Cucurbita pepo (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
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Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svg
Légume Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (cultivé)
1, rameau en fleurs et en fruits (courgette) ; 2, fruit (courge Gem) ; 3, graine. Redessiné et adapté par Iskak Syamsudin
plante en fleurs et en fruits
fruits
plante avec un jeune fruit
fleur

Cucurbita pepo L.


Protologue: Sp. pl. 2 : 1010 (1753).
Famille: Cucurbitaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 40

Noms vernaculaires

  • Courgette, courge, citrouille (Fr).
  • Courgette, zucchini, summer squash, vegetable marrow, pumpkin (En).
  • Abobrinha, aboborinha, abóbora (Po).
  • Mboga (Sw).

Origine et répartition géographique

Le centre d’origine de Cucurbita pepo est le Mexique, où il a été domestiqué il y a au moins 5000 ans. Certains pensent que sa domestication s’est faite plusieurs fois au Mexique et aux Etats-Unis, parce que des données archéologiques et moléculaires suggèrent qu’il existe deux lignées de taxons domestiqués pour Cucurbita pepo. Il a été introduit en Europe en même temps que d’autres espèces de Cucurbita au cours du XVIe siècle. Cucurbita pepo résiste moins à la chaleur que Cucurbita moschata Duchesne, et pour cette raison il est moins adapté à l’Afrique tropicale, ce qui ne l’empêche pas d’y être cultivé à petite échelle dans tous les pays. Par tradition, il a plus d’importance dans les pays francophones qu’anglophones et on le cultive principalement près des grandes villes, en particulier pour une clientèle européenne et libanaise.

Usages

Les fruits immatures, appelés courgette, constituent le principal produit de Cucurbita pepo. Ils sont consommés comme légume, soit cuits à l’eau soit frits ou farcis. Les fruits mûrs, qu’on appelle courge ou citrouille, s’utilisent épluchés et cuits comme les fruits de Cucurbita maxima Duchesne ou, suivant la tradition anglo-saxonne, sous forme de tourtes à la citrouille. En Afrique de l’Ouest, les fruits sont utilisés en soupes et avec du couscous. Les courges Gem, qui donnent de petits fruits globuleux appréciés en Afrique australe, sont cuites entières ou coupées en deux, et l’on retire la chair à la cuillère pour la manger. Les jeunes feuilles et pousses sont utilisées comme herbe potagère par ex. dans le sud-ouest du Nigeria, mais ce sont généralement les feuilles de Cucurbita moschata, moins grossières, qui sont préférées. On utilise parfois les fleurs mâles de courgette pour faire des beignets. Les cultivars de type “spaghetti végétal” sont une spécialité ; lorsqu’elle est cuite, la chair des fruits mûrs part en lanières qui ressemblent à des spaghettis. Les graines de Cucurbita pepo sont comestibles, de même que celles d’autres cucurbitacées, crues ou grillées. La poudre de graines de citrouille s’emploie en Chine et aux Etats-Unis comme ingrédient des sauces à salade, ainsi qu’en pâtisserie. L’huile des graines s’utilise comme huile d’assaisonnement en Europe, et en Inde elle sert pour la cuisson et l’éclairage. Les graines commencent à être prisées pour leurs propriétés médicinales, notamment la prévention des calculs rénaux. En Afrique, on se sert de la pulpe comme cataplasme pour traiter les brûlures et les inflammations, ainsi qu’en compresse rafraîchissante pour traiter maux de tête et neuralgies ; elle a aussi été appliquée sur des tumeurs et des cors. On consomme les graines comme vermifuge. A l’île Maurice, on emploie une infusion de graines en interne pour traiter l’hypertension et les douleurs de la prostate, ainsi qu’en externe pour traiter l’érysipèle.

La pulpe du fruit était utilisée en tannerie pour ébourrer les peaux et les ramollir. Dans les pays occidentaux, des cultivars spéciaux sont cultivés pour leurs fruits de forme et de couleur attrayantes, sous le nom de coloquintes. Les fruits de ces cultivars ornementaux ont une écorce dure qui les rend non comestibles, et on les utilise en décoration. On cultive parfois les citrouilles pour nourrir le bétail.

Production et commerce international

Les statistiques internationales sur la production et le commerce font rarement la distinction entre Cucurbita pepo et les autres espèces de Cucurbita ; ceci affecte en particulier les données relatives à l’Afrique tropicale, où Cucurbita pepo est moins important que Cucurbita moschata ou Cucurbita maxima. Les statistiques de la FAO pour 2002 estiment la production mondiale de courges et gourdes (Lagenaria) à 17,7 millions de t provenant de 1,4 million d’ha. La Chine est de loin le producteur le plus important (4 millions de t, constituées surtout de Benincasa), suivie par l’Inde (3,5 millions de t), l’Ukraine (0,9 million de t) et les Etats-Unis (750 000 t). Pour l’Afrique tropicale, on signale une production notable au Cameroun (122 000 t), au Rwanda (210 000 t) et au Soudan (68 000 t). Pendant l’hiver, il y a quelques exportations de courgettes de l’Afrique de l’Est vers l’Europe occidentale, et parfois vers les Etats arabes. Les pays d’Afrique du Nord, par ex. le Maroc, exportent aussi des courgettes en Europe.

Propriétés

La composition nutritionnelle des fruits de Cucurbita pepo varie quelque peu selon le type et le degré de maturité. C’est la courgette qui possède la plus forte teneur en eau et la plus faible en calories, tandis que la courge d’hiver a le moins d’eau et la plus forte valeur énergétique ; la courge d’été, le pâtisson et les autres types qui se consomment immatures ressemblent à la courgette, bien que leur teneur en eau soit plus faible et que leur valeur énergétique et leur teneur en éléments nutritifs soient plus élevées ; la citrouille est semblable à la courge d’hiver. Les types à chair jaune à rose sont riches en vitamine A.

La composition de la courgette par 100 g de partie comestible (crue, soit 95% de l’aliment tel qu’acheté) est de : eau 95,3 g, énergie 59 kJ (14 kcal), protéines 1,2 g, lipides 0,14 g, glucides 2,9 g, fibres alimentaires 1,2 g, Ca 15 mg , Mg 22 mg, P 32 mg, Fe 0,4 mg, Zn 0,2 mg, vitamine A 340 UI, thiamine 0,07 mg, riboflavine 0,03 mg, niacine 0,4 mg, folate 22 μg, acide ascorbique 9,0 mg. La composition de la courge d’hiver par 100 g de partie comestible (crue, 71% de l’aliment tel qu’acheté) est de : eau 88,7 g, énergie 155 kJ (37 kcal), protéines 1,5 g, lipides 0,2 g, glucides 8,8 g, fibres alimentaires 1,5 g, Ca 31 mg, Mg 21 mg, P 32 mg, Fe 0,6 mg, Zn 0,13 mg, vitamine A 4060 UI, thiamine 0,10 mg, riboflavine 0,03, niacine 0,8 mg, folate 22 μg, acide ascorbique 12,3 mg. La composition des feuilles de courge (Cucurbita sp.), par 100 g de partie comestible (crue, 61% de l’aliment tel qu’acheté) est de : eau 92,9 g, énergie 80 kJ (19 kcal), protéines 3,2 g, lipides 0,4 g, glucides 2,3 g, Ca 39 mg, Mg 38 mg, P 104 mg, Fe 2,2 mg, vitamine A 1942 UI, thiamine 0,09 mg, riboflavine 0,13 mg, niacine 0,9 mg, acide ascorbique 11 mg. La composition de l’amande des graines de courge par 100 g de partie comestible (crue, 74% de l’aliment tel qu’acheté) est de : eau 6,9 g, énergie 2265 kJ (541 kcal), protéines 24,5 g, lipides 45,8 g, glucides 17,8 g, fibres alimentaires 3,9 g, Ca 43 mg, Mg 535 mg, P 1174 mg, Fe 14,9 mg, Zn 7,5 mg, vitamine A 380 UI, thiamine 0,21 mg, riboflavine 0,32 mg, niacine 1,7 mg, folate 58 μg, acide ascorbique 1,9 mg (USDA, 2002).

Les fruits de Cucurbita pepo, en particulier les formes ornementales, peuvent contenir des substances amères ; les cucurbitacines B, D, E, G et I et l’hétéroside de cucurbitacine E ont été signalés. Les graines (d’après une étude réalisée en Erythrée) sont riches en huile (environ 35%) et contiennent 38% de protéines, 37% de glucides et des α-tocophérols. L’huile contient 47% d’acide linoléique, 29% d’acide oléique, 13,5% d’acide palmitique et 8% d’acide stéarique. Des extraits de graines ont montré une activité insecticide contre les moustiques et les mouches et provoqué une réduction de la tension artérielle chez les poulets. La pépocine, protéine inactivatrice de ribosomes, a été isolée dans les fruits de Cucurbita pepo.

Falsifications et succédanés

Les cultivars de Cucurbita ficifolia Bouché, de Cucurbita maxima et de Cucurbita moschata sont employés pour les mêmes usages que Cucurbita pepo.

Description

  • Plante herbacée annuelle, grimpant par des vrilles latérales à 3–4 branches, fortement ramifiée, ou à port buissonnant et dans ce cas souvent sans vrilles ; tiges anguleuses et souvent cannelées, à poils piquants, s’enracinant souvent aux nœuds.
  • Feuilles alternes, simples, sans stipules ; pétiole de 9–24 cm de long, cannelé ; limbe à contour largement ovale à triangulaire, distinctement 5–7-palmatilobé, de (10–)20–35 cm de diamètre, profondément cordé à la base, bords dentés, à poils raides, souvent parcouru de marques blanches, à 3–5 nervures partant de la base.
  • Fleurs solitaires, unisexuées, régulières, 5-mères, grandes, d’environ 10 cm de diamètre, jaune citron à jaune doré ; sépales libres, subulés à linéaires, de 1–3 cm de long ; corolle campanulée, à lobes dressés à étalés ; fleurs mâles à long pédicelle, à 3 étamines, filets libres, anthères généralement conniventes en un long organe torsadé ; fleurs femelles à court pédicelle, à ovaire infère 1-loculaire, arrondi à ellipsoïde, style épais, stigmates 3, 2-lobés.
  • Fruit : grosse baie globuleuse à ovoïde, obovoïde, aplatie en coussin ou cylindrique, atteignant 50 kg à maturité, offrant une large variété de couleurs, couverte de petites taches saillantes verruqueuses ou lisse, parfois profondément cannelée ; chair blanchâtre à jaune ou orange, contenant de nombreuses graines ; pédoncule du fruit à section pentagonale, non élargi à l’apex.
  • Graines obovoïdes, aplaties, de 1–1,5 cm × 0,5–1 cm, habituellement blanches ou fauve, surface lisse à quelque peu rugueuse, bord proéminent.
  • Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Les principales caractéristiques distinguant Cucurbita pepo des autres espèces cultivées de Cucurbita sont ses feuilles plus profondément lobées parcourues de marques argentées, ses tiges à poils piquants et ses pédoncules durs à section pentagonale.

Des populations présumées sauvages de Cucurbita pepo sont connues au nord du Mexique (subsp. fraterna (L.H.Bailey) D.S.Decker) et dans l’est des Etats-Unis (subsp. ovifera (L.) D.S.Decker var. ozarkana D.S.Decker et var. texana (Scheele) Filov). Toutes sont considérées comme des candidats au titre de progéniteur des Cucurbita pepo cultivés, qui ont été divisés en deux taxons, subsp. pepo et subsp. ovifera var. ovifera (L.) Harz.

De nombreuses classifications ont été proposées pour les cultivars, mais aucune ne fait l’unanimité. Les cultivars de type méditerranéen appelés courgette, cultivés pour leurs fruits verts cylindriques, sont les plus importants pour l’Afrique tropicale. Les types américains ou anglais, connus sous le nom de “vegetable marrow” (courge à la moelle), de “summer squash” (courge d’été), de cocozelle, de “crookneck” (cou-tors) et de “straightneck” (cou droit) sont également cultivés pour leurs fruits jeunes, tandis que la citrouille ou la “winter squash” (courge d’hiver), les types “acorn” (courge turbinée) ainsi que les cultivars locaux africains (d’introductions anciennes) sont cultivés pour leurs fruits mûrs.

Les cultivars de courgette modernes se caractérisent essentiellement par leur mode de croissance buissonnant. Les fruits de ces cultivars sont le plus souvent allongés, mais certains sont de forme sphérique (par ex. ‘Courgette Ronde de Nice’), ou aplatie et en étoile (pâtisson). Les types “coussa”, prisés au Proche-Orient, sont consommés lorsqu’ils sont presque mûrs ; on les farcit souvent de viande, d’épices et de riz. Les cultivars de courge à la moelle et de spaghetti végétal sont de vigoureuses plantes coureuses. La courge Gem est appréciée en Afrique australe (au Malawi, en Zambie, au Zimbabwe, en Afrique du Sud). Certains cultivars produisent des graines nues, caractéristique intéressante si l’on veut produire des graines comestibles.

Croissance et développement

Les graines germent 5–7 jours après le semis, ou plus tôt si l’on fend soigneusement le tégument ou si on le pèle. Les plantes développent un vaste système racinaire fibreux et leur croissance est indéterminée. Quand les conditions sont favorables, les tiges peuvent atteindre jusqu’à 15 m de long et prendre racine aux nœuds. De nombreux cultivars modernes de courgette ont un port buissonnant qui se caractérise par de courts entre-nœuds et une ramification rare ou absente. La floraison, qui débute 30–40 jours après la levée de la plantule, est plus ou moins continue. La pollinisation est effectuée par les insectes, principalement les abeilles et les guêpes. Les premiers fruits immatures peuvent être récoltés 50–60 jours après la germination. Les fruits mûrs peuvent se récolter au bout de 90–100 jours. Quand les températures sont fraîches (10°C la nuit, 20°C le jour), des fruits parthénocarpiques peuvent se former.

Ecologie

Cucurbita pepo supporte des températures diurnes moyennes mensuelles de 18–28°C, mais sa croissance est meilleure lorsque les températures diurnes se situent entre 24°C et 29°C et les températures nocturnes entre 16°C et 24°C, comme c’est le cas à haute altitude en Afrique de l’Est ou à des latitudes supérieures. La production se limite essentiellement au début de la saison sèche, lorsque les températures sont relativement basses et la pression des pucerons moins forte.

Cucurbita pepo est indifférent à la photopériode. Il supporte la sécheresse, mais il a besoin d’environ 2,5 cm d’eau par semaine pour produire correctement. Il préfère les sols fertiles et bien drainés avec un pH de 5,6–8,0. La toxicité en aluminium et en manganèse des sols acides doit être corrigée par un chaulage. Chez les cultivars buissonnants, les fortes pluies (plus de 40 mm en une journée) provoquent vite des symptômes d’asphyxie racinaire et la tige se fend et finit par éclater ; et comme il n’y a pas de bourgeons axillaires, ces plantes sont perdues. Pour cette raison, et également à cause de sa plus grande prédisposition aux maladies et sa croissance ralentie à des températures élevées, Cucurbita pepo est moins adapté aux basses terres tropicales que Cucurbita moschata, en particulier pendant la saison des pluies.

Multiplication et plantation

Tous les types de Cucurbita pepo sont reproduits par graines. Les plantes coureuses peuvent être multipliées par boutures, mais dans la pratique on ne le fait pas. On sème directement plusieurs graines de courgette ou de citrouille sur de petites buttes ; pour les cultivars buissonnants, on ne laisse qu’une plante par butte. On enfouit les graines à environ 2,5 cm de profondeur. Pour les cultivars buissonnants, on plante 40 000 plantes/ha, en lignes doubles, sur des plates-bandes de 1,2 m de large, ou sur des buttes équidistantes espacées de 50 cm. Les cultivars coureurs doivent être semés très espacés, à raison de 5000–10 000 plantes/ha, car ils couvrent la surface du sol sur plusieurs mètres autour d’eux. Lorsqu’on emploie les graines F1, plus coûteuses, il est recommandé d’élever les plants en pépinière et de les repiquer.

Gestion

La croissance et la productivité des plantes de Cucurbita pepo réagissent très bien à d’importants apports en matière organique (du fumier de ferme ou du compost) qui ne doit pas nécessairement être entièrement décomposée (les émissions de NH3 sont bien tolérées). La matière organique doit de préférence être incorporée dans les trous de plantation ou les sillons, à raison de 50–70 t/ha. La culture réagit également bien à un apport complémentaire en engrais minéral, par ex. 150 kg de N, 150 kg de P et 300 kg de K, une moitié avant plantation, l’autre moitié 30 jours plus tard. La mise en place de ruches dans le champ pendant la floraison améliore souvent la pollinisation et le rendement.

Maladies et ravageurs

Cucurbita pepo est davantage prédisposé aux maladies présentes dans les régions tropicales humides de basse altitude que Cucurbita moschata. La principale maladie foliaire est l’oïdium, provoquée par Erysiphe cichoracearum (ou en particulier dans des conditions plus sèches par Sphaerotheca fuliginea). Alternaria ou Ulocladium spp. peuvent parfois provoquer des taches foliaires nécrotiques. Le mildiou (Pseudoperonospora cubensis), très destructeur sur le concombre et le melon, cause seulement de petites lésions jaunes localisées, sauf au Japon, où une souche virulente a été décrite sur Cucurbita spp. Didymella bryoniae ne provoque de taches foliaires que sur les pétioles sénescents. Les températures dans les basses terres sont plus élevées qu’il ne le faudrait pour que l’anthracnose (Colletotrichum lagenarium) et la nuile grise (Cladosporium cucumerinum) se développent, mais ces champignons des feuilles et des fruits peuvent survenir à des altitudes plus élevées. Un grand nombre d’autres champignons peuvent attaquer les jeunes fruits. La pourriture humide (Choanephora cucurbitacearum) commence par envahir la corolle, puis l’apex du fruit. Pythium aphanidermatum et Phytophthora capsici s’attaquent aux fruits directement depuis le sol, les grosses pluies éclaboussant les fruits de zoospores ou de conidies. Un contact direct avec le sol peut également provoquer des pourritures du fruit par Rhizoctonia solani ou Sclerotium rolfsii. Une couverture plastique peut permettre une bonne maîtrise de ces maladies liées au sol, à condition que l’eau puisse s’en écouler librement. Les racines et la base des tiges de Cucurbita pepo peuvent être attaquées par Pythium aphanidermatum, Phytophthora capsici, Rhizoctonia solani et parfois par Fusarium solani f.sp. cucurbitae, transmis par la graine. Les maladies des racines les plus importantes sont provoquées par des nématodes à galles (Meloidogyne spp.), contre lesquels une fumure avec de la matière organique sous les plantes constitue un bon moyen de lutte.

Plusieurs virus peuvent infecter Cucurbita pepo. Le plus important dans les basses terres tropicales est le potyvirus W des taches en anneau de la papaye (PRSV-W), également appelé virus de la mosaïque de la pastèque 1 (WMV1). Des coléoptères (Epilachna, Diabrotica, Acalymma spp.) sont des vecteurs du virus de la mosaïque de la courge (SqMV) transmis par la graine. Le cucumovirus de la mosaïque du concombre (CMV), le potyvirus de la mosaïque de la pastèque 2 (WMV2) et le potyvirus de la mosaïque jaune de la courgette (ZYMV) sont des virus nuisibles dans les pays subtropicaux, mais on les a rarement observés sous les tropiques. Plusieurs virus transmis par la mouche blanche s’attaquent à Cucurbita pepo dans les régions tempérées et subtropicales, mais on ne les a pas observés en Afrique tropicale.

Les dégâts directs par les insectes peuvent être causés par Aphis gossypii, Epilachna spp. et d’autres coléoptères, Bemisia argentifolia (synonyme : Bemisia tabaci souche B), la pyrale du concombre (Diaphania nitidalis) et la pyrale du melon (Diaphania hyalinata, synonyme : Margaronia hyalinata). Les mouches des fruits (Dacus cucurbitae) causent de sérieux dégâts en Afrique de l’Ouest. Les acariens (Tetranychus spp.) peuvent infester les feuilles lorsque les températures diurnes dépassent 30°C.

Récolte

Il faut récolter les fruits de la courgette lorsqu’ils ont une taille commerciale de 20–25 cm de long, avant que les graines ne se distinguent de la chair. A ce stade, les fruits ont atteint environ un quart de leur taille ultime. La récolte peut débuter 55–60 jours après le semis. La courge Gem est prête à être récoltée une fois que sa peau commence à durcir, mais avant que les graines ne soient mûres. A ce stade, elle fait environ 6 cm de diamètre. Il faut passer dans le champ tous les jours parce que les fruits grossissent très vite. La période de récolte peut durer 30–40 jours. Les cultivars de citrouille cultivés pour leurs fruits mûrs se récoltent en une seule fois dès maturité.

Rendement

Les cultivars buissonnants produisent 5–8 fruits par plante, les cultivars coureurs bien davantage. Les cultivars hybrides F1 de courgette cultivés selon des pratiques de culture optimales (par ex. un bon apport en engrais minéraux et organiques, un arrosage régulier, une bonne maîtrise des maladies et l’absence de fortes pluies) peuvent produire jusqu’à 80 t/ha. En Afrique tropicale, le niveau de rendement moyen est de 20 t/ha.

Traitement après récolte

Les fruits immatures s’abîment très facilement et doivent être manipulés avec soin et déposés dans des paniers ou des cagettes recouvertes de papier ou de plastique. On ne peut les conserver plus de 5–6 jours à des températures de 25–35°C. La température optimale de stockage est de 10°C, avec une durée de conservation de 20–25 jours. Les fruits les plus gros, destinés à un usage familial (40–50 cm de long pour la courgette ou la courge) peuvent se conserver un mois ou plus à 25°C. Les fruits mûrs se conservent plusieurs mois. La pulpe peut se débiter en fines tranches ou en lanières, que l’on fait sécher pour un usage ultérieur en soupes.

Ressources génétiques

D’importantes collections de Cucurbita pepo sont conservées dans plusieurs instituts dans le monde, par ex. l’Institute of Crop Germplasm Resources (CAAS) de Pékin, Chine (390 entrées), le Genebank Department, Vegetable Section Olomouc, RICP de Prague, République tchèque (380), l’Universidad de San Carlos (FA-USAC) à Guatemala Ciudad, Guatemala (475), l’Institut Vavilov de St.-Pétersbourg, Russie (325), le Banco de Germoplasma de Hortícolas, à Saragosse, Espagne (350) et la North Central Regional Plant Introduction Station, USDA-ARS, à Ames, Iowa, Etats-Unis (860).

Sélection

Cucurbita pepo est naturellement allogame mais auto-compatible. L’autofécondation n’entraîne aucune perte significative de vigueur. Les cultivars traditionnels proposés par les semenciers sont de véritables lignées pures ; ils offrent une bonne base de départ pour la création d’hybrides F1, qui produisent 50–100% de plus que les variétés-populations. Les semences F1 sont obtenues soit par pollinisation manuelle, soit en plantant les deux parents dans le champ côte-à-côte, le parent femelle étant traité à l’acide 2-chloroéthyle phosphonique. Les hybrides commerciaux appartiennent au type buissonnant. Des hybrides F1 entre le type buissonnant et le type coureur ont été testés aux Antilles. Ils donnent des plantes robustes et très productives dont les tiges atteignent 1–1,5 m de long et sont moins prédisposées à l’éclatement après de fortes pluies.

L’hybridation interspécifique est possible avec Cucurbita maxima et Cucurbita moschata, mais leur descendance n’est pas fertile. Des gènes peuvent être transférés aux cultivars légumiers depuis n’importe quel type cultivé de Cucurbita pepo, y compris les cultivars ornementaux à petits fruits, ainsi que les taxons sauvages étroitement apparentés (par ex. var. texana). Des caractères intéressants, telles que la résistance à l’oïdium et aux virus ont été transférés à Cucurbita pepo à partir d’espèces sauvages de Cucurbita. Des hybrides commerciaux résistants à l’oïdium sont en train d’apparaître dans les catalogues de semences.

Perspectives

En Afrique tropicale, les anciens cultivars coureurs de citrouille de Cucurbita pepo vont être remplacés par Cucurbita moschata, plus résistant aux conditions tropicales et aux maladies. La courgette connaît un succès croissant. Si des cultivars étaient disponibles, éventuellement des hybrides F1, associant la résistance à l’oïdium et aux virus, une moindre prédisposition à l’éclatement des tiges et une résistance aux températures élevées, cela faciliterait la production pour les marchés locaux. Les perspectives d’exporter des courgettes depuis l’Afrique tropicale vers l’Europe pendant l’hiver ne sont pas favorables, car elles entreraient en concurrence avec les pays d’Afrique du Nord (par ex. le Maroc) et l’Espagne (Andalousie).

Références principales

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Autres références

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Sources de l'illustration

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  • Vaughan, J.G. & Geissler, C.A., 1997. The new Oxford book of food plants. Oxford University Press, Oxford, United Kingdom. 239 pp.

Auteur(s)

  • C.-M. Messiaen, Bat. B 3, Résidence La Guirlande, 75, rue de Fontcarrade, 34070 Montpellier, France
  • J.A. Fagbayide, Department of Agronomy, University of Ibadan, Ibadan, Nigeria

Consulté le 9 octobre 2019.