Capsella bursa-pastoris (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Capsella bursa-pastoris (L.) Medik.


Protologue: Pfl.-Gatt. 1 : 85 (1792).
Famille: Brassicaceae (Cruciferae)
Nombre de chromosomes: 2n = 16, 32

Noms vernaculaires

  • Bourse à pasteur, bourse à berger, boursette (Fr).
  • Shepherd’s purse, shepherd’s heart, pepper and salt, lady’s purse, mother’s heart, rattle pouches (En).
  • Bolsa de pastor (Po).

Origine et répartition géographique

Capsella bursa-pastoris est probablement originaire de la Méditerranée orientale. Il est plus commun dans les zones tempérées que sous les tropiques. Actuellement, sa répartition est mondiale à l’exception des basses terres tropicales. En Afrique tropicale, il est surtout présent en altitude.

Usages

Capsella bursa-pastoris est une plante médicinale très importante en Europe et en Méditerranée, ainsi qu’en Amérique latine et en Asie. Les parties aériennes sont utilisées depuis l’Antiquité pour leur pouvoir hémostatique : elles servent à soigner les hémorragies internes et externes, et l’infusion chaude et amère se prend comme emménagogue, diaphorétique, tonique, antiscorbutique, astringent, antidiarrhéique et diurétique. Il s’emploie aussi en gynécologie pour réguler le flux menstruel car il comprime les vaisseaux sanguins. En Ethiopie, la plante est connue pour ses vertus abortives. Au Rwanda, les feuilles broyées s’appliquent en cataplasme sur les luxations et les entorses, tandis que les vapeurs de l’infusion de feuilles dans de l’eau chaude se prennent en inhalation pour soigner les rhumes. Les graines écrasées et légèrement grillées se mélangent à de la bière et se prennent pour traiter l’impuissance. Les indications et les usages agréés par la Commission E sont ceux concernant les saignements de nez, le syndrome prémenstruel, ainsi que les blessures et brûlures. L’espèce est contre-indiquée pendant la grossesse. Mais avec une posologie thérapeutique appropriée, il n’existe pas d’effets indésirables connus.

Il arrive qu’on cuise les jeunes feuilles pour les consommer en légume ; au Rwanda et à Madagascar, elles s’emploient fraîches en salade, de même qu’en Europe et aux Amériques. C’est même une salade cultivée en Chine. Les graines, qui renferment 35% d’huile, sont également comestibles, crues en salade, ou cuites en soupe. Les fruits peuvent servir d’assaisonnement poivré dans les soupes et les ragoûts. Un des composants chimiques de la plante, la lutéoline, est un colorant naturel (jaune ou vert jaunâtre). Capsella bursa-pastoris est brouté par le bétail. Lorsqu’elles ont consommé la plante en grandes quantités, les vaches produisent du lait jaunâtre et les poules pondent des œufs dont le jaune est d’un vert jaunâtre. La plante a aussi la réputation de donner un goût au lait et aux œufs.

Production et commerce international

Bien que les extraits de Capsella bursa-pastoris soient largement utilisés et commercialisés comme produits phytopharmaceutiques, on ne dispose d’aucune donnée sur les quantités en jeu ou les centres de production.

Propriétés

Capsella bursa-pastoris contient des flavonoïdes (dont la rutine, la lutéoline, la lutéoline-7-galactoside et la lutéoline-7-rutinoside), des acides (par ex. l’acide bursique, l’acide fumarique et l’acide citrique) et des amines (comme l’acétylcholine, l’histamine et la tyramine). La présence de tyramine et d’histamine peut être due à une attaque fongique. Les feuilles de Capsella bursa-pastoris sont riches en fer, en calcium, en nitrates et en vitamine A, ainsi qu’en thiamine, riboflavine, phylloquinone et acide ascorbique. Des stéroïdes cardioactifs sont présents, mais sans doute uniquement dans les graines.

Lors d’études pharmacologiques, Capsella bursa-pastoris a montré une action anti-inflammatoire et diurétique. Une administration intrapéritonéale d’un extrait de plante à des rats a empêché la formation d’ulcères liés au stress et réduit la durée de leur convalescence. On a aussi observé des effets antinéoplastiques, des effets dépresseurs du système nerveux central, ainsi que des effets hypotensifs, et des esais in vitro ont montré des effets stimulants sur les muscles lisses. Un extrait de la plante entière a entraîné une chute de la tension artérielle chez des chiens et des lapins, accompagnée d’une accélération cardiaque ; chez les lapins, il a provoqué une dilatation des vaisseaux sanguins. On a attribué cet effet à l’acétylcholine. Les symptômes toxiques chez des souris souffrant d’une tumeur de Ehrlich auxquelles on avait donné de la mitomycine C ont été réduits par l’administration d’acide fumarique issu de Capsella bursa-pastoris.

Un glucosyl flavone proche de la lutéoline, extrait de Capsella bursa-pastoris, a fait ressortir une excellente activité antioxydative. Deux peptides riches en glycine et en histidine, la shephérine I et II, ont montré une action antimicrobienne contre des champignons et des bactéries Gram-négatives.

Un cas d’empoisonnement au nitrite chez les porcs en Afrique du Sud a été attribué à l’absorption de Capsella bursa-pastoris.

Description

  • Plante herbacée annuelle ou vivace à vie courte, mince, érigée, atteignant 70 cm de haut, à racine pivotante ; tige simple ou ramifiée, anguleuse et striée, presque glabre à poilue.
  • Feuilles alternes, celles de la base formant une rosette ; stipules absentes ; pétiole court ; limbe très variable, allant d’une forme entière et grossièrement dentée à pinnatipartite, à contour oblancéolé, de 3–15 cm de long, base atténuée, apex arrondi à aigu ; feuilles de la tige peu nombreuses, sessiles, amplexicaules, limbe plus petit que celui des feuilles basales, généralement entier, oblong.
  • Inflorescence : grappe terminale atteignant 20 cm de long.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 4-mères ; pédicelle d’environ 6 mm de long, s’allongeant chez le fruit, jusqu’à 20 mm de long ; sépales d’environ 1,5 mm de long, verts, pubescents pour la plupart ; pétales spatulés, de 2–3 mm de long, à onglet, blancs ; étamines 6, dont 4 longues et 2 courtes ; ovaire supère, aplati dans le sens dorso-ventral, style d’environ 0,5 mm de long.
  • Fruit : silique en forme de cœur, de 5–10 mm × 2,5–8 mm, déhiscente par 2 valves à nervation réticulée, contenant de nombreuses graines.
  • Graines oblongues, de 0,5–1 × 0,5 mm, rougeâtres à brun jaunâtre, à 2 sillons longitudinaux, mucilagineuses lorsque humides.
  • Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Le genre Capsella comprend environ 5 espèces, dont la plupart se trouvent en Europe. Capsella bursa-pastoris est extrêmement variable. La mention la plus ancienne de Capsella bursa-pastoris en Afrique de l’Est remonte à 1932, pour une plante trouvée à 2600 m d’altitude.

Croissance et développement

Capsella bursa-pastoris est une espèce pionnière des milieux perturbés, ce qui en fait une espèce opportuniste. Dans les milieux ouverts, il a un taux de croissance élevé et se propage facilement, mais lorsque des graminées vivaces apparaissent dans la succession, son abondance décroît et il disparaît. Il est capable de supporter un degré élevé de piétinement par les animaux. Un piétinement important peut donner des rosettes à feuilles plus nombreuses ainsi que des plantes de plus petite taille qui fleurissent plus tard et produisent moins de graines. Les fleurs sont habituellement autofécondées. Capsella bursa-pastoris est facilement disséminé par le vent et la pluie. Il fleurit et fructifie pendant toute l’année, sauf si la température tombe en dessous de 5°C.

Ecologie

Capsella bursa-pastoris est présent aussi bien dans les terrains vagues urbains que ruraux, sur les terres cultivées et le long des routes. On le trouve en Afrique à des altitudes de 1600–2500(–3000) m. Capsella bursa-pastoris est présent sur des sols allant de l’argile au limon sableux à pH 5–8. Il est particulièrement fréquent sur les terrains fertiles dans les zones de grandes cultures intensives. Et il est plus courant dans les milieux secs que les milieux humides. Son potentiel reproductif et végétatif est assez faible sur sols inondés, et il ne survit pas dans des conditions d’extrême humidité. Il peut survivre au gel.

Multiplication et plantation

Le nombre de graines par fruit et de fruits par plante est très variable et dépend de la position du fruit sur l’infrutescence et du milieu. Les graines restent viables pendant de nombreuses années dans le sol. Elles germent à 5–30°C. Les graines qui viennent de mûrir sont dormantes. Cette dormance est facilement levée par des températures inférieures à 15°C, suivies d’une exposition à la lumière. Des températures de 25–30°C et des alternances de températures accélèrent la germination des graines non-dormantes. Les graines conservées à température et humidité ambiantes commencent à perdre leur viabilité au bout de 6 mois.

Maladies et ravageurs

Capsella bursa-pastoris est une plante-hôte facultative de plusieurs maladies fongiques et d’insectes ravageurs d’autres espèces de Brassicaceae. Comme il joue souvent le rôle d’hôte pour des champignons comme Albugo candida et Peronospora parasitica, il est possible que des mycotoxines y soit présentes (substances chimiques dangereuses pour la santé secrétées par la moisissure toxique). C’est aussi l’hôte d’une grande variété de virus des plantes, en particulier les virus transmis par les semences.

Récolte

Capsella bursa-pastoris se récolte dans la nature, mais pour obtenir des rendements plus élevés, il est recommandé de le cultiver. On peut faire sécher les plantes rapidement à l’ombre, à des températures n’excédant pas 45°C. Elles peuvent s’utiliser soit fraîches soit séchées, mais les plantes séchées perdent rapidement leurs principes actifs et ne doivent pas être conservées au-delà d’un an. Le goût piquant se perd également au séchage. Pendant son stockage, il faut mettre Capsella bursa-pastoris à l’abri de la lumière et de l’humidité.

Rendement

La production en graines de Capsella bursa-pastoris sous serre a été estimée à 11 300–58 500 graines/plante, mais peut atteindre jusqu’à 90 000 graines/plante.

Perspectives

Les nombreux usages de Capsella bursa-pastoris en médecine traditionnelle justifieraient davantage d’attention de la part des chercheurs. Mais le fait qu’en Afrique il soit cantonné à des régions d’altitude constitue un facteur limitant à la diffusion de son usage, autant comme plante médicinale que comme légume.

Références principales

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Autres références

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Sources de l'illustration

  • Holm, L.G., Plucknett, D.L., Pancho, J.V. & Herberger, J.P., 1977. The world’s worst weeds. Distribution and biology. University Press of Hawaii, Honolulu, United States. 609 pp.

Auteur(s)

  • I. Vandebroek, Institute of Economic Botany, The New York Botanical Garden, Kazimiroff Boulevard and 200 Street, Bronx, New York 10458, United States

Citation correcte de cet article

Vandebroek, I., 2006. Capsella bursa-pastoris (L.) Medik. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 9 juillet 2021.


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