Dendrocalamus giganteus (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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1, bases de tiges ; 2, jeune pousse ; 3, feuille caulinaire ; 4, rameau feuillé ; 5, base de feuille ; 6, rameau en fleurs. Source: PROSEA

Dendrocalamus giganteus Wall. ex Munro


Protologue: Trans. Linn. Soc. 26(1) : 150 (1868).
Famille: Poaceae (Gramineae)
Nombre de chromosomes: 2n = 72

Noms vernaculaires

  • Bambou de Birmanie, bambou géant (Fr).
  • Giant bamboo, dragon bamboo (En).
  • Bambu balde, bambu imperial, bambu gigante (Po).

Origine et répartition géographique

L’origine de Dendrocalamus giganteus reste imprécise, mais pourrait se situer au sud du Myanmar et au nord-ouest de la Thaïlande. Il est couramment planté en Inde, au Sri Lanka, au Bangladesh et dans le sud de la Chine, et a été introduit et planté dans de nombreux jardins botaniques. Sa véritable répartition en Afrique tropicale n’est pas claire, mais il a été signalé au Ghana, au Bénin, au Kenya, à Madagascar et à la Réunion.

Usages

Dendrocalamus giganteus serait utilisé à Madagascar pour la construction, la parqueterie et les instruments de musique, mais il se peut qu’on le confonde avec Cathariostachys madagascariensis (A.Camus) S.Dransf., endémique, connu lui aussi sous le nom de “bambou géant”. En Asie, les grandes tiges de Dendrocalamus giganteus servent à de multiples usages, comme la construction, les échafaudages et les cases, les conduites d’eau, les seaux, les mâts de bateaux, les nattes, la vannerie et la production de papier. Avec leurs parois épaisses, les tiges conviennent particulièrement bien à la production de panneaux de bambou, matériau idéal en décoration intérieure et pour d’autres utilisations intérieures telles que les murs, les plafonds, les parquets, les portes, les étagères, etc. Les jeunes turions sont comestibles, mais ne sont pas largement consommés. Ils tolèrent bien la mise en conserve. En Thaïlande, on fait des chapeaux avec les grandes gaines de la tige. Dendrocalamus giganteus peut être planté pour protéger le sol de l’érosion. S’agissant de l’une des plus grandes espèces de bambou, elle a une grande valeur ornementale.

Propriétés

A 19% d’humidité, la densité des parois de la tige est d’environ 0,9 g/cm³. Le module de rupture est de 93–179 N/mm², le module d’élasticité d’environ 14 000 N/mm², la compression axiale de 39–62 N/mm² et le cisaillement d’environ 4,5 N/mm². Les tiges sont très sensibles aux attaques de vrillettes.

Des études menées sur la fabrication de la pâte à papier ont montré que le Dendrocalamus giganteus africain donnait une pâte adaptée au papier avec une résistance à la déchirure élevée. Les dimensions moyennes des fibres de la tige sont les suivantes : longueur 2,7 mm, diamètre 26 μm, largeur du lumen 19 μm, épaisseur des parois 3,9 μm. Les fibres du Dendrocalamus giganteus de Madagascar mesuraient en moyenne 2,4 mm de long avec un diamètre de 18 μm. La composition chimique des tiges en provenance de Madagascar était la suivante : cellulose 39,4%, pentosanes 18,4%, lignine 25,3%, cendres 2,9%, silice 0,4%. La solubilité dans l’eau chaude était de 5,1%, dans l’alcool-benzène 6,5%, dans une solution à 1% de NaOH 24,4%.

Les pousses contiennent des composés cyanogénétiques, dont la taxiphylline, qui provoquent une irritation de la bouche et de la gorge. Ces composés s’éliminent à la cuisson.

Les résidus des pousses (principalement les gaines et les parties molles de la tige) contiennent par 100 g de matière sèche : protéines 13,1 g, lipides 1,8 g, fibres 23,5 g, cendres 6,4 g, Ca 53 mg, Mg 108 mg, P 261 mg, Fe 11 mg et Zn 5 mg. La teneur en acide cyanhydrique est de 213 mg par 100 g. Les résidus peuvent servir de fourrage après élimination, par ébullition, de l’acide cyanhydrique.

Description

  • Bambou géant, à rhizome court et épais, et à tiges densément cespiteuses ; tige (chaume) érigée à extrémité arquée, atteignant 30(–35) m de haut et 30 cm de diamètre, paroi jusqu’à 25 mm d’épaisseur, recouverte d’une couche de cire blanche lorsque jeune, devenant blanchâtre à vert grisâtre ; entrenœuds de 25–55 cm de long, les inférieurs plus courts ; nœuds non renflés, les inférieurs présentant des racines aériennes.
  • Feuilles alternes, simples ; feuilles caulinaires à gaine atteignant 50 cm × 50 cm, à poils brun foncé, à petites auricules, ligule atteignant 13 mm de long et limbe jusqu’à 38 cm × 9 cm ; feuilles des rameaux à gaine glabre à l’extérieur, auricules petites et glabres, ligule de 2–3 mm de long, irrégulièrement dentée, limbe obliquement oblong, de 20–50 cm × 3–10 cm, courtement stipité à la base, apex acuminé, glabre dessus, légèrement rugueux, à nettes nervures transversales.
  • Inflorescence : panicule sur un rameau dépourvu de feuilles avec des fascicules d’épillets aux nœuds.
  • Epillets de 12–17 mm × 3–8 mm, aplatis, composés de 1–3 glumes et de 4–6(–8) fleurs, la supérieure parfois stérile ; glumes ovales ; lemme courtement oblongue, de 8–13 mm de long, paléole des fleurs inférieures 2-carénée et poilue sur le bord, celle des fleurs supérieures généralement non carénée et glabre ; fleurs à 6 étamines munies de longs filets et à ovaire ovoïde, poilu, style long, se terminant en un seul stigmate plumeux, violet.
  • Fruit : caryopse (grain) oblong, de 6–8 mm de long, poilu au-dessus.

Autres données botaniques

Les tiges de Dendrocalamus giganteus poussent très vite ; en Inde, des taux moyens de croissance de 20 cm par jour pendant 3,5 mois ont été enregistrés. Au début, la croissance d’un turion est très lente, puis s’accélère peu à peu pendant une période de 4–6 semaines, jusqu’à ce que la tige ait atteint environ 4 m de haut. Après quoi, le taux de croissance maximum est atteint et se maintient ainsi pendant plusieurs semaines. Ensuite, il chute progressivement puis s’arrête lorsque la taille définitive est atteinte à 3,5 mois. La rapidité de la croissance semble être déclenchée par la forte humidité relative qui fait apparaître une turgescence importante dans la tige. La concurrence entre les tiges d’une même touffe peut entraîner l’apparition de “pousses avortées”, phénomène qui touche environ 50% de toutes les nouvelles pousses. Les turions prédisposés à avorter poussent généralement à moins de 20 cm d’une tige, atteignant 10–15 cm de haut avant de mourir. Ces jeunes turions peuvent être utilisés comme légume.

Dendrocalamus giganteus a une floraison grégaire et le cycle de floraison est estimé à 30–40 ans. On a affirmé qu’après la floraison la touffe mourrait, alors qu’au Sri Lanka on a observé que la plupart des touffes survivaient après la floraison. En Indonésie, les touffes ont survécu une fois que les tiges en fleurs ont été coupées.

Le genre Dendrocalamus comprend près de 35 espèces, réparties de l’Inde à la Chine et aux Philippines.

Ecologie

Dendrocalamus giganteus est indigène des zones humides à des altitudes légèrement élevées (jusqu’à 1200 m). Il peut cependant très bien être cultivé à basse altitude sur de riches sols alluviaux. Il tolère un gel léger.

Gestion

La multiplication se fait généralement par division de la touffe ou par plantation de rhizome. Dendrocalamus giganteus peut également être multiplié par graines. La multiplication par boutures de tige et de rameau est possible, quoique difficile. Une multiplication in vitro rapide est réalisable si l’on utilise des nœuds munis de bourgeons axillaires sur un milieu de Murashige et Skoog (MS). Dans d’autres études, le développement d’un cal a été provoqué sur des feuilles, des pousses, des épillets et des racines, et des plants entiers ont été obtenus à partir d’un cal transféré sur un milieu MS.

Sur une plantation de 8 ha au Myanmar, on a obtenu 40–50 touffes à l’hectare. L’exploitation des tiges peut débuter 7 ans après la plantation. Toutes les tiges de 3 ans issues de touffes adultes (entre 15–16 ans) peuvent être coupées chaque année. Une touffe adulte peut donner 3–4 tiges par an. Avec 50 touffes à l’hectare, le rendement annuel peut atteindre 200 tiges et 200 turions. La partie comestible des turions est d’environ 33%, soit 550 g en moyenne. Le champignon Pycnoporus sanguineus et les vrillettes peuvent attaquer les tiges sèches récoltées. En Asie, on trempe les tiges traditionnellement dans l’eau courante ou dans la boue pendant quelque temps pour les protéger des vrillettes.

Ressources génétiques

Des collections de ressources génétiques de Dendrocalamus giganteus sont maintenues au Bangladesh (Forest Research Institute, Chittagong), en Inde (Van Vigyan Kendra, Chessa, Arunachal Pradesh) et en Indonésie (Lampung, Sumatra). Il faudrait disposer de collections représentatives de toutes les provenances. En Inde, des chercheurs travaillent actuellement à la sélection de types supérieurs.

Perspectives

Grâce à sa croissance rapide et à ses longues tiges, Dendrocalamus giganteus pourrait remplacer le bois en Afrique tropicale, par ex. dans la production de panneaux et de papier mais aussi comme source locale de matériau de construction et comme combustible. S’il veut être utilisé en construction, il faut qu’il soit protégé efficacement contre les attaques de vrillettes.

Références principales

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  • Doat, J., 1967. Les bambous, source éventuelle de cellulose pour l’Afrique. Bois et Forêts des Tropiques 113: 41–59.
  • Seethalakshmi, K.K. & Muktesh Kumar, M.S., 1998. Bamboos of India: a compendium. Technical Report No 17. Kerala Forest Research Institute, Peechi, Kerala, India & International Network for Bamboo and Rattan (INBAR), Beijing, China. 342 pp.
  • Widjaja, E.A., 1995. Dendrocalamus giganteus Wallich ex Munro. In: Dransfield, S. & Widjaja, E.A. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 7. Bamboos. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 85–87.

Autres références

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  • Azzini, A., Leme, P.R., Carvalho, C.R.L., de Barros Salgado, A.L. & Ferreira, V.L.P., 1995. Caracterização bromatológica e mineral dos resíduos de broto de bambu, visando a sua utilização como alimento animal. Bragantia 54(2): 257–261.
  • Clayton, W.D., Davidse, G., Gould, F., Lazarides, M. & Soderstrom, T.R., 1994. Poaceae. In: Dassanayake, M.D. (Editor). A revised handbook to the flora of Ceylon. Vol. 8. Amerind Publishing Co., New Delhi, India. 458 pp.
  • Ferreira, V.L.P., Yotsuyanagi, K. & Carvalho, C.R.L., 1995. Elimination of cyanogenic compounds from bamboo shoots Dendrocalamus giganteus Munro. Tropical Science 35(4): 342–346.
  • Lin, W.C., 1978. Bambusoideae. In: Li, Hui-lin et al. (Editors): Flora of Taiwan. Vol. 5. Epoch Publishing Company, Taipei, Taiwan. pp. 706–783.
  • Munoz Fonseca, M., Guevara Berger, E. & Montiel Longhi, M., 1998. Regeneración in vitro del bambú gigante Dendrocalamus giganteus (Poaceae). Revista de Biología Tropical 46: 50–56.
  • Ramanayake, S.M.S.D. & Wanniarachchi, W.A.V.R., 2003. Organogenesis in callus derived from an adult giant bamboo (Dendrocalamus giganteus Wall. ex Munro). Scientia Horticulturae 98(2): 195–200.
  • Ramanayake, S.M.S.D. & Yakandawala, K., 1997. Incidence of flowering, death and phenology of development in the giant bamboo (Dendrocalamus giganteus Wall. ex Munro). Annals of Botany 82(6): 779–785.
  • Ramanayake, S.M.S.D. & Yakandawala, K., 1997. Micropropagation of the giant bamboo (Dendrocalamus giganteus Munro) from nodal explants of field grown culms. Plant Science 129(2): 213–223.

Sources de l'illustration

  • Widjaja, E.A., 1995. Dendrocalamus giganteus Wallich ex Munro. In: Dransfield, S. & Widjaja, E.A. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 7. Bamboos. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 85–87.

Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2008. Dendrocalamus giganteus Munro. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 11 octobre 2019.


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