Cynomorium coccineum (PROTA)

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Cynomorium coccineum L.


répartition en Afrique (sauvage)
Protologue : Sp. pl. 2: 970 (1753).
Famille : Balanophoraceae
Nombre de chromosomes : 2n = 28

Synonymes

  • Cynomorium songaricum Rupr. (1869).

Noms vernaculaires

  • Maltese mushroom, scarlet cynomorium (En).

Origine et répartition géographique

Cynomorium coccineum se rencontre depuis les îles Canaries jusqu’en Mongolie et en Chine en passant par la région méditerranéenne. En Afrique tropicale, il est présent en Mauritanie, au Soudan et en Somalie.

Usages

Au Soudan et en Afrique du Nord, le jus de plante séché est appliqué en externe sur les hémorroïdes ainsi que sur les saignements nasaux et utérins. L’infusion de la plante entière se prend pour traiter l’hépatite. En Afrique du Nord et dans la péninsule Arabique, l’infusion des anciennes inflorescences noircies se boit pour traiter les troubles digestifs et les ulcères de l’estomac. Le jus de plante est appliqué en externe sur les ulcères. Mélangé à du beurre, la tige est consommée pour traiter les troubles hépatiques et rénaux, ainsi que l’impuissance et la stérilité. En Asie continentale, Cynomorium coccineum est couramment utilisé comme médicament contre le vieillissement, l’épilepsie et le stress. Dans plusieurs formulations phytopharmaceutiques, il est utilisé pour le traitement d’une série de maladies différentes, dont l’impuissance.

La partie interne blanche et molle de la plante, qui reste après l’enlèvement de la peau externe, a un goût sucré et croquant lorsqu’elle est consommée crue. Dans la région du Sahara, elle est connue depuis longtemps comme aliment de famine. Les moutons, les chèvres et les dromadaires broutent la plante. En Afrique du Nord, la plante séchée et broyée s’utilise en guise d’épice ou de condiment accompagnant les plats de viande. Dans les Emirats arabes unis, les femmes utilisent le pigment rouge pour colorer le tissu en rouge vif.

Production et commerce international

En Afrique du Nord, Cynomorium coccineum est vendu frais par endroits en tant qu’amuse-gueule rafraîchissant. Des parties de plante séchées sont vendues pour des usages médicinaux. En Chine, des parties de plante séchées sont largement commercialisées pour des usages médicinaux, et elles sont également offertes sur Internet.

Propriétés

Plusieurs composés pharmacologiquement actifs ont été isolés de Cynomorium coccineum. La majorité des recherches récentes sont effectuées sur du matériel provenant d’Asie. A partir des tiges, on a isolé de la catéchine, des oligomères de flavan-3-ol et des tanins, ainsi que des triterpènes (l’acide ursolique, l’acide acétyl ursolique et l’hémi-ester de l’acide malonyl ursolique). De l’acide palmitique et du saccharose, ainsi que le palmitate de β-sitostérol, le β-sitostérol et le glucoside de β-sitostérol (= daucostérol) ont été isolés des parties aériennes. On a démontré que les oligomères de flavan-3-ol inhibent l’activité de l’α-glucosidase. L’hémi-ester de l’acide malonyl ursolique s’est avéré inhiber de façon significative l’activité de la protéase VIH-1.

Des extraits aqueux montrent des activités anti-oxydantes significatives in vitro. La fraction à l’éthyl acétate de l’extrait aqueux a réduit de façon significative la mort des cellules apoptotiques induite par la staurosporine chez des cellules du neuroblastome.

Dans un essai préliminaire, le jus de la plante fraîche, donné aux chiens, s’est avéré réduire significativement la tension artérielle. L’extrait aqueux des parties aériennes a montré un effet spermatogène direct sur les tubules séminifères de rats immatures. De jeunes rats ayant reçu un extrait des parties aériennes pendant une période prolongée ont montré des augmentations significatives dans le comptage du sperme épididymal et dans le poids absolu des testicules par rapport au groupe témoin. Dans un essai de laboratoire sur des rats, il a été prouvé que l’extrait des parties aériennes, donné à des rats pendant une période d’épreuve d’endurance intensive, a causé une augmentation des réserves du glycogène hépatique et de l’urée sanguine, et une moindre accumulation de l’acide lactique.

L’administration de la fraction purifiée de polysaccharides à des rats à diabète induit par la streptozotocine a réduit de façon significative les taux du glucose sanguin, de l’azote de l’urée sanguine, de la créatinine, l’activité de la transaminase oxaloacétique glutamique et celle de la transaminase pyruvique glutamique. Elle a augmenté de manière efficace les taux de l’insuline du sérum et du glycogène hépatique.

Des extraits aqueux et à l’alcool des parties aériennes ont montré une activité antibactérienne significative in vitro, mais aucune activité antifongique.

Description

Holoparasite charnu, rouge foncé, ressemblant à un champignon, atteignant 30 cm de haut, à tubercule ressemblant à un rhizome. Tige atteignant 80 cm de long au-dessous de la surface du sol, jusqu’à 10 cm au-dessus du sol. Feuilles nombreuses, disposées en spirale, écailleuses, triangulaires. Inflorescence cylindrique, en spadice, atteignant 12 cm × 4 cm, fleurs nombreuses ; écailles présentes sur l’inflorescence. Fleurs mâles, femelles ou bisexuées, irrégulières ; tépales (1–)4–6(–8), linéaires, d’environ 1 mm de long ; fleurs mâles à 1 étamine ; fleur femelle à ovaire infère, globuleux-ovoïde, d’environ 1 mm de long, 1-loculaire, style très mince, d’environ 2 mm de long, à 1 graine. Fruit : petite nucule.

Autres données botaniques

Le genre Cynomorium est monotypique, avec 2 sous-espèces, subsp. coccineum se rencontrant dans la région méditerranéenne jusqu’à l’Iran, et subsp. songaricum (Rupr.) J.Léonard étant présent en Asie centrale, où il est souvent reconnu comme une espèce distincte.

Croissance et développement

En Afrique, Cynomorium coccineum fleurit en (janvier–)mars–avril(–juin), après des pluies suffisantes. Les fleurs sont pollinisées par des insectes, notamment par des fourmis et des mouches.

Ecologie

Cynomorium coccineum se rencontre dans des zones salines, sur des sables compactés, des sables côtiers et des dunes, et en bord de routes, du niveau de la mer jusqu’à 200 m d’altitude.

C’est un holoparasite qui se trouve sur les racines d’une large gamme d’arbustes, dont Atriplex, Cistus, Frankenia, Halimione, Inula, Limonium, Medicago, Melilotus, Myrtus, Parapholis, Pistacia, Salsola et Tamarix en Afrique. En Asie, il est commun sur Nitraria sibirica Pallas.

Multiplication et plantation

Cynomorium coccineum se multiplie par graines. Les graines présentent une dormance, qui est levée par des signaux chimiques issus de la racine-hôte.

Récolte

Les tiges et les inflorescences de Cynomorium coccineum peuvent être récoltées pendant la saison des pluies ou juste après. Les parties aériennes séchées et flétries peuvent se collecter également.

Traitement après récolte

Les tiges de Cynomorium coccineum peuvent être utilisées à l’état frais pour les infusions et les décoctions, ou le jus peut être pressé pour un usage direct à des fins médicinales. Les tiges pelées se consomment fraîches. Les parties aériennes séchées peuvent être réduites en poudre et conservées dans des recipients étanches pour un usage ultérieur comme médicament ou épice.

Ressources génétiques

Cynomorium coccineum est assez commun dans son aire de répartition et ne semble pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

L’intérêt pour Cynomorium coccineum augmente, notamment en Chine, parce que la recherche pharmacologique révèle des résultats intéressants sur ses propriétés médicinales, dont ses activités anti-oxydante, hypoglycémique et antibactérienne. En conséquence, les plantes sont récoltées à grande échelle à partir des peuplements sauvages pour le commerce local et international. Les peuplements locaux pourraient donc s’éteindre, bien que l’on en sache peu sur son taux de succès à parasiter de nouvelles plantes. De plus amples recherches s’imposent.

Références principales

  • Lu, Y., Wang, Q.G., Melzig, M.F. & Jenett-Siems, K., 2009. Extracts of Cynomorium songaricum protect SK-N-SH human neuroblastoma cells against staurosporine-induced apoptosis potentially through their radical scavenging activity. Phytotherapy Research 23(2): 257–261.
  • Ma, C.M., Sato, N., Li, X.Y., Nakamura, N. & Hattori, M., 2010. Flavan-3-ol contents, anti-oxidative and alpha -glucosidase inhibitory activities of Cynomorium songaricum. Food Chemistry 118(1): 116–119.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Nishida, S., Kikuichi, S., Yoshioka, S., Tsubaki, M., Fujii, Y., Matsuda, H., Kubo, M. & Irimajiri, K., 2003. Induction of apoptosis in HL-60 cells treated with medicinal herbs. American Journal of Chinese Medicine 31(4): 551–562.
  • Thulin, M., 1999. Balanophoraceae. In: Thulin, M. (Editor). Flora of Somalia. Volume 2. Angiospermae (Tiliaceae-Apiaceae). Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. pp. 147–149.

Autres références

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  • Yu, F.R., Liu, Y., Cui, Y.Z., Chan, E.Q., Xie, M.R., McGuire, P.P. & Yu, F.H., 2010. Effects of a flavonoid extract from Cynomorium songaricum on the swimming endurance of rats. American Journal of Chinese Medicine 38(1): 65–73.
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Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2012. Cynomorium coccineum L. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). Prota 11(2): Medicinal plants/Plantes médicinales 2. PROTA, Wageningen, Pays Bas. Consulté le 2 mars 2020.


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