hainan), en Inde et au Sri Lanka.

Usages

Des fruits d’Elaeis guineensis on extrait deux types d’huile : de l’huile de palme à partir du mésocarpe et de l’huile de palmiste à partir de l’albumen, à une proportion exprimée en volume d’environ 9 : 1. L’huile de palme s’utilise dans une grande variété de produits comestibles, tels que l’huile de cuisson, la margarine, le beurre végétal (ghee), des matières grasses destinées à la friture et à la boulangerie ; elle entre dans la fabrication des chips, des pâtisseries, des confiseries, des crèmes glacées et des crèmes végétales. L’huile rouge non raffinée est un ingrédient essentiel du régime alimentaire en Afrique de l’Ouest ; quant aux fruits cuits à l’eau et macérés, on s’en sert pour confectionner une soupe nourrissante, que l’on sert après avoir enlevé les noyaux, les fibres et une partie de l’huile. Sur la totalité de l’huile de palme produite, 10% environ, constitués notamment d’huile de qualité inférieure mais aussi de résidus de raffinage, sert à la fabrication de savon, de détergents, de bougies, de résines, de lubrifiants, de cosmétiques, de glycérol et d’acides gras. L’huile de palme s’emploie dans l’aciérie (pour les revêtements en fer-blanc et la production de feuilles d’acier), et l’huile de palme époxydée est un plastifiant et un stabilisant pour les plastiques PVC. L’huile de palme, et plus particulièrement ses méthylesters ou éthylesters dérivés, ont un potentiel de biocarburant pour les moteurs diesel.

L’huile de palmiste a la même composition et les mêmes propriétés que l’huile de coprah. Elle peut s’utiliser comme huile de cuisson, parfois mélangée à de l’huile de coprah, ou pour fabriquer de la margarine, des graisses alimentaires, du lait compensé, des crèmes glacées et des confiseries. Elle sert aussi dans l’industrie, soit comme substitut de l’huile de coprah pour fabriquer des savons de qualité soit pour produire des acides gras à chaînes courte et moyenne. Ces acides jouent le rôle d’intermédiaires chimiques dans la production d’alcools gras, d’esters, d’amines, d’amides et de produits chimiques plus élaborés qui entrent dans la composition de nombreux produits comme les surfactants, les plastiques, les lubrifiants et les cosmétiques. Le tourteau ou la farine de palmiste, riche en protéines, est un aliment de valeur pour le bétail.

Outre l’huile, la transformation d’une tonne de régimes donne environ 240 kg de régimes égrappés, ou rafles, 140 kg de fibres et 60 kg de coques, qui servent couramment de combustible dans les chaudières des huileries. Les coques sont très appréciées par les forgerons locaux, qui les font brûler dans leur forge car c’est un combustible à fort pouvoir calorifique ; polies et ciselées, on en fait aussi des bagues et des chapelets. Les rafles, les fibres et également les effluents (0,5 t de dépôt par tonne de régimes pressés) peuvent aussi être transformés en produits comme des engrais organiques.

En Afrique de l’Ouest, il est courant de produire du vin de palme en incisant les inflorescences mâles non écloses, ou la tige juste en dessous de l’apex des palmiers abattus. Au Nigeria en particulier, la production de vin par ce moyen est une activité très importante, qui se pratique également avec le palmier à raphia (Raphia hookeri G.Mann & H.Wendl.). Le cœur de palmier (le tissu tendre des feuilles non déployées autour du bourgeon apical) se consomme en légume.

Les palmes entières conviennent moins bien à la confection de toits que celles du cocotier, en raison de l’insertion irrégulière de leurs folioles. Toutefois, les folioles servent à tisser des paniers et des nattes ; les nervures médianes servent à faire des balais, et avec les rachis on fabrique des clôtures. Les jeunes folioles produisent une fibre solide et fine dont on fait des lignes de pêche, des collets et des tamis. Les troncs de palmier, disponibles au renouvellement de la plantation, fournissent un excellent matériau pour la production de papier et de planches, qui n’a pas encore suscité d’intérêt commercial.

Les usages du palmier à huile en médecine traditionnelle en Afrique sont nombreux. Les préparations à base de cœur de palmier servent à traiter la gonorrhée, la ménorragie et les douleurs abdominales périnatales ; elles auraient des vertus laxatives, anti-émétiques et diurétiques. On emploie le jus des feuilles dans des préparations contre les affections de la peau, les racines comme analgésique. L’huile est l’excipient de pommades galéniques.

Le palmier à huile est parfois planté dans les jardins comme arbre d’ornement et d’alignement.

Production et commerce international

La production mondiale d’huile de palme est passée de 1,3 millions de t en 1960 (dont 78% provenant d’Afrique) à 12,1 millions de t en 1980 (dont 83% produits en Asie du Sud-Est) et elle a presque doublé à nouveau au cours des deux décennies suivantes. Elle a continué à augmenter sensiblement, passant de 25,4 millions de t (sur 10,5 millions d’ha) en 2001 à 34,8 millions de t (sur 12,6 millions d’ha) en 2005, en grande partie à cause de la poursuite de l’expansion de sa culture en Asie du Sud-Est. On peut s’attendre à ce que l’huile de palme prenne à l’huile de soja sa place d’huile végétale la plus importante au cours des prochaines années. Sur la totalité de l’offre en huile de palme en 2005, l’Asie du Sud-Est en a produit 89%, l’Afrique 5% et l’Amérique tropicale 6%.

Les plus gros producteurs en 2005 étaient l’Indonésie avec 15,0 millions de t (sur 3,6 millions d’ha), la Malaisie avec 14,8 millions de t (sur 3,6 millions d’ha), le Nigeria avec 900 000 t (sur 3,3 millions d’ha), la Thaïlande avec 800 000 t (sur 300 000 ha) et la Colombie avec 700 000 t (sur 200 000 ha). Parmi les autres pays africains ayant une production importante d’huile de palme, on trouve la Côte d’Ivoire avec 360 000 t en 2005 (140 000 ha), la R.D. du Congo avec 200 000 t (250 000 ha), le Cameroun avec 150 000 t (57 000 ha), le Ghana avec 120 000 t (112 000 ha) ; viennent ensuite l’Angola (58 000 t), la Guinée (50 000 t), le Libéria (42 000 t), la Sierra Leone (36 000 t), le Bénin (35 000 t) et le Togo (7000 t).

Au Nigeria, environ 20% de l’huile de palme produite provient du secteur déclaré des plantations et des petits exploitants, qui ne couvre que 250 000 ha. Les 80% restants proviennent des palmeraies semi-sauvages peu productives, ce qui peut expliquer le très bas niveau des rendements de ce pays. D’un autre côté, il se peut que la production réelle soit sous-évaluée car le commerce considérable de fruits de palmier et d’huile qui a lieu sur les marchés locaux n’entre généralement pas dans les statistiques agricoles officielles.

L’huile de palme constitue de loin la denrée la plus importante (45%) dans les échanges mondiaux d’huiles végétales et de matières grasses. Le commerce mondial d’huile de palme s’élevait en 2005 à 25,7 millions de t, ce qui représentait 75% de la production totale. La Malaisie en a exporté environ 90% et l’Indonésie 70%, totalisant 92% de l’huile de palme commercialisée à travers le monde. Environ 50% de cette huile vendue dans le monde est importée par la Chine, l’Inde et d’autres pays asiatiques, 18% par les 25 pays de l’Union européenne, mais seulement 2% par les Etats-Unis. Les importations d’huile de palme par les pays d’Afrique tropicale se sont élevées à 1,0 million de t en 2005, et comprenaient aussi des pays producteurs tels que le Nigeria (210 000 t) et le Ghana (130 000 t).

Toujours en 2005, la production d’huile de palmiste a été de 4,2 millions de t (Malaisie 1,79 million de t, Indonésie 1,75 million de t et Nigeria 260 000 t) et celle de farine de palmiste de 5,0 millions de t ; 47% de cette huile et 80% de cette farine se sont vendues à l’échelle internationale.

Propriétés

Les régimes de fruits frais des cultivars de palmier à huile les plus couramment plantés (les hybrides “Dura” × “Pisifera”, qui produisent les fruits à coque mince “Tenera”) et dont l’huile est extraite industriellement, produisent, par 100 kg, 20–28 kg d’huile de palme et 4–8 kg de palmiste, qui donne lui-même 2–4 kg d’huile de palmiste. Par 100 g, le mésocarpe des fruits mûrs contient : eau 30–40 g, huile 40–55 g et fibres (fibres brutes et parois cellulaires) 15–18 g. Par 100 g, l’albumen des amandes contient : eau 6–8 g, huile 48–52 g, protéines 7–9 g, glucides 30–32 g et fibres brutes 4–5 g.

La couleur de l’huile de palme va du jaune pâle au rouge foncé ; son point de fusion se situe entre 25°C et 40°C et elle a une valeur énergétique de 3700 kJ (884 kcal) par 100 g. Elle est constituée de triglycérides dont les acides gras sont les suivants : acide myristique 1–2%, acide palmitique 43–50%, acide stéarique 2–4%, acide oléique 34–41% et acide linoléique 4–9%. L’oléine de palme résulte d’un procédé de “frigélisation” qui consiste à soumettre l’huile de palme à un lent refroidissement puis à la débarrasser de la fraction solidifiée par filtrage. Ce procédé permet de retirer partiellement la fraction saturée, et l’oléine de palme contient moins d’acide palmitique (<35%) et plus d’acide oléique (>45%). L’huile de palme destinée à la consommation doit contenir moins de 3% d’acides gras libres (AGL). L’huile de palme brute contient également des caroténoïdes qui ont une valeur sur le plan nutritionnel (provitamine A), de 800–2000 mg/kg dans l’huile de palme rouge orangé d’Afrique de l’Ouest et de 400–600 mg/kg dans l’huile de palme légèrement colorée de Malaisie et d’Indonésie. On constate la présence de tocophérol (vitamine E), qui atteint jusqu’à 850 mg/kg. Le raffinage fait tomber la teneur en caroténoïdes à zéro et la teneur en tocophérol se trouve réduite de moitié.

L’huile de palmiste a une couleur jaune pâle et vire presque au blanc une fois figée. Le point de fusion se situe entre 23 et 30°C. La composition en acides gras de l’huile de palmiste est voisine de celle de l’huile de coprah : acide caprylique 3–4%, acide caprique 3–7%, acide laurique 45–52%, acide myristique 15–17%, acide palmitique 6–10%, acide stéarique 1–3%, acide oléique 13–19%, et acide linoléique 1–2%. Par 100 g, le tourteau ou la farine de palmiste contient : eau 8–11 g, protéines brutes 19–22 g, glucides 42–49 g, fibres brutes 11–15 g.

Malgré les 50% d’acides gras saturés qu’elle contient, sur le plan nutritionnel, l’huile de palme se comporte largement comme une huile non saturée et n’augmente pas les taux de cholestérol LDL dans le sang. Cela s’explique par la composition prédominante des triglycérides, dont les acides gras saturés occupent les positions externes 1 et 3 et qui possèdent un acide non saturé en position 2. L’hydrolyse au cours de la digestion pancréatique aboutit à des acides gras saturés libres et des 2-monoglycérides qui possèdent des acides gras non saturés, facilement absorbés par la paroi intestinale. Une grande partie des acides gras saturés donnent des sels de calcium insolubles qui ne peuvent pas être absorbés et sont excrétés.

Description

Arbre monoïque non ramifié atteignant 30 m de haut ; système racinaire adventif, formant un dense tapis qui couvre un rayon de 3–5 m dans les premiers 40–60 cm du sol, certaines des racines primaires situées directement en dessous de la base du tronc pénétrant à plus de 1,5 m pour l’ancrage, racines pourvues de pneumatodes dans des conditions très humides ; tronc érigé, cylindrique, atteignant 75 cm de diamètre, mais plus épais dans la partie basale renflée, en forme de cône inversé, rugueux et trapu en raison des bases de pétioles qui y restent fixées pendant les 12–15 premières années, d’apparence élancée et lisse chez les palmiers plus âgés ; cime à 40–50 feuilles. Feuilles disposées en spirale, composées pennées, atteignant 8 m de long, engainantes ; gaine d’abord tubulaire, se désintégrant par la suite en une masse de fibres entrelacées, les fibres reliées à la base du pétiole subsistant sous forme d’épines régulièrement espacées, larges et aplaties ; pétiole de 1–2 m de long, cannelé sur la face supérieure, garni d’épines ; folioles 250–350 par feuille, insérées de façon irrégulière sur le rachis, linéaires mais pliées une fois, de 35–65 cm × 2–4 cm, présence de pulvinus à la base, couvertes d’une épaisse couche cireuse sur la face supérieure et de stomates semi-xéromorphes sur la face inférieure. Inflorescence axillaire, courte et condensée, unisexuée, se ramifiant une fois ; pédoncule de 30–45 cm de long ; inflorescence étroitement enfermée dans des bractées fuselées ou ovales avant l’anthèse ; inflorescence mâle ovoïde, de 20–25 cm de long, à rameaux de 10–20 cm de long, chacun possédant 700–1200 fleurs très serrées ; inflorescence femelle globuleuse, de 25–35 cm de long, à rameaux épais et charnus, chacun à l’aisselle d’une bractée épineuse, possédant 10–25 fleurs disposées en spirale et une épine terminale. Fleurs mâles de 3–4 mm de long, périanthe constitué de 6 petits segments, à 6 étamines et à pistil rudimentaire ; fleurs femelles situées dans des cavités peu profondes, accompagnées de deux fleurs mâles rudimentaires et sous-tendues par une bractée épineuse, à 2 bractéoles, à 6 tépales d’environ 2 cm de long, à ovaire supère 3-loculaire et à stigmate 3-lobé sessile d’un blanc d’ivoire. Infrutescence (le régime) atteignant 50 cm de long et 35 cm de large, pesant 4–60(–90) kg, et chargé de 500–3000 fruits très serrés. Fruit : drupe globuleuse à allongée ou ovoïde de 2–5 cm de long, pesant 3–30 g, apex à stigmate ligneux persistant ; exocarpe lisse, brillant, rouge orangé à maturité avec un apex pigmenté de noir-violet, fruits de l’intérieur du régime plus petits et de forme irrégulière souvent dépourvus d’apex pigmenté ; mésocarpe fibreux, jaune-orangé, huileux ; endocarpe (coque) dur, brun foncé, à fibres longitudinales sortant en touffe à la base, et 3 pores germinatifs à l’apex, contenant généralement 1 graine. Graines (amandes) à tégument brun foncé, albumen résistant, huileux, gris-blanc, renfermant un embryon d’environ 3 mm de long en face d’un des trois pores.

Autres données botaniques

Le genre Elaeis ne comprend que deux espèces : l’espèce africaine, Elaeis guineensis, et celle d’Amérique tropicale, Elaeis oleifera (Kunth) Cortés ex Prain (synonymes : Corozo oleifera (Kunth) L.H.Bailey, Elaeis melanococca Gaertn.), l’aire de la seconde s’étendant du sud du Mexique jusqu’au centre de la région amazonienne. Elaeis oleifera, dont le rendement en huile est faible, n’a que peu d’importance économique, sauf sur son aire de répartition naturelle. Il possède toutefois une gamme de caractères potentiellement utiles dans l’amélioration du palmier à huile, notamment la résistance à certaines maladies et certains ravageurs importants, une croissance du tronc lente et un mésocarpe dont l’huile a une teneur élevée en acides gras insaturés. Elaeis oleifera et Elaeis guineensis sont interfertiles et on procède actuellement à des hybridations pour transférer ces caractères. Pendant un certain temps, on a cru qu’un palmier à huile à fruits plus petits trouvé à Madagascar constituait une espèce distincte (Elaeis madagascariensis Becc.), mais on considère aujourd’hui qu’il fait partie de la variabilité normale d’Elaeis guineensis.

La classification dans Elaeis guineensis repose avant tout sur la variabilité des caractéristiques du fruit. L’une d’elles, qui a des conséquences considérables sur le plan économique, est la distinction entre trois types d’après l’épaisseur de la coque, déterminée par un gène unique : “Dura”, homozygote, qui possède un endocarpe épais (de 2–8 mm à l’équateur du fruit), “Tenera”, hétérozygote, à endocarpe mince (0,5–4 mm), et “Pisifera”, homozygote, dépourvu d’endocarpe lignifié.

Au sein des types “Dura” et “Tenera”, il existe une variation considérable dans l’épaisseur de la coque, qui est apparemment sous contrôle polygénique. Comme matériel de plantation, “Tenera” est préféré car il contient plus de mésocarpe huileux (60–90% du poids du fruit) que “Dura” (20–65% du poids). Les premiers palmiers introduits sur l’île de Java (Bogor) en 1848 étaient du type “Dura”, et on désigne en général leur descendance sous le nom de “Deli Dura”. “Pisifera” est habituellement improductif car les inflorescences femelles avortent avant de se transformer en régimes, mais on s’en sert comme parent mâle pour effectuer des croisements avec les palmiers “Dura” destinés à produire des cultures pures de palmiers “Tenera”.

Il existe d’autres classifications, à partir de caractéristiques du fruit dépendant de gènes uniques, notamment, la présence ou l’absence :

– d’anthocyanines dans l’exocarpe du haut du fruit (absentes chez le type “Virescens” et présentes chez le type “Nigrescens” ; caractère récessif) ;

– de carotène dans le mésocarpe (absent chez le type “Albescens” ; caractère récessif) ;

– de carpelles supplémentaires dans le fruit (présentes chez le type “Poissoni” ou “palmier à oreilles” ; caractère récessif).

Le palmier à huile “Idolatrica” ou “palmier fétiche” a des feuilles entières (caractère récessif).

Croissance et développement

Après récolte, les graines du palmier à huile sont dormantes. La germination commence par l’apparition d’un bouton blanc à l’un des pores de l’endocarpe, qui se développe en quatre semaines en une plantule constituée d’une plumule avec une première feuille verte, une radicule et des racines adventives, mais encore reliée à l’albumen de la graine par un haustorium. Les feuilles suivantes passent peu à peu d’une forme lancéolée à une forme pennée en 12–14 mois, lorsque la jeune plante a en principe 18—24 feuilles. Les feuilles des jeunes plantes sont dépourvues d’épines et moins xéromorphes que les feuilles adultes. La base du tronc se renfle et des racines primaires adventives s’y développent. Dans les 3–4 premières années, c’est la croissance latérale du tronc qui domine, conférant au palmier une large base atteignant 60 cm de diamètre. Après cela, la croissance en hauteur commence, à raison de 20–75 cm par an, pour un diamètre un peu moindre. Il n’y a apparemment pas de rapport entre l’accroissement en hauteur de l’arbre et sa production de feuilles. Une ébauche de feuille se développe à peu près toutes les deux semaines à partir du point de croissance unique. Les ébauches successives sont séparées par un angle de divergence de 137,5°, ce qui aboutit à une spirale de 8 feuilles par tour complet. Ceci facilite l’identification de la feuille 17 (feuille retenue conventionnellement pour procéder à un diagnostic foliaire de l’état nutritionnel du palmier), car elle se trouve verticalement dans l’alignement de la feuille déployée la plus jeune et de la 9e feuille. Le rythme de production de feuilles atteint 40 par an au cours des 3 premières années, pour tomber à 20–24 par an à partir de la 8e année. Le développement, depuis l’ébauche jusqu’à la feuille totalement déployée dont le limbe atteint une superficie de 2–10 m2, prend environ 2 années, et une feuille reste active pour la photosynthèse pendant environ 2 ans. Un palmier adulte a une cime de 36–48 feuilles vertes, mais dans les plantations, on ne garde d’habitude que 40 feuilles par palmier. La longévité économique des plantations de palmier à huile est d’environ 25 ans.

Toutes les bases des feuilles contiennent des ébauches d’inflorescence, mais la première inflorescence complètement développée n’apparaît pas avant la feuille 20 et généralement bien plus tard, quelque trois années après la germination. La différenciation en inflorescences mâles ou femelles chez les palmiers adultes a lieu 20–24 mois avant l’anthèse, mais chez les jeunes palmiers elle peut intervenir dès 12–16 mois avant. On comprend mal sur quelle base physiologique repose la différenciation des sexes chez le palmier à huile, sauf que l’on possède la preuve empirique que la sécheresse et d’autres conditions de stress renforcent le caractère mâle. Il s’agit apparemment là d’un mécanisme efficace permettant au palmier à huile de survivre dans des conditions climatiques défavorables en diminuant le poids de ses régimes. Ce sont généralement des facteurs génétiques, écologiques et liés à l’âge qui déterminent pour chaque palmier la proportion d’inflorescences femelles par rapport au nombre total sur le temps (sex-ratio).

La fleur femelle reste réceptive 36–48 heures après son éclosion. La pollinisation est effectuée surtout par les insectes. En 1981, on a réussi à introduire l’un des insectes vecteurs, le charançon africain du palmier à huile (Elaeidobius kamerunicus) d’Afrique en Malaisie et par la suite en Indonésie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Avant cela, il fallait procéder à une fécondation artificielle sur les palmiers à huile de l’Asie du Sud-Est pour obtenir une fructification satisfaisante, surtout pendant les premières années de production. Les inflorescences mâles répandent un fort parfum d’anis pendant l’anthèse. Les fruits mûrissent en 4,5–6 mois après la fécondation. La maturation des fruits se fait de haut en bas du régime et de l’extérieur vers l’intérieur. Les fruits mûrs se détachent. La formation d’huile dans les amandes a lieu entre 2,5 mois et 3,5 mois après la fécondation, mais dans le mésocarpe elle ne démarre qu’au 4e mois et n’atteint pas son pic avant la complète maturité du fruit.

Ecologie

Le palmier à huile est une plante héliophile des basses terres tropicales humides. Il est très commun aux lisières des marécages et sur les berges de rivières, où la compétition que livrent des espèces d’arbres à croissance plus rapide est limitée. Il atteint son activité photosynthétique maximale uniquement en plein soleil et dans les endroits où il y a de l’eau sans restriction. Les palmiers qui connaissent ces conditions possèdent à tout moment une flèche formée d’une feuille unique non déployée, alors que la flèche comporte plusieurs feuilles sur les palmiers souffrant de sécheresse ou d’autres facteurs de stress abiotiques. De fortes corrélations ont été établies entre le nombre d’heures d’ensoleillement effectif (c’est-à-dire des heures de soleil lorsque les palmiers ne subissent pas de stress hydrique) et le rendement en régimes des palmeraies adultes 2,5 années plus tard environ. Généralement, pour avoir une production élevée, les besoins climatiques sont les suivants : des précipitations de 1800–2000 mm bien réparties et un déficit en eau inférieur à 250 mm par an, une humidité de l’air élevée et au moins 1900 heures d’ensoleillement par an. Les températures mensuelles moyennes minimales et maximales ont des optima de 22–24°C et de 29–33°C, respectivement. Dans des conditions de déficit d’eau plus important (une saison sèche prolongée) ou des températures mensuelles moyennes minimales inférieures à 18°C (au-dessus de 400 m d’altitude ou à des latitudes supérieures à 10°), la croissance et la productivité baissent considérablement. Des températures extrêmement élevées affectent également le palmier à huile, dont l’efficacité photochimique décroît peu à peu au-delà de 35°C.

Le palmier à huile est capable de pousser sur des sols divers, comme des latosols formés sur diverses roches mères, de jeunes sols volcaniques, des argiles alluviales et des sols de tourbière, et il tolère une acidité du sol relativement élevée (pH 4,2—5,5). Les principaux critères sont la profondeur du sol (>1,5 m), la disponibilité en eau à la capacité au champ (1–1,5 mm par cm de profondeur de sol), le carbone organique (>1,5% dans la couche superficielle) et la capacité d’échange cationique (>100 mmol/kg). Il faut que les sols soient bien drainés et ne présentent aucun signe d’engorgement permanent, mais le palmier à huile tolère assez bien de courtes périodes d’inondation.

Multiplication et plantation

Les semences de palmier à huile fraîchement récoltées, nettoyées et séchées dont la teneur en humidité est de 14–17% perdent leur viabilité au bout de 9–12 mois à température ambiante tropicale (environ 27°C). Une viabilité élevée (>85% de germination) peut être maintenue pendant 24–30 mois dans des locaux à air conditionné à 18–20°C et avec une teneur en humidité des graines de 21–22%. Il est également possible aujourd’hui de conserver plus longtemps le matériel génétique de valeur du palmier à huile en procédant à la cryoconservation des semences, des amandes, des embryons excisés ou des tissus somatiques. Pour interrompre la dormance et provoquer une germination rapide, les semences de palmier à huile ont besoin d’être soumises à un traitement de chaleur à 39–40°C pendant 60–80 jours, suivi d’un refroidissement et d’une réhydratation. Cependant, les embryons excisés et cultivés in vitro commencent à s’allonger en moins de 24 heures. Le poids de 1000 semences du type “Dura” (à coque épaisse) est de 4–12 kg et celui des semences du type “Tenera” (à coque mince) est de 2–3 kg.

La quasi-totalité des palmiers à huile plantés sont des hybrides “Dura” × “Pisifera”, qui sont produits par fécondation artificielle des inflorescences femelles de palmiers “Dura” sélectionnés, avec du pollen prélevé sur des “Pisifera” sélectionnés. Les fruits sont du type “Dura”, mais les palmiers qui naissent de ces semences produisent des fruits à coque mince du type “Tenera”. Le facteur de multiplication chez le palmier à huile peut être supérieur à 10 000, car un arbre-mère du type “Dura” peut produire 6–9 régimes fécondés à la main par an, chacun donnant 1000–2500 graines. La production de semences, leur conservation et le traitement à la chaleur suivi d’une vague de germination nécessitent un savoir-faire et des moyens considérables du point de vue technique et logistique, dont ne disposent que les centres de recherche sur le palmier à huile, privés ou publics.

Les graines récemment germées supportent un transport sur de longues distances (300 graines en sac plastique, avec plusieurs sacs soigneusement emballés en caisse) avant leur plantation en pré-pépinière dans des minisachets plastiques (de 8 cm × 20 cm, en polyéthylène noir de 200 Gauge d’épaisseur). Le repiquage en pépinière a lieu au stade des 2 feuilles ; on se sert alors de sacs de grandes dimensions (de 40 cm × 60 cm, en polyéthylène noir de 500 Gauge d’épaisseur). La durée totale des deux stades en pépinière avant repiquage au champ est de 10–14 mois. Dans des conditions climatiques favorables et lorsqu’on dispose de suffisamment d’espace et de moyens d’irrigation, on peut se contenter d’une seule étape en pépinière en plantant les graines germées directement dans de grands sacs plastiques. Il faut procurer de l’ombrage aux jeunes plants au cours des 2–3 premiers mois.

Les méthodes de propagation clonale in vitro du palmier à huile grâce à l’embryogenèse somatique, à partir d’explants de jeunes racines ou de feuilles, furent mises au point pour la première fois dans les années 1970. Mais la présence d’anomalies épigénétiques dans la descendance clonale, comme par exemple divers degrés d’inflorescences androgynes et de fruits à oreilles, rendent nécessaire la poursuite des recherches avant que la propagation clonale à grande échelle devienne applicable.

La plantation au champ est précédée par une préparation du terrain, qui comporte éventuellement le nettoyage de la végétation au sol, l’abattage d’arbres et le défrichage, suivi par l’aménagement d’allées et de parcelles de plantations, le tracé de lignes et le creusement de trous. Dans les zones non forestières, un labour à la charrue à disque suivie de plusieurs hersages peut débarrasser le terrain des mauvaises herbes et autre végétation à croissance vigoureuse. Les palmeraies à huile s’établissent généralement sur les terres planes ou à faible relief. Dans les endroits où la perméabilité du sol est médiocre, il peut être nécessaire de construire un système de drainage. Une plantation sur terrain pentu nécessite l’aménagement de terrasses ou la construction de plates-formes pour chaque arbre. On sème habituellement des légumineuses qui serviront de plante de couverture après la préparation du terrain ou peu après la plantation pour protéger le sol, apporter de l’humus, fournir un complément à l’azote disponible et éliminer les adventices. Les principales espèces utilisées, souvent en mélange de 2 ou 3 espèces, sont Calopogonium mucunoides Desv., Centrosema pubescens Benth. et Pueraria phaseoloides (Roxb.) Benth. ; quant à Calopogonium caeruleum (Benth.) Sauvalle, il est parfois planté seul. Sauf dans les régions où il n’y a pas de saison sèche distincte, le meilleur moment pour transplanter au champ est le début de la principale saison des pluies, afin de donner au jeune palmier le temps de former un bon système racinaire avant l’arrivée de la saison sèche suivante.

La densité de plantation est un problème essentiel, car c’est elle qui détermine la compétition des palmiers non seulement pour la lumière mais aussi pour l’eau et les minéraux. Les expérimentations démontrent que des densités élevées aboutissent à une diminution progressive de la production de matière sèche, mais aussi que l’incidence sur le rendement en fruits est plus importante que sur la croissance végétative. Par conséquent, les rendements maximums s’atteignent avec une densité de plantation plus faible (140–160 par ha) que celle qui donne la production maximale de matière sèche totale. La pratique courante est de planter à 9 mètres de distance en motif triangulaire, ce qui donne 143 pieds/ha.

Gestion

Il faut régulièrement débroussailler les interlignes dans les champs de palmiers à huile, notamment dans ceux où les palmiers sont jeunes. Autour des palmiers, on désherbe pour faire place nette, à la main ou aux herbicides, afin d’empêcher la concurrence des plantes de couverture. Cela facilite aussi le repérage des fruits tombés des régimes mûrs. On empêche les couloirs de récolte de se refermer. D’habitude, on coupe aussi des feuilles au moment de la récolte des régimes. Si le nombre de feuilles par palmier tombe en dessous de 35, le rendement baisse. Le but est donc de maintenir ce nombre aux alentours de 40. Les feuilles coupées sont généralement entassées entre les palmiers sur la ligne ou entre les lignes, et procurent un paillis et une couverture au sol. Comme les canopées se referment dans les plantations adultes, la couverture de légumineuses est peu à peu remplacée par la végétation naturelle, souvent constituée d’un mélange dominé par les graminées et les fougères. Le recours accru aux herbicides à la place du désherbage manuel conduit la couverture de graminées et de fougères à être remplacée par des adventices à feuilles larges, plus nuisibles. L’association du palmier à huile avec des cultures vivrières annuelles au cours des 4 années qui suivent la plantation est une pratique courante chez les petits paysans d’Afrique de l’Ouest.

Compte tenu de l’importance de la présence d’humidité, le palmier à huile tire profit d’une irrigation dans les endroits où la saison sèche est prononcée ou prolongée. De vastes zones de cultures de palmier à huile dans le sud de l’Inde et de la Colombie sont sous irrigation, dont le coût est compensé par des rendements élevés.

Le système racinaire des jeunes palmiers n’est pas suffisamment développé pour tirer parti d’un grand volume de terre. Des applications d’engrais complets sont bénéfiques au cours des trois années qui suivent la plantation pour accélérer la croissance végétative et favoriser une production précoce. Au Nigeria, les préconisations sont les suivantes : 0,1–0,6 kg de N, 0,3–1,4 kg de P et 0,4–1,2 kg de K par palmier et par an, les quantités augmentant depuis la plantation au champ jusqu’à 3 ans. L’état nutritionnel des palmiers adultes varie considérablement en fonction du sol et des conditions climatiques, de l’histoire du terrain avant la plantation, et des niveaux ainsi que du nombre d’années de production. Sur un sol fertile défriché sur des forêts secondaires denses, le palmier à huile peut ne montrer aucune réaction aux engrais en termes de rendements pendant plusieurs années. L’absorption annuelle brute en nutriments de palmiers adultes cultivés sur de l’argile marine en Malaisie et donnant 25 t de régimes de fruits était la suivante, par palmier : 1,4 kg de N, 0,2 kg de P, 1,8 kg de K, 0,6 kg de Ca et 0,4 kg de Mg. Environ 30–40% de ces quantités sont absorbés par les régimes récoltés, 25–35% sont restitués au sol sous forme de feuilles mortes et d’inflorescences mâles et le reste est immobilisé dans le tronc. Associée aux résultats d’essais d’engrais sur place, une analyse foliaire (par échantillonnage de quelques folioles prélevées sur la feuille 17) est un outil de diagnostic fiable sur le palmier à huile pour déterminer les types et les quantités d’engrais à donner aux palmiers à huile adultes bien avant qu’apparaissent des symptômes de carence. Des réponses significatives au phosphore et au magnésium sont moins fréquentes, mais par précaution on incorpore souvent ces éléments dans les épandages d’engrais. Les besoins en micronutriments du palmier à huile ne sont pas déterminés avec autant de certitude. Les déchets compostés produits par les huileries (rafles, fibres et boues) constituent une source considérable de nutriments, capables de remplacer une partie des engrais chimiques, tout en améliorant la qualité physique et biologique du sol.

La culture du palmier à huile réclame une main d’œuvre assez importante et, pour une gestion optimale de la plantation, il faut un ouvrier agricole pour 4 ha. Le besoin d’accroître la mécanisation des travaux au champ devient patent dans des régions comme la Malaisie, où existe une pénurie de main d’œuvre. La plupart des travaux d’entretien des champs peuvent se faire à la machine, mais on n’a pas encore mis au point de méthode viable au plan économique pour détacher mécaniquement les régimes mûrs des palmiers.

Maladies et ravageurs

Un certain nombre de maladies fongiques attaquent les plants de pépinière mais elles peuvent être maîtrisées grâce à des pratiques culturales et des traitements fongicides. Les principales sont l’anthracnose (provoquée par Botryodiplodia spp., Glomerella spp. et Melanconium spp.), la cylindrosporiose des plantules (provoquée par Curvularia spp.), la cercosporiose (provoquée par Cercospora elaeidis) qui se limite à l’Afrique, et le brûlure ou blast (maladie des racines provoquée par Rhizoctonia lamellifera (synonyme : Macrophomina phaseolina) et Pythium spp.). La maladie de la cime est un trouble physiologique provoquant la déformation des feuilles chez des palmiers ayant 2–4 ans, surtout s’ils sont d’origine Deli ; elle a un effet désastreux sur le développement initial et le rendement. La sélection pour des palmiers à huile résistants à cette maladie est possible, car la sensibilité est transmise par un seul gène récessif.

La fusariose vasculaire (provoquée par Fusarium oxysporum f.sp. elaeidis) est présente seulement en Afrique, généralement dans des régions qui sont marginales pour la culture du palmier à huile. La sélection en vue de la résistance a atteint un certain succès. La maladie la plus importante chez les palmiers adultes en Asie du Sud-Est est la pourriture de la base du tronc (causée par Ganoderma sp.), qui peut provoquer de fortes pertes, surtout lorsqu’on replante des terrains qui ont eu comme précédent cultural le cocotier ou le palmier à huile. L’infection se fait par contact entre les racines et les tiges et racines en décomposition. La lutte se limite à des mesures sanitaires, telles que l’évacuation complète de toutes les souches et racines avant de replanter et l’élimination des palmiers malades d’une plantation. La pourriture brune (souvent avec peu de symptômes sur les feuilles) et le flétrissement ou “marchitez” sont deux maladies importantes du palmier à huile en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Les causes en sont mal connues, mais une méthode de lutte prometteuse est de planter des hybrides résistants Elaeis oleifera × Elaeis guineensis. Des mesures strictes de quarantaine (par ex. le traitement des graines) sont prises pour prévenir l’introduction fortuite de maladies telles que la fusariose vasculaire et la cercosporiose en Asie du Sud-Est ou en Amérique tropicale.

La mineuse des feuilles (Coelaenomenodera lameensis (synonyme : Coelaenomenodera elaeidis)) est un grave ravageur du palmier à huile en Afrique de l’Ouest, provoquant régulièrement de fortes défoliations en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Bénin, au Nigeria et à l’ouest du Cameroun. La lutte contre ce ravageur s’effectue grâce à une surveillance régulière des larves et des adultes pour définir le moment optimal d’intervention des traitements insecticides (par ex. le thiocyclame). La lutte biologique avec des parasites indigènes ou exotiques des œufs ou des larves est à l’étude. Un autre ravageur important en Afrique est le charançon du palmier Rhynchophorus phoenicis souvent en association avec l’orycte rhinocéros (Oryctes monoceros), qui creuse des galeries dans les jeunes feuilles de la flèche et expose alors les palmiers à des attaques secondaires par le charançon de palmier. Le piégeage en masse aux phéromones de Rhynchophorus phoenicis et la collecte manuelle des charançons peut être une méthode de lutte efficace. Les insectes ravageurs provoquant des dégâts occasionnels sont la pyrale du palmier (Pimelephila ghesquierei) et des charançons (Temnoschoita spp.) en particulier sur de jeunes palmiers en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest (par ex. en R.D. du Congo), ainsi que les chenilles urticantes mangeuses de feuilles de la famille des Limacodidés (Parasa pallida, Parasa viridissima). En Asie du Sud-Est, où les insectes ravageurs diffèrent de ceux d’Afrique, les techniques de lutte intégrée sont assez avancées dans les plantations de palmier à huile. Elles comprennent une surveillance rapprochée, la lutte biologique et la pulvérisation d’insecticides à spectre étroit pour prévenir les infestations majeures. Des infestations occasionnelles de chenilles burcicoles (Cremastopsyche pendula, Metisa plana, Mahasena corbetti), et de chenilles urticantes de Limacodidés (Darna trima et Setora nitens) existent à Sabah et à Sumatra. L’orycte rhinocéros (Oryctes rhinoceros) d’Asie et du Pacifique s’est bien adapté au palmier à huile. La destruction des sites de reproduction et une bonne couverture du sol permettent généralement de le maîtriser. D’autres ravageurs occasionnels en Asie du Sud-Est sont la pyrale du palmier à huile (Tirathaba mundella), des hannetons consommant les racines (Adoretus et Apogonia spp.) et les criquets (par ex. Valanga nigricornis). En Afrique de l’Ouest, les jeunes palmiers doivent être protégés par un collier en fil de fer contre le rongeur Thryonomys swinderianus (l’agouti) pendant la première année après la plantation au champ. Les rats peuvent provoquer des dégâts considérables sur les régimes pendant la maturation. La lutte se fait grâce au piégeage. On utilise également la chouette effraie (Tyto alba) en Malaisie comme prédateur contre les rats et des nichoirs sont placés dans la plantation.

Récolte

La récolte des régimes commence généralement en Afrique de l’Ouest 3–3,5 années après la plantation, et en Asie du Sud-Est dès 2,5 années après. Dans les grands domaines, il est courant d’ôter la première série d’inflorescences femelles non écloses du jeune palmier, en procédant à un passage de ce qu’on appelle “ablation” à l’aide d’un outil spécial, destinée à favoriser la croissance végétative et aussi parce que les premiers régimes ont une faible teneur en huile. Les régimes mûrissent tout au long de l’année et les récoltes se répètent à intervalle de 7–10 jours. Les régimes sont coupés lorsqu’ils ont atteint une maturité optimale. Un indicateur pratique de la maturité est le nombre de fruits détachés par régime, qui doit être de 5 pendant les trois premières années de la fructification, lorsque les régimes sont encore relativement petits, et qui va jusqu’à 10 chez les palmiers plus âgés. On sectionne les régimes au niveau du pédoncule d’un coup de ciseau chez les palmiers jeunes, tandis que chez les palmiers de haute taille, on se sert d’un “couteau malais”, constitué d’une faucille emmanchée d’un long bambou ou d’une perche d’aluminium. En Afrique, on grimpe aux palmiers de très haute taille et à tronc lisse avec une corde d’escalade et on coupe les régimes au coutelas. Il faut ramasser les fruits tombés au sol, car eux aussi produisent de l’huile. Les régimes sont apportés jusqu’aux lieux de ramassage le long des routes d’où ils sont transportés directement jusqu’à l’huilerie par la route ou par le rail (en Asie) pour y être traités.

Rendement

Au niveau mondial, les rendements moyens à l’ha pour 2005 étaient de 2,8 t d’huile de palme et 0,7 t de palmistes (45% d’huile et 55% de farine). Les moyennes nationales de rendements d’huile de palme à l’ha sont par exemple : Nigeria 0,3 t (plantations 1,9 t), R.D. du Congo 0,7 t, Ghana 1,1 t, Côte d’Ivoire et Cameroun 2,6 t, Colombie 3,9 t, Malaisie 4,1 et Indonésie 4,2 t. La réaction du palmier à huile aux conditions de l’environnement est extrêmement forte, et les rendements annuels connaissent par conséquent des variations importantes. L’évolution des rendements au fil du temps montre toutefois une nette tendance à atteindre un maximum au cours des quatre premières années de production et généralement à baisser lentement par la suite. Dans les plantations bien conduites de Malaisie, d’Indonésie et de Papouasie-Nouvelle-Guinée, des rendements en régimes de 24–32 t/ha par an sont courants. Au taux d’extraction de l’huile en usine, qui est de 22% (pour le type “Tenera”), cela représente des rendements en huile de 5,2–7,1 t/ha. En Afrique de l’Ouest, qui a des conditions climatiques moins favorables (une saison sèche prononcée), on obtient des rendements en régimes de 12–16 t, soit 2,6–3,5 t d’huile à l’ha, chiffre qui reste toutefois bien plus élevé que pour n’importe quel autre oléagineux.

Traitement après récolte

Les huileries de palmier à huile, qu’elles soient petites ou grandes, transforment les régimes de fruits frais en huile et en amandes en procédant selon les étapes suivantes :

– stériliser les régimes à la vapeur sous pression pour détacher les fruits, détruire la lipase (enzyme lipolytique) afin de stopper la formation d’acides gras libres, et tuer tous les micro-organismes ;

– égrapper les régimes ;

– faire macérer les fruits et réchauffer le mélange macéré de pulpe et de noyaux ;

– extraire l’huile avec des presses hydrauliques ou à (double) vis ;

– décanter pour séparer l’huile de l’eau et du dépôt boueux dans des citernes de décantation continue ou par séparation centrifuge, puis sécher ;

– mettre l’huile brute en bidons avant le transport pour un raffinage et une transformation ultérieurs.

Les noyaux sont séparés du tourteau, séchés, calibrés et jetés dans des concasseuses centrifuges pour en ôter la coque. L’huile des amandes est extraite dans des huileries distinctes, sur place ou à l’étranger, par des méthodes analogues à celles utilisées pour l’huile de coprah.

On a d’un côté des huileries industrielles, capables de traiter 20–60 t de régimes à l’heure et conçues pour les grandes plantations de palmier à huile et les plantations voisines des petits exploitants ; de l’autre côté, tout un ensemble de petites usines, dont l’efficience d’extraction est semblable à celle des grandes huileries (>92%), ont été mises au point au cours des 50 dernières années pour le secteur des petites exploitations de palmier à huile, qui opère indépendamment des grands domaines et qui, en Afrique de l’Ouest, produit surtout pour les marchés intérieurs. Leur capacité va de 1–2 t de régimes à l’heure pour une huilerie fortement mécanisée dotée d’une presse à vis continue à double hélice jusqu’à 0,5 t de régimes à l’heure ou moins avec une installation équipée de 1–2 presses hydrauliques manuelles pourvues de matériel de stérilisation, de macération et de décantation.

La méthode traditionnelle d’extraction de l’huile comestible en Afrique de l’Ouest, encore appliquée dans les villages reculés, consiste à faire bouillir les fruits, à les écraser et à les faire bouillir à nouveau jusqu’à ce que l’huile qui flotte à la surface puisse être recueillie. L’huile de palme destinée à la fabrication de savon est extraite à la main des fruits macérés, qu’on a laissé fermenter dans des trous pendants plusieurs jours. L’efficience d’extraction des méthodes traditionnelles est faible (<50%) et la teneur en acides gras libres est élevée (6–10%), même pour l’huile de palme comestible.

Ressources génétiques

La quasi-totalité du matériel reproductif du palmier à huile en Malaisie, en Indonésie et dans d’autres parties de l’Asie du Sud-Est ainsi qu’en Amérique tropicale, a été obtenu à partir de la population “Deli Dura”, de base génétique très étroite, et d’une seule source de “Pisifera” (le palmier “Djongo Tenera”, originaire de Yangambi en R.D. du Congo). Les centres de recherche sur le palmier à huile d’Afrique de l’Ouest ont pour leur part eu plus facilement accès aux ressources génétiques, mais à l’exception du Nigerian Institute for Oil Palm Research (NIFOR), la plupart des programmes de sélection sont partis de populations dont la base génétique était restreinte. La prise de conscience de plus en plus forte de l’importance des ressources génétiques pour faire progresser la sélection dans le futur a conduit le NIFOR à organiser des prospections en 1956 et 1964, et une autre prospection très importante en 1973, en collaboration avec le Malaysian Palm Oil Board (MPOB, jadis connu sous les sigles PORIM et MARDI), toutes au sud-est du Nigeria, qui est le centre de diversité génétique la plus élevée. Le MPOB a organisé 9 autres expéditions dans la zone du palmier à huile, du Sénégal à l’Angola, et même en Tanzanie et à Madagascar au cours de la période 1984–1994. Il a aussi prospecté des ressources génétiques d’Elaeis oleifera en Amérique centrale et en Amérique du Sud en 1982. Le MPOB possède la plus importante collection de ressources génétiques de palmier à huile du monde, avec 1780 entrées (61% originaires du Nigeria et 21% de la R.D. du Congo), qu’il entretient sur 400 ha d’essais au champ au centre de recherche situé près de Kluang, à Johore (Malaisie). Une autre importante collection au champ constituée de plus de 1000 entrées est entretenue par le NIFOR près de Benin City (Nigeria). Le Centre national pour la recherche agronomique (CNRA, anciennement IRHO) en Côte d’Ivoire détient une collection de plus de 200 entrées. D’autres centres de recherche publics et privés en Asie, en Afrique et en Amérique tentent également d’élargir leurs collections.

Les ressources génétiques de palmier à huile prospectées en 1966 sur les hautes terres de Bamenda au Cameroun, et en 1977 le long du lac Tanganyika, situés tous deux à des altitudes de près de 1000 m, sont actuellement testées dans les régions montagneuses fraîches d’Ethiopie et d’autres pays d’Afrique de l’Est pour tenter d’étendre la culture du palmier à huile au-delà de son écosystème naturel des basses terres tropicales. Les résultats n’ont pas encore été publiés.

L’échange libre des ressources génétiques au moyen des semences ou du pollen est une pratique courante entre les centres de recherche, qui observent des règles strictes en matière de quarantaine pour éviter l’introduction par inadvertance de maladies et ravageurs nouveaux.

Sélection

Partie de la simple sélection massale (familles, et individus au sein des meilleures familles), l’amélioration génétique du palmier à huile a évolué vers diverses formes de sélection récurrente (réciproque) des arbres du type “Dura” et du type “Pisifera” qui servent de parents au matériel de plantation “Tenera”, de rendement plus élevé. L’évaluation du progrès en termes de rendements en huile chez les populations “Deli Dura” d’Indonésie et de Malaisie se chiffre à 50–60% sur 3–4 générations de sélection massale (1910–1960). L’adoption du matériel “Tenera” depuis le début des années 1960 a donné lieu à un accroissement immédiat des rendements de 20% supplémentaires, car le taux d’extraction d’huile, qui était de 18% avec les régimes “Dura”, a fait un bond à 22% avec les régimes “Tenera”. Des évolutions analogues ont eu lieu en Afrique.

Des études de génétique quantitative de grande ampleur (années 1960–1970) menés lors des importants programmes d’amélioration génétique du NIFOR au Nigeria et au Ghana, du CNRA en Côte d’Ivoire et du Oil Palm Genetics Laboratory (OPGL, aujourd’hui MPOB) en Malaisie ont confirmé l’hérédité largement additive de toutes les composantes du rendement. Ce qui permet aux sélectionneurs de faire des évaluations de la valeur génotypique (valeur sélective) de ces composantes pour un grand nombre de parents en procédant à un minimum de croisements et de réduire ainsi le coût des épreuves de descendance. Une autre observation pertinente pour le progrès génétique du palmier à huile est l’interaction génotype × environnement modérée à faible pour le rendement et ses composantes. On rend la sélection plus efficace en combinant des parents qui possèdent des composantes de rendement contrastées, comme par exemple les croisements “inter-origines” Deli × African, qui associent un nombre relativement faible de régimes lourds avec un nombre élevé de régimes plus petits. Pour aller encore plus loin dans la sélection, il est nécessaire de mettre au point de nouvelles sous-populations contrastées, et surtout d’accroître la variabilité génétique de la population “Deli Dura” ainsi que de la population source de “Pisifera” en Asie, par introgression avec des ressources génétiques africaines. Dans les programmes d’amélioration malais et quelques autres programmes, des efforts de sélection considérables portent sur les composantes de la croissance végétative, afin d’améliorer l’index de récolte et de diminuer l’accroissement en hauteur pour augmenter encore les rendements en huile et réduire les coûts de production. L’évaluation des ressources génétiques en Malaisie a révélé des familles originaires du sud-est nigérian qui sont extrêmement productives (jusqu’à 10 t/ha d’huile) et qui ont un tronc court (l’accroissement en hauteur ne dépasse pas 20–25 cm/an contre 45–75 cm/an pour le matériel végétal actuel). L’héritabilité de la vitesse d’accroissement en hauteur est forte, et c’est aussi le cas des composantes de la qualité des fruits (teneur en mésocarpe, en coque et en amande) et de la composition de l’huile de palme en acides gras, ce qui permet une sélection phénotypique efficace des parents pour ces caractères.

La sélection classique, qui exploite la diversité génétique existant au sein du genre botanique, offre encore des possibilités considérables pour l’amélioration. Le perfectionnement des cartes des liaisons génétiques de haute densité élaborées pour le palmier à huile, à l’aide d’une technologie évoluée de marqueurs (par ex. les microsatellites), permettra l’identification de QTL (loci de caractères quantitatifs) importants pour les composantes de rendement et de croissance afin de rendre la sélection plus efficace, par ex. en permettant une présélection au stade pépinière. On explore actuellement de nouvelles approches biotechnologiques complémentaires. Le MPOB en Malaisie a lancé des travaux de recherche très importants sur la transformation génétique du palmier à huile. Leurs objectifs sont notamment la résistance aux herbicides et aux maladies (par ex. Ganoderma) et la modification de la composition en acides gras de l’huile de palme (par ex. une forte teneur en acide oléique). Une meilleure compréhension au niveau moléculaire pourra aider à maîtriser les anomalies florales dans la descendance clonale après embryogenèse in vitro et rendre ainsi possible une multiplication du palmier à huile par clonage à grande échelle.

Perspectives

La demande mondiale en huiles végétales connaît une brusque accélération ; de 100 millions de t en 2005, on estime qu’elle passera à 150 millions de t en 2020, parallèlement à l’évolution démographique de la planète et à l’amélioration du niveau de vie dans les pays en développement. On peut donc s’attendre à ce que le palmier à huile, source d’huile comestible relativement peu chère et se prêtant aux utilisations les plus diverses, joue un rôle de plus en plus prépondérant. Conduit selon les meilleures pratiques de culture et de transformation, il peut produire 4–6 fois plus d’huile à l’ha que n’importe quel autre oléagineux, de manière durable tant d’un point de vue économique qu’écologique. Une extrapolation des modèles de croissance laisse penser que le potentiel physiologique de rendement du palmier à huile pourrait bien être de 12–14 t/ha d’huile contre 7 t/ha maximum aujourd’hui. Les nouvelles perspectives de multiplication clonale constituent à cet égard un facteur non négligeable. Le principal inconvénient du palmier à huile est la difficulté de mécaniser la récolte de façon rentable. Partant de ce constat, la disponibilité et le coût de la main d’œuvre pourraient bien devenir des facteurs limitants dans les pays producteurs où le niveau de vie augmente.

Les plantations bien établies de palmier à huile offrent un écosystème qui possède certaines des caractéristiques des forêts tropicales humides. Des études récentes ont montré que la fixation nette du gaz carbonique par l’écosystème de palmiers à huile adultes était supérieure à celle des forêts tropicales humides. Les recherches scientifiques ont démontré à de nombreuses reprises que la publicité négative selon laquelle l’huile de palme serait “mauvaise pour la santé” était sans fondement. En revanche, il reste beaucoup à faire, tant au niveau national que régional, en particulier en Asie du Sud-Est, pour redorer le blason du palmier à huile en tant que culture de plantation écologiquement durable, qui avait été sérieusement écorné au cours de la dernière décennie par une expansion mal maîtrisée responsable de pollution de l’air et de destruction inutile des forêts tropicales. A cet égard, la “Table ronde sur l’huile de palme durable”, initiative des acteurs de l’industrie malaise de l’huile de palme en 2003, apparaît comme un pas dans la bonne direction.

En Afrique de l’Ouest, le secteur des petits exploitants, que ce soit les producteurs, les transformateurs ou les négociants, est en passe de dépasser le secteur des grandes plantations privatisées pour devenir le principal fournisseur des marchés intérieurs, en constante expansion. Il serait nécessaire que les critères de production durable d’huile de palme y soient redéfinis, car il se peut que les pratiques de bonne gestion qui s’appliquent dans les grands domaines soient incompatibles avec les priorités socio-économiques du petit exploitant et de sa famille.

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Sources de l'illustration

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Auteur(s)

  • C.D. Ataga

Plant Breeding Division, Nigerian Institute For Oil Palm Research, P.M.B. 1030, Benin City, Nigeria

  • H.A.M. van der Vossen

Steenuil 18, 1606 CA Venhuizen, Netherlands

Consulté le 7 octobre 2019.


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